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Fiches de lecture

Chaque trimestre, Théâtre et Animation, la revue éditée par la Fédération, propose des fiches de lectures de pièces de théâtre, constituant un répertoire riche de plus de 820 références.

L’ensemble des fiches parues depuis 1975 est progressivement mis en ligne dans l’Espace Adhérents et Licenciés et consultable grâce à un moteur de recherche.

En voici quelques exemples :



  Fiche de lecture
753
 
 Jules ROMAINS
[Gallimard]
 
1h 45mn
 
9 hommes. 5 femmes
 

- Knock ou le triomphe de la médecine -

 
 

Style général : Cette comédie en trois actes est une véritable critique du charlatanisme qui joue de l’appât du gain, une satire de la crédulité humaine. C’est une pièce cocasse dans laquelle triomphe le canular d’un docteur venu s’installer dans une ville où apparemment, le nombre de malades dans l’année n’est guère élevé. Il ne tient qu’à lui à faire en sorte que cela change.

Argument : Le Docteur Knock va remplacer le Docteur Parpalaid auprès des 3500 habitants de Saint-Maurice, tranquilles encore dans la sécurité trompeuse que donne l’apparente santé. Et ils vont être nombreux a apprendre qu’ils sont malades et qu’ils doivent se soigner…pour le plus grand profit de la médecine, en tout cas, de Knock. Un savoureux mélange de conviction et d’imposture.

Personnages :
Knock : Environ 40 ans, docteur fourbe venu s’installer à Saint-Maurice. Docteur Parpalaid : Ancien docteur de Saint-Maurice, il est parvenu à revendre son cabinet au docteur Knock. Madame Parpalaid : Femme du Docteur Parpalaid, intéressée par l’appât du gain. Jean : Homme au service des Parpalaid. Le Tambour de ville : Homme qui joue du tambour et qui fait des annonces au public. Bernard : Instituteur de Saint-Maurice. Il est chargé de l’enseignement populaire de l’hygiène. Mousquet : Pharmacien de Saint-Maurice qui se lie au Docteur Knock car celui-ci lui a promis que son chiffre d’affaire augmenterait. La dame en noir : Première patiente du Docteur Knock, 45 ans, avare et constipée. La dame en violet : Deuxième patiente du Docteur Knock, la soixantaine, toute vêtue de violet, très riche et très avare. Les deux gars du village : Autres patients du docteur. Madame Rémy : Propriétaire d’un hôtel qui devient peu à peu le lieu où se reposent les malades du Docteur Knock qui ont besoin d’un traitement. Scipion : Assistant du Docteur Knock. La bonne.

Décors : Trois actes, trois lieux différents. Ainsi, pour le premier acte, le décor représente une vieille automobile. C’est l’arrivée du Docteur Knock à Saint-Maurice. Le deuxième acte se déroule dans l’ancien domicile du Docteur Parpalaid. Knock n’y est installé que provisoirement. Enfin, le dernier changement de lieu est significatif de l’apogée du Docteur Knock. IL exerce maintenant dans la grande salle de l’hôtel de la clef.

Costumes : Les Costumes peuvent être d’époque, mais on peut aussi bien imaginer l’action de nos jours. Des indications sont données tout au long du texte pour certains personnages.

Remarque : Il est évident que dans cette pièce, on retrouve la verve de Molière. La médecine était déjà un sujet qui lui était propre, et il se plaisait à nous peindre de faux malades, mais aussi de faux médecins. C’est là tout ce que nous retrouvons ici : des malades qui n’en sont pas, et un docteur bien étrange. Si Jules Romains cultivait le sérieux scientifique ( avec notamment La Vision extrarétinienne et le sens paroptique), force est de constater qu’il savait aussi en rire.

 



  Fiche de lecture
754
 
 JULES ROMAINS
[Gallimard]
 
1h 45mn
 
30 hommes. 1 femme
 

- Donogoo Tonka ou les miracles de la Science -

 
 

Style général : Cette comédie de Jules Romains adaptée à la scène en 1930 est à l’origine un scénario cinématographique. Elle se compose d’un prologue, de trois parties qui se divisent elles-mêmes en tableaux et d’un épilogue. Elle appartient à la trilogie « Monsieur le Trouhadec saisi par la débauche » et « Le mariage de Monsieur Le Trouhadec »

Argument : Monsieur Le Trouhadec est professeur de géographie. Dupé par des récits d’aventuriers, il a distraitement inventé un village africain dans un de ses ouvrages, ce qui lui vaut d’être la risée des académiciens. Il ne peut alors pas se présenter aux élections de l’institut, poste qu’il convoite pourtant très chèrement. C’est ainsi que, aidé de Lamendin, il va trouver un certain nombre de gogos pour participer à une souscription destinée à mettre en valeur les richesses de cette ville imaginaire. Des aventuriers vont monter une expédition, mais comme ils ne trouveront rien, et pour cause, ils vont créer une ville nouvelle, « Donogoo »… et faire fortune.

Personnages :
La complexité de cette pièce réside dans le fait que les personnages sont multiples. Cependant cela peut être un atout pour les troupes nombreuses. En effet, il y a beaucoup de rôles, et en admettant que certains puissent être joués par les mêmes acteurs, cela donne l’opportunité à chacun de se produire sur scène, car tous, à un moment ou un autre, ont leur importance. Les rôles principaux sont ceux de Lamendin, Le banquier, et monsieur Le Trouhadec. Viennent ensuite les rôles de Bénin, le petit brun, Joseph, le directeur de la première banque, Lesueur, Michel Rusfique. Puis, des rôles de figuration qui peuvent donc être joués par des acteurs qui ont interprété précédemment un petit rôle. Tout le monde doit pouvoir y trouver son compte.

Décors : Ils sont complexes car nombreux. A chaque tableau correspond un lieu : le pont de la Moselle, le cabinet du professeur Rufisque, la Mosquée de Paris, l’appartement de Monsieur Le Trouhadec, une banque, un café, une salle de conférence, une gare, un paquebot, la forêt… Il est donc évident que pour que cette mise en scène soit possible, les décors doivent être réduits au minimum, de sorte que un élément permette au spectateur d’identifier le lieu dans lequel se déroule l’action. Car alors des changements de décors trop importants ralentiraient le rythme de la pièce qui est déjà longue et qui mérite d’être menée à un rythme soutenu.

Costumes : Rien de bien difficile en ce qui concerne les costumes. Aucune époque n’est véritablement précisée ; on peut donc faire le choix de situer l’action dans notre époque contemporaine. Les lieux faisant référence à Paris sont bien réels et nous permettent ce choix.

L’éclairage : Il est l’élément qui peut permettre de créer des ambiances et donc des lieux différents.

Remarque : Cette pièce, tout comme les deux autres qui composent la trilogie, illustre le thème de l’emprise d’un esprit sur une collectivité.

 



  Fiche de lecture
759
 
 Louise DOUTRELIGNE
[L'Avant-Scène Théâtre]
 
1h 45mn
 
0 homme. 12 femmes
 

- Don Juan d'origine -

 
 

Style général : Cette pièce composée de deux parties traite d’une manière originale le mythe de Don Juan. Ce grand mythe masculin européen semble d’ailleurs ici remis en question. Jean-Luc Paliès, metteur en scène de cette pièce, se demande si Don Juan ne serait pas une imagination de femme, l’aspiration et le rejet simultané de ce désir féminin pour l’ange conquérant.

Argument : Par une suave mise en abîme, ce sont les jeunes filles du collège de Saint-Cyr chez la sévère Madame de Maintenon qui, jouant ce « mystérieux » Don Juan dans le grand escalier du dortoir, se travestissent en incarnant l’érotisme de la peur et du désir. Peut-être que lors de cette chaude nuit d’internat, un soir d’hiver en pleine lune, tout revêt l’apparence d’un rêve : celui de madame de Maintenon au crépuscule de sa vie transie dans l’amertume de son projet pédagogique incompris.

Personnages :
Les personnages sont au nombre de douze et ne sont que des personnages féminins qui tour à tour incarneront tous les personnages de Don Juan, qu’ils soient féminins ou masculins. Madame de Maintenon joue le rôle du Commandeur, celui de Don Juan est assuré par Mademoiselle de Villette, élève du collège. Les autres élèves incarnent tour à tour le Roi de Naples, d’Espagne, le Duc Octave, Isabelle, Bélise, Amine…

Décors : Dans ce même espace cohabitent deux lieux bien distincts : celui de la réalité et celui de la fiction. Le passage permanent de l’un à l’autre est l’un des moteurs dramaturgiques de cette pièce.

Remarque : Louise Doutreligne nous restitue ici presque intégralement le Don Juan d’origine, celui de Tirso de Molina, prêtre qui naquît à Madrid en 1584. Elle a eu de plus l’habileté de le faire interpréter par les demoiselles du collège de Saint-Cyr, les protégées de Madame de Maintenon, qui voulaient changer ce genre après avoir créé les tragédies bibliques de Racine : Esther et Athalie.

 



  Fiche de lecture
760
 
 Louise DOUTRELIGNE
[L'Avant-Scène / Collection des Quatre-Vents]
 
1h 30mn
 
5 hommes. 2 femmes
 

- Les jardins de France -

 
 

Style général : Cette comédie qui se compose de 5 journées est aussi, comme le dit l’auteur elle-même, une pièce bourgeoise menacée par la présence de l’artiste en son sein… (on y parle de Théâtre).

Argument : Quand la pièce débute, le drame a déjà eu lieu. Nous ne pouvons qu’en constater le résultat au fur et à mesure que les journées s’écoulent dans les jardins de France. Nous assistons aux retrouvailles de trois amis. Gérôme, Léa et France étaient très liés dans les années 1968-75 à Paris. Ils avaient vingt ans à peine, prenaient ensemble des cours de comédie et espéraient tous trois bien sûr une belle carrière d’acteur et d’actrices. Personne à l’époque n’a jamais su de qui Gérôme était réellement amoureux… De Léa ? De France ? Ce que l’on sait c’est qu’il est devenu officiellement l’amant de Léa… Une liaison passionnée et violente. France quant à elle a rencontré Jean, malin, rigolard et sans complexe, aimant les artistes pour « faire la fête » avec eux, mais pas particulièrement passionné par l’art… Dramatique ou autre. Que peut bien donner la rencontre de tout ce petit monde là, bien des années plus tard, quand chacun a déjà parcouru plus de la moitié du chemin, quand chacun a ses regrets, ses remords, et cache même parfois un lourd secret ? C’est finalement derrière la caméra de Mathieu, le fils de France, qui se trouve toujours au bon endroit pour mettre dans la boîte les plus belle images de cette pièce, que nous voyons évoluer les personnages.

Personnages :
Léa, dite France de France, la quarantaine. France, la quarantaine, épouse de Jean. Gérôme Latte : acteur qui a brillamment réussi dans le cinéma et à la télévision, la quarantaine également. Jean, époux de France, 45 ans. Thomas, le fils de France et de Jean, timide, 18 ans. Mathieu, le frère de Thomas, insolent, 19 ans. Et enfin David Millarev, attaché culturel de la province, 45 ans.

Décors : Tout se déroule dans les jardins de France. Le lieu paradisiaque et confortable contraste avec le malaise de certains personnages. L’auteur décrit le lieu comme des jardins en enfilade, avec au loin, le tennis et un petit bassin avec un jet d’eau.

Remarque : « J’imagine les acteurs limpides, en tension, suspendus à l’écume intime de leurs personnages, en danger de proximité, prisonniers d’un « miroir de spectateurs ». La compréhension véritable se situant toujours entre… deux…mensonges…deux vérités…deux endroits…deux publics. » Louise Doutreligne.

 



  Fiche de lecture
822
 
 Nathalie PAPIN
[L'Ecole des Loisirs]
 
1h
 
2 hommes. 1 femme
 

- Le pays de rien -

 
 

Style général : Grâce à une écriture vive, physique et très travaillée, Nathalie Papin nous plonge dans un univers métaphorique qui touche directement au coeur de l’enfance et nous entraîne dans son lot d’interrogations, de désillusions et de découvertes.

Argument : C’est l’histoire d’un pays où règne un Roi, qui, comme tous les rois, mène des guerres et veille au bon ordre de son royaume. Mais ses guerres à lui sont étranges. Ce qu’il chasse, ce sont les cris, les chansons, les couleurs, les soupirs ou encore les rêves. Après les avoir attrapés, il les enferme dans des cages. Alors, peu à peu, il ne reste plus rien dans le royaume et tout le monde décide de partir. Tout le monde, sauf sa fille. Mais elle ne supporte plus d’être princesse du pays de rien et elle décide de se révolter contre la tyrannie de son père. C’est alors qu’arrive un jeune garçon qui se dit être le messager d’une meute d’enfants errants qui doivent absolument trouver une terre pour se reposer et déployer leurs rêves…

Personnages :
Le roi du Pays de rien, la princesse, sa fille, un jeune garçon, messager d’une troupe d’enfants errants.

Décors :

Remarque : Nathalie Papin, metteur en scène et comédienne avant de se consacrer à l’écriture, a reçu en 2001 le prix de l’Astej romande (Théâtre Jeune Public) pour cette pièce. Le style concis, presque lapidaire, qu’elle y adopte laisse beaucoup d’espace à l’imagination des troupes qui voudront la jouer.

 



  Fiche de lecture
1
 
 Paul CLAUDEL
[Gallimard]
 
1h 20mn
 
5 hommes. 3 femmes
 

- Protée -

 
 

Style général : Une bouffonnerie truculente où le lyrisme du poète garde tous ses droits.

Argument : Ménélas qui, de Troie, ramène Hélène, est jeté par la tempête sur l'île de Naxos, où la nymphe Brindosier entourée de satyres supporte malaisément d'avoir été capturée par le vieillard Protée. Elle rêve de fuir le dieu marin et ses phoques, et elle compte pour cela sur Ménélas. Elle lui fait croire qu'il existe, à Naxos, une véritable Hélène, alors que celle qu'il ramène n'est pas son épouse. Avec la complicité de Protée, qui veut jouer un bon tour à Ménélas, elle se fait passer pour Hélène. Voilà Ménélas entre deux épouses... et il ne sait laquelle croire. Les deux femmes s'affrontent et Brindosier révèle la supercherie. Mais Hélène n'a pas tellement envie de retrouver le foyer conjugal et la morne vie de Sparte. Elle laissera donc partir Brindosier avec Ménélas. D'ailleurs, un envoyé de Jupiter enlève Hélène. Ménélas emmène Brindosier qui deviendra aux yeux de tous la véritable Hélène. La nef les emporte avec les satyres, mais nous retrouvons Protée avec une troisième Hélène sous-marine, qui n'est qu'une image photographique.

Personnages :
PROTEE, d'autant plus digne que ses propos sont plus familiers ; MENELAS, très fier de lui et défiant les dieux ; le SATYRE-MAJORDOME, qui apprend à se transformer comme son maître ; BRINDOSIER, la malice et le charme en personne; HELENE, l'insignifiance même ; les PHOQUES; les SATYRES, et un figurant : l'ENVOYE DE JUPITER.

Décors : Le site principal de l'île, dans un style faussement grec, avec colonnades, et le trône de Protée, qui est une baignoire puisqu'il est à demi poisson. Des scènes se jouent devant le proscenium. A la fin, le décor prend un aspect d'aquarium.

Costumes : Protée, en tunique rouge de militaire anglais, avec une couronne-casquette ; Ménélas, dans le style « héroïque », avec casque empanaché ; Hélène, dans le même style ; le Satyre-Majordome, en suisse d'église ; Brindosier, petite tunique (deux cornes dans les cheveux), puis costume semblable à celui d'Hélène ; les Satyres, teints à l'ocre, avec des houseaux poilus ; les Phoques, dont on peut n'entrevoir qu'un masque ; l'Envoyé de Jupiter, tout vêtu d'argent. Ceci en manière d'indications, toutes fantaisies étant admises.

Eclairages et Mise en Scène : Très difficiles. Il y a des transformations de personnages, des apparitions sur écran. La nef part de la scène (sur roulettes).
Accompagnement de musique ad libitum. Mais la fantaisie qui préside à ce spectacle en diminue la difficulté si l'on n'oublie pas que la plus grande rigueur d'exécution est nécessaire.

Remarque : Si une troupe a assez de courage pour monter cette œuvre, nous lui prédisons un franc succès : l'expérience a déjà été faite.

 



  Fiche de lecture
2
 
 Marguerite DURAS
[Paris-Théâtre]
 
1h 15mn
 
4 hommes. 2 femmes
 

- Les Viaducs de Seine-et-Oise -

 
 

Style général : Un fait divers vu dans le mystère des âmes, avec une pointe d'humour noir.

Argument : Nous comprendrons peu à peu que Marcel et Claire ont tué leur cousine et en ont dispersé les morceaux dans les trains qui ne cessaient de passer sur le viaduc. Ils cherchent à s'expliquer à eux-mêmes (et à nous) quel a été le mobile de leur acte au cours de longs monologues intérieurs, pendant ce qui est leur dernière nuit de liberté puisque, s'étant rendus au bal de Bill, ils se verront passer les menottes par un inoffensif consommateur, apparemment un amoureux, en réalité un policier. Mais sait-on jamais la vérité d'un être humain ?

Personnages :
CLAIRE et MARCEL, un couple de retraités, toujours amoureux l'un de l'autre : deux criminels les plus gentils du monde ; BILL, un barman que les complications intellectuelles découragent : ALFONSO, ouvrier agricole : L'AMOUREUX et L'AMOUREUSE (presque deux figurants).

Décors : 1er acte : un petit salon. 2e acte : un bar-tabac.

Costumes : Modernes.

Eclairages et Mise en Scène : Sans grandes difficultés.

Remarque : Faire comprendre tout ce qu'il y a de silences dans ces bavardages, de solitude dans ces confrontations n'est point facile. Pourtant, des acteurs exercés pourront se risquer à représenter ce curieux drame, mais en choisissant bien leur public.

 



  Fiche de lecture
3
 
 Jules MOINAUX
[Librairie Théâtrale]
 
45 mn
 
5 hommes. 2 femmes
 

- Les deux sourds -

 
 

Style général : Une bouffonnerie, dans le cadre d'une réalité quotidienne.

Argument : Damoiseau est sourd. Ce qui ne l'empêche pas d'entendre les insultes que, sous couvert de compliments, lui adresse Boniface, son domestique, qui supporte mal son autorité tyrannique. Cette autorité s'exerce sur la charmante Eglantine, qui voit son père chasser tous les prétendants possibles, car Damoiseau prétend garder sa fille pour lui et supporterait mal, près de lui, un dialogue qu'il n'entendrait point. Or, voici que Placide, chassant le lapin, est arrêté par le garde-champêtre, sur la propriété de Damoiseau. Pour échapper aux reproches de celui-ci, Placide feint la surdité. Quelle chance ! Voilà le gendre rêvé... Bien entendu, nous ne serons pas étonnés de savoir qu'Eglantine et Placide se connaissent déjà — et que le dessein de Damoiseau ne peut que leur plaire. Or, Damoiseau est guéri, par un médecin arrivé bien à propos, et il ne veut plus d'un gendre sourd ! Comme Placide ne l'est pas, tout ira bien, même pour Boniface qui, chassé pour son insolence, trouvera appui en Placide. Et tout finit dans le rire et la bonne humeur.

Personnages :
DAMOISEAU, la hargne personnifiée, mais ce n'est peut-être que l'effet de son infirmité ; BONIFACE, vrai valet de comédie, insolent à souhait et désireux d'être le meneur du jeu ; PLACIDE, jeune premier classique ; EGLANTINE, ingénue ; le JARDINIER et le GARDE-CHAMPETRE ne sont guère que des figurants.

Décors : Un salon de campagne, style du siècle dernier.

Costumes : Pour que la pièce garde son attrait, on la jouera en costumes du milieu ou de la fin du siècle dernier.

Eclairages et Mise en Scène : Sans difficultés

Remarque : Si nous signalons cette comédie si souvent jouée, due au père de Georges Courteline, c'est qu'elle peut fournir à des acteurs débutants un bon exercice d'articulation. Et elle est facile à jouer, bien que le rôle de Placide comporte un long monologue. Elle amusera surtout un public jeune qui ne risque pas de voir là une moquerie envers une infirmité.

 



  Fiche de lecture
4
 
 Malcom-Sturt FELLOWS
[L'Avant-Scène Théâtre]
 
20 mn
 
5 hommes. 2 femmes
 

- Où vivrez-vous demain ? -

 
 

Style général : Le réalisme d'aujourd'hui dans une vision du futur.

Argument : Nous sommes à une époque où il n'y a plus de circulation en France. Les gens vivent sur les routes, dans leurs voitures immobilisées en raison de leur nombre, mais la vie continue. Anthéa veut épouser Ernie, même si c’est une mésalliance, puisqu'il est né dans une Fiat 500 et, elle, dans une DS. Le laitier apporte le lait et le facteur les lettres. Or, voici que le Ministère des Habitants Véhiculaires a fait un plan magique. En taillant une route à la dynamite, il a ouvert un chemin vers la liberté ; cela permettra aux gens de se déplacer et d'habiter une maison. Mais les habitants ignorant ce que cela leur rapportera, pourquoi ne pas garder leurs habitudes ? Seul, le grand-père et sa petite fille Anthéa partiront, « parce que les plus vieux et les plus jeunes sont ceux qui peuvent le mieux comprendre les choses de la vie. » Les autres resteront, à se demander comment on vit dans une maison.

Personnages :
Le GRAND-PERE FENN, un amoureux du bon vieux temps, qui a conservé le « Code de la Route » à tout hasard et qui, parce qu'il était l'amoureux du passé, ira vers l'avenir; TED et ADA, un couple de petits bourgeois identiques à ceux d'aujourd'hui ; ERNIE, un jeune homme quelconque, et ANTHEA qui est la seule, avec le Grand-père, a « avoir du caractère » ; PERE-GRINE, le type parfait du fonctionnaire ; le FACTEUR ; le LAITIER... et des habitants à volonté (deux ont un mot à dire).

Décors : Une voiture, qui doit donner l'impression d'immobilité et d'installation (des rideaux aux fenêtres, une boîte aux lettres, une antenne de télévision).

Costumes : Il y a quelques difficultés à donner cette impression de « la vie future » pour des personnages si semblables à ceux d'aujourd'hui. Eviter le faux pittoresque, mais ne pas négliger ce qui peut faire sourire.

Remarque : Cette anticipation, d'un comique plein d'amertume, est riche d'enseignement. Mais il ne faut pas se dissimuler qu'elle demande des acteurs exercés. En revanche, elle plaira (de façons différentes) à des publics divers.

 



  Fiche de lecture
825
 
 Heiner MULLER
[Editions de Minuit]
 
1h 30mn
 
1 homme. 1 femme
 

- Quartett -

 
 

Style général : Condensé en une trentaine de page et à deux personnages des Liaisons dangereuses de Choderlos de Laclos, Quartett est emblématique de "l’art dramatique des bêtes féroces" auquel nous invite à participer l’auteur est-allemand. Une pièce acerbe, où "chaque mot ouvre une blessure, chaque sourire dévoile une canine."

Argument : Que reste-t-il à Merteuil et Valmont lorsque, arrivés à la fin de leur vie, ils passent sous le scalpel de Heiner Müller pour un ultime face-à-face ? Plus de tendresse ni d'illusions, moins de chair, si peu de volupté… Juste la mécanique de leurs rapports mise à nue, la valse des rôles, le cinglant cynisme des mots. Et cette unique certitude qui sort intacte du crible du doute : depuis les Liaisons dangereuses, les Lumières ont perdu de leur éclat.
Vieillis, les deux libertins sont livrés à l’ironie de leur solitude. Loin de cette mondanité qui donnait sens à leur existence, ils sont confrontés à une rage intérieure qui, en un funeste éclat de rire, fait écho aux violences de leur temps et du nôtre.

Personnages :
Valmont, Merteuil.

Décors : Un salon d’avant la révolution française, un bunker d’après la troisième guerre mondiale.

Remarque : En raison des deux indications que donne l’auteur concernant la période de déroulement de la pièce, on peut librement opter pour une adaptation en costume d’époque ou pour une transposition dans l’actualité. Cette indécision impose cependant à tout metteur en scène de s’engager dans des partis pris tandis que la densité poétique et ironique de la pièce rend nécessaire un grand travail de fond sur le texte.

 



  Fiche de lecture
826
 
 Dominique RICHARD
[Editions théâtrales]
 
1h
 
1 homme. 1 femme
 

- Le journal de grosse patate -

 
 

Style général : Texte associant récit et monologue, notes intimes et dialogues rêvés, Le journal de grosse patate porte un regard à la fois tendre et drôle sur la cruauté de l’enfance. Une pièce à l’écriture fine et inventive qui permet de traiter l’air de rien des sujets les plus graves tels que l’amitié, l’amour, le deuil ou encore la norme et la différence.

Argument : "Grosse Patate", c'est le surnom donné par ses camarades d’école à une petite fille de 10 ans un peu ronde. Parce qu’elle sent qu’elle ne ressemble pas tout à fait aux autres enfants, elle confie au jour le jour ses impressions à son journal intime, y répertoriant soigneusement ses joies, ses peines, ses doutes ainsi que cette interrogation récurrente : comment trouver sa place au milieu des autres ? L’occasion pour nous de découvrir sa meilleure amie, Rosemarie la timide, Rémi, le souffre-douleur de la classe ou encore le beau mais si idiot Hubert. Et aussi -peut-être surtout-, cet homme en noir qu’elle rencontre dans ses rêves et qui l’aide à mieux comprendre le monde. Et à s’accepter.

Personnages :
Grosse patate, l’homme en noir. Ces deux personnages peuvent être joués en relais par plusieurs comédiens.

Décors : Aucune indication n’étant donnée par l’auteur, cette pièce se prête à toutes les imaginations de mises en scène.

Remarque : Les aventures de "grosse patate", petite fille d'aujourd'hui, vive, au langage truculent et qui affronte les situations les plus diverses avec humour et philosophie, raviront les enfants à partir de 8 ans tout autant qu’elles les inviteront à la réflexion.
Texte sélectionné en 2004 dans les nouveaux programmes de l’école primaire en tant "qu’oeuvre de référence pour une première culture littéraire et artistique".

Vous pouvez retrouver les aventures de la meilleure amie de grosse patate dans un 2nd texte de Dominique Richard qui vient de paraître aux éditions Théâtrales jeunesse : "Les Saisons de Rosemarie".

 



  Fiche de lecture
827
 
 Jacques RAMPAL
[L'Oeil du Prince]
 
1h 30mn
 
3 hommes. 1 femme
 

- Qu’importe le flacon -

 
 

Style général : Pièce aux répliques très vives où les passions, l’alcool et les intérêts commerciaux s’entremêlent de façon tragico-comique.

Argument : Grand couturier, Agnès d’Amboise a beau être à la recherche d’un flacon pour lancer son dernier parfum, cela ne l’empêche pas de taquiner de trop près certaines bouteilles… d’alcool. Alors qu’elle s’est imposée six mois d’abstinence, elle se retrouve ainsi à craquer devant une coupe de champagne lors d’un défilé de mode. Pétrifiée de sa faiblesse, elle en appelle alors à sa soeur Nina, mais leur rencontre se passe mal dans la mesure où, entre-temps, l’alcool lui a fait oublier son SOS. En revanche, c’est avec un plaisir nettement plus grand qu’elle retrouve un certain Gilles, séduisant designer qui lui propose un dessin pour son flacon. Si le croquis qu’il lui tend est à proprement parler hideux, le charme de son auteur a bien vite raison des réticences d’Agnès. Mais les choses se compliquent alors avec l’arrivée de sa fille, la très jolie Aricie qui, découvrant les charmes de Gilles, n’a de cesse de l’avoir séduit. Tout est alors en place pour le bouquet final : entre l’amour et les intérêts financiers, il faut choisir ! Et pour cela, l’abus d’alcool n’est pas recommandé !

Personnages :
Agnès, la cinquantaine, grand couturier, Aricie, sa fille, la vingtaine, comédienne. Nina, la soeur cadette d’Agnès. Gilles, styliste de mode.

Décors : Un salon luxueux donnant sur une terrasse arborée.

Remarque : Une pièce de l’auteur de Célimène et le Cardinal, tout aussi réussie mais dans un genre totalement différent.

 



  Fiche de lecture
828
 
 Michel Marc BOUCHARD
[Editions Théâtrales]
 
1h 30mn
 
1 homme. 3 femmes
 

- Les Muses orphelines -

 
 

Style général : Tragédie familiale, les Muses orphelines déchire la comédie des apparences grâce à un humour acide. Une pièce forte, solidement nouée autour de l’abandon d’une mère et de blessures individuelles, qui flirte par moments avec l’insolence.

Argument : Québec, 1965 : dernière née des quatre enfants Tanguay, Isabelle convoque ses deux soeurs et son frère dans la petite ferme de leur enfance alors qu’ils ne se sont pas vus depuis des années. Son but : apprendre la vérité sur son passé. En effet, lorsque sa mère est partie vingt ans plus tôt alors que leur père était déjà mort, ils lui ont dit qu’elle était décédée. Mais ce mensonge ne tarde pas à exploser et, de souvenirs en rectifications, les entrelacs de l’intrigue familiale sont mis à jour : si, en réalité, elle les a abandonnés à Catherine, leur aînée, pour suivre le grand amour, d’autres vérités sont encore à découvrir. Des révélations qui permettent à chacun des enfants d’exprimer son désarroi et les conséquences désastreuses de cette absence sur chacune de leur vie.

Personnages :
les 4 enfants de la famille Tanguay : Catherine, 35 ans, l’aînée, institutrice à l’école élémentaire du village et qui protège jusqu’à l’étouffement Isabelle, 27 ans, la cadette mentalement fragile, Luc, écrivain " raté " de 30 ans qui vit à Montréal et Martine, 33 ans, qui s’est enrôlée dans les forces canadiennes en Allemagne pour fuir la sphère familiale.

Décors : La salle commune d’une maison de campagne québécoise à deux étages. Une porte donne sur cette salle. Une table, des chaises.

Remarque : Pièce québécoise, Les Muses orphelines a été adaptée pour le public français par Noëlle Renaude. Publiée aux Editions théâtrales, cette adaptation fait partie de l’ouvrage intitulé "Québec France" dans lequel vous pourrez aussi lire Le Chien de Jean-Marc Dalpé, adapté par Eugène Durif.

 



  Fiche de lecture
824
 
 Daniel KEENE
[Editions Théâtrales]
 
1h
 
2 hommes. 0 femme
 

- Avis aux intéressés -

 
 

Style général : Avis aux intéressés est une succession de scènes courtes et bouleversantes qui se déroulent sur cinq jours. L'humour corrosif et noir propre à l’auteur australien est ici porté par une belle humanité.

Argument : Atteint d’un cancer et sur le point de rentrer à l’hôpital, un vieil homme se demande que faire de son fils âgé d’une quarantaine d’années et un peu "simplet". Sur cinq jours, ces deux personnages nous entraînent dans leur quête d’un asile qui mène tour à tour chez eux, puis dehors, dans la ville, à nouveau chez eux et puis dehors encore. Un temps pendant lequel le vieil homme tente d’expliquer la situation à son fils, qui ne lui répond pas, ou si peu. Et c’est finalement par un autre moyen qu’ils parviennent à se dire ce que les circonstances rendent nécessaire.

Personnages :
Un père sur le point de mourir et son fils, la quarantaine.

Décors : Le recours à des lieux multiples réclame une certaine flexibilité et exige une scénographie qui ne s’encombre pas de détails naturalistes.

Remarque : Avis aux intéressés est une pièce inhabituellement courte pour une oeuvre dramatique. Mais c’est que le silence et les mots y font jeu égal. Les spectateurs seront saisis par la force qui s’en dégage ainsi que par une intensité dramatique qui tient à la fois du conte, du fait divers et du poème tragique.

 



  Fiche de lecture
823
 
 Hristo BOYTCHEV
[Actes Sud-Papiers]
 
2h
 
6 hommes. 1 femme
 

- Le Colonel-Oiseau -

 
 

Style général : Satire politique sur fond de conflit armé, Le Colonel-Oiseau démontre le pouvoir de la transformation par les actes et invite à la spiritualité. Pièce à la fois drôle, forte et accessible, elle passe au crible les mécanismes du pouvoir et met en avant le droit à la différence.

Argument : Au fin fond des Balkans, dans un ancien monastère transformé en asile psychiatrique, vit une petite communauté de fous inoffensifs accompagnée d’un très jeune médecin. Alors que, non loin, la guerre en ex-Yougoslavie fait rage, ils vivent coupés du reste du monde, sans vivres ni médicaments, et en ces glaciales soirées d’hiver qui approchent, ils doivent se regrouper en une seule pièce pour ne pas mourir de froid. C’est dans cet état d’isolement absolu que, une nuit, suite à une erreur de parachutage, des vivres et des vêtements militaires envoyés par l'O.N.U. atterrissent dans la cour de l’asile. La vie des pensionnaires s'en trouve alors changée de la plus étonnante façon.

Personnages :
Les pensionnaires de l’hôpital : Cyril, Mateï, Davud, un tsigane, Festissov, dit le Russe, Hatcho dit la Télé, et Pepa, seule femme. Leur médecin.

Décors : La chambre commune de l’hôpital, la cour du monastère. L’action passe fréquemment de l’un à l’autre de ces lieux.

Remarque : Le Colonel-Oiseau a été couronné en 1998 du grand prix de la dramaturgie contemporaine (British Council). Le texte intégral de la pièce en français est disponible sur le site Internet de l’auteur bulgare à l’adresse suivante : www.hristoboytchev.com/docs/the_colonel_bird-french.pdf.
Hristo Boytchev a donné une version féminine de cette pièce sous le titre Le colonel et les oiseaux (www.hristoboytchev.com/docs/the_colonel_and_the_birds-french.pdf)

 



  Fiche de lecture
821
 
 Jean-Paul ALEGRE
[L'Avant-Scène Théâtre]
 
1h 30mn
 
4 hommes. 4 femmes
 

- C’est nous les loups ! -

 
 

Style général : En 16 scènes mêlant le réel, le burlesque et le merveilleux,l’auteur contribue, sans didactisme, à mieux faire connaître le loup.

Argument : Papa-loup et maman-loup profitent des longues journées d’hiver pour raconter à leurs enfants, et à leur manière, l'histoire de leur race. Surgissent alors de nombreux personnages sortis tout droit de l’histoire ou de l’univers du conte, du Petit Chaperon Rouge aux Trois Petits Cochons en passant par Henri III ou encore un cosmonaute. Mais, pendant ce temps, le village des hommes au loin grandit et l’avenir des loups semble bien menacé...

Personnages :
C’est nous les loups ! a été conçue pour être jouée par tous les types de compagnies. C’est pourquoi la distribution est évolutive. Chaque metteur en scène pourra regrouper les rôles à sa guise. La distribution minimale se situe autour de huit comédiens se partageant la quarantaine de rôles.

Décors : L’action change très fréquemment d’endroit mais la poésie du texte laisse à chaque metteur en scène le loisir de les imaginer.

Remarque : Initialement parue le 1er janvier 1988 dans la revue L’Avant-Scène n°831, la pièce a été rééditée en juillet 2004 dans la collection "Quatre-vents".

 



  Fiche de lecture
820
 
 Françoise du CHAXEL
[Urgence de la Jeune Parole]
 
1h
 
6 hommes. 9 femmes
 

- En automne, j’ai même vu des renards danser -

 
 

Style général : En automne, j’ai même vu des renards danser est une pièce née d’un atelier pour un groupe d’adolescents. Elle peut donc être jouée par des jeunes à partir de quinze ans.

Argument : Ce sont les vacances de la Toussaint. Un mini car, transportant de jeunes adolescents partis découvrir Barcelone, s’arrête dans un village des Pyrénées ariégeoises qui semble vivre comme au ralenti, en comparaison de la Ville, symbole de jeunesse et d’énergie. Cette ville vers laquelle les jeunes habitants de ce village voudraient bien pouvoir s’exiler… partir vers leur liberté… En attendant, ils restent et nous vivons avec eux ces moments de la vie quotidienne, ces légendes de clocher : les histoires d’ours, de colporteurs, de transhumance et d’amours contrariées.

Personnages :
L’auteur donne énormément d’informations concernant les personnages et nous ne les relèveront pas toutes. Il est cependant important de distinguer les adolescents qui habitent dans le village ou qui reviennent voir leur famille (Damien, Paul, Laurie, Aude, Sarah, Sylvain, Jeanne, Manon, Luis) de ceux qui arrivent un jour en car (Cathy, Julie, Marie, Eva et Tom).

Décors : Les décors sont très nombreux mais peuvent aisément être représentés de façon symbolique, avec un minimum d’éléments.

Remarque : Il est difficile, lorsque l’on monte une pièce de théâtre, de contenter tous les comédiens. Dans cette pièce, la distribution étant très équilibrée, chaque adolescent désireux de s’exprimer et d’interpréter un personnage pourra s’en donner à coeur joie !

 



  Fiche de lecture
819
 
 Fabrice MELQUIOT
[Editions de l'Arche]
 
1h 30mn
 
7 hommes. 4 femmes
 

- Perlino Comment -

 
 

Style général : Perlino comment nous plonge dans une histoire véritablement extraordinaire en 24 tableaux aux couleurs méditerranéennes.

Argument : En tournant les pages de son vieux carnet gris, c’est toute sa vie que Mimmo fait défiler devant nos yeux : son déménagement pour Naples lorsqu’il n’avait que onze ans et cette magnifique rencontre avec Perlino, qui est le véritable point de départ d’une vie faite d’amour, d’amitié et de poésie. Perlino, à qui la mémoire fait défaut, rencontre Alba dont il tombe amoureux et pour laquelle il construit une machine volante qui l’emportera jusqu’au soleil… Mimmo, lui, entre dans la police et retrouve Alicia son amour d’enfance…

Personnages :
Deux personnages principaux : Perlino et Mimmo que nous voyons grandir tout au long de la pièce : d’écoliers ils deviennent adultes et nous le vivons, tantôt à travers le regard de l’un, tantôt à travers le regard de l’autre. Il y a ensuite deux personnages secondaires mais néanmoins fondamentaux : Alba, l’amoureuse puis l’épouse de Perlino, Alicia, l’amoureuse puis l’épouse de Mimmo. Des personnages/figuration gravitent autour de ces personnages, et peuvent facilement être interprétés par les mêmes comédiens : Mamma Paralune, Babbo, Maestro Pasquale le professeur de Mimmo et de Perlino, Luciano, un camarade d’école, Pepe, le Père Paciolla, le Capitaine.

Décors : L’action change très fréquemment d’endroit mais la poésie du texte laisse à chacun le loisir de les imaginer.

Remarque : Perlino Comment est un texte magnifique que l’on ne se lasse pas de relire et dont l’originalité et la finesse d’écriture ne laisseront pas indécis les metteurs en scène et comédiens amateurs de défis.

 



  Fiche de lecture
818
 
 Noëlle RENAUDE
[Editions Théâtrales]
 
10 mn
 
2 hommes. 2 femmes
 

- Bleu Chartrain -

 
 

Style général : Pièce absurde, courte, qui se déroule en sept jours.

Argument : Bleu Chartrain met en scène quatre personnages dont les actions quotidiennes ne tardent pas à virer à l’absurde. Les mots pris de panique se bousculent pour sortir au plus vite des lieux communs entrevus et construisent en douceur une série de clichés sur les déplacements immobiles ou les ailleurs sans gloire.

Personnages :
Cora, la femme de Paul. Paul, Aldo et Annette, l’amie d’Aldo.

Décors :

Remarque : Avec cette pièce courte, Noëlle Renaude nous propose une véritable écriture à jouer : avec les mots, les situations, la langue, les personnages.
Bleu chartrain est extrait des Divertissements touristiques de Noëlle Renaude. Cette pièce est à l’origine d’une création de la troupe Chaos Léger de Paris intitulée Algarades (A4) qui a obtenu le Prix Jean Tardieu 2004 au cours du Festival National de Théâtre Contemporain de Châtillon-sur-Chalaronne.

 



  Fiche de lecture
817
 
 Michel AZAMA
[Editions Théâtrales]
 
1h 30mn
 
3 hommes. 1 femme
 

- Zoo de nuit -

 
 

Style général : comédie tragique en 17 tableaux.

Argument : Jo, Sarah et Mike vivent dans un huis clos, certes fait de violence, de haine, et de solitude, mais où plane quand même l’amour, là où on pensait qu’il ne pouvait plus y en avoir…
Ces trois personnages vivent, dans un squat, un cauchemar sans retour dans lequel ils n’ont de cesse de se déchirer, confrontés à eux-mêmes et à leurs propres angoisses.
Le bébé de Sarah est pris en otage par Mike, et c’est toute une foule de sentiments qui viennent mettre en action des personnages contradictoires qui n’attendent rien les uns des autres et qui s’essaient aux vertus du jeu de désamour.

Personnages :
Jo, Sarah, Mike, un homme d’un certain âge.

Décors : A défaut d’indication spatiale, l’auteur donne plutôt des indications temporelles : l’action se déroule dans un squat au coucher du soleil et se termine à l’aube. Un bon travail d’éclairage est donc nécessaire pour parvenir à recréer l’atmosphère dans laquelle on est plongé à la lecture de cette pièce.

Remarque : Michel Azama, détenteur d’une maîtrise de lettres modernes et d’une formation de comédien, s’est consacré à l’écriture dramatique. Il nous livre ici une écriture aiguë et vive, disséquant la violence d’une société génératrice d’exclusion. Zoo de nuit a été présenté par le Théâtre à Contre Jour lors du Festival National de Théâtre Contemporain Amateur de Châtillon sur Chalaronne en mai 2004.

 



  Fiche de lecture
814
 
 Claude BROUSSOULOUX
[L'Harmattan]
 
1h 20mn
 
1 homme. 1 femme
 

- Trilogie sécuritaire -

 
 

Style général : rois courtes pièces polémiques.
Une dénonciation des dérives sécuritaires survenues, ici ou là, où est poussée jusqu'à l'absurde la logique de tels égarements.

Argument : Dans Un nouvel ordre (35 minutes), un policier rédige un dossier concernant un mineur accusé d'avoir couru dans la rue « comme s'il s'enfuyait ». La juge proteste mais rien n'y fait. La magistrature est dorénavant aux ordres de la police. Sont, de surcroît, mis en cause les parents du supposé délinquant pour « mauvaise éducation ». Seulement voilà, les parents sont inconnus. Mais les tests ADN vont révéler que l'enfant est celui de la juge qui l'a abandonné à sa naissance. Le policier jubile. Pas pour longtemps, car l'on apprend que cet enfant est le fruit d'un viol... et que le violeur était ce même policier. Acceptant la nouvelle logique sécuritaire, la juge et le policier se mettront chacun une paire de menottes pour se livrer, eux-mêmes... à la police !

À double tour (25 minutes) impose à tous de fermer sa porte à clé une fois que l'on est chez soi. Un homme est chargé de vérifier que cette consigne est respectée. Il pénètre dans l'appartement d'une femme qui refuse d'appliquer cette mesure. Il ferme d'autorité la porte à clé et reste chez elle pour être certain qu'elle ne l'ouvrira pas. Mais au bout d'un certain temps, c'est lui qui devient quelque peu claustrophobe et qui veut ouvrir la porte. Il n'y arrive pas et s'affole. Il supplie la femme de l'aider. Celle-ci accepte et réussit sans difficulté. Mais, brusquement, elle sort en refermant la porte à clé derrière elle, afin que l'homme apprécie, à ses dépends, le poids d'une telle contrainte !

Autrefois, tout le monde était « présumé innocent », dans Présomption de culpabilité (20 minutes), c'est le contraire qui devient la règle. Un policier tentera d'imposer une culpabilité à une femme en garde à vue. Il est prêt à accepter n'importe quelle culpabilité. Il devient suppliant. Elle finira par accéder à sa demande. Après lui avoir réclamé son revolver, elle aura la bonté de lui proposer de l'abattre. Quitte à être coupable, autant que ce soit pour quelque chose de valable !

Personnages :
Un homme et une femme qui joueront les trois pièces ou trois hommes et trois femmes, chaque couple ne jouant que dans une pièce. Les deux formules sont possibles.

Décors : Le bureau d'un policier dans la première et la troisième pièce. La salle de séjour d'un appartement dans la deuxième.
Époque : Contemporaine.

Remarque : Ces pièces peuvent être présentées séparément en première partie d'un autre spectacle ou montées ensemble, constituant alors un spectacle à part entière d'une heure vingt.

 



  Fiche de lecture
816
 
 Boubacar BELCO-DIALLO
[Lansman]
 
1h
 
5 hommes. 3 femmes
 

- Le secret de la dune -

 
 

Style général : Tragédie, conte ? Un conte tragique tout simplement, qui nous emmène dans son univers magnifique, emprunt de poésie et d'amour. Laissons-nous guider à travers les dunes du désert...

Argument : Agaly, ancien esclave en fuite, est aujourd'hui un homme respectable et respecté dans sa nouvelle communauté où il développe des projets pour aider les plus défavorisés. Surgit dans son bureau un jeune homme armé d'un pistolet. En un instant, c'est tout le passé d'Agaly qui s'engouffre dans la pièce. Et avec lui, à la fois la tendresse du souvenir et la douleur d'une blessure qui ne s'est jamais cicatrisée, L'agressivité du jeune homme et la stupeur d'Agaly feront bientôt place à un dialogue émouvant où ils tenteront de mettre en commun les deux versants d'une histoire qui les rapproche.

Personnages :
Les personnages du présent : Agaly : homme entre quarante-cinq et cinquante ans, d'allure aisée. Le jeune homme : il n'a pas de nom. Il reste tout au long de la pièce, le jeune homme. L'auteur nous indique qu'il a environ vingt-cinq ans. Elwane : mère du jeune homme...
Les personnages du passé : La jeune fille : elle représente A-I Chatt, grand amour de Agaly, lorsqu'elle était jeune. Le garçon représente quant à lui Agaly jeune homme. Shiyatta : c'est la mère adoptive de Agaly. El Chamagha est le père adoptif de Agaly. Marouchett est un homme violent. Maître des esclaves.

Décors : L'histoire se raconte au présent mais aussi au passé. C'est pourquoi il y a deux lieux qui se confondent tout au long de la pièce : celui du présent qui est le bureau plutôt cossu d'Agaly dans lequel un jeune homme fait irruption. Seule indication donnée par l'auteur, la photo d'une belle femme qui sourit, accrochée au mur.
En faisant irruption dans ce bureau, le jeune homme fait également irruption dans la vie de Agaly et le renvoie à son passé... Aussi, un deuxième décor vient-il se greffer au premier, les scènes qui s'y déroulent faisant office de flash-back. Un désert, composé de dune, de tentes.

Remarque : Il n'y a rien à redire ni à dire de cette pièce, tant les mots seraient faibles, comparés à la beauté du texte et à la beauté des images avec lesquelles l'auteur joue si brillamment.

 



  Fiche de lecture
815
 
 André DUSSART
[]
 
1h 30mn
 
6 hommes. 7 femmes
 

- Wolfgang, l'aimé de Dieu -

 
 

Style général : Une évocation de la vie et de l'œuvre de Mozart en 13 tableaux avec musique : Chorale, instrumentistes et artistes lyriques.

Argument : Cette pièce dédiée à Mozart est conçue pour servir de trame dramatique à une manifestation lyrique faisant participer : des artistes lyriques (soprano, baryton), des choristes, des instrumentistes (clarinette, violon), et un pianiste chargé de les accompagner.
Une collaboration fructueuse et amicale entre professionnels de la musique et comédiens amateurs est un des objectifs de cette pièce.

Structure : Chaque tableau évoque une période significative de la vie de Mozart. Les situations dramatiques imaginées ne reflètent pas toujours la vérité historique mais elles sont néanmoins plausibles. La correspondance échangée entre Mozart et ses proches, a inspiré l'écriture de bon nombre de dialogues. L'enfance de Mozart, ses premières amours, ses conflits avec ses parents, le coup de « pied au cul » qu'il a reçu de l'archevêque de Salzbourg, sa profonde connivence et amitié avec Haydn, ses difficultés conjugales, ses déceptions professionnelles et enfin sa mort, font l'objet de scènes reliées entre elles par des interventions musicales appropriées.

Participation musicale : Une nomenclature précise les œuvres imposées en fonction du contexte dramatique ou laissées au libre choix des musiciens.
1 heure 30 dont 40 minutes de musique : Chorale, instrumentistes, et artistes lyriques

Personnages :
2 enfants : 7 ans - 12 ans
6 hommes - 7 femmes
Gentilshommes et dames

Décors :

Remarque : Pour vous procurer la pièce : téléphonez 03 23 62 42 07

 



  Fiche de lecture
813
 
 Robert POUDEROU
[L'Harmattan]
 
1h 45mn
 
10 hommes. 4 femmes
 

- La tranchée -

 
 

Style général : Comédie dramatique

Argument : La classe ouvrière existe-t-elle ? On peut en douter si l'on observe sa non-représentation culturelle, médiatique et politique. Absente de la plupart des romans, films et pièces de théâtre, elle ne trouve guère mieux à s'exprimer à la radio ou au petit écran. Quant à la politique en col blanc, elle est devenue le mode d'expression exclusif du débat franco-français, y compris pour les représentants les plus en vue de l'ultra gauche dont aucun(e) n'a jamais travaillé en usine ni sur un chantier. Emile Zola, réveille-toi, ils sont devenus fous !
Pas Robert Poudérou en tout cas. Il a les pieds sur terre, et même bien plantés au fond de la tranchée boueuse dans laquelle nous entraîne cette pièce en trois parties publiée en 2003 bien qu'écrite il y a un quart de siècle (mise en onde par France Culture en 1983 et montée au Festival des Humbles de Mensignac en Dordogne). Le nœud de l'action dramatique est la mort à la fois prévisible et accidentelle d'un ouvrier dans la tranchée mal étayée d'un chantier. Cette brutale disparition sert de révélateur et déclenche des réactions en chaîne dans l'entreprise, son environnement et la vie privée des protagonistes. La dramaturgie mêle habilement les antagonismes sociaux et personnels ce qui lui permet d'éviter l'écueil d'un discours ouvriériste primaire. D'un côté, l'action montre les difficultés de concilier sécurité et rentabilité, pouvoir patronal et représentation du personnel ; de l'autre, des couples se font. se défont, la jalousie est à l'œuvre, des vocations naissent. Les deux intrigues agissent l'une sur l'autre ce qui confère à l'ensemble une évidente théâtralité.

Personnages :
8 personnages principaux (3 femmes - 5 hommes)
6 personnages secondaires (1 femme - 5 hommes)
et quelques figurants selon disponibilités de la troupe Drame social et humain à la fois, La tranchée propose une abondante distribution : huit personnages principaux (trois femmes et cinq hommes), quelques comparses et une nombreuse figuration, un joli chantier (c'est le cas de le dire !) pour des troupes de théâtre amateur.

Décors :

Remarque : Théâtre militant d'un autre âge diront certains. Pas si sûr car le discours n'est jamais unidirectionnel. Les compromissions des syndicats sont aussi largement dénoncées que l'autoritarisme patronal et la récupération tous azimuts par les notables. Et c'est le souci d'exprimer tout cela de la façon la plus « vécue » possible qui domine, quitte à utiliser parfois un langage roturier. Dans la dernière partie, l'un des personnages s'écrie : « Fini de les laisser parler à notre place ! » Dont acte.
Philippe BIGET

 



  Fiche de lecture
812
 
 Dominick PARENTEAU-LEBEUF
[Lansman]
 
1h 30mn
 
1 homme. 5 femmes
 

- Portrait chinois d'une imposteure -

 
 

Style général : Portrait chinois d'une imposteure est une comédie noire en dix scènes.

Argument : Candice de Lafontaine-Rotonde a été invitée sur le plateau de télévision de Inès Lusine, pour présenter sa pièce de théâtre « Portrait chinois d'une imposteure ». Or l'émission s'appelle : « Portrait chinois » car l'interview repose sur le principe de ce jeu.
Au fur et à mesure de l'émission, Candice donne vie au théâtre qui se joue dans sa tête. Dans cette comédie noire plus infernale que céleste, l'imposture deviendra pour Candice, matière à règlement de compte...

Personnages :
1 homme - 5 femmes 5 voix de femme.
Le maquilleur : un homme d'âge mûr. Candice de Lafontaine-Rotonde : auteur dramatique, jeune trentenaire. Inès Lusine : présentatrice de l'émission de télévision « Portrait chinois », environ quarante ans. Doris : l'aînée, sans âge, la perfectionniste. Milli, la cadette, sans âge, angoissée. Nice : la benjamine, sans âge, celle qui doute. Voix maternalis : voix de Clémence, la mère de Candice. Les quatre sœurs sous le plancher : les voix d'Uranie, Calliope, Thalie et Polymnie. Ce sont les sœurs de Doris, Milli et Nice.

Décors : Le décor se caractérise par sa simplicité et sa sobriété. L'auteur indique que pour la salle de maquillage, une chaise suffit, le plateau télé est meublé du divan de l'animatrice, du fauteuil de l'invité et d'une petite table. En ce qui concerne le bureau des Éditions du Miroir de l'âme, trois chaises et un énorme pot suffisent.
Et enfin en ce qui concerne le dernier lieu, sous le plancher, celui-ci doit être représenté et suggéré par des ombres chinoises, des marionnettes ou autres...

Remarque : Qu'est-ce qu'un portrait chinois ? Un portrait chinois c'est un portrait esquissé à l'aide de questions commençant par « si vous étiez » et de réponses débutant par « je serais ».

 



  Fiche de lecture
811
 
 Laurent VAN WETTER
[Lansman]
 
1h 30mn
 
2 hommes. 2 femmes
 

- Abribus -

 
 

Style général : Abribus est une succession de scènes à lire et à jouer qui peuvent être agencées au gré des envies des metteurs en scène désireux de leur prêter leur propre souffle. Il n'est d'ailleurs pas indispensable, indique l'auteur, de toutes les jouer.

Argument : Un arrêt de bus comme tant d'autres. Et comme sous tous les arrêts de bus, on y croise l'amoureux, la promise, le compliqué, l'optimiste, le comptable, la femme trahie, le rescapé, la conquérante... Un lieu intéressant puisque c'est un lieu carrefour, un lieu où, l'espace d'un instant, les vies se télescopent, se côtoient et s'entremêlent. Bientôt arrive l'autobus qui sépare les vies... Chacun repart de son côté. Mais de cet autobus redescendent d'autres personnes qui viennent remplacer celles qui s'en vont, en un véritable ballet de vie et de mort.

Personnages :
Les personnages ne sont pas clairement définis. L'auteur indique qu'il faut au minimum deux hommes et deux femmes qui joueront différents rôles dans chaque saynète.

Décors : L'action ne se déroule qu'en un seul lieu : l'arrêt de bus. L'auteur nous donne quelques précisions quant aux accessoires nécessaires : un bouquet de fleurs, un couteau, des téléphones portables, des pilules...

Remarque : Abribus nous parle avec tendresse et humour de nos rêves, des petites tragédies de notre quotidien. De nos victoires éphémères, de nos travers pathétiques, et surtout de notre quête d'amour où le glorieux flirte souvent avec le ridicule.

 



  Fiche de lecture
810
 
 Roland DUBILLARD
[Gallimard]
 
1h 30mn
 
9 hommes. 2 femmes
 

- Où boivent les vaches -

 
 

Style général : Où boivent les vaches est une pièce tragi-comique sur l'art, sur celui de vivre aussi : d'être un homme. Ce pourrait être aussi ce que l'Illusion comique est à l'œuvre de Corneille ou Les géants de la montagne à celle de Pirandello, une fantaisie où les questions de l'existence et la nécessité de l'art sont mêlées dans un geste d'écriture singulier anticonformiste et qui ne trouve pas d'équivalent aujourd'hui : une rareté en somme, un trésor. (Eric Vigner, metteur en scène de la pièce au Théâtre du Rond Point)

Argument : Où boivent les vaches est, selon Roland Dubillard, la plus importante de ses pièces. Le sujet c'est le doute d'un poète qui se rend compte que la gloire est truquée, truquée par le monde et la culture, par sa mère, par son fils, par sa femme et toutes les académies. Le poète tente de s'enfuir de ce monde. à la ville comme à la campagne c'est la même tromperie. Roland Dubillard nous informe que le titre est de Rimbaud, il dit : « on ne part pas, j'y suis toujours ». C'est une pièce qui coule comme la vie.

Personnages :
L'acteur à tout faire (le portier, l'examinateur, Oblofet, Marchecru, Hachemoche, le vacher, l'Abbé Véniel). Le reporter. Félix. Bavolendorf. Saül, le fils de Félix. Walter. Elodie, mère de Félix. Rose, femme de Félix. L'homme à tout faire. Le père. Zerbine.

Décors : Le premier et le deuxième actes se déroulent dans le même lieu. Un lieu indéterminé, pouvant se transformer en loge de portier, en salle de réception, en atelier, en cuisine, avec un escalier au fond par où l'on accède aux étages. Trois chambres, l'une au sous-sol : celle de Rose. Une autre au premier : celle de Félix, une autre tout en haut : celle d'Élodie.
Le décor du troisième acte est différent : l'action se déroule à la campagne. Une chapelle vue de l'extérieur, puis un square défoncé par les bulldozers, avec au fond, une fontaine.
L'auteur précise que le décor doit rester vague, sans réalisme.

Remarque : Créée en 1972 à Paris au festival d'Automne par la Compagnie Renaud-Barrault avec une distribution prestigieuse et Roland Dubillard lui-même, dans une mise en scène de Roger Blin, Où boivent les vaches fut repris en 1983 au TNP par Roger Planchon. Vingt ans après, Eric Vigner fait revivre cette pièce.

 



  Fiche de lecture
1
 
 Roland DUBILLARD
[Gallimard]
 
1h 30mn
 
2 hommes. 2 femmes
 

- Les crabes ou les hôtes et les hôtes -

 
 

Style général : Comédie burlesque en dix scènes

Argument : Les crabes hantent une maison au bord de la mer où propriétaires et locataires deviennent les hôtes des uns et des autres et ont d'étranges discussions sur la plomberie, la bombe, l'amour et la mer.

Cette villa au bord de la mer doit être louée parce que les deux occupants sont des jeunes gens, une jeune fille et un jeune homme qui n'ont pas d'argent. Ils sont même menacés par les huissiers. Les locataires qui arrivent prenant leur place, finissent par créer des désordres graves dans la maison.

Roland Dubillard dit de sa pièce que c'est une pièce qui est axée sur l'acte de manger, sur l'acte d'avaler, de dévorer. Les locataires sont des êtres dévorants qui rongent complètement l'intérieur de la maison, y compris les deux propriétaires.

Personnages :
Un jeune homme. Une jeune fille. Ce sont les propriétaires de la maison. Monsieur. Madame. Ce sont les locataires.

Décors : L'action se déroule dans un huis clos qui est l'espace de la maison. Une maison, pas loin de la mer. La raison de la rencontre de ces quatre personnages, est cet espace qui les enferme, la villa louée par le jeune homme et la jeune fille, envahie par monsieur et madame, les locataires. Cet espace devient un champ de bataille où toutes les armes sont utilisées pour prendre, manger, dévorer l'autre, le rôle de l'autre, la place de l'autre. Comme si c'était le dernier cri d'êtres qui ont tout confondu : leur identité, leur âge et leur sexe. Ils n'ont plus que leur corps-carapace qu'ils finissent par tuer.

Remarque : Roland Dubillard invente sa langue. L'espace de l'écriture devient l'endroit de la manifestation de ce conflit entre la raison et l'être. La langue de la pièce est délirante, décousue, déplacée, déformée, modifiée, troublée ; dans la bouche des personnages elle est comme une matière, un vomissement qui vide les corps.

L'histoire, l'espace, les personnages, en cette pièce, sont le résultat d'une perception du monde propre à Dubillard qui se heurte aux codes, aux instruments, aux lois de ce monde, un monde qu'il définit étranger à son être

 



  Fiche de lecture
807
 
 Robert POUDÉROU
[Art & Comédie]
 
1h 15mn
 
2 hommes. 2 femmes
 

- Mignon, Mignonne, allons voir si la chose... -

 
 

Style général : Comédie de mœurs

Argument : Olivier aimé d'Aurélia, elle-même aimée d'Olivia. Un jour, Olivia rencontre Olivier qui aime Aurélien qui aime ? Olivia et Aurélia sont amies, militantes d'une « Association pour le retour de l'homme à la femme ».
Au final, quelle distribution des couples ?
Une comédie drôle et élégante qui met en scène l'histoire de quatre jeunes gens titillés par le petit diable de « la bisexualité flottante ».

Personnages :
Les quatre ont entre 20 et 30 ans.

Décors : Une pièce spacieuse avec un coin cuisine américaine.

Remarque : « Un charmant marivaudage à la mode d'aujourd'hui. Avec des coups de théâtre que n'aurait jamais osé Marivaux. Un dialogue d'une extrême vivacité, dans un style fin et élégant. Une perle rare. »
André Dégaine, auteur de L'Histoire dessinée du théâtre. (Février 2003)

 



  Fiche de lecture
808
 
 François CHANAL
[Lansman]
 
1h
 
1 homme. 1 femme
 

- Le pied de la lettre -

 
 

Style général : En 1977, les historiens Emmanuel Leroy-Ladurie et Oreste Ranum rencontrent le manuscrit d'une autobiographie rédigée par Pierre Prion entre 1744 et 1759. C'est de la lecture de ce texte, rapide, elliptique et pourtant historiquement passionnant, qu'est né le désir d'écrire Le pied de la lettre.

Argument : À l'orée du XVIIIe siècle, Pierre, petit intellectuel campagnard largement autodidacte, devient, après une existence cahotante et de tumultueuses errances, secrétaire d'un nobliau de Province. Le voici donc installé pour longtemps - du moins le croit-il - dans la torpeur douillette de la bibliothèque d'une gentilhommière et bien résolu à jouir de cette tranquillité toute neuve. Mais voici que l'une des jeunes servantes vient bousculer ses certitudes et sa solitude. « Apprenez-moi à lire » lui dit-elle, l'entraînant ainsi dans l'aventure la plus bouleversante de sa vie.

Personnages :
Pierre : c'est un homme d'expérience et qui en plus, sait lire. Angélique, une très jeune fille.

Décors : La scène se situe dans une modeste chambre, qui se trouve dans la tour d'un château et qui est encombrée de livres. L'auteur précise que nous sommes au XVIIIe siècle.

Remarque :

 



  Fiche de lecture
806
 
 Carlo GOLDONI
[Actes Sud-Papiers]
 
2h
 
9 hommes. 6 femmes
 

- Une des dernières soirées de carnaval -

 
 

Style général : Goldoni, détrôné à Venise par le Comte Carlo Gozzi, qui lui a toujours voué une haine sans merci, s'apprête à partir pour Paris où il a signé un contrat de deux ans à la Comédie des Italiens. Il écrit alors Une des dernières soirées de Carnaval en guise d'adieu à son public vénitien. Il s'agit pour lui, à travers cette comédie traitée sur un mode allégorique, de parler de sa vie et d'évoquer son futur départ.

Argument : Invités par Zamaria, un tisserand vénitien et Domenica, sa fille, des tisserands se réunissent autour d'une table de jeu et d'un bon repas pour fêter la fin du carnaval. L'un des membres de ce groupe homogène, le dessinateur Anzoletto, doit quitter Venise pour aller travailler à Moscou où il est invité par des artisans italiens. Cela ne fait pas le bonheur de Domenica, éperdument amoureuse. Des couples se dessinent, tous très différents.

Personnages :
Cette pièce peut être envisagée comme une variation sur le thème du couple. Goldoni nous présente plusieurs cas de figures : le couple dans lequel les partenaires ont acquis une certaine indépendance : Marta-Bastian. Celui dans lequel la jalousie fonctionne comme un moteur du désir : Agustin-Elenetta. Le couple apparemment mal assorti dans lequel une femme-enfant provoque chez son mari des réactions paternelles qui ne la satisfont pas : Alba-Lazaro. Le couple au contraire où la femme sera dominante et le mari volage : Polonia-Momolo. Le couple vieillissant réuni par des facteurs économiques : Zamaria-Mme Gatteau. Et enfin, le couple Domenica-Anzoletto qui est le couple porteur de l'idéal bourgeois cher à Goldoni. Viennent se greffer à ces couples, trois apprentis de Zamaria : Cosmo, Baldissera et Martin.

Décors : L'action se déroule chez Zamaria, un tisserand vénitien. Les convives sont installés à une table, ce qui peut rendre la mise en scène difficile, d'autant plus que les répliques s'enchaînent à un rythme effréné.

Remarque : La force de cette pièce c'est que, devant l'allégorie, vibrent des êtres avec leurs bontés et leurs cruautés, leurs grandeurs, leurs faiblesses, et leurs drames que l'on peut saisir indépendamment d'une connaissance de la vie de Goldoni et de son théâtre.
(Myriam Tanant)

 



  Fiche de lecture
805
 
 Jean-Pierre CANNET
[Editions Théâtrales]
 
1h 30mn
 
3 hommes. 2 femmes
 

- La grande faim dans les arbres -

 
 

Style général : La grande faim dans les arbres est une pièce qui se joue en treize tableaux, inspirée par la nouvelle éponyme publiée dans le recueil La lune chauve, aux éditions de l'Aube en 1991.

Argument : Mam, mère visionnaire, entraîne les siens vers la grande ville où elle pense avoir été appelée par son fils aîné, élagueur. Ce fils, dont personne ne sait rien, lui parle dans ses rêves. « La ville debout, lumineuse, riche comme un lustre de gala. Ici il y aura du travail pour chacun, venez !». Les voilà donc tous partis, Mam, à la place du père, Djédjé, Cheyenne et Roso. En partant, ils emportent une échelle, symbole de l'ascension sociale à laquelle ils aspirent.
Mais bientôt, Mam se meurt, désespérée de ne pas trouver trace de ce fils imaginaire. Roso endosse alors le rôle du fils aîné afin de sauver sa mère. « II y aura pourtant une voix dans l'arbre. Ce sera moi et lui et je serai nous deux. Une voix sans visage parce que le soleil éblouit. »

Personnages :
Mam. c'est la mère qui est inspirée et a des rêves. Roso. son fils, narrateur de l'histoire. À la place du père, le père. C'est un homme tendre et décalé depuis que, précise l'auteur, sa mule a bouffé sa carte du parti communiste. Cheyenne. la fille. Djédjé. le frère.

Décors : Il s'agit ici d'une quête. Les personnages avancent pas à pas vers la ville. Mis à part l'échelle qui est un élément moteur sur lequel repose la dynamique de l'histoire, aucune véritable indication n'est donnée. Ils sont tantôt sur la route, tantôt dans un squat...

Remarque : La grande faim dans les arbres est la quatrième pièce de cet auteur français, qui partage son existence entre Paris et Vézelay. On y retrouve le thème essentiel à ses écrits : les personnages mis en danger. Cette pièce a reçu le prix Cyrano 2002.

 



  Fiche de lecture
804
 
 Ahmed GHAZALI
[Editions Théâtrales]
 
1h 30mn
 
11 hommes. 1 femme
 

- Le Mouton et la Baleine -

 
 

Style général : Drame de Ahmed Ghazali, ingénieur géophysicien en exploration pétrolière qui, au cours d'une rencontre avec le désert, découvre sa véritable vocation : l'exploration de l'âme et de l'imaginaire à travers l'écriture dramatique et la réflexion philosophique.

Argument : Heurtée par un cargo russe, une embarcation de clandestins marocains sombre dans le détroit de Gibraltar. Les marins repêchent les cadavres, mais ni le Maroc, ni l'Espagne n'acceptent les corps. Commence alors une terrible nuit d'attente. Des clandestins, il y en a d'autres à bord. L'équipage les traque, tandis que le médecin enquête dans l'espoir de les sauver. Qu'est ce que cette fête du Mouton qui empêche les marocains de venir chercher leurs morts ? Que reste-t-il de russe dans ce cargo racheté par une multinationale ? L'amour de la française et du marocain, couple de touristes embarqué par hasard, résistera-t-il à cette nuit de déchirements ?

Personnages :
Le Capitaine Rogatchev, russe, soixante ans. Hassan, marocain, trente-cinq ans. Hélène, française, quarante ans. Le médecin. Le second. Les marins un, deux et trois. Le survivant marocain. Le clandestin noir-africain. Le manager américain et le Gouverneur de Tanger, marocain. Il y a aussi des danseuses, des gardes du corps, des musiciens et des touristes.

Décors : Le décor est très complexe car de nombreux lieux sont représentés, non seulement parce que l'action se situe à différents endroits, mais aussi parce que les flash-back des personnages impliquent des changements de lieux. La scène est un vieux cargo russe bien usé et mal entretenu.
Trois éléments essentiels composent le décor et occupent chacun un tiers de la scène.
À droite, une pile de vieux conteneurs. Endroit obscur qui est à la fois le Sud, l'Afrique, la jungle, la banlieue nord de Paris, le ghetto, les HLM, les bidonvilles de Bombay, Harlem, le cimetière, le bordel, le Tiers-Monde, la tribu...
À gauche, les cabines, avec portes et fenêtres qui donnent sur le pont. Cela symbolise à la fois l'Europe, l'Occident, la ville moderne, le Nord riche, le quartier bourgeois.
Au milieu, un espace vide avec quelques bancs usés. C'est le fossé entre le nord et le sud, entre l'Europe et l'Afrique, entre les riches et les pauvres. C'est là que les cadavres sont déposés durant toute la pièce. C'est là qu'ont lieu les conflits et les confrontations.

Remarque : "Le Mouton et la Baleine, première pièce d'Ahmed Ghazali, porte un regard aigu sur les contradictions d'un monde sans pitié. Dans un climat où le théâtre se fait de plus en plus propre, clinique, mortifère, où les lieux de créations se prennent de plus en plus pour des hôpitaux, Le Mouton et la Baleine, dans ses excès, dans ses qualités et ses défauts, dans tout ce qu'on peut lui reprocher, fait figure de dynamite. Il faut du courage pour allumer la mèche. Je nous le souhaite."
Wadji Mouawad,auteur et metteur en scène canadien.

 



  Fiche de lecture
803
 
 Jean LARRIAGA
[Art & Comédie]
 
1h 30mn
 
2 hommes. 2 femmes
 

- Craquements de couples -

 
 

Style général : Pour reprendre les termes de l'auteur, il s'agit d'une comédie en sept craquements.

Argument : Georges et Irène, Solange et Vincent sont, de prime abord, deux couples « classiques », des amis qui se retrouvent régulièrement pour passer une soirée, agréable, ensemble. Des soirées qu'ils estiment pour leur simplicité, car elles sont au-delà des lieux communs, ni les émissions télévisées, ni les commentaires sur les derniers horoscopes n'y trouvent leur place.
Mais Irène, justement, aimerait bien de temps en temps pouvoir « balancer » un lieu commun comme « un ange passe »... et c'est le premier craquement : celui d'Irène. Elle craque, Irène, et ce sera bientôt au tour de Solange, Vincent et George de craquer et de dire ce qu'ils ont, enfin, sur le cœur.

Personnages :
Il n'y a pas d'indications précises pour les personnages, l'auteur précise qu'ils ont entre trente cinq et quarante ans.
Georges et Irène : mari et femme Vincent et Solange : mari et femme.
Dès le début de la pièce, on ressent une réelle amitié entre les deux femmes, de même que les deux hommes sont extrêmement complices.

Décors : Il y a deux lieux qui évoluent, tout au long de la pièce. Le premier lieu de l'action est le salon de Solange et Vincent. C'est un décor très simple : une porte d'entrée au fond, à gauche un bar, à droite, une bibliothèque. Au centre, deux canapés qui se font face. L'action se déroulera tantôt dans ce salon, tantôt dans le salon du second couple, dont le décor est presque similaire.

Eclairages : peut jouer un rôle fondamental dans cette pièce pour symboliser les deux personnages féminins qui décèdent et qui reviennent observer leurs époux. Ces deux personnages fantômes ayant la faculté de traverser les murs, un éclairage judicieusement choisi doit contribuer à créer l'illusion.

Remarque : Jean Larriaga évoque ici les thèmes de l'homosexualité masculine et féminine des deux couples, amis de longue date, qui vont se laisser surprendre par leurs propres sentiments. Déroutés, c'est un peu après leur propre identité perdue qu'ils courent.

 



  Fiche de lecture
802
 
 Jean LARRIAGA
[Art & Comédie]
 
1h
 
2 hommes. 2 femmes
 

- Voisinage -

 
 

Style général : Comédie en dix scènes à jouer à quatre ou à plusieurs.

Argument : Jean Larriaga nous propose ici dix saynètes qui se déroulent toutes à un lieu carrefour, un passage obligé, où il est fortement probable que l'on y rencontre... son voisin : la boîte aux lettres ! Une vision plutôt originale de considérer les rapports de voisinage. Tels des voyeurs, les spectateurs pénètrent dans l'intimité même de ces personnages. Ces personnages qui habitent tous « Rue du Docteur » on ne sait pas qui... Nous assistons à des discussions cocasses, à la limite de l'absurde, mais qui sont parfois tellement criantes de vérité. Après avoir lu cette pièce, à nous de juger si nous nous estimons être une bonne voisine, un bon voisin... ou l'inverse !

Personnages :
Léa, Colette, Louis, Jean-Pierre. Nous n'avons aucune indication particulière si ce n'est qu'ils ont tous entre trente cinq et cinquante ans. Ils semblent tous être célibataires.

Décors : L'auteur a fait le choix d'un décor dénudé puisque pour tout décor, il indique qu'il ne doit y avoir que quatre boîtes aux lettres qui laissent deviner en arrière plan, des pavillons. Une plaque pour indiquer le nom de la rue : Rue du Docteur.

Remarque : L'action se situe devant le portail ou la boîte aux lettres du ou de la voisine. Pourquoi ? Et bien il me semble que dehors, les voisins endossent toujours leur rôle d'habitant proche. Un rôle en or. Qu'on peut jouer fidèlement ou différemment au gré des situations.
Un rôle à tenir, à défendre, car voisin c'est plus mystérieux que proche parent ou ami d'enfance. Voisin (de maison) c'est aussi représenter sa maison, comme dans le commerce.
Voisin... C'est l'aventure.
(Jean Larriaga)

 



  Fiche de lecture
801
 
 Jean LARRIAGA
[Art & Comédie]
 
30 mn
 
2 hommes. 0 femme
 

- Cinq sketches à jouer à deux -

 
 

Style général : Il s'agit là de cinq sketches, plus cocasses les uns que les autres : Pires que des mômes, Souvenirs surprises, Un rien de religion, Modus Vivendi, Le blanc de l'œil.

Argument : Des adultes qui emmènent leurs parents jouer au tas de sable du square... Des stages de mémoire active qui font resurgir des souvenirs trop compromettants... Un retour forcé à l'église, jusque dans un confessionnal piégé... Un voisin du dessous et un voisin du dessus qui tentent d'accommoder les nuisances sonores réciproques... Un essai presque réussi de ne plus s'emmerder à mourir le dimanche... Autant d'instantanés, sujets au déballage des âmes sans le frein à main des bonnes manières. Du brut de rencontres pour le pire et l'encore pire...

Personnages :
Il y a, chaque fois, deux personnages qui entrent en scène, mais aucune indication précise n'est donnée concernant ces personnages.

Décors : Ces sketches peuvent se dérouler dans un décor neutre.

Remarque : "J'ai toujours eu besoin d'écrire des histoires et je le dois sans doute à ce commerce familial (la boulangerie-pâtisserie de ses parents) qui était comme un théâtre ouvert sur un quartier vivant et par là, tout l'univers. J'y ai emmagasiné une foule d'observations sur les gens et un quotidien que j'aime faire décoller en images et en mots."
(Jean Larriaga)

 



  Fiche de lecture
800
 
 Thierry CHAUMILLON
[Editions du Laquet]
 
1h 25mn
 
2 hommes. 1 femme
 

- Les insomniaques -

 
 

Style général : Thriller psychologique.
Il s'agit d'un drame qui se déroule la nuit dans un décor plutôt glauque. Chacun des douze tableaux amène un indice ou un doute et l'ensemble compose une ambiance à la fois angoissante, suspicieuse et violente.

Argument : Dans une salle de contrôle, au cœur d'une zone industrielle, Jorco et Steiner surveillent des écrans. Les deux vigiles s'épient, se provoquent et s'insurgent l'un contre l'autre. Est-ce seulement pour tuer le temps ?
La nuit qu'ils passeront ensemble sera parsemée de rebondissements et d'étranges hasards, comme l'arrivée de Nina parmi eux. La jeune femme sera la seule à ne pas s'être trompée sur les autres, mais prise au piège de l'imbroglio des deux hommes, elle ne pourra échapper à l'injustice, thème central de la pièce.

Personnages :
Jorco et Steiner sont les rôles principaux.
Le premier est un personnage au passé douteux qui a choisi d'effacer sa mémoire sans laisser de trace. C'est certainement le personnage le plus détestable, mais aussi celui avec lequel on rit, exutoire nécessaire à la noirceur de ce drame. Steiner, le nerf sensible de la pièce, est un quadragénaire au cœur brisé, décidé à faire justice lui-même en croyant reconnaître l'assassin de sa fille.
Nina est une jeune femme au caractère vif et au regard inquisiteur, qui finira par être victime de son passé.

Décors : Unique. Il représente ou suggère une salle de télésurveillance. Une horloge arrêtée, symbolisant le temps figé dans la mémoire de Steiner, doit être visible.

Bande sonore : Elle peut amplifier l'angoisse entre les tableaux à travers une musique. La voix off d'une petite fille ainsi que celle de deux policiers sont nécessaires.

Costumes et accessoires : Les deux personnages principaux portent un uniforme identique avec une arme à la ceinture. Nina est une livreuse de pizzas en service.

Remarque : Les insomniaques est une pièce profondément contemporaine qui a été créée pour la première fois en octobre 2001 au Théâtre des Cadrans Solaires à Vence (Alpes-Maritimes)

 



  Fiche de lecture
799
 
 Michel-Marc BOUCHARD
[Editions Théâtrales]
 
1h 30mn
 
3 hommes. 0 femme
 

- Le chemin des passes-dangereuses -

 
 

Style général : Comédie psychologique ou tragédie routière comme la nomme l'auteur, Michel-Marc Bouchard.

Argument : Réunis pour le mariage du benjamin, trois frères que tout sépare, et qui ne se sont pas revus depuis trois ans, sont victimes d'un terrible accident de la route. Ils se retrouvent sur le lieu même où leur père est mort, des années auparavant. Un drame qu'ils ont vécu en silence et dont ils se sentent malgré eux responsables, car alors pas un d'entre eux n'avait tenté de porter secours au père, emporté par les eaux de la rivière. Au bord des Passes-Dangereuses, ils tentent de se trouver un langage commun, en marche vers la vie, vers la réconciliation.

Personnages :
Les trois frères : Victor l'aîné. Ambroise, le second, homosexuel. Il est parti vivre à Montréal et vend des œuvres d'art. Il n'est plus du même milieu et cherche sans cesse à le fuir. Carl, le benjamin dont on va célébrer le mariage. Il est celui qui a le plus besoin du soutien de ses frères.

Décors : L'action se déroule sur une route forestière qui surplombe une rivière. Partout autour, des débris épars d'un camion accidenté.

Remarque : Est-ce qu'on est obligé d'attendre les derniers instants de la vie pour dire à ceux qu'on aime qu'on les aime ? C'est autour de ce thème que Michel Marc Bouchard, brillant dramaturge québécois, nous donne une de ses plus belles pièces.

 



  Fiche de lecture
798
 
 Robert POUDÉROU
[Art & Comédie]
 
1h 50mn
 
3 hommes. 6 femmes
 

- Les tétonnières du paradis -

 
 

Style général : Farce et fable à la fois, en alexandrins. Époque contemporaine.

Argument : Fin de siècle en Absurdie. Les Absurdiens ont deux pôles d'intérêt : le fric et le sexe. Dérive des raisons et chienlit dans la rue ; pour changer cela, ne faut-il pas en finir avec les rivalités et les « magouilles » des hommes au pouvoir ? C'est la question que se posent les femmes, « Les Tétonnières » de cet immense et vieux pays.
Elles vont passer à l'action.
Nous mèneront-elles vers le monde de la Renaissance ?

Personnages :
Un vieux monarque ZOBIE, père de la belle HIPPIGÉNIE qu'il veut marier au maître du pays, propriétaire des puits de pétrole ZOBU ; ce dernier a deux maîtresses, ZAZOU-de-SAINT-DENIS et ZAZA-del-CORA-ZON, et un « gorille » qui le protège ZOBA-le-SEC. Les jeunes révoltés ont un chef ZOZO-la-CHIENLIT et ses lieutenants-loubards : HIPPO et HIPPU.

Décors : Des rideaux. Et quelques éléments légers pour les changements de lieux.

Costumes : Contemporains et stylisés.

Remarque : Pour garder toute sa force dramatique et comique à cette farce, il faut la jouer avec à la fois distance et sincérité ; dans l'interprétation de chaque personnage, tous excès de gestuelle, tous effets et poses parodiques doivent être écartés.
Voici l'opinion du cinéaste Patrice Leconte sur cette farce : « Le texte est fort drôle, cocasse, baroque, burlesque, iconoclaste, paillard, les alexandrins caracolent avec humour, les personnages sont colorés, joyeux, allumés : tout cela est parfait. » (Janvier 2003)

 



  Fiche de lecture
797
 
 Robert POUDÉROU
[Crater]
 
1h 30mn
 
2 hommes. 2 femmes
 

- Le Pool en eau -

 
 

Style général : Comédie satirique

Argument : Une entreprise de service dans une tour. Période de grande canicule. La climatisation est en panne. La situation climatique crée dans l'entreprise des comportements débridés et extravagants qui révèlent la nature de chacun. Sur le mode burlesque, en une matinée, l'entreprise vit une sorte de débâcle. (Époque : décennie 1975-85).

Personnages :
Jenny Vallier (responsable du pool dactylographique), Etienne Ducharmin (directeur du personnel), Agathe Pignon (secrétaire du directeur), Michel Léonard (chef de service).

Décors : Un bureau directorial dans une grande entreprise du secteur tertiaire avec, contigu, celui de la secrétaire.

Remarque : « La vision caricaturiste de l'auteur qui combine avec habileté le tempo alerte d'un Feydeau et le trait de génie du peintre moraliste, est d'une lucidité redoutable. Dire qu'on se plaint de ne pas avoir d'auteur en France ! En voilà un de race. Dans le genre, un des plus difficiles à pratiquer, et que d'aucuns appellent péjorativement "vaudeville" on ne fait pas mieux. Sinon chez les Anglo-Saxons, ce qui est à prendre pour un compliment. Avec cet atout propre à l'esprit français, Robert Poudérou ne se contente pas de jouer avec une mécanique » Alain Leblanc, France-Soir, 1987.

 



  Fiche de lecture
795
 
 Jean-Michel RIBES
[Actes Sud-Papiers]
 
1h 30mn
 
3 hommes. 2 femmes
 

- Théâtre sans animaux -

 
 

Style général : Courtes fables, neuf pièces facétieuses comme le précise l'auteur

Argument : Neuf pièces aux discussions absurdes : Entre autres... Egalité Fraternité. Jacques pense qu'il est devenu plus intelligent qu'André, son frère. André lui suggère de ne pas le crier trop fort, cela risquerait de troubler les gens qui sont persuadés du contraire... Dans Tragédie, Louise supplie son mari, Jean-Claude, de bien vouloir dire « Bravo » à Simone, elle qui vient juste d'interpréter son plus beau rôle, celui de Phèdre. Mais après les trois heures de supplice qu'il vient d'endurer, il se refuse de dire et le « bra », et le « vo ». Dans Le Goéland, un coiffeur et son client s'interrogent sur les raisons du pourquoi... Quelle force pousse les gens à agir ??? Monique, c'est le nom que porte sa fille. De ce petit nom découle toute une discussion farfelue entre un père et sa fille. Dans la farce Musée, nous entendons les réflexions les plus diverses des personnes venues visiter une exposition...

Personnages :
Il n'y a que très peu de personnages pour interpréter les différentes fables : maximum cinq personnages.

Décors :

Remarque : « Ces courtes fables, portraits, gribouillis, réunis sous le titre Théâtre sans animaux sont une modeste contribution à l'art du sursaut et un hommage à tous ceux qui luttent contre l'enfermement morose de la mesure. »
Jean-Michel Ribes, Juin 2001.

 



  Fiche de lecture
796
 
 Jean-Michel RIBES
[L'Avant-Scène Théâtre]
 
1h 30mn
 
3 hommes. 2 femmes
 

- Tout contre un petit bois -

 
 

Style général : Drame qui se déroule en un seul tenant. Aucun découpage n'est effectué par l'auteur car la pièce se joue en un seul acte.

Argument : Blinka, une jeune femme, attend dans une chambre qui pourrait aussi bien être la chambre d'un hôpital que celle d'un hôtel de province, son fils Tommy. Ses bagages sont prêts car son fils doit passer la prendre vers midi. «Elle part», ne cesse-t-elle de répéter. Mais les heures s'égrènent et toujours pas de Tommy. Lui qui est si distrait, se serait-il perdu dans les couloirs ou bien aurait-il encore une fois de plus oublié l'heure du rendez-vous ? Quand il ne vous reste qu'une personne au monde, il faut être indulgent... Alors Blinka attend et c'est au peintre, venu noircir les murs de sa chambre, qu'elle confie ses souvenirs. Avec eux surviennent les fantômes du passé qui semblent encore hanter Blinka.

Personnages :
Blinka : femme qui a entre 45 et 50 ans qui navigue entre deux mondes : le présent et le passé. L'auteur nous en fait une description parfaite : menue, les cheveux courts, le visage osseux mais doux, des yeux noirs brillants, une voix tendre ...
Le peintre : C'est un homme qui a vraisemblablement le même âge que Blinka, peut-être quelques années de plus. Il est présent tout au long de la pièce et se fait l'oreille attentive de Blinka. Il est tantôt le confident de Blinka, tantôt l'imposteur dont elle avait oublié la présence.
Madeleine : C'est la femme de chambre - à moins qu'elle ne soit infirmière ? - qui n'apparaît qu'à de courtes reprises.
Cinta : C'est l'amie d'enfance de Blinka. Celle-ci ne l'a pas revue depuis des années, Cinta étant partie s'installer au Canada. Elle ressemble étrangement à Madeleine et doit être interprétée par la même actrice.
L'homme, encore appelé Peter Crooks. C'est un personnage mystérieux : souvenir ? personnage réel ? Cela semble peu probable puisque le peintre ne semble pas le voir.

Décors : La pièce se déroule dans un huis clos. Comme l'indique la didascalie de l'auteur, il peut s'agir de la chambre d'un hôtel de province ou de la chambre d'un hôpital. Au mur, une petite fenêtre à petits carreaux. Excepté le lit, très peu de meubles. Détail important : les murs sont blancs. Le peintre au fur et à mesure de la pièce les peindra en bleu marine.

Eclairage :Aucune véritable indication d'éclairage n'est donnée par l'auteur (une indication est cependant importante à la fin de la pièce), mais il apparaît comme une évidence que l'éclairage apportera beaucoup à une telle œuvre car il participera à créer l'atmosphère un peu lourde de cette pièce.

Remarque : Tout contre un petit bois est une très belle pièce que l'on ne se lasse pas de relire, tant les textes peuvent être lus à des degrés différents une fois l'issue de la pièce connue.

 



  Fiche de lecture
794
 
 Jean-Michel RIBES
[Babel]
 
2h 30mn
 
0 homme. 0 femme
 

- Palace -

 
 

Style général : Palace est une série de Jean-Michel Ribes mais a cependant été écrite en collaboration avec Roland Topor, Georges Wolinski, Gébé, Jean-Marie Gourio, François Rollin et Willem.

Argument : Il ne s'agit pas réellement d'une pièce de théâtre mais plutôt d'une suite d'intrigues, plus absurdes et folles les unes que les autres et qui se déroulent en un même endroit, Le Palace. Cet hôtel de luxe favorise les passages, les discussions, et les rencontres, donnant ainsi lieu à des situations cocasses qui font se côtoyer des personnes diverses...

Personnages :
Les personnages sont très nombreux, il n'est pas possible d'en faire l'inventaire. Il est d'ailleurs peu probable que la pièce soit jouée dans son intégralité, il s'agit plus de petites intrigues qui peuvent être jouées indépendamment.

Décors : L'action se déroule dans différentes salles du Palace.

Remarque : Cette pièce est surtout connue pour son adaptation à la télévision, une série télévisée dont les interprètes sont désormais connus : (entre autres) Michel Blanc, Pierre Arditi, Christian Clavier, Alain Chabat, Marie-Anne Chazel, Jean Carmet, André Dussolier, Daniel Prévost, Jean Yanne, Claude Pieplu, Roger Hanin, Chantal Lauby Carole Laure, Gérard Lanvin, Valérie Lemercier...

 



  Fiche de lecture
793
 
 Jean-Michel RIBES
[L'Avant-Scène Théâtre]
 
1h 30mn
 
15 hommes. 12 femmes
 

- Jacky Parady ou Une vie sans gravité -

 
 

Style général : Drame qui se joue en un prologue et dix-sept séquences et qui procède, telle une œuvre cinématographique, par flash-back.

Argument : Carpuccio retrouve son ami, Jacky Parady, qui gît sur le trottoir, une balle dans la poitrine. Alors que celui-ci est conduit à l'hôpital pour y être soigné de toute urgence, il voit défiler tous les événements importants de sa vie depuis sa rencontre avec Carpuccio et son embauche dans le minable petit cabaret à Pigalle : « Le Tropicana Satisfaction Club » où il se produit en tant que strip-teaser, en passant par ces interminables repas en famille, cette rencontre avec la dame en rose, Zizi sa petite sœur qui ne semble pas savoir parler... Sur fond de réalité, l'hôpital, Jacky Parady rejoue encore et encore et ce, de façon décousue, les épisodes marquants de son existence, une existence sombre... et qui lui paraissait dérisoire.

Personnages :
La complexité de cette pièce relève du nombre de personnages qui se croisent. Cependant de nombreux rôles sont interprétés par les mêmes acteurs ou actrices. C'est en tous cas vrai pour le comédien qui interprète le rôle du père et qui doit endosser plusieurs autres rôles. Il en est de même pour l'actrice qui joue le rôle de la mère et quelques autres rôles. Voici les personnages principaux :
Jacky Parady, Carpuccio, ami de Jacky Parady, Anastasia, chanteuse au Tropicana, Basile Kingdor, directeur du Tropicana, Zizi, sœur muette de Jacky Parady, le père, la mère, La dame en rose qui apparaît et disparaît.

Décors : Les décors sont assez nombreux et les changements ne peuvent s'effectuer qu'à l'oeil nu puisque les séquences s'enchaînent sans qu'il soit possible de fermer le rideau. Si cette pièce est découpée en un prologue et dix-sept séquences, c'est un seul acte qui se joue devant nos yeux. En arrêter le cours est impossible... nous avançons inéluctablement vers la mort. Jacky Parady n'ayant pas conscience d'être dans un hôpital, nous emmène tour à tour dans le cabaret, chez ses parents, dans une rue, dans son appartement, dans un train... Pourtant, nous sommes toujours à l'hôpital.

Remarque : Outre les propos et les critiques évidentes portées par Jean-Michel Ribes sur la société, ce sont la chronologie et la structure complexe de cette pièce qui en font une œuvre véritablement originale. Toute l'action procède telle une véritable remontée dans le temps car, nous ne pouvons pas comprendre comment Jacky Parady en est arrivé là si nous ne revivons pas avec lui sa descente en enfer.

 



  Fiche de lecture
792
 
 Daniel DANIS
[Actes Sud-Papiers]
 
2h
 
2 hommes. 2 femmes
 

- Cendres de cailloux -

 
 

Style général : Cette pièce de trente-neuf tableaux est une tragédie. Lorsque le rideau se lève et que débute la pièce, le drame quant à lui, a déjà eu lieu.

Argument : Clermont s'est réfugié à la campagne, avec sa fille de onze ans, Pascale, pour tenter d'y surmonter la perte de sa femme, sauvagement violée et assassinée en ville par un tueur fou. Là, sur une terre abandonnée où coule la Rivière-aux-Pierres, l'ancien citadin s'abrutit de travail en retapant la ferme, en vidant la cave de sa maison remplie de cailloux, et se tient à l'écart de toute vie sociale. Coco, Flagos, Shirley Grenouille et Dédé, sont de jeunes adultes qui vivent non loin de là et qui sont parvenus à donner l'impression aux autres de s'être résignés au climat social anomique de leur petite ville de province. Mais dans ce monde qui les condamne à la médiocrité, aucun d'eux ne veut en fait se contenter de l'ordinaire. Shirley, une patiente Amazone s'est juré d'ouvrir une brèche dans la carapace meurtrie de Clermont et va bien malgré elle remettre en branle la roue du destin. Car en forçant son mutisme, elle provoque l'amour.

Personnages :
Shirley, trente-trois ans. Elle s'étourdit de plaisirs charnels pour mieux faire oublier son sein tatoué par son père depuis l'enfance d'un mot obscène : « macchabée ». Coco, trente ans, ami de Shirley. Clermont, quarante ans, veuf. Pascale, dix-huit ans, sa fille.

Décors : Au niveau des décors, l'auteur dit lui-même que « La pièce se déroule dans un seul lieu qui peut être de l'ordre réaliste, métaphorique ou métaphysique. Il ne faut pas imaginer un lieu qui regroupe l'ensemble des lieux dont on parle dans le texte. En fait, cet espace permet la rencontre des quatre protagonistes qui viennent raconter leur histoire. »

Remarque : "Daniel Danis, qui est également sculpteur s'emploie par l'écriture poétique à "gratter jusqu'à la moelle" l'illusion d'une existence pacifiée, loin des dialogues banalisés par les drames domestiques qui épuisent toute grandeur et ne proposent que des ersatz d'émotions. Avec les quatre personnages-coryphées de cette oeuvre bouleversante, la scène est dès lors sommée de reconquérir sa fonction radicale de dire, sans ménagement mais toujours en tension, les mystères infinis d'Eros et de Thanatos."
Gilbert David

 



  Fiche de lecture
791
 
 Sergi BELBEL
[Editions Théâtrales]
 
1h
 
5 hommes. 6 femmes
 

- Le sang -

 
 

Style général : Entre tragédie et humour noir, cette pièce de cinq scènes pose un regard cru sur les conditions de la violence.

Argument : L'épouse d'un homme politique corrompu est prise en otage par des terroristes. Commence alors un sanglant compte à rebours ponctué par le sang : les ravisseurs lui coupent un membre toutes les dix heures et l'expédient à diverses personnes à travers la ville...

Personnages :
Il y a effectivement 5 hommes, dont un adolescent, 6femmes dont une adolescente et 2 petites filles : la femme,l'homme, la petite fille, la jeune femme, le garçon, la fille, la petite fille perdue, l'homme policier, la femme policier, l'homme timide, le mari, la jeune messagère, et la maîtresse.
Mais l'auteur nous laisse une note importante : deux des rôles masculins doivent être interprétés par le même comédien, à savoir les rôles de l'homme et l'homme timide. Il en est de même pour la petite fille et la petite fille perdue et la jeune femme et la jeune messagère qui doivent respectivement être interprétées par la même enfant-comédienne et la même comédienne. Ceci dans le but de maintenir l'ambiguïté de savoir s'il s'agit d'un seul personnage qui se déguise ou de deux personnages différents.
Pour les autres personnages, l'auteur précise qu'ils peuvent ou non être interprétés par le même comédien ou la même comédienne. Ainsi :
Acteur : Garçon, homme policier et mari Actrice : Fille, femme policier et maîtresse.

Décors : L'action se déroule à notre époque et dans quatre espaces différents en tout : un intérieur et trois extérieurs. L'intérieur est l'espace dans lequel la femme est retenue prisonnière. C'est un endroit sombre et claustrophobique. Les trois autres extérieurs - un jardin public, une terrasse ou un patio d'un très vieil immeuble, et le jardin d'une maison luxueuse - contrastent totalement avec cet intérieur de par leur luminosité, leurs odeurs, et le calme qui y règne.

Costumes : Aucune indication vestimentaire n'est donnée. Cependant il est important de souligner l'aspect « dénudé », dans certaines scènes, de la jeune femme retenue prisonnière.

Remarque : Sergi Belbel, auteur de cette pièce, extrêmement noire et violente - la scène d'ouverture étant particulièrement dure, parfois insoutenable - est un auteur reconnu notamment pour trois de ses pièces : Caresses, Lit nuptial et Après la pluie. Il a reçu en 1993, 1994 et 1995, le prix National de Littérature Catalane catégorie théâtre, en 1996 le Prix National de Littérature Dramatique du Ministère de la Culture Espagnol et en 2000, le prix National du Théâtre de la Généralité de Catalogne.

 



  Fiche de lecture
790
 
 Marc ISRAËL LE PELLETIER
[Editions Théâtrales]
 
1h 30mn
 
1 homme. 3 femmes
 

- Sarah et Lorraine -

 
 

Style général : Sarah et Lorraine, pièce dramatique en 2 actes, est une œuvre dérangeante, car elle témoigne avec force que l'Amérique contemporaine a été bâtie sur de profonds traumatismes et qu'elle s'est nourrie de la souffrance et de la ségrégation de plusieurs minorités : amérindienne, noire, asiatique et juive. Mais l'auteur ne porte pas de jugement, il met à nu et expose ce conflit. Il évite par-là même toute arrogance culturelle.

Argument : New York, fin des années quatre-vingt-dix, un matin au début du printemps. Deux vieilles femmes partagent depuis plus de trente ans le même appartement dans Harlem. Dans cet appartement, Sarah, la maîtresse de maison devenue aveugle, juive d'origine polonaise, traumatisée par un viol dont elle fut la victime lorsqu'elle avait à peine quinze ans, et Lorraine, sa domestique noire, séduite encore enfant et abandonnée enceinte, se rejouent les morceaux choisis de leur existence tissée de douleur, de haine et parfois d'amour. Un double lien les unit : celui d'une maîtresse à sa domestique, et le souvenir du Docteur, mort il y a bien longtemps, qui fut le mari de Sarah, l'amant de Lorraine, et dont elles eurent chacune un fils.

Personnages :
Sarah, épouse du docteur, aveugle. Elle a dans les soixante dix ans et son type sémite est assez prononcé. Elle a un accent très marqué et son discours est ponctué de termes yiddish dont l'auteur donne systématiquement la traduction. Ces termes sont retranscrits phonétiquement. C'est une femme aigrie par la vie. Tout lui rappelle sa vie manquée : cet appartement à Madison qu'elle n'aura jamais, son mari n'ayant jamais voulu quitter Harlem, et cette domestique noire qu'encore maintenant, elle ne peut se résoudre à renvoyer. Lorraine, femme noire américaine, est légèrement plus jeune que Sarah, elle a dans les soixante ans. Elle s'exprime avec de légères intonations typiquement noires américaines, alors qu'elle fait tous les efforts pour gommer les expressions qui marquent trop ses origines sociales et culturelles. À Sarah qui prend un malin plaisir à la traiter de « shklaf » (esclave), elle répond simplement « Vous devriez avoir honte ».L'auteur tient à préciser que ce rôle, par respect pour la culture afro-américaine, doit absolument être interprété par une comédienne noire. Le Docteur, homme d'une cinquantaine d'années et d'une distinction certaine.

Décors : L'auteur fait une description précise des lieux et tient absolument à ce qu'elle soit conservée. L'action se déroule principalement dans la pièce principale (salon-cuisine à l'américaine) d'un appartement spacieux de Harlem, en bordure de Central Park, dont on peut apercevoir les allées par l'une des fenêtres. Le mobilier date des années cinquante-soixante. Dans cette pièce plane le souvenir pesant du Docteur : une photographie et ses diplômes sont accrochés ici et là. Dans la cuisine, on doit pouvoir distinguer deux frigidaires de taille imposante : celui de Sarah et celui de Lorraine.

Costumes : Aucune indication précise de vêtement n'est fourme, mais on sait cependant que Sarah, qui était sûrement très belle étant jeune, ne fait désormais plus attention à elle et ne fait rien pour s'arranger. Lorraine quant à elle, ne manque pas de charme et s'habille avec élégance et modestie.

Remarque : Sarah et Lorraine est une œuvre troublante, car en exposant les tensions entre ces deux femmes de culture et de race différentes, ce sont les conflits entre leurs communautés que l'auteur dévoile.
« Le personnage du Docteur incarne un lien aujourd'hui disparu, lien à la fois intellectuel et social, qui avait réuni pour un temps ces minorités ethniquement et culturellement si différentes. »
Ken Terrel, metteur en scène de deux pièces de Marc Israël-LePelletier.

 



  Fiche de lecture
789
 
 Claude THEIL
[Les Héliades]
 
1h
 
4 hommes. 3 femmes
 

- Mal de maires -

 
 

Style général : Divertissement en six tableaux : Le marketing citoyen, la commission de sécurité, la vocation, la parité, la cure de désintoxication et la responsabilité pénale.

Argument : Cette pièce se compose de quatre tableaux qui mettent en scène les élus locaux face à des situations tout à fait inattendues et auxquelles ils doivent faire face. Les situations, toujours traitées de façon comique, sont assez courtes et s'enchaînent rapidement. Dans le premier tableau, un jeune commercial dynamique élabore, avec l'aide du public, quelques solutions très marketing pour lutter contre l'abstention. Entre alors un maire qui vient présenter la pièce qui va suivre. Dans le second tableau, un maire reçoit une vérificatrice qui, après avoir fait le tour de la commune, relève les manquements aux normes de sécurité. Le comique vient de l'exagération des situations : il faut un extincteur pour chaque arbre, la rue est trop en pente... Dans le tableau suivant, on assiste à la visite d'un collégien, venu pour se renseigner sur le métier d'élu. Les explications et les détails donnés par le maire sur sa fonction sont très souvent mal interprétés par ce collégien. Une candidate profite alors de l'intermède entre deux tableaux pour recruter des candidats afin de compléter sa liste. Tâche difficile puisque depuis la parité, il lui faut recruter autant d'hommes que de femmes. Dans la scène suivante, deux maires sont en cure de désintoxication, pour tenter de ne plus être élus et de ne pas se laisser à nouveau tenter lors des prochaines élections. Le dernier tableau enfin, met en scène le maire et son avocate, venue pour faire le point sur les plaintes de la semaine. Enfin, la pièce se termine sur la chanson Mal de maires.

Personnages :
Il y a donc 4 hommes et 3 femmes, mais les rôles peuvent être interprétés par les mêmes comédiens. À savoir que l'on peut donc avoir un comédien qui interprète le rôle du maire et un autre qui interprète le rôle du second maire, du commercial et du collégien. La comédienne quant à elle peut interpréter le rôle de la vérificatrice, de l'avocate et de la candidate.

Décors : Les décors sont simples et sobres. Il suffit très souvent de mettre sur la scène deux chaises, un bureau, un tableau... et le décor est rapidement planté.

Remarque : L'auteur, Claude Theil, est un habitué des spectacles en rapport avec la citoyenneté. Il a déjà écrit deux autres pièces sur ce thème : La marchande de mots pour les 3-9 ans et Jeu de société en direction des collégiens et des lycéens. Si le propos et le thème de cette pièce peuvent paraître rébarbatifs, force est de constater que l'on se laisse vite emporter par le comique de la situation et que l'on adhère rapidement à la pièce.
Pour vous procurer la pièce : Contactez Les Héliades au 02 37 29 58 53

 



  Fiche de lecture
788
 
 Sam SHEPARD
[Actes Sud-Papiers]
 
2h
 
7 hommes. 2 femmes
 

- Californie
Paradis des morts de faim -

 
 

Style général : Drame en 3 actes, adaptation française de Pierre Laville

Argument : Dans un ranch minable, une famille plus ou moins désunie… Les problèmes d'argent sont symbolisés par le frigidaire constamment ouvert, et dans lequel on ne trouve presque jamais rien. Aussi, la mère lassée, a t-elle contacté un avocat afin de vendre la propriété, à l'insu du père, et de s'enfuir. Le père quant à lui, la moitié du temps soûl, est remis question. Il a lui aussi vendu la maison, mais pour une bouchée de pain, afin de rembourser les nombreuses dettes qu'il a contractées soit auprès de particuliers dangereux, soit pour s'acheter un terrain au Mexique. Un terrain, pauvre, sur lequel rien ne pousse, que le sable… Aussi, Westley, son fils qu'il a toujours considéré comme un moins que rien, s'occupe-t-il des travaux de la maison : les agneaux, la porte que son père, a un soir défoncée… Emma, la fille, la plus douée semble t-il, tente de s'en sortir. "Qu'est ce que c'est que cette famille ?" questionne t-elle avant que de lancer "Je quitte cette maison ! " . Une Cerisaie à l'Américaine qui exilera ses vaincus vers le Mexique, ou vers l'Europe, plutôt qu'à Moscou.

Personnages :
Wesley, le fils. Emma, la fille. Ella, la mère. Taylor, avocat. Weston, le père. Ellis, propriétaire du "Paradis Club". Malcolm, sergent de police, Emerson et Slater, hommes de main.

Décors : L'action se déroule toujours dans le même intérieur. Au centre de la pièce, dans le fond, une table, très simple. Quatre chaises autour de la table. Un réfrigérateur (très important) et une cuisinière. Un amas de débris de bois, les restes d'une porte fracassée. Au fil des actes, des accessoires s'ajoutent tels que : un enclos dans lequel Westley viendra poser un agneau, des marteaux, puis une nouvelle porte que Westley a fabriquée.

Eclairages : Des indications d'éclairage sont données au début des deux premiers actes. Les deux premiers actes débutent et l'éclairage se fait progressivement sur Westley, le fils, que l'on découvre à chaque fois en pleine activité (en train de réparer la porte, de faire un enclos…) On découvre au fur et à mesure les autres personnages, en scène avec lui : Emma à la table, avec des feutres, en train de travailler… Aucune indication d'éclairage n'est donnée durant les actes eux mêmes, ni au début du troisième acte qui met en scène le père, seul.

Costumes : Les costumes sont importants dans cette pièce, mais ne sont pas spécialement difficiles à trouver. Il faut des vêtements très modestes : peignoir de bain pour la mère à l'acte I puis une tenue de tous les jours. Une tenue verte et blanche d'un club hippique pour Emma, à l'acte I et une culotte de cheval ainsi que des bottes à l'acte II. Un costume élégant pour le notaire ainsi qu'une mallette, qui contrastent avec la pauvreté des lieux. Pour le père, un pardessus sombre, des chaussures de tennis, une casquette de base-ball et un pantalon bouffant pour l'acte II et à l'acte III, un pantalon propre, une chemise et des chaussures cirées. Pour Wesltey, il porte un jean, des tennis et un T-Shirt, mais entre aussi sur scène nu. A la fin de la pièce, il revêtit les affaires sales de son père.

Remarque : Californie, Paradis des morts de faim, comme La Cerisaie, n'est pas de l'ordre de la nostalgie seulement, c'est là le piège, on le sent. C'est rapide et cruel comme le temps qui passe. "Tout ce qui était proche s'éloigne" nous dit Goethe. Et alors? Allègrement, comme cette superbe Ella, allons de l'avant pour nous rapprocher de ce qui nous attend ".
Marcel Maréchal.

Cette pièce a obtenu l'Obie Award (meilleure pièce Off Broadway de l'année.)

 



  Fiche de lecture
787
 
 Anca VISDEI
[Editions du Club et de la Femme Pressée]
 
1h 30mn
 
8 hommes. 4 femmes
 

- Toc et Boc, héros de l'humanité -

 
 

Style général : Comédie tragique en dix tableaux.

Argument : Toc et Boc, héros de l'humanité nous content l'histoire étrange de ces deux hommes, partis faire leur service militaire, pour le bien de la patrie, et dont le retour à la vie normale semble bien impossible. En effet, les peines s'ajoutent les unes aux autres : on se mouche dans un mouchoir de couleur et donc par conséquent « civil » et l'on voit sa peine se prolonger de cinquante ans. On oublie de se mettre à quatre pattes lorsque le Général surgit et l'on en prend pour cent ans de plus. Le pire, c'est que tout est fait pour que l'on soit conservé en bonne santé : aucune tâche n'est à accomplir, pas de sport, pas de corvée d'épluchage de pommes de terre... Boc, enfermé alors que sa femme était sur le point d'accoucher, verra-t-il un jour sa fille ? Sa fille qui est à son tour enceinte... Toc, son ami poète, en doute fort. Et s'il n'y avait plus de dehors ? Si la caserne s'était étendue à tout le pays et au monde entier ? Pourtant Boc, dont la libération est promise dans deux jours, veut encore y croire...

Personnages :
Toc et Boc, Héros de l'humanité.
Le Président de la République Libre et Indépendante de Liman.
Le Général de la même République, toujours libre et indépendante.
Un lieutenant limanais
La muse du poète
La mère de Toc
Deux jeunes filles en noir puis en blanc
Éventuellement, deux porteurs d'affiche : rôles muets.

Décors : L'action se déroule dans la république Libre et Indépendante de Liman. Au niveau des décors, l'auteur tient à préciser que les didascalies ne sont que des indications. Sur scène, de vieux voilages sont tendus comme pour représenter des toiles d'araignées. Et des cordes un peu partout. La scène doit représenter de nombreux trous dans lesquels un seul homme peut se tenir. L'auteur utilise l'image d'un immense morceau de gruyère. Un réseau d'échelles de corde de type tropical relie les différents trous.

Remarque : Anca Visdeï, partie de Roumanie alors qu'elle n'était qu'une adolescente, a dû apprendre une langue, le français. Et une fois cette langue apprise, que lui restait-il à faire ? Improvisée conteuse dans un premier temps, son « parler », donne à tout ce qu'elle dit ce petit rien d'insolite qui fascine ses auditeurs. Du conte, elle passe vite au théâtre, où son style et son originalité font merveille. La presse est unanime concernant Toc et Boc, héros de l'humanité, cette nouvelle pièce dont le nombre de tirage est limité. Cette roumaine, installée en France depuis son adolescence a « le sens du dialogue, une aisance, un rythme qui ne trompe pas : nous avons affaire à un véritable auteur de théâtre ».
J. Nerson, Le Quotidien de Paris.

 



  Fiche de lecture
786
 
 Joelle FOSSIER
[Art & Comédie]
 
1h 20mn
 
1 homme. 2 femmes
 

- L'ivresse de la poule -

 
 

Style général : Adolescence et violence. Une comédie qui donne à réfléchir et qui est construite comme un polar. Un vrai ! Torride et glaciale, traitée à la manière d'un fait divers (même longuement mûri, un drame se joue souvent en un éclair) L'ivresse de la poule est une histoire terriblement commune et tragique : on a beau ne plus avoir peur de rien, la mort, vécue comme un malentendu est une source d'angoisse.

Argument : Maxime Roger, jeune adolescente, s'essaie à l'écriture. Elaborer un roman est une expérience violente. Maxime s'y délecte. Rapidement, le roman s'écrit en même temps qu'il se vit. Spectatrice de l'amour qui naît entre sa mère et Rémy Pelletier, gardien de la paix, Maxime se conduit en prédatrice.

Personnages :
Maxime Roger, adolescente de 16/17 ans. Agressive, puérile, créatrice, vénéneuse autant que séduisante, rancunière congénitale. Si du haut de son adolescence elle condescend à "souffrir" l'autre, c'est pour mieux le dévorer. Emma Roger, 45/50 ans, sa mère, énergique et lucide. Belle femme, attachante et pathétique, d'un niveau culturel certain. En rupture avec un passé décevant, elle glisse sur une mauvaise pente. L'alcool l'a rendu poignante.
Rémy Pelletier, 45/50 ans, bel homme encore sexy. C'est un gardien de la paix au grand cœur. Grande gueule. Grand caractère, c'est un homme intègre qui tentera de remettre de l'ordre dans la relation mère-fille , trop complexe.

Décors : Où mieux situer le quotidien que dans un lieu quotidien. On vit dans une cuisine, on y mange, on y travaille ou on y est pour y être tout simplement. De cette cuisine aménagée en salle à vivre se dégage une atmosphère envoûtante. "Un Climat."

Remarque : Le Théâtre, miroir de son époque, a aussi pour mission d'interpeller le public sur des sujets graves. Un fait divers qui tourne au drame peut mener à une réflexion approfondie, c'est hélas, souvent le cas.

 



  Fiche de lecture
785
 
 Joëlle FOSSIER
[Art & Comédie]
 
1h 30mn
 
0 homme. 3 femmes
 

- Compartiment fumeuses -

 
 

Style général : Comédie dramatique, critique du milieu carcéral.

Argument : Blandine de Neuville, accusée de meurtre est incarcérée à la prison dans laquelle Suzette Ploumènec purge sa peine depuis déjà deux ans. Rien ne laissait présager qu'entre ces deux femmes de caractère: et de milieu social différent, naîtrait une belle histoire d'amour. La surveillante de la prison, Suzanne, est décontenancée par la soudaine bonne humeur de Suzette, prisonnière d'ordinaire agressive et violente envers les autres pensionnaires de la prison. Suzanne sent bien qu'elle perd le contrôle et l'autorité sur ces deux prisonnières qui paraissent s'épanouir dans leur amour. Pendant leur moment de rêverie, elles s'imaginent qu'elles vont aller boire le thé à cinq heures sur la terrasse, ou bien encore qu'elles ont pris un bain de minuit... Pour Suzanne la surveillante, il est inconcevable que deux êtres placés en prison pour purger une peine puissent se sentir bien. La décision est rapidement prise, Blandine et Suzette seront séparées.

Personnages :
Cette pièce met en scène trois personnages féminins. Blandine de Neuville. Nouvellement arrivée, elle s'installe dans la cellule de Suzette Ploumènec, véritable terreur. Blandine est accusée de meurtre, Suzette quant à elle est accusée de vol. Dans ce huis clos, la surveillante est la seule marque de vie extérieure. Mais ses allées et venues n'amènent ni soulagement, ni réconfort.

Décors : L'action, comme nous l'avons vu, se déroule dans le milieu carcéral, et plus précisément dans une cellule de prison.

Remarque : En écrivant Compartiment fumeuses, l'auteur Joëlle Fossier raconte au plus vrai, au plus juste, au plus délicat, au plus simple, une histoire d'amour entre deux jeunes femmes qui se rencontrent dans un univers carcéral et sans âme où la réglementation annihile tout ressort humain : où seuls résonnent dans leurs têtes le bruit des clefs, les pas de la surveillante, le claquement sec d'un œilleton qui retombe.

 



  Fiche de lecture
784
 
 Jean-Pierre SARRAZAC
[Editions Théâtrales]
 
1h 30mn
 
4 hommes. 3 femmes
 

- Harriet -

 
 

Style général : "Harriet se lit comme un livret d'opéra qui se lirait comme un poème. Mais Harriet est du théâtre pur." (François Régnault)

Argument : Harriet, la grande actrice que l'Ecrivain a lui-même formé et pour laquelle il a écrit toutes ses pièces, a décidé de le quitter et refuse de jouer le dernier rôle qu'il lui a écrit. Contrainte à lire de nombreux ouvrages pour se cultiver et à ne vivre que pour le théâtre, la passion qu'elle éprouvait autrefois pour cet homme a semble -t-il désormais disparue. De plus, elle a fait la rencontre d'un comédien dont elle est tombée amoureuse.
Il est difficile pour l'Ecrivain d'admettre que cette grande actrice, dont il est le "créateur", puisse se détacher de lui. Aussi, tente-t-il de reproduire le même schéma avec une autre jeune fille à qui il demande même de l'épouser. Mais celle-ci, consciente de son manque de talent, refuse catégoriquement de jouer le rôle qui était dévolu à la grande comédienne. Arrive le comédien jaloux, futur époux de Harriet, et bien conscient que celle-ci sera toujours la femme de l'écrivain et qu'elle ne pourra jamais, véritablement se défaire de lui.

Personnages :
L'écrivain. Harriet, l'ex femme de l'écrivain. Le comédien jaloux, nouvel amant de Harriet et son futur époux. Merlin. Flack le régisseur. Fanny Falkner une comédienne malgré elle puisqu'elle ne rêve que de peinture et a le théâtre en horreur. Annemarie, la petite fille de l'écrivain et de Harriet.

Décors : Si l'on considère le nombre de didascalies présentes dans cette pièce (c'est à dire une seule), on peut en déduire que le metteur en scène est tout à fait libre de faire évoluer ses personnages dans l'espace qu'il considèrera être le plus propice à l'action. Cependant, l'action se déroulant sur la scène d'un théâtre, le dépouillement est sûrement le choix le plus évident.

Remarque : Dans la préface signée de François Regnault, celui-ci nous donne quelques informations non négligeables et qui apportent une autre dimension à la lecture de cette pièce. En effet, il nous dit qu'il faut savoir reconnaître en Harriet , Harriet Bosse qui fut la troisième épouse de August Strindberg, le grand écrivain suédois, avec Annemarie, leur fille. En Falck, il faut voir le régisseur, à qui Strindberg confiait la mise en scène de ses œuvres dans son Théâtre Intime. En L'acteur jaloux, l'acteur Gunnar Wingard qui devait ensuite épouser Harriet et se suicider. En la jeune Fanny Falkner, la jeune fille dont Strindberg s'éprend en ce temps là.

 



  Fiche de lecture
783
 
 Lioubomir SIMOVITCH
[L'Age d'Homme]
 
2h
 
5 hommes. 6 femmes
 

- Le théâtre ambulant Chopalovitch -

 
 

Style général : Drame en 10 tableaux, traduit du serbo-croate par Borka Legras et Anne Renoue.

Argument : Le Théâtre ambulant Chopalovitch est l'histoire d'une troupe théâtrale qui provoque une collusion entre les masques et les visages, dans une ville de Serbie, Oujitsé, ville occupée dans laquelle les passions se mettent à nu.
Dans des circonstances anormales, le théâtre révèle le fond des êtres meilleurs ou pire que ce que l'on croyait. Le déguisement et le mensonge le disputent à la validité du réel et du vrai. ce n'est pas le théâtre dans le théâtre, mais le théâtre que tout homme provoque en lui-même et autour de lui, face aux situations anormales. Les transfigurations inattendues et multiples qui s'effectuent ainsi sont l'alchimie spirituelle et poétique dont Lioubomir Simovitch a le secret.

Personnages :
L'occupant : Maïtsen : d'origine allemande, officier de la SIPO (police de la Sûreté), coordinateur au commissariat de Police.
Les collaborateurs de l'occupant : Miloun, sergent de Police civile. Le Broyeur, bourreau. Il laisse derrière lui une trace de sang. Les habitants d'Oujitsé : Blagoyé Babitch avec sa bouteille. Gina sa femme, avec sa bassine. Simca, la jeune veuve du major d'artillerie. Adjitch : elle porte des vêtements de deuil. Dara, une ouvrière de filature. Tomania, son ombre.
Les acteurs du théâtre ambulant Chopalovitch : Vassili Chopalovitch, le directeur de la troupe. Elisabeth Protitch, l'actrice en jaune doré. Sophie Soubotitch, l'actrice en violet. Philippe Ternavatz, l'acteur aux deux masques sous lesquels se cache peut-être un troisième. Les femmes d'Oujisté.

Décors : L'action se passe en été, à Oujitsé, sous l'occupation. Le décor peut poser problème car la pièce étant assez longue (environ 2 heures), les changements de décors doivent se faire assez rapidement. Or ils sont nombreux. Bien que plusieurs tableaux se jouent dans le même décor (une cour), on note d'autres lieux tels que : la Grande Place, un bureau dans un commissariat, une façade de maison avec un balcon, le bord d'une rivière, une route à la sortie de la ville et enfin des rues.

Remarque : Sur un dialogue fort et concret, l'auteur sait tendre un fin réseau de sensibilité et de poésie. Lioubomir Simovitch écrit aussi quatre textes dramatiques qui remportent sur la scène un succès populaire considérable et sont salués par la critique, tant pour leur contenu que pour leur poésie. Leur forme théâtrale est en outre profondément originale et naturellement novatrice.

 



  Fiche de lecture
782
 
 Philippe BLASBAND
[Lansman]
 
1h
 
0 homme. 4 femmes
 

- Les mangeuses de chocolat -

 
 

Style général : Comédie en sept parties.

Argument : Dans ce singulier groupe de thérapie, trois jeunes femmes - Marielle, Elodie et Liliane- doivent en principe soigner leur dépendance au chocolat. Mais elles refusent de plonger en elles-mêmes à la recherche de l'événement déclencheur de leur "chocolatomanie". La thérapeute assiste, impuissante, à une véritable mutinerie qui remet son propre rôle en question. Elle finit par se laisser aller à des confidences contraires à toute déontologie.

Personnages :
La thérapeute, Marielle, Elodie, Liliane.

Décors : L'action se déroule dans un lieu unique, à savoir une salle de réunion, un cabinet dans lequel la thérapeute reçoit ses patientes. Aucune indication particulière n'est donnée quant à cette salle.

Remarque : Qui dit thérapie dit discussion. Ici, nous avons affaire dans la première partie de cette pièce à de longs monologues au cours desquels les patientes, l'une après l'autre, s'expriment, et en quelques sortes, se présentent. La thérapeute est présente pour relancer ces monologues lorsqu'ils s'étouffent. La seconde partie de la pièce s'articule autour de dialogues beaucoup plus courts et rapides auxquels les quatre femmes prennent part. La pièce s'achève sur un monologue de chaque personnage.
Un texte drôle et impertinent, devenu en quelques années un classique des cours de théâtre, et sélectionné dans l'ouvrage Comédiennes en scènes.

 



  Fiche de lecture
781
 
 Claude BROUSSOULOUX
[Art & Comédie]
 
1h 20mn
 
2 hommes. 3 femmes
 

- La femme conjuguée -

 
 

Style général : Cette pièce se situe sur deux plans qui s'imbriquent.
L'un d'ordre affectif, montre les trois temps des amours d'un homme. La femme aimée autrefois qui réapparaît dans un contexte dramatique, celle d'aujourd'hui au creux d'une aventure sur le déclin et la femme de l'avenir qui sera tragiquement retenue dans son élan.
L'autre est d'ordre politique. Il met en scène des individus qui ont cru, dans la mouvance de mai 68, changer le monde, les armes à la main, dans des pays pourtant démocratiques.

Argument : Eric, un ancien terroriste, séjourne avec sa maîtresse, Marie-Emmanuelle, dans un hôtel où celle-ci vient d'ordinaire pour y écrire seule. Leur amour est fragilisé par les questions qu'elle se pose concernant la sincérité de son amant.
Au sein de cet établissement, une autre femme, Paula est venue abattre Eric qui, il y a vingt ans, l'a trahie, elle et la cause qu'ils partageaient alors. Elle sort de prison et vient régler ses comptes. Daniel, le réceptionniste, est son complice.
Enfin, Céline, une jeune femme esseulée, ayant renoncé à attendre son mari, homme d'affaires, retiendra l'attention d'Eric et éveillera un nouvel amour.
Mais Paula aura finalement raison du passé et du présent, en tuant non pas Eric mais ces deux femmes qui l'aiment, et en faisant en sorte qu'Eric soit accusé du meurtre.

Personnages :
Eric, le terroriste repenti, est un intellectuel séduisant mais de personnalité ambiguë.
Marie-Emmanuelle, est une femme écrivain, un peu plus âgée que lui, douce et distinguée.
Paula, même âge que Eric, traits durs et marqués, pas de recherches vestimentaires. Daniel, jeune homme vif. Céline, jolie jeune femme, élégance discrète.

Décors : Une chambre, un hall et une terrasse du même hôtel.

Costumes : contemporains.

Remarque : L'intérêt de la pièce est de montrer, d'une part, comment dans tout acte politique s'imbriquent la réflexion et l'affectif, et d'autre part, comme le dit dans sa préface le psychosociologue Vincent Siano : « du passé nous ne ferons jamais table rase » tant il est vain de « vouloir tourner la page, le livre de sa vie restant entier ».

 



  Fiche de lecture
780
 
 Carole FRECHETTE
[Lansman]
 
1h 30mn
 
4 hommes. 2 femmes
 

- Le collier d'Hélène -

 
 

Style général : Drame qui nous mène dans différents lieux de la capitale libanaise. Dans cette pièce, il n'y a pas de découpage de scène, aussi doit-elle se jouer dans son entier, sans interruption.

Argument : Dans une rue achalandée de la capitale libanaise où elle séjourne en tant que congressiste, Hélène s'aperçoit tout à coup qu'elle a perdu son petit collier, un collier sans autre valeur qu'affective. Sans trop savoir pourquoi, elle s'aventure à la recherche des lieux qu'elle a visités au cours des derniers jours, dans l'espoir fou de le retrouver. Un chauffeur de taxi, Nabil, s'impose rapidement comme guide à travers les avenues grouillantes et les quartiers ravagés. Cette quête la mène jusqu'aux habitants de la ville meurtrie qui opposent leur propre souffrance à son malheur apparemment dérisoire.

Personnages :
Hélène, jeune femme congressiste. Nabil, chauffeur de taxi. Le contremaître. Une femme. Un homme. Le rôdeur.

Décors : La pièce se lit d'un bout à l'autre sans interruption, aussi les décors doivent-ils se succéder. Il s'agit d'une quête du personnage principal, pour retrouver un objet qu'elle a perdu. Hélène refait en chemin inverse tous les endroits dans lesquels elle s'est promenée et dans lesquels elle est susceptible d'avoir perdu cet objet. Elle traverse ainsi de nombreux lieux de couleurs différentes. Elle se retrouve tantôt sur un chantier, près de la mer, dans les ruelles de la ville, dans des rues, perdue au milieu de la foule. Il peut paraître difficile de retranscrire tant d'ambiances différentes, sans compter que chaque lieu se fond l'un dans l'autre et que tout changement de décor est impossible. Il n'est pas de tableau ou d'acte qui caractérise un lieu. Les scènes se succèdent, au fur et à mesure que Nabil, le chauffeur de taxi, la mène à travers les rues.

Eclairage : L'éclairage peut être un moyen de recréer les ambiances et les lieux différents dans lesquels se trouvent les personnages. Il peut permettre de les isoler, lors des scènes un peu plus intimes, comme il peut être le moyen de les noyer dans un bain de foule.

Remarque : Il peut être intéressant de connaître le contexte dans lequel cette pièce a été écrite. Cette pièce est le résultat d'un projet intitulé "Ecrits nomades" qui s'est déroulé en mai 2000 et auquel a participé Carole Fréchette ainsi que huit autres auteurs de la Francophonie au Liban. A l'issue de ce séjour d'un mois, chaque auteur devait écrire un texte sur le thème des frontières. C'est donc dans ce contexte qu'est né Le collier d'Hélène. Par la suite, ces auteurs ont créé une association "Ecritures vagabondes" afin d'initier d'autres projets, et réunir d'autres auteurs et d'autres artistes des quatre continents. Vous pouvez retrouver les autres écrits de ce même projet : Kennel Club de Yves Laplace, Je me souviens de Robert Marinier, Théâtre B de Jean-Yves Picq, El mona de Koffi Kwahulé, A fragmentation de Eric Durnez, Son prénom malgré lui de Joseph Kodeih, Beyrouth-illuminations de Mohamed Kacimi et Instincts primaires de Florent Couao-Zotti.

 



  Fiche de lecture
779
 
 Jean-Paul DAUMAS
[L'Avant-Scène / Collection des Quatre-Vents]
 
1h 30mn
 
0 homme. 5 femmes
 

- Le cimetière des éléphants -

 
 

Style général : Le cimetière des éléphants, pièce dramatique, se compose de 14 scènes dont un prologue facultatif. Est-ce une pièce sur les femmes? "Sur un mode féminin de vieillir, d'attendre, de se haïr… soi et entre soi? dans cette microsociété où les âges sont niés, et sont tabous, l'agir et l'aimer, il ne resterait plus aux actrices, privilégiées de la longévité que la parole, policée, tracassière, castrante, terrorisée." (Danielle M. Lévy)

Argument : Il s'agit de cinq vieilles dames, dans une pension de famille sur "la côte au soleil" qui attendent vainement un beau temps qui ne viendra jamais. Lorsque chacune des protagonistes se présente, si elle ne le fait que d'un mot, d'une phrase sans ambiguïté : "Je suis paysanne", "j'étais femme de militaire colonial", "J'étais comédienne et personne ne l'ignore", c'est que cette évidence cache justement une réalité autre, peut-être inavouable, que l'on ne connaîtra en fin de compte jamais. Ada, Chloé, Ludivine, Fernande, Louise mentent. Elles mentent comme on s'habille, elles mentent comme au théâtre et cela s'appelle jouer.

Personnages :
Fernande: Fernande est une femme énigmatique qui se dissimule derrière une voilette qu'elle ne veut jamais quitter. Louise est une paysanne. Ada était la femme d'un militaire colonial. Chloé est une femme bourgeoise et Ludivine est une ancienne comédienne.

Décors : L'action se déroule dans un huis clos : difficile d'en sortir, difficile d'y entrer. Les vieilles femmes, effrayées par le monde extérieur et surtout par les voyous qui sont partout (les chauffeurs de bus, les hommes sans cravate, les commerçants) n'osent pas affronter le monde extérieur, (excepté deux d'entre elles) ne seraient-ce que pour aller voir la mer qui est à quelques mètres. Ainsi elles n'observent "la vie" que de derrière leur fenêtre. Toute l'action se déroule donc dans un espace très fermé, à la limite de l'étouffement. La fin de la pièce se solde cependant par l'explosion de ce huis clos, inévitable, puisque depuis le début, elles cherchaient toutes à le fuir. L'issue est soit la mort, soit la fuite.

Eclairages : Aucune indication particulière n'est donnée sur les éclairages mais ils peuvent jouer un rôle important car ils peuvent permettrent de ponctuer les différents moments de la journée. Dans cette pièce, on peut perdre la notion du temps, puisque les jours se ressemblent, les discussions aussi. -la lecture est terminée? -Définitivement- Vous avez déjà dit ça hier matin- Et avant hier, et avant-avant-hier. Ils peuvent donc permettre de créer une rythmique (matin, midi, soir).

Remarque : Que devient-on lorsque l'on se retrouve tout seul, ou que l'on se juge trop âgé pour continuer à vivre normalement à côté des autres? On se retranche et on essaie de vivre. Ici, il est question de solitude. C'est le problème qui se pose pour les personnes âgées à l'heure de partir en maison de retraite. Cependant, "l'auteur nous donne à voir et à entendre ici autre chose qu'un discours sur les femmes. Il semblerait que nous soyons tous en pension de famille, même lorsque de famille, nous n'avons pas".
Danielle M.Lévy.

 



  Fiche de lecture
778
 
 Jean-Marie BESSET
[L'Avant-Scène Théâtre]
 
1h 30mn
 
4 hommes. 2 femmes
 

- Baron -

 
 

Style général : Comédie en huit scènes mise en scène par l'auteur lui-même et Gilbert Désveaux, en 2002, au Théâtre Tristan Bernard.

Argument : Jean, auteur de théâtre, est obnubilé par le trio que formaient autrefois Molière, Baron, son jeune comédien et Armande Béjart son amante. Alors que la véritable nature des liens qui unissaient ces trois personnes est toujours restée floue, il semblerait que des textes aient été retrouvés, révélant au grand jour la relation qui les unissait. Baron, formé très jeune par Molière, aurait été l'amant de ce dernier, avant que de partir avec Armande Béjart. Cette pièce ne nous conte pas l'histoire de ce trio mais l'obsession de Jean qui s'entête à écrire une pièce sur ce sujet. Aussi, Blanche, son épouse, lui reproche t-elle de vivre dans le passé. Quant à Jean, il la soupçonne de carriérisme, de sacrifier à des effets de mode.
Une double rencontre cristallise alors le malaise. Après avoir fait la connaissance de Michel, Jean voit en lui le "Baron" idéal. Blanche quant à elle ne supporte plus l'attitude de son époux qui quitte le foyer conjugal et s'installe chez "Baron". Aussi, multiplie-t-elle les répétitions avec Thomas Knaben, metteur en scène de renommée mondiale.

Personnages :
Jean, auteur dramatique. Blanche, sa femme, comédienne et actrice de cinéma. Michel, jeune comédien que Jean engage pour jouer le rôle de Baron dans sa pièce. Max, producteur de films, ami de Jean. Sylvaine, agent de Blanche. Thomas Knaben, metteur en scène international d'avant-garde

Décors :

Remarque :

 



  Fiche de lecture
777
 
 Jean-Marie BESSET
[Actes Sud-Papiers]
 
1h 30mn
 
1 homme. 2 femmes
 

- Fête foreign -

 
 

Style général : Pièce dont le découpage est identique à celui de la tragédie : cinq parties équivalent à cinq journées : mardi, mercredi, jeudi, samedi et dimanche.

Argument : Pierrot et Maguy sont d'anciens forains qui ont été embauchés à Euroland, fameux parc d'attraction dans lequel défilent tous les jours de riches touristes venus se divertir. Responsables d'une attraction dont ils doivent assurer l'entretien, ce couple au passé misérable en profite pour détrousser les touristes les plus riches. Maguy, que cette situation ne semble plus intéresser, se fait une amie, Edmée, qu'elle rencontre au club de gym où elle se rend tous les jours. Peu à peu elle se livre à elle. Quant à Edmée, elle est engagée par la direction du parc pour permettre l'arrestation des malfaiteurs sans provoquer de scandale.

Personnages :
Pierrot : un homme sans âge, renfrogné. Maguy sa compagne, qui lui est soumise. Edmée : une belle jeune fille mince, de race noire.

Décors : L'action se déroule à l'intérieur d'un parc d'attractions d'inspiration américaine, près de Paris. Les indications de l'auteur concernant l'espace scénique sont très précises. Il nous dit entre autre que : L'espace scénique figure un lieu hybride, moitié local technique, moitié cabine de contrôle de l'attraction "La maison hantée". L'ensemble d'aspect inconfortable mais fonctionnel, très high-tech. Par la suite, il fait une description très précise de ce à quoi doit ressembler l'espace, avec les entrées, les accessoires…

Eclairages : L'espace étant la cabine technique de l'attraction, l'auteur souligne la présence de lasers. Quelques rayons lasers doivent donc balayer la scène de temps à autres et peuvent être reproduit grâce à l'éclairage.

Accessoires : Cette mise en scène, d'après la description précise qu'en fait l'auteur, exige une importante quantité d'accessoires : un évier, un réfrigérateur, une douche, des armoires métalliques de type vestiaire, une banquette métallique, une glace en étain, des moniteurs vidéos pour vérifier le bon fonctionnement de l'attraction et voir tout ce qui se déroule à l'intérieur. Cependant il n'est pas nécessaire de tous les avoir sur scène. Certains d'entre ne peuvent être que suggérés, le frigo jouant cependant un rôle capital puisque c'est la cachette des deux voleurs.

Remarque :

 



  Fiche de lecture
776
 
 Eric DURNEZ
[Lansman]
 
1h
 
0 homme. 3 femmes
 

- La douce-amère -

 
 

Style général : Cette "comédie avec chansons" est une rencontre entre trois femmes dont les confidences et les chants ont des accents doux-amers pour dire superbement les émotions de la vie.

Argument : Sarah et Fanny ont quitté la maison depuis longtemps. Elles s'y retrouvent après l'enterrement de leur mère, en attendant de rencontrer le notaire. Il n' y a aucune agressivité entre les deux sœurs qui furent jadis tendrement complices ; elles sont même plutôt heureuses de se revoir…Même si le deuil de la défunte est plus facile à faire que celui des souvenirs enfouis. Quant à Léna, qui a veillé la mourante pendant de longues nuits, elle semble presque chez elle, alors que sa vie jusque là n'a été que fuite en avant aux quatre coins du monde.

Personnages :
Sarah et Fanny deux sœurs qui se sont séparées et qui ne se sont pas revues depuis longtemps. Léna, jeune femme qui était au chevet de leur mère.

Décors : Dans cette pièce, il n'y a absolument aucune didascalie concernant le décor. Aussi on peut imaginer que la pièce se déroule dans une pièce quelconque.

Remarque : La musique tient une place importante dans cette pièce puisqu'il s'agit d'une comédie avec chanson.
La douce-amère, un air d'enfance en réalité, est avant tout une atmosphère. Intimiste, secrête, parfois drôle, cette pièce vous invite à l'écoute.

 



  Fiche de lecture
775
 
 Christiane SCHAPIRA
[]
 
1h 30mn
 
1 homme. 3 femmes
 

- Un après-midi au soleil -

 
 

Style général : 7 scènes pour un drame intimiste avec quatre personnages

Argument : Mic et Maud Steinberg sont mariés depuis quatre ans. Maud est professeur de français dans un lycée réputé difficile. Mic est directeur commercial dans une grande entreprise française qui travaille avec la Russie. Le couple a un enfant de cinq ans. Pendant sa grossesse Maud découvre que Mic a une liaison. Profondément blessée par cet adultère, elle décide d'avorter à l'insu de Mic en ayant recours à des procédés de « bonne femme ». La tentative échoue. Mic n'en saura jamais rien. L'enfant naît. Il est maladif, asthmatique. Maud vit dans la culpabilité la mauvaise santé de leur enfant qu'elle attribue à son geste.
Le lendemain d'une très longue mission en Russie, le couple fête le retour de Mic en déjeunant au Lido, un restaurant sur la plage, où doit les rejoindre la mère de Maud. C'est le mois de mai. Il fait beau. La lumière est intense. La mer calme. L'instant est délicieux. Maud est heureuse de retrouver Mic. Au-dessus de l'eau, une femme fait du parachutisme ascensionnel. Elle est astronaute et elle est l'élément féminin d'un programme franco-russe baptisé ROJDAT. Cette femme, Alexandra Stoll (que Maud qui suit de loin l'actualité ne connaît pas), va se prêter à une première expérience mondiale dans l'espace. Maud qualifiera cette expérience de « monstrueuse », lorsque Mic présentera Alexandra à Maud et à sa mère.
Alors, ces retrouvailles où le bonheur était pourtant convié vont brusquement se gripper. Le passé ressurgit. Et la souffrance. Une fois seul, le couple va se déchirer avec violence. Les sentiments de Mic et de Maud vont être accompagnés par le mouvement de l'ombre et de la lumière, comme si celle-ci, en disparaissant, éclairait leur âme et leur propre obscurité. Comme la vague, le couple sombre et renaît : chacun à son tour vivant la peur, la colère ou le désespoir. La lumière pourrait presque apparaître comme un cinquième personnage tant elle rythme leurs sentiments. Fallait-il cette violente crise où aucun des protagonistes n'épargne l'autre pour que le couple dépassant le conflit se retrouve ? Etre ensemble et s'aimer c'est aussi être seul, et Mic, qui a eu peur de perdre Maud, courra seul vers la mer.

Personnages :
Maud Steinberg. Elle est professeur de français. Elle a trente quatre ans. C'est une femme intelligente et sensible. Elle aime profondément Mic, son mari. Elle a une très haute idée de l'amour. Pour elle, c'est un engagement total de l'être qui peut être vécu comme la seule véritable aventure humaine.
Mic Steinberg. Cadre commercial dans une grande entreprise, il « vit » son travail plus que son amour pour Maud. II aime sa femme, mais à sa manière, un peu distraite, sans trop se poser de questions. Solange Duvallon : La Mère. Elle est légère, exubérante, futile, préoccupée d'elle-même. Elle s'aime beaucoup.
Alexandra Stoll : La parachutiste. Astronaute et choisie pour un ambitieux programme franco-russe elle est déterminée dans ses choix. Elle est celle par qui la journée ensoleillée va s'assombrir et jeter le couple dans une profonde crise qui va aller crescendo avec la décrue de la lumière.

Décors :

Remarque : Cette pièce a été jouée fin mars 2002 au Salon du Livre dans le cadre des « EAT Surprises » au Petit Théâtre de l'EAT/SACD.

Texte de la pièce disponible auprès de l'auteur

 



  Fiche de lecture
774
 
 Claude BROUSSOULOUX
[Art & Comédie]
 
1h 10mn
 
3 hommes. 6 femmes
 

- La folie des autres -

 
 

Style général : Une comédie dramatique aux allures de thriller avec plusieurs rebondissements où l'on joue sur la confusion entre les gens dits normaux et ceux qui appartiennent au registre de la maladie mentale.

Argument : La pièce se déroule dans un asile psychiatrique réservé aux femmes.
Plusieurs crimes ayant été commis dans le voisinage de cet établissement, un policier vient enquêter.
Dans cet univers où se mêlent fantasmes et réalité, il est difficile de faire la distinction entre ce qui est vrai et ce qui est imaginé.
Le policier y arrive pourtant, après une série d'interrogatoires, riches en rebondissements. C'est alors que l'on apprend qu'il n'appartient pas à la police mais qu'il s'agit d'un malade mental échappé d'un autre hôpital que son médecin vient récupérer.
La parole d'un fou n'étant jamais prise en considération, sa découverte est considérée comme nulle et non avenue.
La criminelle, fausse malade mentale, que le faux policier, vrai malade mental, avait mise en cause, à juste titre, ne peut que se réjouir de ce coup de théâtre. Elle s'était faite passer pour folle afin d'accomplir ses forfaits la nuit à partir de cet asile, alibi et refuge. Elle va pouvoir tuer encore pour finir d'assumer un désir de vengeance. Elle pourra ensuite s'enfuir avec l'une des infirmières qui était sa complice depuis le début de cette tragique aventure.

Personnages :
Un psychiatre qui dirige un hôpital psychiatrique pour femmes, son assistante également psychiatre, un malade mental se faisant passer pour un policier au début de la pièce, trois femmes malades mentales, une criminelle se faisant passer pour folle afin de se dissimuler dans l'asile, et un second psychiatre dirigeant un autre établissement où sont internés des hommes, notamment le faux policier.

Décors : Le bureau du psychiatre, directeur de l'établissement pour l'ensemble des sept tableaux et la chambre d'une pensionnaire pour l'épilogue.

Costumes : Contemporains, selon les cas vêtements de ville, tenues d'intérieur ou blouses blanches. Egalement une camisole de force où quelque chose pouvant l'évoquer.

Remarque : L'intérêt de la pièce se situe à deux niveaux. En ce qui concerne le contenu elle démontre admirablement combien est fragile la barrière entre l'apparence de la folie et celle de la normalité. Pour ce qui est de la dramaturgie « le coup de théâtre » final, à double détente, fonctionne parfaitement, pour peu que le faux policier ne sur joue pas la folie dont il est porteur.

 



  Fiche de lecture
773
 
 Sophie NEDELEC
[]
 
1h
 
3 hommes. 3 femmes
 

- Entre ciel et enfer -

 
 

Style général : Drame. S'appuyant sur des faits historiques réels, Entre ciel et enfer développe une situation dramatique de huis clos dans un espace à la merci de la destruction. C'est de la confrontation de personnalités opposées que naissent les réflexions les plus impitoyables sur l'existence. Dans cette situation de crise, les hypocrisies s'exacerbent, les tensions éclatent et les caractères se révèlent.

Argument : Caen. Juin 1944. Les bombardements alliés pilonnent la ville. Les habitants se réfugient dans l'abbatiale Saint Etienne dont la croix rouge peinte sur le toit est censée les protéger des bombes. Tous s'installent tant bien que mal dans les travées et les chapelles avec les quelques bagages qu'ils ont pu emporter. Entre ciel et enfer raconte l'histoire de deux de ces familles.
Ce n'est plus l'Occupation, ce n'est pas encore la Libération. Dans cette situation indéfinissable et comme en suspens, les personnages se débattent entre les difficultés de la vie quotidienne décuplées par l'angoisse omniprésente et les susceptibilités des uns et des autres mises à mal par une promiscuité forcée.

Personnages :
Louise, jeune fille énigmatique, Marna, sa grand'mère, Michel, jeune résistant, Juliette, neuf ans, sa petite sœur, M. Boutier, leur oncle, Mme Boutier, sa femme, le curé.

Décors : Le principal souci est de rendre compte du lieu : un intérieur d'église ; ce qui peut être montré par un décor stylisé ou bien réaliste.

Costumes : années 40, usés (excepté la robe de Louise).

Eclairages : Latéraux cour ou jardin, ambrés, pour la première partie de la pièce qui se passe le soir. Puis, une ambiance nuit, et enfin un éclairage latéral opposé au premier, froid, pour signaler le matin. Un gobo de vitrail permet de rappeler le lieu.

Son : Très important pour signaler les bruits d'avions, de tirs, de bombes, ainsi que les cloches.

Remarque : La sobriété de l'interprétation est nécessaire pour éviter de tomber dans la pesanteur. Il est important de s'attacher à un jeu réaliste pour faire ressortir la force de la situation et la diversité des caractères. Un décor relativement stylisé peut aider à mettre tout ceci en valeur.

Le texte est édité par les Baladins de Marly.

 



  Fiche de lecture
772
 
 Alexandre DUMAS
[Gallimard]
 
1h 30mn
 
4 hommes. 3 femmes
 

- Antony -

 
 

Style général : Drame romantique en 5 actes.

Argument : La tendre Adèle tombe amoureuse du beau, romantique et ténébreux Antony. Mais il est de naissance inconnue. Il ne veut s'imposer. Il part. Trois ans plus tard, n'y tenant plus, il revient. Mais elle est mariée par son père au colonel d'Hervey,. C'est elle qui, pour ne pas être déshonorée et déshonorer son époux, fuit. Mais les chevaux de la calèche s'emballent, un homme se blesse pour la sauver. C'est Antony. Elle l'accueille chez elle, le temps de sa convalescence, mais bien vite elle pressent le danger qui les guette tous deux et décide de fuir à nouveau et de rejoindre son mari. La nuit tombant, elle doit faire une halte dans une auberge. Mais les chambres sont déjà toutes occupées et elle doit partager la sienne avec un inconnu qui n'est autre qu'Antony. Bien vite des lettres anonymes informent le mari qui ne tardera pas à rentrer. Rongée par le remord, alors qu'elle sait son mari de retour, elle demande à Antony de sauver son honneur. Il la tue et s'exclame, lorsque le mari entre dans la chambre de la tendre Adèle : "Elle me résistait, je l'ai assassinée!".

Personnages :
Antony ; Adèle, mariée au colonel d'Hervey, mère, Clara, sœur de Adèle

Décors : On note trois lieux différents dans cette pièce : le premier acte et le second se déroulent dans les appartements d'Adèle. Le troisième prend place dans l'auberge. Le quatrième se déroule lors de la réception, et la pièce s'achève dans les appartements d'Adèle.

Remarque : Grâce à cette pièce dans laquelle tout n'est qu'une question d'honneur, le théâtre a hérité d'un texte au romantisme échevelé.

 



  Fiche de lecture
771
 
 Alexandre DUMAS
[Gallimard]
 
1h 30mn
 
18 hommes. 8 femmes
 

- Kean ou désordre et génie -

 
 

Style général : Comédie en cinq actes

Argument : Dans l'Angleterre du début du XIXème siècle, un grand acteur, Edmond Kean, séduit les foules et toute la société par son admirable talent, son génie même. deux femmes l'aiment :Anna Damby, jeune héritière bourgeoise et Eléna, comtesse de Koefeld, qui passe ses soirées à Dury-Lane, le Théâtre où joue Kean, et pas seulement pour Shakespeare. Kean est un débauché, couvert de dettes, ivrogne et coureur de jupons. Le mari d' Eléna lui annonce qu'il a invité l'acteur a dîner. On apporte la réponse : il remercie d'avoir convié l'acteur, mais l'homme étant pris ce soir là, l'acteur ne pourra venir sans l'homme. On découvre chez Kean la lassitude de n'être toujours considéré que comme un acteur. Un moment, il croit pouvoir vivre enfin à travers la passion qu'il éprouve pour Eléna. Mais ce n'est que Roméo, Othello ou Macbeth qui vivent en lui tour à tour. Il découvre qu'Eléna ne le suivait pas lui, l'homme qu'il tente d'être, mais les personnages qu'il représentait. Il va se démasquer sur scène, comme à travers un suicide consenti. Il met son cœur à nu et il est hué.Il partira suivi par le seul être qui l'aura aimé pour lui-même, la petite Anna Damby. Et il ne lui faudra pas moins que le reste de sa vie pour apprendre à jouer le rôle de Kean.

Personnages :
Kean : c'est un homme excessif, qui se moque des contingences, laisse la bride à ses passions, se livre avec volupté à l'insolence, à la générosité, au mépris. Le Prince de Galles ; Le Comte de Koefeld ; Lord Mewill ; Le régisseur ; Salomon ; Pistol ; Le constable ; Peter Patt ; John ; Tom ; David ; Darius ; Bardolph ; L'intendant ; Le sommelier ; Premier valet, second valet.
Ketty ; Eléna, comtesse de Koefeld ; Anna Damby ; Amy, comtesse de Gosswill ; Juliette ; La suivante; La nourrice ; Une servante.
Il est important de préciser que dans l'adaptation qu'en a faite Jean-Paul Sartre, le nombre de personnages est considérablement réduit puisqu'il y a quatre personnages masculins ( kean, Le Prince de Galles, Le comte de Koefeld et Salomon) et trois personnages féminins ( Anna Damby, Eléna et Amy).

Décors : À chaque acte correspond un décor bien précis. Ainsi les deux premiers actes se déroulent successivement dans un salon chez le Comte de Koefeld et dans un salon chez Kean. Le troisième acte quant à lui se déroule dans une taverne (la taverne de Peter Patt "Au trou du charbon"). L'acte quatre prend place dans la loge de Kean et sur la scène du théâtre. La pièce s'achève dans un salon chez Kean.

Remarque : Kean fut donc écrit par Alexandre Dumas père pour le célèbre acteur Frédérick Lemaître. Cette pièce oubliée a fait l'objet d'une adaptation par Jean-Paul Sartre qui l'a reprise, réécrite et en a fait, comme dit Robert kemp, "un bon drame solide dont il a bourré les creux et qui est devenu brillant."

 



  Fiche de lecture
770
 
 Fatima GALLAIRE
[L'Avant-Scène / Collection des Quatre-Vents]
 
1h 40mn
 
3 hommes. 17 femmes
 

- Princesses
ou Ah! Vous êtes venus…là où il y a quelques tombes -

 
 

Style général : "Le ton est franc. Les récits et les observations sont bien réels. Mais Princesses n'est pas un fait divers dans l'Algérie des années 80, ni seulement un pamphlet sur la situation des femmes, ici où là. C'est une fiction douloureuse prenant appui sur un cauchemar intime. C'est peut-être aussi une tragédie, et c'est encore un roman d'amour." (Jean-Pierre Vincent)

Argument : C'est une intellectuelle d'Algérie. Elle est revenue. Elle était partie voilà vingt ans à peu près, là-bas, en France. Elle y était restée. Elle s'y était mariée, avait bâti une autre manière de vivre. Elle était heureuse, mais la brouille qui s'en suivit avec son père, avec ce qui lui restait au fond du cœur, ne la laissait pas en paix.
Le père est mort. Elle est revenue pour réunir sa vie et ses souvenirs. Mais ceux-ci sont loin et la vie a trop changé, le village s'est recroquevillé, les traditions ont pris un visage grimaçant. Ce qui devait être une réunion heureuse se transforme en tragédie.

Personnages :
Princesse, une jeune femme d'une trentaine d'années. Le vieil homme, appelé aussi le Renégat. Nounou, une vieille femme du village qui a élevé Princesse quand elle était enfant. Le chœur de jeunes femmes, amies d'enfance de Princesse : Badia, La folle, Zohra, Zahra,Abla, Aïcha, hadda, Bibia. Le chœur de vieilles femmes, gardiennes de la tradition : Zhor, Chérifa, Khadija, Olgia, la femme en colère, la femme méchante. Les deux esclaves qui sont deux femmes voilées. Le cul-de-jatte. La doyenne. Le doyen, le chef du village.

Décors : L'action se déroule quelque part en Algérie, dans une cour.

Costumes : Les femmes sont habillées avec les robes traditionnelles algériennes.

Remarque : "On verra là tout un peuple de femmes, certaines présentes en chair et en sang, avec leur destin divers, d'autres évoquées par des récits, toutes happées par un monde qui pousse chaotiquement au progrès, alors que le passé s'accroche de toutes les manières. C'est ce qui frappe à la première lecture : cette profusion de vies féminines, autour d'une "Princesse" charismatique qui semble flotter, avec bonheur, sur son peuple retrouvé, jusqu'à ce qu'une malédiction vienne la foudroyer." (Jean-Pierre Vincent)

 



  Fiche de lecture
769
 
 Fatima GALLAIRE
[L'Avant-Scène Théâtre]
 
1h 30mn
 
3 hommes. 4 femmes
 

- Les Richesses de l'hiver -

 
 

Style général : Drame (ou conte, comme le nomme Francis Aïqui, metteur en scène de cette pièce) qui se déroule en trois parties, et qui nous montre : "une société entre deux eaux, une sorte de no man's land plein de souvenirs du passé, une société moribonde". (Francis Aïqui).

Argument : Le maître a quatre filles. L'aînée, Gabriella joue depuis longtemps le rôle de mère auprès de ses sœurs, et le père a chassé les uns après les autres tous les prétendants possibles afin de garder ses filles auprès de lui. Isola et Maria, comme leur sœur aînée, ne peuvent plus prétendre au mariage, mais se résignent mal au rôle de vieilles filles. Elles sont prêtes à se révolter contre la toute puissance paternelle, trop rigide. Et voilà que la dernière, Bella, le jour de ses dix huit ans, est demandée en mariage par un "prince-ouvrier" marocain, à la peau sombre. Le père refuse, toutes les filles se liguent contre lui sous le regard affolé d'un simple esprit, pas si Crétin qu'on le dit…

Personnages :
Le maître : il est veuf et élève seul ses quatre filles qu'il aime plus que tout. Gabriella : l'aînée des filles du maître. Isola : la cadette. Maria : la troisième fille. Bella : la benjamine. C'est un personnage dont on parle beaucoup puisqu'elle est au centre de l'intrigue, mais elle n'apparaît jamais sur scène. Ghali : Le prince ouvrier, étranger marocain

Décors : L'action se déroule à l'intérieur d'un moulin à huile, mi-ouvert sur la montagne et transformé en pièce à vivre.

Remarque : Dans cette pièce, ce n'est pas une mère autoritaire, telle Bernarda Alba (fameux personnage de Federico Garcia Lorca) qui enferme ses filles et les contraint à porter le deuil de leur père pendant huit ans, mais un père, qui, parce qu'il aime ses filles et craint peut-être la solitude, les retient prisonnières du cocon familial dont elles aimeraient pouvoir s'échapper.
L'étranger quant à lui est tel "un donneur de leçon, comme si ce personnage qui vient du Sud pouvait apprendre quelque chose au Nord. Comme si le Nord pouvait l'entendre. C'est à la fois une métaphore et une réalité. Ce père et ses filles représentent une société qui est mal dans sa peau. L'étranger pour des raisons politiques et économiques est un déraciné, mais il se rappelle encore qui il est. Il a un sens tellurique des choses, une jeunesse en lui. Si les deux se rencontrent, alors la méditerranée de l'avenir peut naître." (Francis Aïqui)

 



  Fiche de lecture
768
 
 Gérald STEHR
[Lansman]
 
1h
 
20 hommes. 20 femmes
 

- La République des Oiseaux -

 
 

Style général : Des monologues à chœurs parlés, plusieurs styles à explorer. Mots collés, néologismes, mots rares et jeux de mots, Gérald Stehr, comme les enfants, se joue avec bonheur de notre langue.

Argument : « La situation des oiseaux est grave ! Le peuple des peaux à plume est menacé d'extinction ! » C'est le mot d'ordre d'une réunion secrète des oiseaux. La Révolution est en marche. Les oiseaux prennent le pouvoir et assurent l'éducation des enfants humains, leur oisification. Ils doivent tous porter un bec, des plumes et manger des vers. Une tyrannie en chasse une autre. Et maintenant ce coucou qui prend le pouvoir et se proclame Empereur !...

Personnages :
Une quarantaine de rôles, beaucoup très courts, qui permettent pour chaque jeune l'exploration de plusieurs personnages.

Décors : Décors : un lieu sobre pouvant évoquer divers endroits. Le plus simple : un plateau nu.

Costumes : des oiseaux, des accessoires oisifiant les enfants. Inutile de rechercher le réalisme.

Remarque : Sous un abord futile, des thèmes profonds : la démocratie et ses limites. « Les bons sentiments deviennent vite les causes de catastrophes ».
De nombreux personnages invraisemblables à créer (le poteau indicateur, le journaleux officiel, le cri d'alarme...) et des situations théâtrales à explorer (chœur parlé, monologues...). Jubilatoire (10-15 ans)

 



  Fiche de lecture
767
 
 Slimane BENAISSA
[L'Ecole des Loisirs]
 
40 mn
 
6 hommes. 6 femmes
 

- Ailleurs, ailleurs -

 
 

Style général : Auditions, affrontements durant les délibérations, jugement et mouvement d'opinion suscité : on se croirait dans un tribunal. Finalement c'est l'intolérance que l'on juge. Des monologues à la manifestation de rue, en passant par la quasi bagarre, on explore plusieurs styles et à chaque fois l'émotion est là.

Argument : Partir ailleurs ! Beaucoup d'adolescents en rêvent. Antoine, qui en a marre. Ali, qui veut aller aussi loin que l'aussi loin qui l'a amené ici. Céline, la fille du divorce et des disputes. Et puis Sébastien et Manouche, sa petite sœur, gitans orphelins de père et abandonnés par leur mère. L'envie, oui, mais pour partir ailleurs il faut raconter une histoire à un jury qui accorde un seul visa, au meilleur. Aujourd'hui ce sera Sébastien. Sébastien tout seul. « Pas sans Manouche ! »...

Personnages :
12 personnages : 3 filles, 4 garçons, 5 au choix (3 juges et 2 gardes). Les jeunes ont tous 10-15 ans, sauf Manouche plus jeune.

Décors : un lieu, tribunal étrange.

Costumes : vêtements contemporains pour les jeunes, étranges pour les juges.

Remarque : Phrases sobres, paroles claires, Slimane Benaïssa laisse au lecteur, et à l'acteur, le soin de l'imaginer, son ailleurs, bien ancré par la vie et la tête... ailleurs. « Combattant de la diversité heureuse », il offre aux adolescents des éléments pour une réflexion de grande valeur sur tous les extrémismes.
Très intéressant à investir par des adolescents de 10-15 ans.

 



  Fiche de lecture
766
 
 Génia CARLEVARIS
[]
 
1h 30mn
 
1 homme. 4 femmes
 

- Assurance-vie -

 
 

Style général : Comédie en 3 actes.
Un phénomène de société : le rajeunissement massif de ceux qu'on n'appelle plus les vieux mais les seniors, sert de prétexte à cette comédie définitivement optimiste. Un zeste de « new age » l'inscrit tout à fait dans l'air du temps.

Argument : Lorsqu'elle apprend, dans la même journée, qu'elle est veuve et cocue... à titre posthume, c'est le ciel qui tombe sur la tête de Suzanne. Cette situation de départ pourrait engendrer un drame. Ce sera une comédie !
Aidée de Madeleine et Giselle, ses deux amies d'enfance, cette bourgeoise que l'on croyait HS va sortir de son train-train et surmonter ce choc émotionnel.
Avec des fous rires de gamines, ces trois copines depuis la maternelle vont se donner le temps et le recul nécessaires pour inventer des recettes de mieux-vivre qu'elles s'échangent avec le même naturel que celle du « poulet à la Thaïlandaise ».
Tout ce qui normalement génère chagrin et désespoir : solitude des femmes, inconstance des hommes, déboires conjugaux, sans oublier le « certain âge » qui approche et l'embonpoint qui s'installe, tout leur est prétexte à rire et à se moquer. Elles trouvent en elles l'ironie, l'humour et une formidable énergie pour rebondir, retourner les situations et redonner à leur vie les couleurs de l'espoir.

Personnages :
Suzanne, la soixantaine
Madeleine et Giselle amies et contemporaines de Suzanne
Christine, la trentaine, la fille de Suzanne
Nicolas, soixante-cinq ans, le mari de Suzanne.
Les trois (femmes) sexagénaires doivent jouer « à l'énergie ».

Décors : un séjour qui « rajeunit » au fur et à mesure du déroulement de la pièce, à l'instar de la propriétaire du lieu.

Costumes : Contemporains.

Éclairages : Lumière soignée pour l'effet « spectre 3 ».

Remarque : Création 2001.

Texte de la pièce sur demande. Tél.: 06 08 10 16 86

 



  Fiche de lecture
765
 
 Sacha GUITRY
[Librairie Théâtrale]
 
10 mn
 
1 homme. 1 femme
 

- Une lettre bien tapée -

 
 

Style général : Comédie - 1 acte
C'est du Sacha Guitry. L'argument est mince. C'est une parade amoureuse. Qui succombe ?

Argument : Dans une chambre d'hôtel, un voyageur demande une secrétaire pour taper une lettre. La secrétaire intervient dans la dictée qui se transforme très rapidement sinon en déclaration d'amour, tout au moins en proposition non déguisée qui sera rapidement acceptée...

Personnages :
Le voyageur, quarante ans, sérieux. La dactylo, vingt ans, elle est jolie et elle le sait.

Décors : Dans une chambre d'hôtel de standing. Un petit bureau et un appareil téléphonique. Luxe d'abord, la volupté viendra après...

Costumes : Opulence simple et de bon goût pour celui-ci, raffinement discret pour celle-là.

Remarque : Quintessence de l'esprit Guitry, on aime ou on déteste absolument, cette pochade peut servir de lever de rideau ou d'excellent exercice d'atelier.

 



  Fiche de lecture
764
 
 Jean-Paul ALEGRE
[L'Avant-Scène Théâtre]
 
1h 30mn
 
15 hommes. 15 femmes
 

- Jeux de planches -

 
 

Style général : Comédie en sept tableaux et cinq interbrefs
Jean-Paul Alègre continue l'exploration systématique de l'univers du théâtre, dans ses aspects les plus divers. À ce niveau, Jeux de planches se situe dans la lignée directe de La ballade des planches, pièce qui connaît un succès considérable parmi les compagnies de théâtre de terrain. Nous y retrouvons en effet une série de courtes pièces, qui ont toutes pour point commun une situation de départ qui peu à peu bascule dans un univers absurde, poétique et toujours drôle. Ces tableaux sont reliés entre eux par ce que l'auteur appelle des « interbrefs », mini-pièces de quelques lignes qui proposent une réflexion instantanée sur l'acte de jouer.

Argument : Jeux de planches est un véritable kaléidoscope. On y rencontre Jean Lauteur, qui est ... auteur !, et qui a bien du mal à obtenir une subvention de Mlle Aumône. On y croise le « mot de la fin » dont la mission est de conclure le spectacle, mais est-ce bien la fin ? Il y a aussi deux comédiens qui ne jouent manifestement pas la même pièce, des personnages inquiétants qui ont interdit de prononcer les mots « théâtre », « projecteur », « bonheur » ou « liberté », deux promeneurs qui sont persuadés d'être au bord de la mer tout en étant sûrs qu'ils sont sur un plateau lui-même situé au bord de la mer, un éclairagiste qui prend tout ce qui se dit sur la scène au pied de la lettre, un personnage qui a tué sa femme parce qu'il voulait tuer le temps, et ces deux comédiens dont l'un veut répéter et l'autre aussi, mais qui ne sont pas d'accord sur le sens qu'il faut donner à ce verbe...

Personnages :
De 3 à 30 rôles, masculins ou féminins, avec toutes les combinaisons possibles.

Décors : Pas de décor obligatoire. Un plateau nu peut convenir. Chacune des scènes peut être symbolisée par un simple accessoire.

Lumières : Elles auront une grande importance car elles devront transporter rapidement le spectateur dans des univers fort différents les uns des autres. Dans un des tableaux la lumière devient même un personnage à part entière.

Musique : Une bande son efficace sera un plus certain. Il y a un côté « fête » dans ces Jeux de planches. La musique et les bruitages y ont leur place.

Costumes : Toutes les fantaisies sont possibles. Comme la pièce joue constamment sur les effets de théâtre dans le théâtre, les costumes peuvent, eux aussi, se livrer à ce petit jeu et entraîner le spectateur sur de fausses pistes.

Remarque : Accessible à tous les publics. Accessible à toutes les troupes. Grande souplesse dans la distribution. Comme dans de nombreuses pièces de Jean-Paul Alègre, la distribution évolutive permet à chaque metteur en scène de choisir la coloration qu'il veut donner à la pièce. Le risque est donc de ne pas trouver un « liant » efficace pour faire de ce travail un tout cohérent. D'où l'importance d'une mise en scène sobre et solide pour bien rendre l'atmosphère un peu folle de cette promenade dans le théâtre. Il faudra enfin veiller à ne pas considérer Jeux de planches comme une suite d'exercices pour comédiens ou de numéros d'acteurs. Bien au contraire, il faut s'efforcer de construire une logique interne à ce spectacle, qui, dans ce cas, devrait permettre à des compagnies exercées de donner le meilleur d'elles-mêmes.

 



  Fiche de lecture
763
 
 Claude BROUSSOULOUX
[Art & Comédie]
 
1h
 
2 hommes. 0 femme
 

- Une improbable rencontre -

 
 

Style général : Une joute oratoire imaginaire entre deux grands écrivains du Siècle des Lumières. Des points de vue diamétralement opposés sont échangés sur la liberté, le théâtre, les femmes, la postérité... autrement dit sur la vie elle-même. Le langage est châtié mais contemporain.

Argument : Goldoni se promène dans un jardin public lorsqu'il aperçoit une silhouette qui pourrait être celle de Voltaire pour lequel il a une grande admiration. Il n'ose croire au bonheur d'une telle rencontre. Il s'agit pourtant bien de Voltaire. Après avoir hésité un moment, Goldoni l'aborde avec déférence. Une conversation s'engage sur tous les problèmes de société intéressant d'aussi prestigieux penseurs. Mais très vite la discussion tourne à l'aigre, chacun défendant avec vivacité des conceptions très différentes de celles de l'autre. Le ton monte, ils sont même souvent sur le point de se brouiller. On perçoit très vite, au-delà du débat d'idées, percer une jalousie qu'un écrivain peut éprouver envers un confrère. Les prétextes ne manquent pas pour remettre alors en cause la personnalité de l'autre. Tout y passe : un doute sur la virilité, une accusation de lâcheté, un soupçon d'arrivisme, la pauvreté des thèmes de l'un, l'ennui que provoque certains textes de l'autre. Cette rencontre qui n'a pas eu lieu permet à Claude Broussouloux, non seulement d'imaginer ce qu'aurait pu se dire les deux hommes, mais également d'exprimer par leur bouche ce qu'il pense lui-même. Il le confirme, avec humour, lors de la chute finale où Voltaire et Goldoni se retrouvent dans un zoo, prisonniers d'une postérité qui permet à n'importe qui de leur faire dire n'importe quoi.

Personnages :
Goldoni allure joviale, une certaine corpulence. Voltaire, mince, sec, malicieux et dédaigneux (ce rôle pourrait être également tenu par une femme déguisée en homme sans pour autant masquer le fait qu'il s'agit d'une femme).

Décors : Un jardin public. Pour la dernière scène et l'épilogue, une grille pourrait apparaître, séparant les comédiens du public, comme les visiteurs d'un zoo le sont des animaux qu'ils contemplent.

Éclairage et mise en scène : l'action se passe un après midi. La direction d'acteurs prend ici une place prépondérante. Grande liberté de mise en scène.

Remarque :

 



  Fiche de lecture
762
 
 Julio CORTAZAR
[Editions Théâtrales]
 
1h 30mn
 
4 hommes. 1 femme
 

- Adieu Robinson -

 
 

Style général : Julio Cortazar nous présente son œuvre comme une pièce radiographique et n'en fait aucun découpage précis. Les scènes s'enchaînent et seules les indications en italique glissées entre les répliques marquent la fin d'une scène, le début d'une autre.Cortazar nous propose une suite au célèbre roman de Daniel Defoe, écrit en 1719 et qu’il a lui même traduit. Il se sert du couple Robinson / Vendredi pour revendiquer le droit des peuples d’Amérique à forger leur propre histoire.

Argument : Robinson, accompagné de Vendredi revient à Juan Fernandez, l’île sur laquelle il a passé tant d’années. A son grand émerveillement, l’île n’est plus synonyme de solitude. Elle est maintenant surpeuplée, transformée par le progrès technique. Elle ressemble à une ville comme les autres avec ses buildings et son aéroport. Pourtant, Robinson réalise qu’au milieu de cette foule, il est toujours aussi seul. Bien loin d’aboutir à l’apologie de la culture européenne comme c’était le cas dans l’œuvre de Daniel Defoe, Cortazar propose ici le renversement du lien entre Robinson et Vendredi, le natif d’Amérique, transplanté dans le monde européen auquel il ne parvient pas à s’adapter.

Personnages :
Robinson, Vendredi, Nora la fonctionnaire, Banane chauffeur de Robinson et ami de Vendredi, un fonctionnaire.

Décors : Tout dans cette pièce est contemporain puisque l'action se déroule dans une ville, de nos jours.

Remarque : Les écrits narratifs de Julio Cortazar proposent des dialogues virtuellement théâtraux et des situations dramatiques séduisantes. Ses pièces correspondent toutes à des esthétiques et des styles distincts. Elles rendent ainsi compte de sa mobilité créative et réunissent un esprit ludique, humoristique et jovial. Toutes sont animées par une raison poétique, vitale, libératrice, par un non conformisme anti-bourgeois.

 



  Fiche de lecture
761
 
 Jacques AUDIBERTI
[L'Avant-Scène Théâtre]
 
1h 30mn
 
7 hommes. 2 femmes
 

- Le Cavalier seul -

 
 

Style général : Epopée bouffonne, drame insolent tournant en dérision les croyances et les désirs, Le cavalier seul retrouve dans son éblouissant délire verbal, le souffle des poètes visionnaires, des créateurs de mythes qui transfigurent la réalité en paraboles.

Argument : On ne peut pas dire que la croisade du chevalier Mirtus soit des plus catholique. Le robuste languedocien n'en est pas pour autant un simple trousseur de damoiselles soudain curieux d'autre chose. La brusque impatience qui le prend de partir pour Jérusalem, répond d'un besoin profond. "Je pars, si quelqu'un m'attend, je m'attends aussi, je m'attends comme si j'étais lui. Enfin le grand désir explose à la source du cœur, à la portée extravagante de mes bras, plus loin que les filles, les filles…"

Personnages :
Il y a en tout neuf personnages, et ces mêmes personnages jouent des rôles différents en fonction du lieu où ils se trouvent. Ainsi, la mère est aussi à l'acte II l'impératrice Zoé et à l'acte III la femme âgée. Madelonne à l'acte I est Nérébis à l'acte II et Fatima à l'acte III. Le père incarne à l'acte II l'autocrate Théopompe III et l'Ouléma à l'acte III. Il en est de même pour les neuf personnages.

Décors : L'action se déroule donc en trois actes et chaque acte représente un lieu différent: l'acte I se déroule au Languedoc, l'acte II a quant à lui pour décor la salle des lions dans le palais de l'empereur Théopompe à Constantinople, et l'acte III se déroule à Jérusalem, sur une esplanade devant un édifice surmonté d'une coupole.

Costumes : Les costumes ont un lien direct avec le lieu dans lequel se déroule l'action.

Remarque : "L'histoire avec Audiberti se fait toujours culture. Ici, on rencontre un drame de la culture qui est en Audiberti le moteur même de toute sa pensée. C'est le drame de l'Occitanie. Comme tout occitan, Audiberti garde peu ou prou, parfois très consciemment, quelques sentiments d'oppression culturelle."
Jean-Marie Auzias

"Audiberti est l'un des grands génies du langage de notre époque. Il y a dans Le cavalier seul un sens absolument étonnant de la parole vivante, pris dans la rue auprès de tout un chacun, pris dans les civilisations et concassé à travers la pensée audibertienne, le gueloir audibertien. Ces textes parlent à l'imagination, au cœur, au ventre. Il vivait au cœur des évènements et en tant que poète, avait ce don de transmettre ce qu'il ressentait, au nom de tous."
Marcel Maréchal

 



  Fiche de lecture
758
 
 Jean GUENOT
[Édition Jean Guenot]
 
2h
 
2 hommes. 0 femme
 

- Couvait et Ratinet -

 
 

Style général : Trente deux dialogues de cinq minutes pour deux personnages de notre époque. Avec un peu d'astuce, on peut grouper plusieurs dialogues pour faire un lever de rideau... On peut également jouer des dia­logues, devant le rideau, pendant les changements de décors.

Argument : Les deux personnages parlent un peu de tout selon leur humeur et selon le caractère que leur a donné l'auteur pour chaque dialogue.

Personnages :
Ils sont aussi variés que possible... clochard, policier, médecin, journaliste, écrivain, pécheur, domestique, peintre, fonctionnaire, séducteur, etc.

Décors : Cela va d'une chaise ou deux, et une table... ou même rien d'autre qu'un rideau baissé. A voir selon l'imagination du metteur en scène.

Costumes : Modernes, avec un motif supplémentaire, selon la fonction.

Mise en scène : Place à l'imagination du metteur en scène, selon qu'il choisira de faire jouer les dialogues un par un, deux par deux, ou tous à la suite. Les dialogues peuvent être interprétés par les mêmes comédiens ou par des duos différents, les personnages ne s'appelant jamais par leur nom.

Musique : Elle peut-être utile entre les dialogues, mais non indispensable.

Remarque : Même si les trente deux dialogues ne tentent pas un metteur en scène, ils peuvent servir les comédiens pour des exercices, car chaque dialogue est en fait une pièce courte, mais une pièce qui demande pour porter, d'excellents diseurs.

 



  Fiche de lecture
757
 
 André DUSSART
[]
 
1h 30mn
 
4 hommes. 5 femmes
 

- Assos story,
ou Grandeurs et petites misères d'une association 1901 -

 
 

Style général : Comédie en 3 actes
La vie d'une troupe de théâtre amateur en réunion, en répétition et en représentation.

Argument : La pièce présente des moments de vie d'une troupe de théâtre amateur. Les déceptions, les jalousies, les conflits inhérents à toute vie associative sont bien évidemment présents... Mais il y a aussi et surtout la réelle amitié, la profonde solidarité et la joie de partager ensemble, bénévolement pour « l'amour de l'art », une passion commune.

Personnages :
2 femmes (20 à 30 ans) et 3 femmes (40 ans et plus) 4 hommes (30 ans et plus).

Décors : Décor unique représentant une loge collective.

Costumes : Une évocation de « l'illustre théâtre » implique 6 costumes XVIIe siècle (3 costumes féminin et 3 costumes masculin).

Remarque : La structure de la pièce utilise fréquemment le « jeu dans le jeu ». Aussi pour générer « les coups de théâtre » dus à cette balance entre réalité et fiction, la mise en scène et la direction d'acteurs doivent être particulièrement précises.

Texte de la pièce sur demande : Tél. : 03 23 62 42 07

 



  Fiche de lecture
752
 
 Anca VISDEI
[L'Avant-Scène Théâtre]
 
1h 45mn
 
0 homme. 2 femmes
 

- Puck en Roumanie -

 
 

Style général : Tragi-comédie - 8 tableaux.
Théâtre autobiographique. Théâtre épistolaire.
Deux sœurs, séparées par l'Histoire communiquent par courrier, parfois par téléphone. Le dialogue s'interrompt pendant des mois, ce sont alors deux monologues qui continuent à raconter deux destins parallèles.

Argument : Deux sœurs nées derrière le rideau de fer, en Roumanie. Pendant dix-sept ans, une tendre complicité, des fous rires et des rêves d'adolescentes. Puis, l'une choisit la « liberté », l'autre reste dans un pays où la censure et l'administration deviennent de jour en jour plus ubuesques. Ce sont alors dix-huit ans de séparation, de correspondance cryptée, de petites trahisons puis de grandes incompréhensions. Les vies ne sont plus les mêmes, les destins divergent jusqu'au moment où...

Personnages :
Alexandra Popesco, écrivaine, dix-huit ans au début de la pièce, trente-six à la fin.
Ioana Popesco, sa sœur cadette, comédienne, dix-sept ans au début de la pièce, trente-cinq ans à la fin.

Décors : Au début, la chambre des deux sœurs, lits jumeaux, machine à écrire, téléphone, livres, penderie, « pick-up » et poste de télévision. A l'avant-scène jardin, un téléphone public. Le décor évoluera légèrement par la suite. De nouveaux accessoires feront leur apparition. C'est un décor tout en grisaille.

Costumes : Des indications précises sont données par l'auteur pour les costumes des deux personnages. Toutefois, le passage du temps n'a que peu de prise sur les costumes qui n'évoluent que par quelques accessoires.

Eclairage : l'éclairage joue un rôle important, c'est lui qui permet les changements de lieux

Remarque : Il serait trop simpliste d'imaginer que la séparation géographique des personnages implique qu'ils ne se rencontrent plus et que la lumière serait suffisante à séparer les deux sœurs. Une véritable lecture en profondeur devrait pouvoir inciter à réaliser une mise en scène novatrice.

 



  Fiche de lecture
751
 
 Claude BROUSSOULOUX
[L'Avant-Scène Théâtre]
 
1h
 
3 hommes. 1 femme
 

- Intime conviction -

 
 

Style général : Comédie dramatique à l'humour grinçant qui traite des problèmes de la justice, du pouvoir, de la mémoire, de la responsabilité collective.

Argument : Monsieur Vieux, qui, cela tombe bien, est vieux, reçoit la visite inopinée d'un homme sûr de lui et déterminé. Celui-ci vient pour établir des faits précis. Monsieur Vieux est en effet responsable. De quoi ? De tout et de rien. De cacher une perruque dans un tiroir de son bureau, d'avoir eu peur de son père quand il était jeune, de ne pas se souvenir des dates importantes de sa vie, de trop bien se souvenir d'évènements secondaires. Mais surtout, Monsieur Vieux est responsable de vivre tout simplement, d'être toujours vivant à un âge avancé. Alors, il faut qu'il soit jugé, et pour cela, on a désigné Monsieur et Madame Lambert parce qu'ils représentent le couple moyen par excellence. Intelligence moyenne, lâcheté ordinaire, incolores, inodores et donc terriblement dangereux.
Le jugement de Monsieur et Madame Lambert sera à la hauteur de leur égoïsme et de leur bêtise. Derrière tout cela, il y a une logique absurde et implacable.

Personnages :
Le vieil homme : peut être joué par un comédien plus jeune, bien entendu, mais en évitant la caricature.
L'homme : ne se pose pas de questions. Inquiétant. Dur.
Monsieur et Madame Lambert : rôles délicats, car complexes sous l'apparente banalité.

Décors : Salle de séjour d'un appartement.

Costumes : modernes. Pas trop typés dans le temps.

Eclairages : modernes. Pas trop typés dans le temps.

Remarque : Une pièce au vitriol de Claude Broussouloux, spécialiste de ces huis clos ravageurs. Elle conviendra à une compagnie capable de travailler dans la sobriété et sachant faire monter la tension. Il faudra se garder des effets tapageurs et des roulements d'épaules car le côté effrayant de la pièce s'appuie sur les aspects de la vie quotidienne. Ce spectacle relativement court, conviendra à tous les publics, et permettra une réflexion sur le problème de la responsabilité collective et individuelle dans notre société.

 



  Fiche de lecture
748
 
 Guy FOISSY
[Librairie Théâtrale]
 
1h 30mn
 
0 homme. 0 femme
 

- Faux-Semblants -

 
 

Style général : Comédie à sketches - 3 actes
Suite de textes, parfois très courts, parfois un peu plus longs, dans la veine poétique, humoristique et toujours surprenante de cet auteur.

Argument : Ce volume est sous-titré L'art de la chute 4, c'est dire si les compagnies retrouveront l'univers qui a fait le grand succès des textes précédents. Guy Foissy en maître du langage, le triture, le décompose, le recompose, dans des situations drolatiques qui n'excluent pas, cependant, une grande cruauté. A l'image de ce monsieur qui a l'idée saugrenue de vouloir traverser la rue, et obtient donc ce qu'il mérite, nous sommes dans un univers absurde, méchant, mais paradoxalement souvent très tendre. Chaque texte est conçu pour se refermer parfaitement sur lui-même, l'art de la chute résidant dans l'art de la construction. On retrouvera aussi une galerie de personnages étonnants, décapants, qui assument plus ou moins bien leurs fêlures. Car la vie est passée par là, et elle s'est chargée de mettre à mal toute cette humanité, mais l'élégance de la pièce est de rire avant que de s'attendrir...
Un vieil homme et une jeune fille se rencontrent parce qu'ils font tous les deux la chasse aux mots, et c'est bien ce que fait l'auteur lui aussi, véritable « piocheur » du vocabulaire. Et ce n'est pas un hasard si un des derniers courts textes utilise les mots les plus simples, et par conséquent les plus compliqués de la langue française : bonjour, bonsoir, nuit, amour, vie...

Personnages :
Toutes les combinaisons sont possibles au niveau de la distribution. La pièce peut se jouer avec une compagnie réduite ou, au contraire, particulièrement importante. La difficulté tient au fait que les comédiens devront savoir passer aisément d'un rôle à un autre, sachant qu'ils disposent, bien sûr, de fort peu de temps pour installer leurs per­sonnages. Pour employer une comparaison sportive, disons que la pièce se présente comme une succession de sprints. Il faudra aussi rechercher une distribution homogène, car la tentation est forte, dans ce genre d'entreprise, de « vouloir faire jouer tout le monde » et d'oublier que les très courtes pièces sont souvent les plus difficiles à jouer car elles exigent une immédiate précision.

Décors : Le décor est secondaire mais c'est dans ce domaine que l'imagination d'une équipe peut apporter des éléments essentiels pour donner une cohérence au voyage théâtral.

Costumes : Même remarque que plus haut. On peut avoir la tentation de ne pas se compliquer la vie et jouer en « costumes de tous les jours », mais, au théâtre, même ces derniers demandent une réflexion.

Eclairages : Très importants dans ce genre de spectacle car ils aident le public à identifier immédiatement une situation et un univers.

Musique : Une bande son astucieuse peut être essentielle pour apporter un lien entre des scènes par définition très différentes les unes des autres.

Remarque : Beaucoup de propositions, beaucoup de pistes, pour les compagnies qui devront se construire leur propre itinéraire dans ces superbes textes. Idéales pour le travail en atelier ou en cours de théâtre, ces courtes scènes d'un des grands auteurs du théâtre d'aujourd'hui pourront nourrir aussi un spectacle plus ambitieux qui devrait rencontrer un large public, car l'humour constant des situations privilégie avant tout le spectacle.

 



  Fiche de lecture
750
 
 Marc HERNANDEZ G. et MORO
[Art & Comédie]
 
55 mn
 
2 hommes. 1 femme
 

- AREU = MC2 -

 
 

Style général : Comédie - 1 acte
Une comédie parfois grinçante, parfois décapante de la société contemporaine.

Argument : Une critique de la société d'aujourd'hui par le truchement de trois très jeunes enfants. Installés dans un parc d'enfant, dans une crèche où ils se rencontrent régulièrement tous les jours. Les bébés, ils ont à peine plus d'un an, partagent l'expérience de la vie qu'ils acquièrent jour après jour. Lorsqu'ils parlent de leur famille, de la mort, du sexe, des puéricultrices, leurs avis ne manquent ni de justesse ni d'expérience.

Personnages :
N° 1 : Garçon, N° 2 : Fille, N° 3 : Garçon.

Décors : Le décor peut être réduit à sa plus simple expression, un parc d'enfant, quelques jouets, des biberons...

Costumes : Costumes d'enfants, réalistes.

Éclairage : Sans difficultés. Des noirs très brefs séparent les séquences.

Son : La bande son est essentielle. En effet si les enfants parlent comme vous et moi, l'univers des adultes qui gravitent autour d'eux : parents, puéricultrices, psychologues... produit un univers sonore de « gromelos » qui marquent la couleur de cet univers : demandes, colère, reproches, etc. Ces paroles audibles mais incompréhensibles doivent souligner le texte de l'auteur.

Remarque : La difficulté de cette pièce est sans doute dans l'équilibre à construire et à conserver entre la candeur des remarques de ces enfants qui découvrent des choses dont ils parlent avec la plus grande liberté et l'envie des « clins d'oeil » vers les spectateurs. Il doit être facile de tomber dans la rigolade, ce qui serait dommage pour la pièce.

 



  Fiche de lecture
749
 
 Xavier DAUGREILH
[L'Avant-Scène Théâtre]
 
1h 30mn
 
3 hommes. 2 femmes
 

- Itinéraire bis -

 
 

Style général : Comédie douce-amère - 4 actes.
Au travers de courtes scènes, souvent à deux, parfois au téléphone, l'auteur nous trace la vie d'un couple et de ceux qui l'entourent : enfant, ami(e)s, ex-femme....

Argument : De l'aéroport où se rencontrent Jean et Christine, divorcés, lors du départ de leur fils Marc pour Hong-Kong, au parc d'une clinique où ils se retrouvent à nouveau au moment de la naissance de Clémence, fille de Marc, c'est une série de tableaux où chacun se questionne et questionne l'autre sur ses actions.

Personnages :
Christine : ex-épouse de Jean ; Jean ; ils ont une petite cinquantaine. Marc, leur fils, il a une trentaine dynamique ; Juliette et Paul, contemporains de Christine et Jean, amis respectivement de l'une et de l'autre.

Décors : Des tableaux successifs et très rapides nous transportent d'un aéroport à une terrasse d'une maison dans le Lubéron, de Hong-Kong au parc d'une clinique en France. Une série de panneaux peints et quelques éléments légers : un banc, deux chaises, une table, doivent permettre de donner les indications de lieu de façon rapide et efficace.

Costumes : Contemporains, ne posent aucun problème particulier.

Éclairage : Essentiel, les jeux d'éclairage doivent localiser des espaces différents sur le plateau. Ils doivent faire apparaître et disparaître les protagonistes rapidement.

Remarque : Par les notations rapides, les dialogues vifs, les remarques douces-amères, cette pièce m'a rappelé parfois l'atmosphère des ouvrages de Delerm. La difficulté tient aux changements rapides dans des noirs qui ne devraient jamais lasser le spectateur.

 



  Fiche de lecture
747
 
 Gérard LEVOYER
[Art & Comédie]
 
1h 45mn
 
5 hommes. 5 femmes
 

- L'appeau du désir -

 
 

Style général : Comédie en 24 tableaux - 3 actes
Une série de tableaux reliés entre eux par le thème général du corps. L'auteur a sous titré sa pièce : Comédie tactile en 24 tableaux. L'atmosphère générale rappelle celle de Mendiants d'Amour, autre pièce de Gérard Levoyer qui marie humour subtil et regard acéré sur la société.

Argument : La pièce analyse le corps humain morceau par morceau, si l'on peut dire. Mais l'ingéniosité et la virtuosité dé la construction font que nous passons de l'un à l'autre en changeant à chaque fois de style. La tendresse de certaines scènes débouche sur un rire parfois coquin, la tragédie côtoie le café théâtre, l'inquiétude face au corps, cet inconnu, fait place à des certitudes. Le langage, comme toujours chez cet auteur, est constamment inventif et il jaillit avec une belle verve pour se mettre au service du corps. L'absurde n'est pas absent de cette réflexion mais il est toujours au service de l'action sur le plateau. Car, et il faut insister sur ce point, L'appeau du désir réunit des scènes « qui bougent », et, pour rester dans l'univers de la pièce, nous dirons qu'elle est bâtie sur le registre du muscle et de l'adrénaline.
Enfin, n'oublions pas que la pièce est construite sur le thème du désir, et celui du corps rejoint ici celui de l'acte théâtral.

Personnages :
es combinaisons sont ici illimitées. Il y a des monologues, des dialogues, mais, comme dans un ensemble de corps, justement, tout cela peut se composer, se décomposer, se recomposer à l'infini. Les compagnies se garderont cependant de considérer que cette grande liberté est synonyme de facilité. Il faut une très bonne distribution pour pouvoir ainsi jongler avec les personnages et les situations.

Décors : Cette pièce sur le corps et le désir sera particulièrement mise en valeur dans un décor assez neutre, pourquoi pas un hôpital, un ailleurs... L'auteur en fait d'ailleurs la suggestion dans sa préface, tout en recommandant d'éviter un trop grand réalisme.

Costumes : Les personnages étant abîmés parfois, souvent usés, voire littéralement détruits, il y a un parti pris évident à trouver au niveau des costumes. Des accessoires médicaux divers, prothèses, minerves, pansements peuvent renforcer l'efficacité de la mise en scène.

Eclairages : Essentiels. Ce sont eux qui doivent évoquer l'univers différent de chacune des scènes. Ils peuvent également souligner le côté poétique de l'écriture de cet auteur.

Musique : Très importante aussi pour marquer les passages d'une scène à l'autre.

Remarque : Un ensemble d'une grande originalité et d'une grande force d'écriture, qui devrait permettre à tous les types de compagnies de s'exprimer. Levoyer est aussi comédien et son style marie une réflexion sur l'être humain à une grande efficacité technique sur le plateau. Il faut en tenir compte et s'efforcer de monter ce spectacle avec une grande énergie et une grande rigueur. Mais le succès auprès du public sera au rendez-vous.

 



  Fiche de lecture
746
 
 Henri ROUSSEAU
[Pierre Cailler Editeur]
 
1h 50mn
 
11 hommes. 9 femmes
 

- La vengeance d'une orpheline Russe -

 
 

Style général : Drame en cinq actes et dix-neuf tableaux.
Ce mélodrame (une des trois œuvres théâtrales écrites par le Douanier Rousseau) appartient au théâtre cubiste auquel appartiennent aussi bien Apollinaire que Cocteau ou Picasso. Rousseau dramaturge bouleverse répliques, dialogues, actes, scènes, tableaux en apportant une dimension poétique originale dont s'inspireront plus tard les dada-surréalistes.

Argument : Nous sommes dans les années 1880. Une jeune fille, Sophie, aime Henri. Celui-ci l'enlève, abuse d'elle et l'abandonne. Elle le recherche de Saint Petersbourg à Bruxelles. Découvre sa lâcheté, décide de se venger de son séducteur qui mourra dans un duel.

Personnages :
Ils sont nombreux par la volonté de l'auteur mais à la reprise de la pièce par Jean Rougerie en 1966, certains rôles avaient été supprimés ou « compressés » dans un seul personnage:
Sophie 18 ans, russe, l'héroïne
Anna domestique, russe
Yawigha la tante de Sophie
Nina 21 ans, russe, la confidente de Sophie
Henri 27 ans, allemand, employé de banque à St Pétersbourg, séducteur.
Gaston officier de marine, russe
Edouard étudiant, allemand
Le vieux soldat de la République, français
Le général Bosquet 76 ans, français
Yvan domestique

Décors : Si l'auteur a imaginé des décors pour la scène du Châtelet, un indispensable travail de simplification sera de rigueur pour éviter d'avoir à représenter le port de Cronsdadt, ses navires et sa population ou la place de l'Hôtel de Ville de Bruxelles. Une tournette pourrait apporter la solution...

Costumes : Romantiques 1880, ils apportent au mélodrame une note surannée et poétique.

Son : La bande son peut avoir l'importance qu'a la musique dans « Les mariés de la tour Eiffel » de Cocteau ou au contraire être totalement absente.

Mise en scène : Un important travail devra être fait en amont pour simplifier le décor, resserrer l'intrigue et supprimer certains personnages. Mais à l'arrivée on peut obtenir une pièce pleine de fraîcheur, de naïveté et d'humour. Il faut jouer le jeu du mélodrame et en même temps éviter de tomber dans ses excès, aujourd'hui insupportables.

Remarque :

 



  Fiche de lecture
745
 
 Dominick PARENTEAU-LEBEUF
[Lansman]
 
1h 20mn
 
1 homme. 1 femme
 

- L'autoroute -

 
 

Style général : C'est une comédie douce-amère qui joue sur l'absence, le souvenir mais aussi sur la difficulté de refaire une vie après une rupture : ici le départ de la mère.

Argument : M'man ne supporte plus la vie auprès de son mari, vétérinaire, dans sa ferme de Sainte Léonie des Eaux claires. Une nuit d'été elle fait sa valise et quitte mari, fille et maison pour la ville.
Dans sa tentative de retrouver sa femme, P'pa ira jusqu'à détruire ses propres valeurs pour rapprocher la campagne de la ville : une autoroute passera devant sa maison et il vendra animaux, terre et maison pour tenter de la faire revenir.

Personnages :
- P'pa : la trentaine, vétérinaire
- Mouche : une jeune fille d'une dizaine d'année.

Décors : Décor unique. Une maison à la campagne avec une porte moustiquaire et une piste d'atterrissage pour extraterrestres sur le toit : une grand cercle de lumières jaunes.

Costumes : Peu importent les costumes, il faut seulement qu'ils soient en adéquation avec une vie campagnarde et les saisons qui passent.

Son : Une bande son importante et soignée permet de faire intervenir des personnages secondaires : la vache Cléopâtre, les vols de « gros-becs », les engins qui construisent l'autoroute.

Éclairages : Ils doivent permettre de conserver un équilibre entre la réalité vraie et celle rêvée par les personnages.

Mise en scène : Une grande complicité doit exister entre père et fille. La difficulté est de trouver une actrice qui puisse être crédible dans le rôle de la fillette. Les éléments extérieurs seulement suggérés sont importants mais ne doivent pas supplanter la présence des acteurs sur le plateau.

Remarque :

 



  Fiche de lecture
32
 
 Fulbert JANIN
[Librairie Théâtrale]
 
1h 40mn
 
3 hommes. 2 femmes
 

- C'est Malin !.. -

 
 

Style général : Une plaisante histoire de sosie où le surnaturel n'est que pure fantaisie.

Argument : Un brave homme de curé de campagne, doté comme il convient d'une vieille bonne tyrannique, Adrienne, et d'une nièce ravissante, Sylvia, pour l'instant en vacances chez lui, voit arriver un jeune homme qui lui déclare vouloir se convertir. Etonnement du curé quand ledit jeune homme affirme être le Diable ! Non point Lucifer en personne, mais un membre de son personnel « chargé du diocèse ». Le curé pense d'abord qu'il rêve, puis tente d'en référer à l'évêché, où l'on croit à un mauvais plaisant. Mais le Diable explique au curé, fort sérieusement, qu'il est lassé du mal et voudrait faire le bien, malgré le « diable gardien » qui le suit comme un mentor. Le pauvre diable — c'est le cas de le dire ! —, pour mener à bien sa conversion, a pris l'apparence du fils Rafon, commerçant quincaillier « dont il a relevé le patron », et c'est ainsi qu'il a fait la connaissance de la charmante Sylvia. Or, Sylvia ne connaît que « Georges », c'est-à-dire le Diable, mais Adrienne connaît le fils Rafon et, ayant aperçu Georges, en profite pour téléphoner à la quincaillerie et commander une clôture pour le jardin. Le fils Rafon, qui paraît être un pauvre imbécile, apporte la dite clôture — et vous pensez bien que les deux Georges seront sans cesse pris l'un pour l'autre. L'auteur ne peut terminer sa comédie que par une pirouette : le Diable, décidément converti, sera véritablement devenu le jeune Rafon, qui aura une intelligence « diabolique » ; pour cela, l'auteur imagine que Georges Rafon s'évanouit en apercevant son sosie... et se réveille amnésique ; le nouveau personnage sera ainsi double et n'en plaira que mieux à Sylvia. Les fiançailles se concluent sous l'oeil attendri du diable gardien, qui a pris une forme humaine et un cœur pour quelques instants seulement. Tant de choses extraordinaires se sont passées que le bon curé pense avoir acquis un pouvoir miraculeux ; il ne pourra pourtant pas ranimer d'un mot Adrienne, évanouie de stupéfaction. Toutefois, une volée de cloches inattendue ramène le curé... et les spectateurs au mystère de l'au-delà.

Personnages :
LE CURE, plein de bonté, de sagesse et de prudente foi. LE DIABLE, brillant et intelligent, comme il sied ; GEORGES RAFON, un lourdaud stupide ; LE DIABLE GARDIEN, tantôt sarcastique, tantôt bonhomme ; ADRIENNE, la servante de curé classique ; SYLVIA, la ravissante ingénue qui veut bien se laisser enlever, mais pour « le bon motif ».

Décors : Une salle de presbytère véritablement « rustique », qui ne doit pas être surchargée de détails religieux. Trois portes, un placard dans le mur, un téléphone.

Costumes : Le Curé, en soutane ; le Diable, très élégant ; Rafon, gros béret, longue blouse ; le Diable gardien, vêtu comme en plein hiver ; Sylvia, robe d'été ; Adrienne, robe noire, tablier, petit fichu.

Eclairages et mise en scène : Cela pose des problèmes très délicats. Le curé et le diable sont censés emmener Georges évanoui : il faut un mannequin dans le placard. Bien vérifier que l'on entend les personnages qui parlent souvent en dehors de la scène. Les mouvements et les changements de costume de Georges doivent être réglés minutieusement, comme toujours lorsqu'il s'agit d'un personnage à double rôle. Le machiniste aura fort à faire pour régler le mystère des portes qui s'ouvrent seules. Les éclairages sont variés, les bruitages aussi.

Musique : Musique d'harmonium, cloches (ce sont elles qui « frappent les trois coups »).

Remarque :

 



  Fiche de lecture
31
 
 Maria-Clara MACHADO
[Théâtre Enfance et Jeunesse]
 
1h
 
12 hommes. 4 femmes
 

- La petit cheval bleu -

 
 

Style général : Une belle aventure où la vie de tous les jours s'illumine de la beauté du rêve et de l'idéal.

Argument : Un récitant, qui a l'aspect d'un sympathique vagabond, introduit l'histoire du petit Vincent qui prétend avoir un cheval bleu, quand ce n'est en réalité qu'une vieille bourrique. Ses parents, qui n'ont plus de quoi nourrir le cheval, le vendent, et Vincent, accompagné d'une petite amie, va courir le monde à la recherche du cheval bleu. Ils pensent le trouver dans un cirque, mais les musiciens du cirque, entendant parler de ce cheval qui doit valoir une fortune, suivent les enfants sous des déguisements variés, dans l'espoir de voler le cheval. Ils sont capturés par un cow-boy. Et Vincent finira par rentrer chez lui après avoir retrouvé son merveilleux cheval, c'est-à-dire sa vieille bourrique qui apparaît, au public comme à Vincent, un admirable cheval bleu.

Personnages :
JEAN DE DIEU, le vagabond-récitant, que Vincent prend pour le Bon Dieu ; VINCENT et la PETITE FILLE, deux enfants tout simples ; le PERE et la MERE ; les TROIS MUSICIENS, traîtres de l'histoire ; le CLOWN du Cirque ; une VIEILLE DAME démodée, à la fois risible et attendrissante ; TROIS PASSANTS ; UNE BLANCHISSEUSE ; UN MARCHAND DE JOUETS ; UN COW-BOY. Les Figurants sont, outre le CHEVAL BLEU, 3 SOLDATS, 3 ELEPHANTS et 4 CHEVAUX (les Figurants peuvent jouer deux rôles).

Décors : Une scène nue sur fond d'azur, où des éléments décoratifs figureront, par instants : une maison, les gradins d'un cirque (trois chaises suffisent), une ville (un kiosque) et l'écurie du cow-boy.

Costumes : L'indication des personnages énumère la variété des costumes. Les gravures de la brochure montrent ce que peuvent être les costumes d'animaux. Les personnages de la vie réelle, sont vêtus simplement, sans fantaisie.

Eclairages et mise en scène : La mise en scène comporte des difficultés certaines ; les éclairages surtout, qui doivent contribuer à montrer le contraste entre le rêve et la réalité. De la musique par instants, puisque les musiciens sont censés jouer.

Remarque : Voilà une pièce charmante qui doit être jouée pour des enfants, de préférence par des enfants. Ceux-ci sauront sans effort faire croire vraie cette histoire merveilleuse et prendre au sérieux les passages dramatiques.

 



  Fiche de lecture
30
 
 Sean O'CASEY
[Editions de l'Arche]
 
2h
 
14 hommes. 4 femmes
 

- Junon et le paon -

 
 

Style général : Un drame réaliste sans outrances, où les éléments comiques colorent le tragique, comme dans la vie.

Argument : Boyle est un ouvrier irlandais qui aime mieux la bouteille que le travail, et ne cède pas aux objurgations de sa femme dite Junon. Vaniteux personnage, il croit Charles Bentham qui lui promet le fabuleux héritage d'un cousin et en profite pour faire la cour à la charmante Mary Boyle. Il partira, laissant les Boyle couverts de dettes et Mary enceinte, mais son ancien amoureux, Jerry, ne l'abandonnera pas. Cette histoire très simple est moins importante que le cadre où elle se déroule, celui de la révolte irlandaise : après que Johny, le fils de Boyle, sera arrêté par ses camarades pour avoir dénoncé un des leurs à la police, le « capitaine » Boyle, retour d'une tournée de bistrots, célèbre encore la liberté de l'Irlande.

Personnages :
Le « capitaine » BOYLE, vaniteux, paresseux, ivrogne... et sympathique ! ; JOXER DALY, sa doublure ; JUNON,sa femme, énergique et lucide ; MARY, sa fille, innocente et crédule ; JOHNNY, son fils, ardent et faible ; JERRY DEVINE, le fidèle amoureux ; CHARLES BENTHAM, le beau parleur intrigant ; Madame MADIGAN et Madame TANCRED, deux mères douloureuses ; NUGENT, le tailleur. S'y ajoutent huit personnages épisodiques fournisseurs, voisins, rebelles irlandais, qui peuvent être joués par quatre acteurs.

Décors : Une salle, chez les Boyle, qui sera meublée avec un faux luxe aux deuxième et troisième actes.

Costumes : Modernes.

Eclairages et mise en scène : Sans difficultés, il faut donner l'impression de la vie de tous les jours.

Remarque : Très beau drame, humain et vrai. Pourrait être déconseillé devant un public qui pourrait y voir un éloge de la rébellion.

 



  Fiche de lecture
29
 
 Jean CANOLLE
[L'Avant-Scène Théâtre]
 
2h
 
5 hommes. 4 femmes
 

- Hamlet de Tarascon -

 
 

Style général : Une fantaisie poétique qui se transforme en galéjade méridionale « ave l'assent ».

Argument : Clovis Cambalette fête en famille le brevet élémentaire qu'il vient d'obtenir (à vingt-trois ans). Les railleries de son beau-père, honnête minotier, révoltent le jeune rêveur. Comme sa mère s'est remariée avec le frère de son mari et que l'on n'a rien révélé à Clovis des circonstances du décès de son père (mort au cours d'une aventure galante), le voilà s'imaginant tout à coup être un nouveau Hamlet destiné à venger son père assassiné. Il entraîne tout son entourage dans une aventure délirante où la sage Marie, sa fiancée, s'accommodera mal du rôle d'Ophélie... et il pense confondre les prétendus meurtriers en leur présentant un drame de sa façon. Sorti de son rêve pour retomber dans la réalité, Clovis trouvera pour le consoler le sourire d'une jeune voisine dont les parents sont brouillés avec les Cambalette. Et elle s'appelle Juliette. Clovis sera son Roméo !

Personnages :
CLOVIS ; PETRUS CAMBALETTE, méridional fort en gueule, vulgaire, mais plaisant par sa bonhomie ; AGNES, sa femme, une sotte risible ; MARIE PAMPALOT, la candide fiancée ; son frère RICHARD, le troupier classique ; sa cousine SIDONIE, très exaltée ; URBAIN, son père ; ANTONIN BURLE, clerc de notaire ; JULIETTE, une charmante silhouette.

Décors : Salle à manger de style provençal et de goût bourgeois, où l'on dressera un podium pour la représentation.

Costumes : Modernes. Richard, en uniforme. Sidonie, en tunique.

Eclairages et mise en scène : Comédie assez difficile, en raison de l'alternance des tons. Les acteurs doivent prendre l'accent méridional, mais sans que cela soit caricatural.

Remarque : La crudité shakespearienne de certaines expressions amène à ne pas conseiller cette comédie pour n'importe quel public. Mais elle est pleine d'esprit et des acteurs exercés pourront trouver grand plaisir à la jouer.

 



  Fiche de lecture
28
 
 Roman BRANDSTAETTER
[]
 
2h
 
12 hommes. 1 femme
 

- Nicolas Copernic -

 
 

Style général : Un drame psychologique, dans un cadre historique lui donne toute sa dimension.

Argument : Watzenrode, évêque de Warmie, en Pologne, sent sa fin approcher au moment où les Chevaliers Teutoniques s'apprêtent à envahir le pays, que son suzerain (le roi de Pologne) ne défend guère.
L'évêque compte que son neveu, Nicolas Copernic, lui succédera. Il l'a fait ordonner prêtre et le voici, revenu d'Italie, à Frombork, enflammé d'amour pour sa patrie. Watzenrode, après avoir envoyé au loin Anna Schilling, qui aime toujours Nicolas, confie son dessein à son neveu. Celui-ci ne doit point retourner en Italie, où il a entrepris des travaux sur le mouvement de la Terre. L'évêque le détourne de recherches qui semblent s'opposer à la tradition biblique ; mais la discussion l'a épuisé et il a juste le temps de mettre en garde Nicolas contre un certain Jeszner, avant de s'effondrer mort dans les bras du jeune homme.
Celui-ci va accomplir les volontés de son oncle et refuse d'engager les négociations avec les Chevaliers Teutoniques. Il restera à Frombork malgré les membres du chapitre qui lui conseillent de fuir avec eux devant l'attaque des ennemis ; il fera châtier Jeszner, qui a trahi, et cependant il sait que c'est son frère. Et Anna Schilling, qui lui a fait cette révélation en demandant la grâce du coupable, ne détournera pas Copernic de son devoir.
Le plus dur, pour le jeune homme, est de renoncer à ses travaux, qu'un savant est venu l'adjurer de continuer. Nicolas se doit à sa patrie, et d'ailleurs, ses découvertes seront prolongées par la publication de son livre, en Allemagne. Copernic sait que sa théorie triomphera, car le rideau tombe lorsqu'une éclipse de lune arrive, que ses calculs ont indiquée. Copernic peut rester à Frombork, y vivre et y mourir.

Personnages :
NICOLAS COPERNIC, qui symbolise ce siècle d'universelle curiosité ; L'EVEQUE WATZENRODE, représentant dans sa noble grandeur toute la tradition ; PIERRE DE TORUM, un secrétaire digne de son maître ; PHILIPPE JESZNER, le bâtard, que sa condition dresse contre la société ; VON SCHWALBACH, le chevalier teutonique, plus soldat que religieux ; l'Orfèvre SCHILLING, un honnête et sage bourgeois ; sa fille, ANNE, toute de grâce et de simple dignité ; RHETICUS, un érudit capable de comprendre Copernic; CHRAPOWSKI, OLNICZ et DOMINICUS, trois membres du chapitre capitulaire, plus soucieux de tranquillité que de grandeur ; Un COURRIER n'a que quelques mots à dire ; Un VALET est un simple figurant.

Décors : Une salle du château et l'observatoire de Nicolas, avec fenêtre ouverte sur le ciel.

Costumes : Du XVIe siècle.

Eclairages et mise en scène : L'essentiel appartenant au drame psychologique, la mise en scène ne demande pas une grande somptuosité, mais l'évocation exacte de l'époque est indispensable. Les éclairages sont difficiles à régler, en particulier l'effet de lumière lunaire au dénouement.
Des accords de musique, ça et là, sont à conseiller.

Remarque : Ce très beau drame, fort bien traduit, fait revivre une époque passionnante en exposant un conflit humain toujours actuel. Cela suffit à le recommander aux troupes assez exercées pour le choisir. Le rôle de Copernic est lourd à porter ; sans doute séduira-t-il un acteur capable de l'endosser.

 



  Fiche de lecture
27
 
 Maria-Clara MACHADO
[Théâtre Enfance et Jeunesse]
 
40 mn
 
6 hommes. 6 femmes
 

- La petite fille et le vent -

 
 

Style général : Mélange de poésie et de réalisme.

Argument : Deux petits enfants, pour fuir la leçon exigée par leur tante, le dimanche, se réfugient dans la Grotte du Vent. La petite Marie se laissera emporter par le Vent pour faire un merveilleux voyage. On s'inquiète de cette disparition, et cela deviendra un fait divers mondial, car Marie et le Vent se sont amusés à lancer les vieilles tantes dans les arbres où on les croit perdues, comme le déclare à la radio un reporter qui en profite pour vanter le Parfum Bourrasque. Un commissaire peu malin essaye d'éclaircir ce sombre drame. Mais le Vent se calme, tout rentre dans l'ordre ; seul, le commissaire, soufflé par la bourrasque, reste suspendu dans sa descente, pour la plus grande joie de tous.

Personnages :
Le VENT ; MARIE et PIERRE (deux gentils enfants) ; leur MERE, les TROIS VIEILLES TANTES : ADELAÏDE, très autoritaire, ADALGISA, son reflet, AURELIA, timide et puérile ; la GRAN'MERE, très vieille ; le REPORTER, le COMMISSAIRE ; les GENDARMES : PACIFIQUE et CRISPIN.

Décors : La Grotte du Vent, c'est-à-dire une plage, avec de gros arbres et des lianes. A terre, de gros galets (un, assez gros pour servir d'oreiller au Vent).

Eclairages et mise en scène : Les effets de vent exigent l'emploi d'un ventilateur et d'un haut-parleur. Cela demande une parfaite synchronisation avec le texte. La disparition des tantes est facile : on pendra dans les arbres, à leur place, de très grandes poupées dont on ne verra que les jambes. Peut-être peut-on seulement suggérer leur présence. Malgré tout, la mise en scène est délicate.

Costumes : Modernes. Le Vent doit avoir un aspect quasi-mythologique ; on peut s'inspirer des cartes de navigation anciennes.

Remarque : Cela ne doit pas empêcher nos amis de monter cette comédie ravissante, où les jeunes spectateurs, comme les plus grands, exerceront leur sens poétique, leur amour de la nature... et aussi leur malice, sans que cela présente de danger.

 



  Fiche de lecture
26
 
 Jean GIRAUDOUX
[Grasset]
 
50 mn
 
10 hommes. 3 femmes
 

- L'Impromptu de Paris -

 
 

Style général : Celui d'une répétition générale : l'envers du théâtre vu dans toute sa simplicité habituelle.

Argument : La troupe de Jouvet se prépare à répéter (nous sommes en 1937). Des acteurs étant en retard, les premiers arrivés commencent à jouer L'Impromptu de Versailles de Molière, sûrs que les retardataires vont être là à point nommé pour donner leur réplique. Lorsqu'ils sont là, voilà qu'ils aperçoivent dans la salle un inconnu. C'est M. Robineau, envoyé par le gouvernement pour une éventuelle subvention (et non l'huissier, comme on le croit d'abord). Robineau va donc demander à Jouvet de lui « expliquer le théâtre » et, pendant qu'on prépare la « gloire », c'est-à-dire une machine qui permet d'élever un personnage dans les airs, le comédien va faire la satire piquante de la critique et du public. « II faut, dit-il, de l'amour pour que le théâtre vive, ce qui explique, à Orange, ou à Saintes, ou à Bussang, la ferveur d'un public de paysans ou de boutiquiers devant Horace ou Electre ».
Belles tirades sur le respect dû au théâtre, sur la nécessité du style. Jouvet affirme que le théâtre n'est pas un théorème, mais un spectacle. Les acteurs sont amenés à expliquer comment ils donnent l'illusion de la réalité par une réalité personnelle juxtaposée au texte. Après cela, comment l'Etat ne se devrait-il pas d'aider le théâtre qui est partie intégrante du pays et qu'il doit soigner, car à théâtre cassé, nation cassée. Robineau transmettra ce désir à l'Etat, mais, comme il est monté sur la « gloire », il s'envolera dans les cintres... tandis que le rideau tombe.

Personnages :
JOUVET, MARTHE HERLIN (qui s'occupe des questions administratives) et LA TROUPE (3 femmes et 5 hommes), LE MACHINISTE, L'ELECTRICIEN et ROBINEAU.

Décors : Une scène de théâtre, avec accessoires.

Costumes : Modernes et quelconques (il n'est pas nécessaire de se reporter à une date précise). Robineau : jaquette et haut de forme ; l'Electricien et le Machiniste en bleu de travail.

Eclairages et mise en scène : II est nécessaire de donner au moins l'impression de la disparition de Robineau. Il y a aussi des effets de projecteurs indispensables.

Remarque : Il ne s'agit pas ici « d'imiter » Jouvet ou Madeleine Ozeray : il suffira de quelques mots de présentation pour l'expliquer. Mais les notions rappelées ici sur le théâtre sont d'une importance rare à notre époque, où elles peuvent paraître justement, à certains, tout à fait « dépassées ». Ce sera une excellente leçon pour les acteurs et l'occasion intéressante d'un débat avec les spectateurs.

 



  Fiche de lecture
25
 
 André CAMP et Francisco PUIG-ESPERT
[L'Avant-Scène Théâtre]
 
25 mn
 
4 hommes. 2 femmes
 

- Le Comte de Gomara -

 
 

Style général : Une légende médiévale encadrant une chanson populaire commentée par un récitant.

Argument : Magdeleine pleure car son amoureux Rodrigue, qui se dit écuyer du Comte de Gomara, doit partir avec son maître pour la croisade. Il promet à Magdeleine de revenir pour passer à son doigt l'anneau des épousailles. Lorsque Magdeleine va voir le départ des croisés, elle reconnaît Rodrigue dans le Comte de Gomara et ne pouvant pardonner ce mensonge, elle en meurt. Or, au-dessus de la tombe, restera la main de la morte qui attend l'anneau promis. Le Comte de Gomara qui, au cours de la croisade, est sans cesse protégé par une main mystérieuse, revient au pays et entend chanter la romance de la main morte.
C'est devant un chapelain que, au cimetière, il passera à la main morte l'anneau promis ; et la main, alors, s'enfoncera dans a tombe, signifiant au Comte son pardon.

Personnages :
LE COMTE DE GOMARA, d'abord en jeune amoureux ; DIEGO, son écuyer, homme d'âge et de prudence ; LE JONGLEUR, qui chante la complainte ; LE CHAPELAIN ; MAGDELEINE, la jeunesse et l'amour en personne ; SA MERE, plus positive, mais pleine de tendresse.

Décors : Le récit du récitant situe chaque tableau. Il suffira d'un seul décor, le plus dépouillé possible. Le récitant n'est qu'une voix, à moins qu'on ne le place sur un des côtés de la scène.

Costumes : Moyen Age espagnol.

Eclairages et mise en scène : Ce sont les éclairages qui permettront de faire varier le décor. Il y a donc là une difficulté certaine. Le bruitage est aussi très important. Sonnerie de trompette, galop de chevaux. La mélodie de la romance se trouve avec le texte, et la musique se fait entendre, en fond sonore, à plusieurs reprises. La mise en scène est délicate, car elle est toute d'évocation.

Remarque : Cette légende, traitée très simplement, peut fournir un très beau spectacle et sera jouée utilement devant des élèves qui étudient le Moyen Age.

 



  Fiche de lecture
24
 
 Heinrich VON KLEIST
[Editions théâtrales]
 
1h 20mn
 
5 hommes. 4 femmes
 

- La cruche cassée -

 
 

Style général : Le ton de la farce pour une satire féroce

Adaptation : Michel Arnaud

Argument : Devant le juge Adam, va comparaître Dame Marthe, qui se plaint qu'on lui a cassé une magnifique cruche. En réalité, c'est plus grave que cela. La cruche a été cassée par un galant venu voir Eve, la fille de Dame Marthe. Or, c'est le juge qui est coupable, mais il essaie de faire condamner un innocent, après avoir menacé la jeune fille, si elle parle, de faire envoyer son fiancé se battre aux Indes. Le juge ne parvient qu'à se prendre davantage à son piège. Mais Dame Marthe se demande qui lui paiera sa cruche...

Personnages :
Le JUGE ADAM ; le CONSEILLER WALTHER, en tournée d'inspection, et devant qui se plaidera le procès ; le VALET qui l'accompagne ; RUPRECHT, le fiancé d'Eve, un honnête garçon ; son Père, VEIT TUMPEL, un paysan ; le Greffier, LICHT ; DAME MARTHE, une commère haute en couleurs ; sa charmante Fille, EVE ; sa belle-sœur, BRIGITTE, qui a la langue bien pendue ; CRETE, LISE, deux servantes ; L'HUISSIER est un simple figurant.

Décors : Une salle de tribunal. Une grande table qui permettra d'apporter de quoi manger et boire pendant la suspension d'audience.

Costumes : Hollandais, du XVIIIe siècle. Le Juge, au début, en robe de chambre.

Eclairages et mise en scène : Sans difficultés.

Remarque : Cette pièce, très bien menée dans un ton truculent, ne suscite pas que le rire : c'est un chef-d'œuvre qui tentera une troupe exercée, mais il faut prendre garde de ne pas faire du juge Adam un grotesque.

 



  Fiche de lecture
23
 
 Miguel de CERVANTES
[Editions de l'Arche]
 
20 mn
 
5 hommes. 2 femmes
 

- Le gardien vigilant -

 
 

Style général : Celui d'une pochade sans prétention, comme il convient à un intermède.

Argument : Un soldat revenu de la guerre a repris du service auprès de la belle Christine et monte la garde devant sa porte. Christina n'est qu'une servante, mais elle ne manque pas de soupirants, parmi lesquels le Sacristain, aux petits présents duquel elle n'est pas insensible. Le Soldat est obligé d'avouer au Sacristain que Christina ne l'encourage guère, mais il écartera quand même tous ceux qui se présentent, même le Cordonnier apportant des chaussures ou un Mendiant qui réclame une aumône. Et cela finit par un duel burlesque avec le Sacristain. Les maîtres de la maison trouvent ce tapage autour de leur servante un peu insolite et ils lui demandent de choisir parmi ses amoureux. Elle choisira le Sacristain, à qui elle a fait signer une promesse de mariage, parce qu'il sera sûrement un mari plus accommodant. Et tout finit par des chansons.

Personnages :
Le SOLDAT, un fanfaron, beau parleur en prose et en vers ; le SACRISTAIN, qui prétend à l'onction d'un homme d'église ; le MARCHAND, un nigaud ; le CORDONNIER, plus malin ; le MENDIANT, un gamin déluré ; le MAITRE et la MAITRESSE de Christina, couple de bourgeois raisonnables ; la belle CHRISTINA, peut-être moins naïve qu'elle veut nous le faire croire ; le BARBIER ne fait qu'apparaître avec ses CLIENTS, qui sont des figurants. (On peut les supprimer, mais ils contribuent à l'agrément du spectacle).

Décors : Une rue ; une maison d'un côté ; de l'autre, la boutique du Barbier.

Costumes : Espagnols. Le Soldat, dans un uniforme rapiécé, avec une grande écharpe rouge. Le Sacristain, dans un costume d'apparence ecclésiastique. Les Clients du Barbier, avec une serviette autour du cou et le visage barbouillé de savon.

Eclairages et mise en scène :La mise en scène est très importante : le combat entre le Sacristain et le Soldat doit être minutieusement réglé. Au cours de la scène, on voit sans cesse apparaître, en curieux, les Clients du Barbier et cela ne doit pas être laissé au hasard. Les couplets de la fin, accompagnés de guitare, pourront être adaptés sur une chanson populaire.

Remarque : Voilà un lever de rideau facile à jouer et plaisant à représenter pour une jeune troupe. Le rôle du Soldat est le seul très important, mais le personnage est trop fortement typé pour qu'il soit difficile à jouer.

 



  Fiche de lecture
22
 
 Jean GIRAUDOUX
[Grasset]
 
1h
 
11 hommes. 4 femmes
 

- Supplément au voyage de Cook -

 
 

Style général : Un divertissement littéraire d'une ironique philosophie.

Argument : Le Capitaine Cook va débarquer sur l'île d'Otahiti. Il est précédé par le naturaliste Banks, accompagné de sa femme. La rencontre de Banks et du notable Outourou va opposer deux conceptions de l'existence. Outourou accepte volontiers la venue des Anglais, car le quartier-maître Solander a exécuté quelques tours de passe-passe qui seraient l'apanage des dieux mais qui, de la part des hommes, prouve un pouvoir extraordinaire. Outourou offre donc plusieurs femmes pour passer la nuit avec Mr Banks et son refus l'étonne. Mr Banks entreprend alors d'enseigner à Outourou le fondement de sa civilisation : travail, propriété, moralité. Outourou en tirera les plus étranges conclusions et nous pouvons nous demander ce qui arrivera quand le Capitaine Cook débarquera dans cette île au cœur d'une nuit enchantée.

Personnages :
Mr BANKS et Mrs BANKS, un couple d'Anglais typique ; SOLANDER, le quartier-maître qui sert d'escorte à Banks ; OUTOUROU, « le bon sauvage » à la J.-J. Rousseau ; VAITUROU, son fils ; SON FRERE, SON JEUNE ONCLE ; MATA-MUA, qui prépare les cases pour empêcher les Anglais d'être changés en animaux ; DEUX INDIGENES ; TAHIRIRI. MAMAROURA, POMARETOOTA, trois jeunes indigènes pleines de feu et de naïveté ; Le LIEUTENANT DU ROI, qui annonce la venue de Mr Banks; le Tambour SULLIVAN (n'est qu'un figurant).

Décors : Une clairière gazonnée, où l'on dresse deux lits de camp.

Costumes : Dans un style d'imagerie opposant Anglais et Indigènes.

Eclairages et mise en scène : Beaucoup de difficultés. La scène doit passer du coucher de soleil à la nuit.

Remarque : Cette pièce ne peut être jouée que par des amateurs exercés, particulièrement pour le rôle d'Outourou dont l'ingénuité ne doit pas faire remarquer ce qu'elle a d'étonnant dans un texte aussi littéraire. Tout doit être joué très légèrement. Il serait regrettable que le souci d'une troupe « engagée » transforme arbitrairement en attaque contestataire ce divertissement satirique tout chargé d'une ironie raffinée.

 



  Fiche de lecture
21
 
 Willian Butler YEATS
[Seghers]
 
25 mn
 
3 hommes. 3 femmes
 

- La terre du désir du cœur -

 
 

Style général : La poésie d'une antique légende

Traduction : Madeleine Gibert

Argument : Mary Bruin est en butte aux reproches de sa belle-mère parce qu'au lieu de faire le ménage elle lit une vieille légende qui conte comment Edain, fille d'un roi d'Irlande, suivit une voix qui chantait, pour arriver au pays de féerie où elle est demeurée, ne faisant que danser sur une montagne couronnée d'étoiles. Un vieux prêtre, le Père Hart, voit dans ces sortilèges une œuvre diabolique et essaye de ramener Mary à sa vie familiale. Mais son beau-père, en bon Irlandais, trouve naturel de croire aux fées et envoie Mary mettre une branche de frêne à la porte pour que la maison soit protégée. Une enfant vient prendre la branche de frêne, et Mary sera attirée au dehors par un étrange personnage ; elle ne souhaite plus que d'aller rejoindre les fées malgré les conseils du Père Hart et l'amour de son mari. La voix charmeuse se fait entendre ; l'enfant paraît, qui sera assez enjôleur pour faire enlever par le Père Hart le crucifix protecteur, et l'esprit du mal reste vainqueur, puisque Mary, qui a consenti à suivre l'enfant, tombe morte, tandis que le vent chante la complainte des fées.

Personnages :
MARY BRUIN, prise entre le rêve et la réalité ; sa belle-mère BRIDGET, « une langue plus amère que la vague » ; son beau-père MAURTEN, « une langue subtile et sage » ; son mari SHAW, un amoureux qui ne connaît que son amour ; le Père HART, noble et grave ; la PETITE FEE, une enfant qui doit porter avec elle une atmosphère mystérieuse.

Décors : Une salle, avec une grande alcôve, des bancs, une table, un crucifix au mur.

Costumes : Ceux de quelque époque lointaine. Le Père Hart porte un habit de moine.

Eclairages et mise en scène : La mise en scène doit donner une impression de mystère. Les éclairages sont très importants : effets de lune ou de soleil couchant.

Remarque : Le texte, d'une poésie ravissante, demande de bons acteurs et ne convient qu'à un public cultivé.

 



  Fiche de lecture
20
 
 Jacques OFFENBACH
[Choudens]
 
0 mn
 
7 hommes. 4 femmes
 

- La fille du Tambour-major -

 
 

Style général : Opérette bouffe

Livret : Henri Chivot et Alfred Duru

Argument : L'action se passe en 1800, en Italie. Une compagnie de soldats de Bonaparte arrive dans un couvent où ne se trouve plus qu'une jeune fille, Stella, oubliée là parce qu'elle était punie et enfermée, alors que ses compagnes ont fui, apeurées, à l'approche des Français. Le détachement, commandé par le lieutenant Robert, est composé du tambour-majeur Monthabor, du tambour Griolet, de la cantinière Claudine et d'une vingtaine de soldats.
Une subite sympathie pousse l'un vers l'autre Stella et Robert. Mais le duc Délia Volta vient chercher sa fille Stella, pour la marier au marquis Bambini. La jeune fille repousse cet époux. Les Français, porteurs d'un billet de logement, arrivent à Novare, dans l'hôtel du duc, qui les reçoit très mal. Monthabor reconnaît en la duchesse sa propre femme, qui l'a quitté, il y a 18 ans, en emmenant leur fille. Cette dernière n'est autre que Stella, qui revêt le costume de cantinière destiné à Claudine, et s'enfuit avec les Français. Ces derniers sont poursuivis Robert et Claudine se retrouvent, dans une hôtellerie de Milan tenue par un oncle de Claudine. Ce parent cache les fugitifs. Mais voici le duc ; il fait arrêter Robert. Claudine se fait passer pour Stella et le duc fera relâcher Robert, dans l'espoir d'amener Stella à épouser Bambini. Mais les Français, victorieux, entrent dans Milan, Robert épousera Stella et Claudine acceptera la main de Griolet.

Personnages :
STELLA (soprano) ; CLAUDINE (fantaisiste, 2" chanteuse) ; Duchesse DELLA VOLTA (mezzo-soprano) ; la PRIEURE (rôle secondaire) ; PENSIONNAIRES, INVITEES, chœur ; LIEUTENANT ROBERT (baryton) ; GRIOLET (ténor) ; MONTHABOR (basse, rôle de comédien) ; le Duc DELLA VOLTA (rôle comique) ; BAMBINI (trial) ; CLENEPAS (aubergiste) ; GREGORIO (jardinier); MILITAIRES (figurants, chœur).

Décors : Premier acte : la cour d'un couvent ; deuxième acte : un riche salon, dans le château du duc ; troisième acte : 1er tableau, une auberge, à Milan (intérieur), 2e tableau, une rue et place, à Milan.

Remarque : Parmi les opérettes d'Offenbach, celle-ci s'est conquis une place exceptionnelle dans le répertoire lyrique. Et ceci grâce à son sujet, nous rappelant les jours glorieux de l'armée de Bonaparte, en Lombardie, et grâce au charme et à la fraîcheur de sa musique. Le clou de l'opérette (l'entrée des troupes françaises à Milan) exige la présence d'une fanfare et une figuration importante.

 



  Fiche de lecture
19
 
 Istvan ORKENY
[Gallimard]
 
2h
 
9 hommes. 2 femmes
 

- La famille Tott -

 
 

Style général : Un exemple parfait d'humour noir.

Adaptation : Claude Roy

Argument : En Hongrie, pendant la dernière guerre, le facteur, qui ne transmet que les bonnes nouvelles car il déchire les autres, est heureux d'apporter cette missive du fils qui est à l'armée, car le soldat apprend à ses parents que son commandant, avec qui il est en fort bons termes, a besoin de reposer ses nerfs surmenés et viendra passer quelques jours chez les Tott. Toute la famille est très flattée et espère un bel avancement pour Janos. On va donc satisfaire à toutes les exigences du commandant qui, après avoir supprimé tous les bruits, tous les mouvements, s'ennuie fort et décide de combattre le désœuvrement. On va fabriquer des boîtes en cartonnage et le commandant épuise la famille Tott, à laquelle il n'est même pas permis de bailler. Les extravagances du commandant amènent même Tott chez un étrange psychiatre et il a fallu acheter, pour faire les boîtes, un émargeur avec un énorme couperet. Enfin, le commandant part, c'est la joie. Mais les partisans ont fait sauter les ponts et le commandant revient. Tott n'y tient plus et le bel émargeur servira à couper en quatre le commandant. Tout aura été inutile car, devant nous, le facteur a déchiré le télégramme annonçant la mort du fils pour qui l'on a fait tant de sacrifices.

Personnages :
Le COMMANDANT, élégant et péremptoire ; TOTT, un brave homme, très fier d'être capitaine des pompiers ; sa femme MARISKA ; sa fille AGNES, tous trois terrorisés par le commandant : le FACTEUR un brave « demeuré », néanmoins pivot de l'intrigue; le DOCTEUR CIPRIANI, psychiatre; son client, le DOCTEUR STEINBERGER, figuré par un enfant de sept ans ; le CURE TOMAJI ; le voisin LORINCKE et Madame GIZA, sa femme (de mœurs légères) ; le VIDANGEUR ; un VALET DE CHAMBRE, simple figurant.

Décors : Le jardin et la véranda des Tott, la chambre du curé, le cabinet du psychiatre, l'arrêt d'autobus. Tout peut être indiqué par quelques détails. Certaines scènes peuvent se jouer devant le rideau.

Costumes :Dans un style folklorique. Tott en uniforme de pompier, avec le casque. Le commandant, en uniforme étincelant.

Eclairages et mise en scène La mise en scène est fort importante, car elle doit tendre au burlesque pour rendre certains épisodes acceptables.

Remarque : Cette farce étrange fera connaître un écrivain hongrois des plus importants. Elle ne peut se jouer devant n'importe quel public et elle demande des acteurs exercés ; le rôle du curé est des plus délicats.

 



  Fiche de lecture
18
 
 André OBEY
[Librairie Théâtrale]
 
1h 30mn
 
5 hommes. 2 femmes
 

- Une fille pour du vent -

 
 

Style général : Drame en 1 acte
Toute la noblesse de la tragédie antique transportée librement sur le ton de la vie quotidienne.

Argument : La flotte grecque est immobilisée et ne peut partir pour Troie. Or, Agamemnon a peur de perdre la face s'il renonce à la guerre. Le Serviteur lui-même sait que si l'on revenait, on se ferait huer. Mais voilà qu'un conciliabule des chefs a eu lieu sous la tente de Calchas, lequel doit avoir quelque système pour obtenir des vents favorables, car c'est un devin. Nous apprendrons bientôt que si Agamemnon a fait venir sa femme et sa fille, soi-disant pour des fiançailles, en réalité c'est qu'lphigénie doit être sacrifiée. En vain espère-t-on que le premier soldat mort dans une patrouille apaisera les dieux, Iphigénie acceptera de mourir et ira rejoindre le soldat mort dans un sacrifice inutile, car les vents se sont mis à souffler avant qu'lphigénie ait perdu la vie.

Personnages :
AGAMEMNON, un père bouleversé, mais un chef de guerre dans toute sa grandeur ; MENELAS, plus humain dans sa tendresse pour Iphigénie ; ULYSSE, qui représente la prudence de l'homme en face des dieux ; le SERVITEUR, un homme d'aujourd'hui jeté dans la tragédie antique ; le SOLDAT MORT, qui traverse la pièce de ses apparitions ; CLYTEMNESTRE, une mère plus qu'une reine ; IPHIGENIE, la grandeur héroïque dans la simplicité.

Décors : La tente d'Agamemnon ; aussi peu de décor que possible.

Costumes : Aussi peu classiques que possible. Pour les hommes, évocation de costumes militaires. Longues robes pour les femmes.

Eclairages et Mise en scène : Les éclairages doivent être réglés minutieusement. Un brasero éclaire le fond de la scène. Les apparitions du Soldat mort doivent présenter quelque chose de mystérieux contrastant avec le ton familier des conversations.

Remarque : Ce drame d'une seule coulée (« trois actes sans rideaux », dit l'auteur) est très vivant et original. Il peut passionner les spectateurs, mais demande des acteurs exercés. Des étudiants, familiarisés avec la tragédie antique, prendront grand plaisir à la voir ainsi renouvelée.

 



  Fiche de lecture
17
 
 Yves PENEAU
[L'Avant-Scène Théâtre]
 
45 mn
 
5 hommes. 3 femmes
 

- Deux gros lots -

 
 

Style général : Comédie en 1 acte.
Une satire féroce, sous un aspect faussement bonhomme, à la manière de Courteline.

Argument : Monsieur Popesco, petit fonctionnaire, s'est fait porter malade pour échapper au travail supplémentaire dont l'accable son chef de bureau Georgesco, dit « La Teigne ». Son ami, le capitaine Pandélé achète pour lui deux billets de loterie, un à la loterie nationale, un à la loterie municipale, car on sait qu'il a de la chance, et Popesco lui a promis 10 % s'il gagnait. Or, Pandélé arrive, fou de joie : chacun des deux billets a le gros lot. Popesco se gonfle d'importance, le chef de bureau peut bien venir à présent ! Il est vrai que Popesco ne sait plus où il a rangé ces billets et une recherche éperdue commence. Tout à coup, il se souvient que les billets étaient dans la poche d'une vieille jaquette, que Constantza Popesco a donnée à une gitane. Pandélé court pour rechercher celle-ci. Popesco est si désespéré qu'il est malade pour de bon quand son chef de service arrive pour lui apporter un dossier à examiner et le menacer de sanctions s'il ne revient pas au bureau. Popesco, qui a été devant son chef d'une extrême platitude, retrouve sa superbe lorsque le commissaire leur amène la gitane. Il est vrai qu'il préfère rester seul avec Popesco pour lui réclamer une commission si l'argent est retrouvé. Heureusement, Constantza connaît un employé de la Caisse des Dépôts et Consignations, qui pourra faire annuler les billets, et elle court l'avertir, tandis que le commissaire revient, furieux (car on a rendu la liberté à la gitane). En accablant le commissaire, Popesco ira se plaindre au ministre. Mais la lettre ne partira pas, car les billets sont retrouvés dans le dossier, qu'il n'a pas encore examiné. Nous savons, avant le baisser du rideau, que chaque billet est gagnant... dans l'autre loterie.

Personnages :
POPESCO, CONSTANZA, un couple de petits bourgeois râleurs ; GEORGESCO, le chef de service péremptoire et solennel ; le capitaine PANDELE, type classique du militaire ; le COMMISSAIRE, que son nom suffit à représenter ; TZYKA. la Gitane, et sa VIEILLE MAMAN, deux pauvres femmes qui savent fort bien se défendre contre l'injustice ; L'EMPLOYE, qui ne fait que paraître ; un AGENT (figurant).

Décors : Un intérieur quelconque ; beaucoup de meubles, pour rendre la recherche des billets amusante.

Costumes :Chaque personnage devra être typé d'une manière caricaturale, avec une touche « exotique ». N'oublions pas que cela se passe en Roumanie.

Eclairages et Mise en scène : La mise en scène devra être très bien réglée quand on cherche les billets, et aussi pendant la querelle avec la gitane. Mais elle ne présente pas de difficultés majeures.

Remarque : Nous ne savons pas dans quelle mesure Péneau a modifié le texte de l'auteur roumain, mais peu importe. Cette amusante comédie plaira à tous les publics si elle est jouée dans un mouvement rapide.

 



  Fiche de lecture
16
 
 Fernand MILLAUD
[L'Avant-Scène Théâtre]
 
20 mn
 
6 hommes. 1 femme
 

- L'Abonné -

 
 

Style général : Une anecdote marseillaise « ave l’assent ».

Argument : Julien Roux, retraité de la S.N.C.F., s'est brouillé avec le facteur de l'endroit (le « préposé »...). Il a trouvé un bon moyen de lui être désagréable : s'abonner à un journal, ce qui oblige le facteur à faire plus de 10 kilomètres aller-retour pour le lui porter. Mais voilà qu'aujourd'hui le facteur prend sa retraite à son tour... et Julien n'a pas de raison pour se « venger » du successeur, bien qu'il soit Corse et non Provençal. Tout finit devant un verre de pastis, mais le Corse se méfiera, de peur que Julien se réabonne.

Personnages :
JULIEN ROUX, fonctionnaire retraité fier de son « importance » ; ANTOINE FABRE, le maître-maçon, qui ne démolit pas les vieilles maisons pour en bâtir de nouvelles ; JEAN-MARIE FAURE, un viticulteur de moyenne envergure. Tous les trois sont de leur village et considèrent Avignon comme le Grand Nord. FRANÇOIS VERNET, parisien, gros commerçant qui va s'efforcer de s'acclimater ; FIRMIN CAYROL, le facteur pince-sans-rire ; DOMINIQUE PANTALUCCI, presque un figurant; ROSETTE, une fille de ferme bien en chair, à la langue bien pendue.

Décors : Une salle de mas provençal. Beaucoup de lumière.

Costumes : Modernes et sans façon. Le facteur, en uniforme.

Eclairages et Mise en scène : Sans aucune difficulté, mais il faut suggérer l'atmosphère méridionale indispensable.

Remarque : L'anecdote n'est pas nouvelle, mais elle vaut ici par la présentation des personnages, qui sont pittoresques et bien typés. Elle formera un agréable lever de rideau permettant d'utiliser des acteurs même débutants. Qu'ils se méfient seulement de ne pas donner à leur accent un aspect caricatural.

 



  Fiche de lecture
15
 
 Jean TARDIEU
[Gallimard]
 
15 mn
 
3 hommes. 4 femmes
 

- Il y avait foule au manoir ou les monologues -

 
 

Style général : Une bouffonnerie parodiant à la fois l'artifice du monologue de théâtre et celui de la pièce policière.

Argument : Chaque personnage s'étant présenté successivement et nous exposant séparément les différents moments de l'aventure, nous assistons soi-disant à une fête au manoir pendant laquelle le baron de Z est mort. Crime ou suicide ? C'est ce que doit découvrir le détective Dubois-Dupont qui a été invité par la baronne à surveiller son époux qu'elle soupçonne d'infidélité. Ce détective sera découvert dans un placard où on le prend pour un cadavre, tandis que le baron file pour l'Amérique avec une charmante « miss ». Et la musique du bal continue...

Personnages :
DUBOIS-DUPONT, le détective classique ; PREMIER VALET DE CHAMBRE, mince et élégant ; DEUXIEME VALET DE CHAMBRE, pataud et matois ; LA BARONNE, ravissante femme du monde « qui n'aime ni le jeu, ni la musique, ni la lecture » et languit dans ce manoir, sauf en ce soir de bal ; PREMIERE FEMME DE CHAMBRE, jolie et distinguée ; DEUXIEME FEMME DE CHAMBRE, rustaude et grognon. N'oublions pas MISS ISSIPEE, américaine ravissante, maîtresse du baron.
Chaque personnage paraissant successivement, il est possible de faire jouer cette pièce par deux comédiens, un homme et une femme, se transformant par quelques artifices de costumes ou de grimage.

Décors : Le vestibule d'un château, avec un grand placard. Costumes : Du siècle dernier, de préférence, très conventionnels. Dubois-Dupont en faux « Sherlock Holmes ».

Eclairages et Mise en scène : Il faut que la mise en scène soit réglée avec soin pour qu'entre chaque monologue on entende des bruits de fête, de la musique. Nous devons être persuadés qu'il y a foule au manoir.

Remarque : Cette plaisante fantaisie demande des acteurs parfaitement exercés et un public qui se plaise à ce jeu. Dans ce cas, ce sera un franc succès.

 



  Fiche de lecture
14
 
 Jean TARDIEU
[Gallimard]
 
25 mn
 
2 hommes. 0 femme
 

- Le Guichet -

 
 

Style général : Un dialogue d'apparence courtelinesque où se posent les plus graves questions sur la destinée humaine.

Argument : Un client devant un guichet. Le dialogue s'engage avec le préposé qui, après avoir donné à ce client solitaire le numéro 3640, l'appelle pour un dialogue où la satire burlesque d'une administration démodée se montre clairement. Mais voilà que le client demande des conseils, non seulement sur l'heure des trains mais sur la destination à prendre. Ira-t-il à Brest voir un oncle ou à Aix voir une cousine ? Ceci amène les deux personnages à discourir sur la destinée humaine et à s'envoler ensemble dans le rêve, hors de ce monde absurde. Revenus, semble-t-il, dans la banalité, voilà que le client va poser la véritable question qui lui importe : quand mourra-t-il ? Et le préposé, dont nous avons bien compris le sens symbolique sous son apparence banale, assure au client que la mort l'attendra à la sortie du bureau. En effet, à peine a-t-il franchi la porte qu'un coup de feu suivi d'un cri nous apprend que le sort a parlé... et le préposé reprend son travail.

Personnages :
LE PREPOSE, digne, soigné et implacable ; LE CLIENT, timide et falot. (C'est ainsi que l'auteur voit l'Homme et son destin) : Voix de la radio, d'un haut-parleur.

Décors : Un bureau de renseignement, avec une grille et un guichet partageant la pièce en deux.

Costumes : Modernes.

Eclairages et Mise en scène : De nombreux bruitages exigent de la minutie. C'est la seule difficulté de la mise en scène.

Remarque :

 



  Fiche de lecture
13
 
 Jean TARDIEU
[Gallimard]
 
25 mn
 
5 hommes. 5 femmes
 

- La Société Apollon ou comment parler des arts -

 
 

Style général : Une bouffonnerie qui est la peinture à peine caricaturale d'une humanité médiocre et prétentieuse.

Argument : « Mademoiselle » est monitrice des Conférences-Promenades de la Société Apollon. Elle va emmener aujourd'hui des visiteurs vers l'atelier d'un sculpteur très « moderne ». Nous faisons ainsi connaissance avec des gens fort divers, sympathiques au demeurant, mais qui sont là parce qu'il faut bien s'initier à l'art contemporain, dont au fond ils ne se soucient guère. Le « Maître » étant sorti, nos visiteurs sont introduits en son absence dans l'atelier où se trouve, sur une sellette, un objet géométrique de forme étrange. Mademoiselle va disserter sur « l'objet », qui représente le génie du Maître, et la sculpture « en soi », jusqu'au moment où le Maître, revenu, révélera que sa pensée a longuement mûri dans l'inspiration ce chef-d'œuvre, qui est un objet usuel : une moulinette, dont le sens profond est aussi important que l'intérêt quotidien.

Personnages :
MADEMOISELLE, sèche et péremptoire ; DADAIS, jeune homme niais et prétentieux ; NANINE, sa sœur, jolie et naïve amoureuse d'ALPHONSE, jeune étudiant sympathique ; MADAME GOUFFRE, grosse dame ridicule mais de bonne volonté ; MONSIEUR OUIDONC, vieillard décoré ; LA BONNE, paysanne fruste et revêche ; LE MAITRE, agité, un peu fou, prétentieux et assez vulgaire. Et le PETIT MENAGE, deux êtres aimables et insignifiants.

Décors : Une petite place, puis l'atelier, avec, aux murs, des épures ; une table, des tabourets et la sellette avec « l'objet » qui doit être largement en évidence. Le premier tableau peut se passer devant le rideau.

Costumes : Modernes et quelconques.

Eclairage et Mise en scène : Sans aucune difficulté.

Remarque : Cette plaisante comédie pourra faire connaître, à un assez large public qu'elle amusera, le théâtre de Jean Tardieu. Elle ne pose aucun grand problème aux acteurs, non plus qu'au metteur en scène.

 



  Fiche de lecture
12
 
 Ion Lucas CARAGIALE
[Seghers]
 
30 mn
 
1 homme. 2 femmes
 

- Monsieur Léonida aux prises avec la réaction -

 
 

Style général : Le réalisme familier d'une humanité stupide.
«Ce théâtre allant au delà du naturalisme devient fantastique », comme le dit si bien Eugène Ionesco.

Argument : Nous sommes en Roumanie, à la fin du siècle dernier. Monsieur Léonida, honnête bourgeois, raconte à sa femme les journées insurrectionnelles auxquelles il aurait pris part naguère, en qualité de bon républicain, et après lesquelles Galibardi (sic) aurait envoyé aux insurgés ses félicitations. Léonida se fait ainsi facilement admirer de sa femme en lui expliquant que si la république arrive, on ne paiera plus d'impôts et on aura tous les droits... Les deux époux s'endorment ensuite, mais sont réveillés par des détonations. Nous comprenons qu'il s'est écoulé plus de temps que nous ne le pensions, car les républicains sont au pouvoir et il n'y a plus à craindre la révolution ! Mais la lecture du journal apprend à Léonida que la réaction relève la tête. Et notre foudre de guerre songe à quitter la ville afin de trouver un endroit plus paisible. En attendant, les deux époux entassent les meubles devant la porte. Que fait donc la police, qui a défendu de tuer dans les rues ? (Tiens, on n'a donc pas tous les droits dans la république?). Nous ne serons pas longtemps inquiets, car la bonne, en arrivant, nous apprend que les voisins ont fait une noce à tout casser pour fêter le Mardi gras, en tirant des coups de pistolet, et la police était dans le coup en la personne de l'adjoint au commissaire. La bonne n'a plus qu'à remettre les meubles en place. Et la république n'est toujours pas là !...

Personnages :
LEONIDA, solennel imbécile aux propos aussi sots que prétentieux ; EFIMITA, sotte et naïve, éperdue d'admiration devant les propos de son époux. SAFTA, la bonne, presque figurante.

Décors : Une chambre, avec deux lits jumeaux ; une table, avec lampe à pétrole ; deux fauteuils.

Costumes : Léonida, en robe de chambre et bonnet de nuit. Efimita, en camisole, jupon de flanelle, écharpe sur la tête. La bonne, en vêtements de travail.

Eclairages et Mise en scène : Quelques difficultés, car le bruitage et les éclairages demandent beaucoup de soins. Il y a de très longs jeux de scène et les spectateurs doivent avoir l'impression du temps écoulé pendant le prétendu sommeil. Il peut y avoir un peu de musique pour souligner certains passages.

Remarque : Un acte très amusant. Et comme cela se passe dans la Roumanie d'autrefois, la satire politique ne risque pas de choquer.

 



  Fiche de lecture
11
 
 Carlos LARRA
[L'Avant-Scène Théâtre]
 
20 mn
 
11 hommes. 2 femmes
 

- Sur une plage de l'Ouest -

 
 

Style général : Une farce qui dénonce l'absurdité de la vie quotidienne et évoque aussi bien Henri Monnier qu'Eugène Ionesco.

Argument : Sur une place quelconque, des gens échangent des propos quelconques, c'est-à-dire stupides. Or, un événement pourrait secouer cette inertie : il y a quelqu'un qui se noie. Ce n'est que l'occasion pour l'auteur de montrer chez les personnages la futilité, la curiosité morbide, l'égoïsme foncier. On entend les cris du noyé, alternant avec ceux d'un phonographe. Lorsque, profitant d'un air de danse, le jeune Gabriel se met à danser avec Adèle, Jean (le mari d'Adèle) lui donne une gifle... Et nous voyons, devant nous, une bagarre dont un vieillard est la victime. C'est l'auteur de la pièce à laquelle nous assistons, qui indigne tous les personnages par son immoralité, alors qu'il y voit une belle œuvre plutôt qu'une bonne œuvre en vue du perfectionnement de l'aide aux noyés. Tout s'achève sur une allocution burlesque de Jean au public, tandis qu'apparaît le prétendu noyé... pour bien nous montrer qu'ici rien ne doit être pris au sérieux.

Personnages :
PREMIER VIEILLARD (l'auteur) ; DEUXIEME VIEILLARD, pointilleux et discoureur; PREMIER HOMME, un solennel imbécile ; DEUXIEME et TROISIEME HOMMES, moins solennels mais tout aussi sots ; JEAN et ADELE, un couple bourgeois d'amoureux ; UNE VEUVE, femme-du-monde-mère-abusive de ROBERT, un jeune « minet » ; GABRIEL, -l'adolescent « moderne dans sa caricature ; UN VIEUX MARIN, trop fatigué pour se mêler de quoi que ce soit ; le GARÇON DE CAFE et le NOYÉ en son apparition (le rôle tient en cinq mots).

Décors : La terrasse d'un café, avec la mer en toile de fond.

Costumes : Modernes. Ils doivent évoquer le caractère caricatural, de chaque personnage.

Eclairage et Mise en scène : La pièce doit être très minutieusement mise en scène, en raison des propos qui se croisent et s'entrecroisent comme les personnages eux-mêmes. La musique du phonographe doit être réglée exactement.

Remarque : Jouée sur le ton qui convient et dans un mouvement pas trop lent, cette farce amusera en faisant connaître un auteur espagnol contemporain, mais elle sera plus appréciée par un public cultivé.

 



  Fiche de lecture
10
 
 Luigi PIRANDELLO
[Gallimard]
 
35 mn
 
2 hommes. 3 femmes
 

- Les cédrats de Sicile -

 
 

Style général : Un drame d'une vérité humaine dans le cadre d'une anecdote toute simple.

Argument : Minuccio, joueur de flageolet à la chorale de son village sicilien, traverse l'Italie pour venir voir la célèbre cantatrice Sina Marnis. Comme il arrive, alors que celle-ci reçoit de nombreux invités, Minuccio ne dépasse pas l'antichambre, et nous apprenons son histoire. Fiancé autrefois à Sina (qui s'appelait Thérèsa), ses parents (à lui) refusèrent ce mariage avec une pauvre orpheline. Or, Minuccio ayant entendu chanter Thérèsa, la fit travailler, vendit même un champ pour payer ses études. Aujourd'hui, il vient la retrouver, comme c'était convenu ; il a d'ailleurs toujours reçu des lettres de Thérèsa, et même, ce qui l'a quelque peu froissé, de l'argent lorsqu'il était fort malade. Avertie de la présence de Minuccio, Sina lui envoie sa mère pour lui tenir compagnie et le faire dîner... dans l'antichambre — et ne passe qu'un instant, dans une grande toilette qui la laisse quasi nue. Minuccio comprend — et la vieille maman le confirme — que Sina ne doit pas sa fortune qu'à son talent. Le pauvre malheureux s'en ira dégrisé, non sans avoir remis à Marthe les cédrats de son jardin, qu'il apportait. Sina, entendant ce mot de cédrats se précipite, mais Minuccio ne la juge pas digne de ce présent, qui ira à la vieille maman. Il part, après l'avoir souffletée avec le billet de banque qu'elle lui avait adressé naguère.

Personnages :
MINUCCIO, un simple, dans toute sa grandeur primitive. MARTHE, une honnête femme perdue dans une vie qu'elle réprouve et comprend mal. FERDINAND et DORINA, deux domestiques assez curieux pour que leurs questions amènent toute l'exposition. SINA ne fait qu'apparaître ; cela suffit pour nous montrer la star jouisseuse et superficielle qui, pourtant, se souvient encore des cédrats de son pays. On peut apercevoir des invités et des domestiques.

Décors : Une antichambre. Un salon en fête peut être entrevu ou doit être suggéré.

Costumes : Modernes, très brillants contrastant avec le vêtement paysan et usé de Minuccio.

Eclairage et Mise en scène : II est important de suggérer, par la mise en scène, la vie brillante de la diva. Rumeurs de fête, lumières entrevues par la porte ouverte.

Remarque : Cet ouvrage simple et émouvant permettra à de nombreuses troupes d'aborder l'œuvre de Pirandello, car elle demande, dans son exécution, plus de sincérité que d'expérience théâtrale.

 



  Fiche de lecture
9
 
 Ira WALLACH
[L'Avant-Scène Théâtre]
 
1h 40mn
 
3 hommes. 4 femmes
 

- Le Mal de test -

 
 

Style général : Une plaisante satire sans méchanceté sur la vie « à l'américaine » d'aujourd'hui.

Argument : Augustin et Célia Beauval forment un couple uni et heureux. Augustin est un savant physicien que ses recherches pourraient conduire au Prix Nobel, et Célia est une spécialiste de l'histoire carolingienne. Mais les travaux de l'un et de l'autre ne les conduisent pas à la fortune, et voilà que leur fille Catherine (20 ans) va peut-être tout transformer, car son camarade Pierre, qui se fait appeler Peter depuis qu'il est allé en Amérique, va présenter à Augustin un haut personnage de la Nelson Electronic qui peut lui offrir un poste des plus brillants. Pour cela, il faudra satisfaire aux tests de cet Otis Clifton, présenter tous les caractères du conformisme et des bons sentiments qui permettront de s'intégrer à la grande famille de la Nelson Electronic. Augustin va ainsi donner une image très différente de lui et son entourage se modèle pour satisfaire aux tests. Il n'est pas jusqu'à la grand'mère de Peter, une vieille évaporée, qui paraîtra une bonne-maman très convenable. Comme Otis trouve Marianne, la sœur d'Augustin, fort à son gré, tout peut s'arranger, bien qu'Otis ait percé facilement les manœuvres à jour ; lui-même n'est pas uniquement ce qu'il paraît et il sait faire deux parts de sa vie, bien distinctes. Cela ne saurait convenir à Augustin qui renoncerait à l'Amérique si Otis, spéculant sur les découvertes possibles de notre physicien, ne l'engageait comme conseiller indépendant. En prenant l'avion tous les mois, il touchera des indemnités qui lui permettront de continuer son travail. En attendant, tous les deux peuvent faire un peu de musique, en bons amis qu'ils sont devenus.

Personnages :
AUGUSTIN BEAUVAL et OTIS CLIFTON (suffisamment précisés par l'argument précédent) ; CELIA BEAUVAL, une savante qui n'a rien d'un bas-bleu ; MARIANNE, la jeune veuve, qu'une aventure n'effarouche point, spirituelle et plaisante ; EMMA, « la vieille dame indigne », bohème joueuse adorant la plaisanterie ; CATHERINE et PETER, le couple de jeunes amoureux plein de gentillesse.

Décors : Un salon, dans une maison bien française, meublé avec beaucoup de goût ; une quantité de livres. Un téléphone est indispensable.

Costumes : Moderne (costumes d'intérieur par moments).

Eclairage et Mise en scène : Sans difficulté.

Remarque : Cette comédie très amusante, dont la satire est efficace sous la légèreté apparente, fournirait un très bon spectacle à des acteurs capables de la jouer rapidement et sans appuyer sur les effets comiques.

 



  Fiche de lecture
8
 
 Jacques AUDIBERTI
[Seghers]
 
30 mn
 
2 hommes. 2 femmes
 

- Les femmes du bœuf -

 
 

Style général : Réalisme et poésie.

Argument : Lafède, surnommé « le Bœuf », boucher dans un petit village languedocien, est un colosse qui, après avoir perdu trois épouses, ne se contente pas de la compagnie de ses neuf filles. Il est entouré de femmes et, pourtant, il se sent seul. Son fils, berger dans la montagne, lui révèle qu'il est comblé, lui, par la visite d'une fée. Le Bœuf ne tarde pas à comprendre que ses compagnes vont clandestinement retrouver le jeune berger. Pauvre Bœuf ! le voilà qui désire renoncer à tout ce qui fait sa vie pour chercher enfin le rêve. Il laissera la boucherie à son fils et partira. Mais ne trouve pas la poésie qui veut : Lafède, sur le conseil de son fils, ira de foire en foire pour y rechercher au moins l'apparence de l'aventure.

Personnages :
LE BŒUF, énorme et tonitruant ; LE FILS, un poète ; MADAME CONTRAN, la gouvernante, une forte paysanne pleine de bon sens ; AMELIE, la nièce du boucher, une adolescente aux yeux de rêve. On entend les voix de plusieurs femmes.

Décors : Une salle commune chez le boucher, décor mi-paysan, mi-bourgeois (fin du siècle dernier).

Costumes : Le Bœuf, dans son costume professionnel ; le Fils, en berger ; les deux Femmes, vêtements simples mi-paysans (rien de folklorique).

Eclairages et Mise en Scène : Aucune difficulté.

Remarque : Le dialogue éblouissant d'Audiberti demande plus de sincérité que d'habileté. Mais le rôle du Bœuf, par sa « carrure » même, exige un acteur particulièrement exercé.

 



  Fiche de lecture
7
 
 Paul VANDENBERGHE
[L'Avant-Scène Théâtre]
 
30 mn
 
2 hommes. 3 femmes
 

- Une répétition générale ou la pièce à conviction -

 
 

Style général : Une enquête de police, avec tout ce que cela comporte de « suspense ».

Argument : Un inspecteur de police, parlant au public comme à un journaliste qui l'interviewerait, déclare qu'il va raconter sa première enquête. Au cours de ce récit, nous voyons se dérouler sous nos yeux les différentes scènes où les suspects sont interrogés. Pierre Marty, le mari d'Elisa, comédienne célèbre, a été trouvé pendu dans sa maison du Vésinet. Qui est le coupable ? Un cambrioleur a emporté les bijoux d'Elisa, mais c'était bien avant l'heure du meurtre. Est-ce Elisa ? ou son vieux camarade, le comédien Texier ? Ils sont innocentés. Et il semble que Pierre Marty n'ait eu aucune raison de se suicider. Pourtant, l'Inspecteur découvre que Pierre Marty, trouvant une lettre où sa femme déclare le quitter, a mis fin à ses jours... alors qu'il s'agit d'un texte qu'Elisa devait lire sur scène. Désespoir d'Elisa qui aura Texier pour la consoler.

Personnages :
L'INSPECTEUR, qui doit jouer « sur deux tons » selon qu'il s'agit du récit de ses souvenirs ou de l'enquête elle-même ; ELISA, la STAR dont la sincérité nous paraît tout de suite suspecte ; TEXIER, le comédien raté, toujours amoureux d'Elisa ; une SECRETAIRE.

Décors : Un bureau.

Costumes : Modernes. Elisa en grand deuil.

Eclairages et Mise en Scène : La mise en scène indique la possibilité d'un « flash musical » pour séparer le récit des scènes de l'enquête. Ce n'est pas indispensable, mais le raccord entre ces deux plans scéniques demande beaucoup de soins et des éclairages bien réglés.

Remarque : Bien que les personnages ne soient pas d'une grande originalité, nous pensons que ce petit drame policier peut fournir un excellent lever de rideau, car il est très bien mené et ne comporte qu'un rôle vraiment difficile, celui de l'Inspecteur.

 



  Fiche de lecture
6
 
 Harold PINTER
[Gallimard]
 
1h 30mn
 
1 homme. 2 femmes
 

- C'était hier -

 
 

Style général : Du mystère dans la vie quotidienne ; du silence dans le bavardage.

Argument : Kate et son mari Deeley attendent une ancienne amie de Kate dont elle n'avait jamais parlé auparavant et avec qui elle a vécu longtemps. En vérité, Anna est déjà là, et voilà que les souvenirs vont revenir, s'affronter, se contredire entre ces trois personnages, car Deeley a peut-être connu aussi Anna autrefois. De ce présent, qui n'est qu'un reflet du passé, de ce passé qui bouscule le présent, il ne restera en fin de compte, après ce conflit subtil et désespérant, qu'un homme et deux femmes murés chacun dans son propre mystère.

Personnages :
DEELEY, KATE, ANNA, trois quadragénaires.

Décors : Dans une ferme, en Angleterre. Premier acte : la salle de séjour ; 2e acte : la chambre. Mêmes meubles, mais disposés en sens inverse.

Costumes : Modernes.

Eclairages et Mise en Scène : Apparemment sans difficultés, mais il faut au contraire une extrême minutie pour respecter toutes les intentions de l'auteur dans ce débat à huis clos. Les éclairages devant souligner ce qu'il y a de mystère dans cette recherche du souvenir.

Remarque : Bien que cette pièce demande des acteurs particulièrement exercés et un public rompu aux problèmes psychologiques, nous pensons qu'elle convient mieux qu'une autre pour faire connaître un auteur très important du théâtre d'aujourd'hui.

 



  Fiche de lecture
5
 
 Ramon DEL VALLE INCLAN
[Seghers]
 
25 mn
 
1 homme. 3 femmes
 

- Le lien de sang -

 
 

Style général : Un drame humain baigné d'une ombre quasi magique.

Argument : Une jeune fille est sollicitée par une entremetteuse qui lui promet maintes richesses si elle cède à l'homme qui la désire, au lieu de rechercher l'amour. En effet, la jeune fille se laisse faire la cour par l'aiguiseur qui repasse les couteaux. Malgré sa mère, qui veut la livrer pour de l'argent, la jeune fille se garde pour l'amour, tel celui qui lie par le lien de sang, et elle a déjà pris ses ciseaux pour se lier ainsi à l'aiguiseur qu'elle va recevoir dans sa chambre, lorsque celui-ci déclare qu'il n'en demande pas tant. Il ne veut qu'un moment de plaisir et est déjà marié.
La jeune fille, qui se blesse la main, fait boire son sang au jeune homme. Celui-ci, éperdu, accepte de rejoindre la jeune fille dans sa chambre où elle lui percera le coeur de ses ciseaux.

Personnages :
L'ENTREMETTEUSE, qui se ferait volontiers passer pour sorcière ; L'AUBERGISTE, tout occupée de son intérêt ; LA JEUNE FILLE, un ange dans un monde trouble; L'AIGUISEUR, un homme comme tous les autres.
(Une ombre, en cape et tromblon).

Décors : L'ombre d'une maison sur une pelouse, la margelle d'un puits.

Costumes : Espagnols, sans réalisme.

Eclairages et Mise en Scène : Très difficiles. Il y a des effets de clair de lune et d'ombres qui sont indiqués très soigneusement et doivent être respectés. La mort de l'aiguiseur devra être seulement suggérée pour que cela soit supportable, mais pose un problème délicat de mise en scène.

Remarque : Ce beau drame d'une extraordinaire cruauté ne peut être joué devant n'importe quel public. Il faut des acteurs suffisamment exercés pour trouver le ton juste de réalisme et de mystère. Mais ce texte plein de poésie et de grandeur convient pour faire connaître un auteur espagnol moins joué que d'autres.

 



  Fiche de lecture
829
 
 Jean-Paul ALÈGRE
[L'Avant-Scène Théâtre]
 
2h
 
0 homme. 0 femme
 

- C'est Jean Moulin qui a gagné -

 
 

Style général : Cette fresque historique et symbolique nous convie à une théâtralité qui a trait à l’épique aussi bien qu’au poétique et au musical. Une invitation à mieux comprendre le présent à l’aune du passé, et à traverser les genres autant que les espaces.

Argument : Le nom de Jean Moulin s’inscrit au fronton de bien des écoles et sur les plaques de nombres de rues. Pourtant, peu nombreux sont nos concitoyens qui connaissent véritablement cette figure majeure de notre histoire. Pour rendre justice à ce grand résistant, Jean-Paul Alègre a choisi d’imaginer une impossible mais fructueuse rencontre entre le héros et un collégien contemporain. L’occasion de suivre le parcours de Jean Moulin de sa naissance à sa capture mortelle par la Gestapo. De nombreux ponts, entre passé et présent, éclairent d’un jour nouveau l’impact de la geste résistante sur nos vies. Avec émotion mais sans didactisme aucun.

Personnages :
Plus de trente rôles à distribuer depuis les figures historiques (Jean Moulin, Bidault, Klaus Barbie…) jusqu’aux objets personnifiés (la Maison de Caluir, la Rue, etc.) en passant par le personnage symbolique du petit Djamel, âgé de 10 à 13 ans.

Décors : Selon les propres indications de l’auteur, le décor ne doit pas être trop réaliste dans la mesure où il ne s’agit ni de rivaliser avec le cinéma, ni d’une reconstitution historique stricto sensu. Les lumières sont quant à elles d’une importance capitale pour symboliser les différents lieux et espaces.

Remarque : Jean-Paul Alègre est traduit dans une quinzaine de langues et joué dans plus de trente pays. Toutes ses pièces sont publiées à L'Avant-Scène. Il est, depuis juin 2006, président des Ecrivains Associés du Théâtre.

 



  Fiche de lecture
830
 
 Suzanne LEBEAU
[Editions Théâtrales]
 
1h
 
1 homme. 1 femme
 

- L’Ogrelet -

 
 

Style général : A la fois noir et tendre, ce récit invite chaque spectateur à se réconcilier avec sa part d'ombre. Ou du moins à chercher à l’apprivoiser.

Argument : Malgré l’absence de son père, le petit Simon vit une enfance normale dans une maison isolée au coeur d'une forêt dense. Mais tout change le jour de sa première rentrée scolaire. C’est le moment que choisit sa mère pour lui apprendre que son père n’est autre… qu’un ogre, irrémédiablement attiré par la chair fraîche ! Une hérédité pour le moins lourde à porter, contre laquelle le jeune garçon décide de se battre. Mais, avant de pouvoir échapper à son destin, il lui faudra d’abord réussir trois épreuves.

Personnages :
Simon, 6 ans, petit d’ogre, sa mère.

Décors : Une maison au milieu d’une forêt dense.

Remarque : Traduite en six langues, cette pièce aborde les réalités les plus dures sans faux-fuyant, tabou ni préjugé. Le combat permanent entre les forces du bien et du mal qui s’y livre ne laissera indifférents ni les enfants, ni les adultes. Qui pourront prendre plaisir à la jouer ensemble.

 



  Fiche de lecture
831
 
 Jean-Michel RIBES
[Actes Sud-Papiers]
 
1h
 
Distribution variable
 

- Musée haut, musée bas -

 
 

Style général : Musée haut, Musée bas n’est pas une succession de sketches à proprement parler, mais plutôt une traversée des genres dramaturgiques où chaque scène est traitée dans un style différent. On y passe ainsi de la farce au drame politique, de l’absurde à la comédie musicale.

Argument : Que va-t-on rechercher dans les musées ? Pourquoi les visiter ? Telles sont les questions qui sous-tendent cette pièce, où l’on glisse d’une salle à une autre sur les traces des visiteurs. Au fil de leurs remarques, l’éventail des réponses s’étale devant nous : se montrer, s’aimer, s’extasier, roupiller, “ pisser “, copier, se sécher… Une balade caustique à travers la comédie humaine, où l’art se fait révélateur de toutes sortes de névroses insoupçonnées. Et aussi l’occasion de caricatures truculentes comme de portraits très bien sentis.

Personnages :
Une galerie de personnages réalistes, loufoques ou totalement décalés : pas moins de 24 rôles depuis le groupe de visiteurs étrangers jusqu’aux conservateurs en passant par les gardiens du musée, les guides, des artistes, et bien d’autres encore.

Décors : La succession très rapide des sketches et l’enchaînement des salles exige une mise en scène à la fois très stylisée et très rythmée.

Remarque : Pièce à l’écriture très vive et à la structure complexe, c’est un exercice de style assez difficile à manier.

Jean-Michel Ribes a adapté sa pièce pour le cinéma, accompagné d'un casting exceptionnel.
A voir sur les écrans à partir du 19 novembre 2008.

 



  Fiche de lecture
832
 
 Christiane SCHAPIRA
[Editions de l’Amandier]
 
2h 30mn
 
0 homme. 6 femmes
 

- Lella, Danielle Casanova, une vie -

 
 

Style général : La romancière et dramaturge place tout entière cette pièce à demi épistolaire sous le signe de cette obsédante question que nous pose Daniel Trévoux "Puisque les morts ne peuvent plus se taire, est-ce aux vivants à garder leur silence ?"

Argument : Alternant les chants séculaires d’un choeur de femmes détenues et les lectures de lettres datées que Danielle Casanova écrit à sa mère depuis Birkenau, Christiane Schapira nous découvre progressivement l’intérieur d’un camp de concentration de femmes. Une exploration qui nous mène de l’arrivée dans les camps à la disparition de l’héroïne, et qui permet d’approcher à la fois la vérité humaine de cette grande résistante méconnue, et la portée intime de l’horreur historique.

Personnages :
Danielle Casanova, la trentaine, de son prénom Vincentella, dite Lella, le choeur des femmes tchèques et françaises : Femme 1 - Grete/Hélène, Femme 2 – Benedikt/Claudine, Femme 3 – Ana/Marie-Claude, - Femme 4 – Manca/Madeleine, Femme 5 – Sonia/Mai

Décors : Un quai : un bout de quai de gare enveloppé dans la brume - une chambre : meublée d’un lit bas et d’une table, située dans le “Rewier” de Birkenau en Pologne - le block n°26 du camp : un espace nu.

Remarque : A l’heure du soixantième anniversaire de la libération des camps, cette pièce est plus que jamais d’actualité. Une grande ode au civisme et à toutes les formes de résistance.

Cette pièce est programmée le 4 mai 2005 au festival National de Théâtre Contemporain Amateur de Châtillon-sur-Chalaronne (01).

 



  Fiche de lecture
833
 
 Olivier PY
[L'Ecole des Loisirs]
 
1h
 
0 homme. 0 femme
 

- La jeune fille, le diable et le moulin -

 
 

Style général : La jeune fille, le Diable et le moulin est un conte didactique inspiré de la jeune fille sans main des frères Grimm. Oscillant entre tourbillon insensé et chant plein de vie et de couleurs, c’est l’histoire d’une quête d’émancipation qui nous mène de l’enfance de la jeune fille jusqu’à sa pleine maturité de mère.

Argument : Dupé par le Diable et par sa cupidité, un père lui vend sa fille, qui se retrouve alors obligée de quitter le moulin familial. En fuite, elle pénètre dans le verger d’un prince, qui la surprend et tombe amoureux d'elle. Mais le Diable est là, qui brouille les pistes et sème le mensonge...

Personnages :
10 personnages aussi étranges qu’attachants, pouvant tous être campés par des enfants et des adolescents. La jeune-fille, son père, le diable, un ange-gardien, un prince, un jardinier...

Décors : Trois lieux principaux : le moulin et la cabane ; un arbre à deux visages, tantôt forêt sombre, tantôt pommier ou poirier, ainsi que deux malles ; le palais.
Pour préserver l’aspect symbolique propre au conte, il convient de mettre en scène cette pièce de manière « universelle », c’est-à-dire non circonscrite à une époque précise ni à des lieux aisément identifiables.

Remarque : Derrière la mécanique implacable qui emporte la jeune fille, on pressent un théâtre plus sourd, plus délabré, un chant de désirs, de fantasmes, de blessures secrètes. Tout un théâtre d'ombres : le spectacle déraisonnable de l'âme humaine, qui permet à Olivier Py d’aborder de façon subtile et accessible ses deux thèmes de prédilection : Dieu et la chair.

 



  Fiche de lecture
834
 
  Collectif
[Lansman]
 
0 mn
 
0 homme. 0 femme
 

- Petites pièces pour dire le monde -

 
 

Style général : Daniel Adam, Gilles Ascaride, Gilles Boulan, Laurent Denis, Jean-Pierre Dopagne, Eric Durnez, Jean-Rock Gaudreault, Pascale Milliant, Christian Palustran, Jean-François Prevant, Virginie Thirion, Jacky Viallon sont les auteurs de ces 13 piécettes qui ont chacune un style et un propos qui leur sont propres. Leur contenu intéressera tous ceux qui sont impliqués dans la pratique théâtrale au sein d’une troupe d’adolescents ou d’un atelier.

Argument : Ces 13 pièces, qui oscillent entre humour et émotion, tournent toutes autour d’une même interrogation : quelle est la place de l’être humain dans le monde et dans telle ou telle société donnée ? Mais elles le font sur des modes très différents. Certaines, dans une veine réaliste, interrogent la démocratie en tant que système. D’où des discussions passionnées entre points de vue antagonistes, que ce soit entre une femme et son fils en âge d’aller voter (Génération téflon, Génération ration de J.R. Gaudreault), entre un père et son fils de 17 ans (Tu mélanges tout de E. Durnez), ou encore entre une jeune Algérienne et un Français d'une autre génération (Pour mémoire de J.F. Prévand). D’autres pièces ancrent leur réflexion dans l'absurde ou la parodie. C’est le cas de Les deux côtés de la rue de J.P. Dopagne, de L’affaire Chaperon de Ch. Palustran, et de Hollywood subjonctif. Tour à tour sérieuse ou rieuse, la réflexion sur l’engagement flirte enfin avec le drame, que ce soit dans Le rêve américain de J. Viallon ou encore dans le terrifiant Rigolo Circus de G. Ascaride.

Personnages :
De 2 à 5 personnages en moyenne.

Décors : Variable selon les pièces. Courtes, elles sont souvent situées en un lieu unique, ce qui facilite leur mise en scène.

Remarque : Pensé pour les comédiens à partir de 12 ans, ce recueil propose un répertoire adapté qui les amènera à goûter aux joies d’un théâtre contemporain engagé et incisif, mais qui ne renie pas pour autant l'idée de divertissement.

 



  Fiche de lecture
835
 
 Philippe TOUZET
[Les Impressions nouvelles]
 
3h
 
7 hommes. 6 femmes
 

- C’est ma terre et c’est les miens -

 
 

Style général : Philippe Touzet n’est pas seulement l’auteur de nombreuses pièces dont Au bout de tout et Entre chienne et loup, ni même membre des Écrivains Associés du Théâtre… Il est aussi comédien et metteur en scène. Fort de cette connaissance très directe des planches, il livre dans cette pièce destinée à ravir les praticiens, toute la douce amertume des familles passées. Le témoignage touchant d’une époque certes révolue, mais pas si lointaine que ça…

Argument : Du début des années vingt à la fin des années cinquante, cette fresque dramatique nous conte l’histoire d’une famille de forgerons et de résiniers, installée au coeur d’un petit village girondin et organisée autour du « doyen », André. Tels des témoins privilégiés, nous les accompagnons à travers chacun des moments forts de leur vie, à chaque changement de génération, par deuil ou par naissance, ou encore lorsque leur histoire personnelle rejoint l’histoire collective dans la guerre et la résistance. L’occasion de découvrir que, au bord de la rivière, pas loin de la mer, existait une terre où les hommes et les femmes poussaient comme les pins, fiers et solitaires…

Personnages :
Une famille au grand complet, depuis le grand-père jusqu’aux petits-enfants en passant par les oncles et tantes, parents, cousins… et tous les stades de la vie.

Décors : L’intérieur d’une forge : foyer, soufflet, enclume, caisse à outils, établi, étau, etc. ; Forêt et clairière.

Remarque : Le grand nombre des personnages conjugué à leur traversée des âges permet de faire jouer de nombreux comédiens, toutes générations confondues.
Cette pièce est suivie de Un prince dans la nuit, conte onirique entre un père et son petit garçon.

 



  Fiche de lecture
836
 
 André TARDIEU
[L'Oeil du Prince]
 
1h
 
3 hommes. 2 femmes
 

- Gros temps -

 
 

Style général : Simple, rapide, efficace, cette pièce pourrait plaire aux nombreux amateurs qui sont dans l'enseignement car elle a de quoi accompagner une savoureuse réflexion dialectique sur la morale. Dans le plus beau sens du terme.

Argument : Un jeune collégien venant d’un milieu défavorisé est accusé d’avoir volé un de ses camarades aisé. Convoqué dans le bureau du Principal afin de s’expliquer, il se retrouve en présence de sa conseillère d’orientation et de son professeur principal. Face à ses explications, les avis des adultes divergent et très vite le cas du jeune homme passe au second plan. Le vol devient ainsi l’occasion pour eux de discuter de leurs visions de l’enseignement, et de régler leurs comptes personnels. Au final, cette séance de catharsis débouchera sur une sanction pour le moins inattendue…

Personnages :
Un Principal de collège, Cerisette Loustaud, professeur de français, Mme Rivière, conseillère d’éducation, Jo Ballat, l’élève voleur, Hamin, le volé, et une voix. Soit un mélange de générations qui peut permettre aux troupes de créer des ponts entre différents « niveaux » de pratique.

Décors : Un lieu unique : le bureau du Principal avec un bureau, un téléphone et plusieurs chaises.

Remarque : Ouvrage sélectionné par la FNCTA et facilement adaptable par des troupes amateur. Cette pièce est suivie de Fais gaffe, Pétrus.

 



  Fiche de lecture
730
 
 Victor HAIM
[L'Avant-Scène / Collection des Quatre-Vents]
 
1h 30mn
 
2 hommes. 1 femme
 

- Velouté -

 
 

Style général : Comédie grinçante - cinq tableaux
Comment vivre dans la société des êtres humains lorsque leurs actes se fondent, pour l'essentiel, sur des rapports pervers ?

Argument : Depuis trois ans, Jonathan cherche un emploi. Un recruteur, aussi aimable que disponible, lui laisse espérer un poste de chauffeur pour lequel seulement deux candidats parmi des centaines ont été retenus. On lui fait passer un test étrange et machiavélique auprès de Chloé, la jolie femme du recruteur, qui ne semble pas avoir toute sa raison. Puis le recruteur le pousse à bout et finit par lui avouer « ... en perdant votre dignité, vous m'apportez mon plaisir... ». Jonathan est finalement embauché comme homme à tout faire auprès du couple dont il subit les pires bassesses. Pour survivre, avec la complicité de Chloé, il est finalement contraint de noyer son patron dans sa baignoire.

Personnages :
Le recruteur, homme pervers, manipulateur et névrosé ; Chloé, sa femme, délicieuse mais certainement entraînée par le machiavélisme de son mari ; enfin Jonathan, homme réduit à accepter de perdre toute sa dignité pour trouver un emploi et survivre.

Décors : Une pièce neutre transformée en bureau provisoire ; l'appartement du recruteur.

Costumes : Contemporains.

Eclairages et mise en scène : Les plus sobres mettront en avant tout le sordide de la situation à peine caricaturale.

Remarque : Un « rire de plus en plus jaune » qui s'adapte, malheureusement, à une époque où le législateur réfléchit comment punir les pervers auteurs du « harcèlement moral » qui peut toucher chacun de nous ; un sujet qui colle tout à fait avec la fascination de l'auteur pour « la description de la violence faite aux hommes par d'autres hommes ».

 



  Fiche de lecture
721
 
 Albert CAMUS
[Gallimard Folio]
 
2h 30mn
 
12 hommes. 2 femmes
 

- Caligula -

 
 

Style général : Drame - 4 actes
Le personnage singulier de Caligula, traité dans un mélange de bouffonnerie et d'horreur, fait ressortir le drame d'un être humain, désireux de l'inaccessible, qui réclame aussi bien la lune que l'amour.

Argument : A la suite du décès de sa sœur et amante Drusilla, le jeune empereur Caligula ne peut plus se satisfaire des choses telles qu'elles sont. Il part donc à la recherche de la lune, ou du bonheur, ou de l'immortalité. Il revient pénétré d'une simple vérité : les hommes meurent et ne sont pas heureux. Pétri d'une noire violence désespérée, il tente, en artiste, de tenir le raisonnement jusqu'au bout et sème désormais la terreur. Tandis que, dans leur sagesse, Hélicon feint de chercher l'astre et le poète Scipion ose chanter la vérité, les patriciens, lâches et démissionnaires ne peuvent s'accorder sur un complot salvateur.

Personnages :
Caligula ; Caesonia, la vieille maîtresse ; Scipion, jeune poète ; les patriciens dont : Cherea, Hélicon fidèle à Caligula, Patricius, Octavius, Lépidus, Mereia, Marius, Metellus Mucius... ; la femme de Mucius ; l'intendant ; les gens du palais ; les chevaliers ; les soldats ; les esclaves ; les poètes...

Décors : Décor unique, salle d'un palais impérial romain,

Costumes : antiques (Caligula régna de 37 à 41 après J.-C.)
Camus demanda cependant qu'on signifie l'intemporalité de la pièce en évitant "le genre romain".

Remarque : Le rôle de l'empereur maudit et philosophe dément est des plus difficiles à interpréter.

 



  Fiche de lecture
722
 
 Albert CAMUS
[Gallimard Folio]
 
1h 30mn
 
2 hommes. 3 femmes
 

- Le Malentendu -

 
 

Style général : Tragédie - 3 actes
Camus propose au lecteur et au spectateur de considérer cette pièce « comme une tentative pour créer une tragédie moderne ». Que ce soit un fait divers relaté en 1935 dans L'Écho d'Alger : « Effroyable tragédie. Aidée de sa fille, une hôtelière tue pour le voler un voyageur qui n'était autre que son fils. En apprenant leur erreur, la mère se pend, la fille se jette dans un puits » ou bien le souvenir de l'Auberge rouge de Peyrebeille en Ardèche, non loin du lieu de résidence de Camus à partir de 1942, les sources d'inspiration ne manquent pas.

Argument : Martha et sa mère, privées d'une terre qui leur a été injustement refusée, tiennent une petite auberge de campagne, en Europe. Elles assassinent les voyageurs afin d'amasser un viatique pour retourner vivre en Afrique du Nord. Jan, le fils, parti depuis vingt ans revient incognito malgré les injonctions de sa femme qu'il laisse à la ville voisine. Les deux femmes ne le reconnaissent pas ou feignent de ne pas le reconnaître. Malgré les hésitations de la mère, Martha commet le dernier assassinat...

Personnages :
Martha, jeune fille de vingt ans au cœur durci par une trop grande soif de soleil ; sa vieille mère, lasse et presque aveugle ; Jan, 35-40 ans, le fils ; Maria, la femme de Jan ; le vieux domestique sourd, celui qui tire les ficelles.

Décors : La salle commune de l'auberge, la chambre.

Remarque : Le malheur vient moins de l'aveuglement, propre aux tragédies grecques, que d'une éperdue volonté de bonheur soutenue par une énergie capable d'aller jusqu'au crime. L'absurdité de la condition humaine donne au Malentendu d'étranges résonances parfois proches du théâtre d'Ionesco.
Pour Camus, « Le spectateur doit éprouver un sentiment de familiarité en même temps que de dépaysement ».

 



  Fiche de lecture
723
 
 Michel TREMBLAY
[L'Avant-Scène Théâtre]
 
1h 20mn
 
2 hommes. 0 femme
 

- Les Anciennes Odeurs -

 
 

Style général : Comédie dramatique - 1 acte
Les Anciennes Odeurs sont ce que les Américains appellent une « conversation-pièce ». L'homosexualité permet un corps à corps de la parole, jusqu'ici plus ou moins interdit aux hommes dans la culture occidentale.

Argument : Jean-Marc est professeur de français. Luc, son ancien amant, sous prétexte de la maladie de son père, vient rendre visite à Jean-Marc. Chacun est « la seule personne en qui l'autre peut avoir confiance ». Aussi s'en suit une confession mutuelle : Jean-Marc aurait souhaité être acteur de cinéma pour s'évader de l'ennui quotidien. Il a dû se résoudre au professorat tout en essayant d'écrire. Mais aujourd'hui, il ne sait plus comment faire part de son homosexualité à ses élèves et se sent médiocre comme écrivain. Luc, quant à lui, refuse que son personnage d'acteur de télévision l'emporte sur sa propre personnalité. Il n'ose pas non plus dire à tous son homosexualité. Dans sa soif de tendresse, il demande à Jean-Marc de « jouer » à son père en lui racontant des histoires et court les aventures fugaces.

Personnages :
Jean-Marc, commence à grisonner, se veut sage et réconfortant ; Luc, trente-deux ans, un grand adolescent, prend conscience de la difficulté d'être adulte avec l'agonie de son père.

Décors : Un sous-sol aménagé en bureau.

Costumes : Contemporains.

Remarque : « J'écris pour le théâtre quand j'ai envie d'agresser. Je pense que le théâtre existe avant tout pour poser des questions d'une façon très violente, urgente, brutale, péremptoire, en s'adressant directement à un auditoire. »
Michel Tremblay.
Une pièce quelque peu autobiographique.

Adaptation de Christian BORDELEAU

 



  Fiche de lecture
724
 
 Michel TREMBLAY
[Revue Acteurs]
 
1h 30mn
 
2 hommes. 0 femme
 

- Hosanna -

 
 

Style général : Comédie dramatique - 2 actes
La narration des vertus d'une provocation, faite en Jouai, le parler québécois spécifique d'un quartier modeste situé à l'Est de Montréal.

Argument : Hosanna voudrait être une actrice anglaise, qui travaille aux USA, qui interprète une histoire égyptienne, tournée en Espagne et son idole est depuis toujours Elisabeth Taylor. Elle vit depuis quatre ans avec Cuirette qui, lui, voudrait être conforme à l'image virile. Ce soir, pour Halloween, Sandra a organisé son « party costumé annuel » dont le thème est les femmes célèbres de l'histoire. Hosanna vient de passer trois semaines à préparer son costume de Cléopâtre. Dès six heures, prête à mettre enfin, aidée de Cuirette, sa belle robe. Elle s'est observée dans son miroir, a longuement hésité, est partie à la soirée et... a découvert avec horreur que tout le monde, par moquerie, avait revêtu le même déguisement. La leçon a porté ses fruits, Hosanna-Claude, ridiculisé, accepte désormais de se débarrasser de ses pelures et d'être aimé en homme par Raymond.

Personnages :
Hosanna, coiffeur le jour, travesti la nuit, « pas mal plus que les trente ans avoués » ; Cuirette, son compagnon qui veut être un dur et en revêt l'apparence alors qu'il est au fond doux et tendre.

Décors : Une garçonnière meublée et divisée en deux parties par un comptoir.

Costumes : Hosanna est habillée comme Elisabeth Taylor dans Cléopâtre, en beaucoup plus cheap évidemment. Cuirette, boudiné dans ses jeans, porte le blouson de cuir des motards.

Éclairage : Atmosphère de tristesse et de solitude navrantes que soulignent encore davantage la lumière clignotante d'un néon publicitaire dans la rue et un parfum très lourd d'eau de Cologne.

Remarque :

 



  Fiche de lecture
725
 
 Claude BROUSSOULOUX
[Art & Comédie]
 
1h
 
1 homme. 1 femme
 

- Derrière la porte -

 
 

Style général : Comédie dramatique - 3 actes
Comme un thriller, cette pièce est construite sur le retour d'un passé meurtrier qui ne fera que se répéter, pour qu'enfin se révèle la vérité.

Argument : Un couple, marié, sans enfant, vit à la campagne. Un jour, de retour de promenade, ils aperçoivent un homme assis dans leur jardin non clos. La femme semble s'inquiéter outre mesure de cette présence. D'après les descriptions faites par le mari, l'intrus présente curieusement des traits communs à ceux de la femme. Cette dernière finit par convaincre son mari de retourner voir. Par chance le jeune homme a disparu. Mais voici que des bruits surgissent de la cave. La femme, hantée par son passé, est prise d'une peur panique et l'histoire aboutit, comme elle a commencé, dans le sang.

Personnages :
La femme, une quarantaine d'années ; l'homme, même âge.

Décors : La salle de séjour d'une maison de village.

Costumes : Contemporains.

Éclairage et mise en scène : D'une calme fin d'après-midi provinciale, on passe, au cours d'une montée dramatique nocturne, à la révélation de la vérité puis, au petit matin, à un coup de fusil meurtrier.

Remarque :

 



  Fiche de lecture
726
 
 Steven BERKOFF
[Actes Sud-Papiers]
 
1h
 
3 hommes. 2 femmes
 

- Kvetch -

 
 

Style général : Comédie dramatique - 2 actes
Avec Kvetch, Steven Berkoff s'exerce à nouveau dans le genre du « récit », ce récit dramatique qui donne à ses pièces une existence particulière, un relief stylistique et une signature personnelle.

Argument : Franck est rongé par ses pensées, ses craintes, ses peurs, ses angoisses. Ce sont ses kvetches. Sa femme, elle même n'ose plus affronter les dîners qu'elle prépare. Un soir, Franck invite un ami, Haï, à dîner. La femme de Haï vient de le quitter et il craint de se confronter à la vie d'un couple. Tout se passe comme si la peur était contagieuse et toute l'atmosphère en devient sordide. Un jour pourtant une communication s'établit : George, client en affaire avec Franck, et Donna, la femme de Franck, parviennent à unir leurs handicaps. Donna, libérée, brave ses scrupules et annonce à Franck sa liaison avec George. Franck croit alors pouvoir déclarer ses pulsions homosexuelles à son ami Haï mais voilà que ses kvetches reprennent le dessus.

Personnages :
Franck ; Donna, la femme de Franck ; Haï, l'ami de Franck ; la belle-mère de Franck et George, un grossiste, client de Franck.

Décors : Un intérieur d'une famille juive et une boutique de marchand de tissu.

Costumes : Contemporains.

Mise en scène : Tous les personnages vivent dans leurs propres pensés, étranglés par leurs contradictions et interdits et ils retrouvent une respiration vacillante dans la formulation intérieure de leurs problèmes. Leurs doubles discours, l'intérieur et celui à usage d'autrui se mêlent et se font parfois écho ou forment un chœur pathétique, dérisoire ou d'un humour décapant.

Remarque : Traduction de Geoffrey DYSON et Antoinette MONOD

 



  Fiche de lecture
727
 
 Eugène IONESCO
[L'Avant-Scène Théâtre]
 
1h
 
3 hommes. 3 femmes
 

- La Cantatrice chauve -

 
 

Style général : Comédie dramatique - 11 scènes
« Vers 1948, j'eus l'idée - pour faire rire les amis - d'une pièce qui soit une fausse pièce, qui aille à l'encontre de la tradition réaliste en cours, qui soit donc une manifestation de liberté. C'est pourquoi je l'ai qualifiée d'anti-pièce. » Ionesco

Argument : Les choses les plus alarmantes se produisent : Les Martin, braves bourgeois, mari et femme, sont frappés d'amnésie : bien que se voyant, se parlant tous les jours, ils ne se reconnaissent plus ; Les Smith eux, ont bien du mal à parler de la mort d'un certain Bobby Watson, impossible à identifier car les trois-quarts des habitants de la ville, hommes, femmes, enfants, chats, idéologues, portent le nom de Bobby Watson. Surgit alors le capitaine des pompiers, qui vient aggraver le trouble des ménages en racontant des histoires absurdes. Lorsqu'il s'en va, éteindre un incendie prévu depuis trois jours, et qui doit éclater à l'autre bout de la ville, les vérités élémentaires et sages échangées par les Martin et les Smith deviennent, elles aussi, folles.

Personnages :
Les Martin et les Smith, deux couples bourgeois de la banlieue londonienne ; Mary la bonne, très Sherlock Holmes et le capitaine des pompiers ; aucune cantatrice, pas même chauve !

Décors : Un intérieur anglais, avec des fauteuils anglais, une pendule anglaise ou... pas de décor du tout.

Costumes : Anglais !

Mise en scène : La pièce peut se jouer de façon très comique, un comique à la « Marx Brothers » ou à la Helzapoppin comme de la manière la plus sérieuse, en drame, même. Elle a été jouée dans le monde entier dans les styles les plus divers et toutes les adaptations sont permises.

Remarque : C'est en apprenant l'anglais que vint à Ionesco l'idée d'imiter les phrases incohérentes d'un manuel de conversation en langue étrangère. En nous livrant des dialogues entièrement mécanisés, Ionesco, par l'absurde, tue le langage et les stéréotypes de la petite bourgeoisie.

 



  Fiche de lecture
728
 
 Markus KOBELI
[Editions Théâtrales]
 
1h 15mn
 
3 hommes. 2 femmes
 

- Peepshow dans les Alpes -

 
 

Style général : Comédie - 5 tableaux

Une comédie cruelle et vive, comme métaphore de la représentation théâtrale ; une satire originale de la société du spectacle.

Argument : Au-dessus du village, s'est développée une station de sports d'hivers. A la ferme de la famille Holzer, plus rien ne se passe. Il n'y a plus qu'une vache à traire et la famille survit difficilement. Elle imagine donc d'offrir aux touristes de passage un spectacle de la vie paysanne typique, à travers les fenêtres de sa maison. Mais le quotidien n'est pas très excitant et il faut forcer sur la mise en scène qui, peu à peu, devient grotesque. On va jusqu'à jouer Heidi. Chacun finit par ne plus savoir qui il est réellement ou ne le sait que trop. L'atmosphère dégénère et quand le spectacle s'est mécanisé à son tour, la structure familiale vole en éclat.

Personnages :
Hans Holzer, le père ; Martha, la mère ; Hans junior et Anna, les enfants, grands adolescents ou jeunes adultes et Hans senior, un vieillard de quatre-vingt-dix ans, paralytique, lunettes et fauteuil roulant.

Décors : La salle de repas d'une ferme, grande table en bois, buffet, bancs, poêle, petites fenêtres avec des rideaux à carreaux rouges et blancs, une vraie carte postale. Le cadre classique d'une idylle campagnarde donc, avec un rien de confort, comme le sofa qui, dans un coin, fait face au téléviseur.

Costumes : Classiques et contemporains, ceux de la vie quotidienne à la campagne, puis carrément folkloriques des Alpes Suisses et finalement tenues des personnages de Heidi.... ; de plus en plus nuisibles.

Éclairages et mise en scène : Recherche de textes, production, jeu des acteurs, répétition, représentation... sont des sujets que tout metteur en scène a l'habitude de côtoyer !

Remarque : Un peepshow qui s'apparente à la nouvelle mode du reality-show.

Traduction de Jean EAUNAY

 



  Fiche de lecture
729
 
 Jean-Paul ALEGRE
[Lansman]
 
1h 15mn
 
3 hommes. 2 femmes
 

- Le Palais des cinq sens -

 
 

Style général : Farce drôle et grinçante qui traite du théâtre dans le théâtre

Argument : Un conflit imbécile a jeté les Uns contre les Autres. Alors qu'ils s'envoient fébrilement des obus de colline à colline, Oscar de Marcovaldo a dressé les tréteaux de son Palais des Cinq Sens au fond de la vallée. Mais il est bien difficile d'assurer le spectacle dans cette atmosphère de folie généralisée. Heureusement, ce bateleur dans l'âme a plus d'un tour dans son sac. Il sera quand même sidéré quand, après d'autres personnages étranges, c'est un chien qui montera sur ses planches pour demander qu'on veuille bien lui rendre l'odeur du chat... enfin, l'odorat ! Et il ne restera plus qu'à répondre à la question : mais qu'y a-t-il derrière le rideau ?

Personnages :
Oscar de Marcovaldo, toujours en mouvement, roi du mauvais jeu de mots et des calembours tirés par lés cheveux. Mademoiselle Germaine qui s'appellera finalement Estelle... ou Sissi. Monsieur Plume qui court après sa tombola perdue. Katarina, qui veut tout toucher. Le Chien, à ne pas confondre avec Lucien.

Décors : De simples tréteaux avec un rideau rouge en fond de scène.

Costumes : Grande liberté laissée à la troupe dans ce domaine.

Son : La bande son doit être particulièrement soignée car elle est très présente au cours du spectacle.

Remarque : On retrouve dans cette pièce l'esprit de La Ballade des planches et la passion de Jean-Paul Alègre pour l'univers du théâtre et du cirque. Il conviendra de se méfier de la facilité et considérer que l'interprétation de cette pièce demande beaucoup de rigueur et d'efficacité. Les comédiens ne peuvent compter que sur eux-mêmes et le rythme est essentiel. Mais, bien monté, ce spectacle pourra rassembler un large public.

 



  Fiche de lecture
731
 
 Gao XINGJIAN
[Lansman]
 
1h 20mn
 
2 hommes. 1 femme
 

- La Fuite -

 
 

Style général : Drame - 1 acte
Huis clos

Argument : Quelque part dans un entrepôt désaffecté, à deux pas de la place où les tanks et les fusils font leur sinistre besogne, un étudiant et une jeune fille trouvent abri. Un homme d'âge mûr, fuyant, lui, son domicile après un coup de fil, vient les rejoindre.
En attendant l'aube, peut-être salvatrice, les personnalités se révèlent, les passions s'exacerbent et l'insoutenable tension intérieure donne libre cours à l'agressivité primaire, aux désirs insensés et à l'introspection sans complaisance. Finalement, chacun a fait le deuil de ses espérances, parfois plus difficile à supporter que la mort physique, lorsque, au petit jour, les soldats cognent à la porte.

Personnages :
La jeune fille, 22, 23 ans, souhaitant devenir actrice, est l'auteur des diffusions radiophoniques contre la proclamation de la loi martiale ; le jeune homme, 20 ans, étudiant vient de la secourir et l'homme mûr, 40 ans, écrivain désabusé, fuit son domicile, son épouse et sa petite fille, bref, se fuit lui-même.

Décors : Dans un entrepôt désaffecté et en ruine, au cœur de la ville, une pièce très obscure, à gauche, une petite porte rouillée. Aux quatre coins, s'amoncellent des objets et des ustensiles divers aux formes indéfinies. La scène débute aux dernières heures de la nuit et s'achève au lever du jour.

Costumes : Une robe maculée de sang pour la jeune fille et un T-shirt pour le jeune homme font partie de la pièce.

Remarque : C'est après le massacre de Pékin, en juin 1989, que l'auteur a fuit pour la France. Cette pièce, écrite à Paris, dès octobre 1989, a été créée en mars 1992 à Stockholm pour connaître désormais un succès international.

Traduction de Michèle GUYOT, aménagement Emile LANSMAN

 



  Fiche de lecture
732
 
 Pierre BOUTRON d'après Oscar WILDE
[L'Avant-Scène Théâtre]
 
2h
 
6 hommes. 4 femmes
 

- Le Portrait de Dorian Gray -

 
 

Style général : Drame- 3 actes
En 1889, alors qu'une jeune artiste venait de faire son portrait, Wilde s'était écrié « Mon Dieu ! Comme c'est tragique ! Ce portrait ne vieillira jamais ; mais moi, oui. Si seulement cela pouvait être l'inverse». Dès 1883, cette idée se cristallisa autour d'un personnage réel (celui du peintre) et devint un roman. (Oscar Wilde ne rencontra que plus tard l'incarnation de Dorian, accomplissant ainsi la prémonition dé son roman.)
Cependant, il fallut attendre que les conventions sociales et théâtrales évoluent suffisamment pour l'adapter au théâtre.

Argument : Craignant d'avoir trahi le secret de son âme dans le portrait qu'il a réalisé du jeune Dorian Gray, le peintre Basil refuse de l'exposer dans les salons. Il s'en explique auprès de son vieil ami, Lord Henri Wotton (Harry). Malgré la jalousie exclusive du peintre, Harry rencontre Dorian et lui révèle les affres de la vieillesse. Horrifié par cette perspective, Dorian vend son âme. Et désormais, le portrait vieillit pour lui. Peu à peu les rumeurs circulent autour de Dorian. Ne supportant plus le sort, il poignarde l'innocent Basil et finit également par poignarder son portrait devenu trop hideux, rétablissant ainsi l'ordre naturel des choses.

Personnages :
Les trois personnages principaux représentent les trois facettes de l'auteur :
Basil, le peintre, inspiré et fasciné par son modèle, c'est Oscar Wilde obsédé par une morale dont il ne peut se défaire ; Dorian Gray qui possède la plus merveilleuse jeunesse, le seul bien digne d'envie, représente le souhait utopique d'Oscar Wilde ; Lord Henri Wotton, intelligent, cynique, séduisant et corrupteur, dit tout haut ce qu'il est désespéré de ne pas penser tout bas.

Décors : Devant le palais de Minos qui peut n'être qu'un simple rideau.
Le spectacle évolue dans des cadres, au sens matériel du mot, le cadre central étant, au cœur de la mise en scène, celui qui entoure le portrait de Dorian Gray. Les ambiances évoquent l'atelier du peintre, une taverne, un banquet mondain, la maison de Dorian, la loge de Sibyl.

Costumes : La dimension historique et sociale doit être respectée car la charge contre l'Angleterre victorienne, pudibonde et malsaine est aussi présente dans le spectacle que le combat de Dorian Gray contre lui-même.

Eclairages et mise en scène : Une sonate d'ombres, sous le vacillement des chandelles, alliée à de savants trucages de miroirs, permet de doubler ou de tripler l'image des acteurs et présente l'avantage de modeler son plateau.

Remarque : Même si elle très ancrée dans une Angleterre victorienne, l'histoire, qui n'est pas sans rappeler celle de Faust et de Méphistophélès, reste d'une pertinente actualité en une fin de millénaire marquée, jusque dans nos lois, par un vain et dangereux « jeunisme ».

 



  Fiche de lecture
733
 
 Yukio MISHIMA
[Gallimard]
 
2h 30mn
 
2 hommes. 3 femmes
 

- L'arbre des Tropiques -

 
 

Style général : Tragédie - 3 actes
Par ce titre (le seul dans toutes ses œuvres), l'auteur pense sans doute à la Grèce antique et aux Atrides mais aussi aux sentiments de violence de ses personnages.

Argument : Ikuko est une jeune fille malade qui se plaît à faire mourir ses oiseaux comme si la mort devait être le guide quotidien plus que la vie. Cependant, elle est unie à son frère Isamu dans la vie familiale où l'exaltation est telle que la mère de famille Ritsuko la compare au petit génie de plantation, devenu dans le jardin l'arbre des tropiques, qui ne permet de ne jamais voir rien d'autre avant ses fleurs d'un rouge sanglant.
Cela nous introduit dans l'âme des personnages où l'amour et la haine s'entrecroisent : Ritsuko veut pousser Isamu à tuer son père pour la faire soupçonner elle et cela amènera Ikuko à exiger que sa mère soit tuée comme étant la source de tout mal.
Mais quand Ritsuko se trouve seule avec son mari, il semble que toute idée de meurtre n'est qu'imaginaire et Ritsuko ne veut plus demeurer qu'en son jardin trop abandonné pour y planter maintenant l'arbre des tropiques.

Personnages :
Keisaburo, le chef de famille, homme mûr, autoritaire et amoureux de sa femme ; Ritsuko, beaucoup plus jeune, en trouble aux sentiments les plus divers ; Ikuko, jeune fille malade désireuse de voir mourir ses oiseaux de sa main ; Isamu, plus faible et incertain dont l'amour avec Ikuko ne peut finir qu'en suicide ; Nobuko, la sœur de Ritsuko, est la seule qui sorte de ce monde de tragédie puisqu'elle est la seule à réussir à porter des jugements que l'auteur n'ose pas le faire lui-même et que le public attend.

Décors : Actes I et III, la chambre d’Ikuko. Acte II, le début du jardin.

Costumes : Japonais modernes.

Eclairages et mise en scène : Il est difficile d'en apprécier les multiples difficultés bien que l'essentiel vienne de l'âme des personnages.

Remarque : Les acteurs doivent se soucier plus de vérité humaine que de japonaiseries mais une troupe capable d'avoir les acteurs nécessaires pourra présenter le plus célèbre auteur japonais devant un public de chez nous.

Traduction de Pieyre de MANDIARGUE

 



  Fiche de lecture
737
 
 Anca VISDEI
[L'Avant-Scène Théâtre]
 
2h 40mn
 
0 homme. 0 femme
 

- Sarah B. ou les Turpitudes du Théâtre -

 
 

Style général : Fantaisie dialoguée sur des idées (vécues) de Sarah Bernhardt.

Argument : 26 scènes, comme 26 photographies qu'aurait choisies la grande tragédienne française dans l'album photo de sa vie, elle qui déjà, chez les sœurs avait fait ses preuves théâtrales mais qui, à quinze ans, voulait être religieuse. Pour la sauver de la « clientèle » de sa mère, le duc de Morny, frère de l'Empereur, l'introduit à la Comédie Française. Mais son innocence, sa franchise et ses impairs la tiendront loin du succès. Peu à peu, elle comprend que le métier de sa mère est celui qu'elle doit apprendre pour réussir. Et c'est à l'Odéon, au cours d'une représentation pourtant bien compromise qu'elle connaît un éclatant triomphe. Ainsi, grâce à Alexandre Dumas qui le premier l'avait menée à la Comédie Française, elle est rappelée dans la célèbre institution et plus jamais son immense talent se sera démenti.

Personnages :
La plupart des personnages étant épisodiques, un même comédien peut interpréter plusieurs rôles. Sarah Bernhardt, Victor Hugo, Alexandre Dumas père et fils, Mounet-Sully, le duc de Morny, Mme Guérard dite Mon p'tit Dame, Maurice (fils de Sarah), Jeanne (sœur de Sarah), Rosine (tante de Sarah) et Judith (mère de Sarah) Bernhardt, Me X notaire au Havre, Thomas Alva Edisson, quelques cow-boys, enfants, Chinois, animaux, peintres, comédiens &Co.

Décors : Etant donnée la multitude de lieux qui servent de scènes à cette histoire, l'auteur, après avoir hésité longtemps lui-même, conseille au metteur en scène une signalisation simple, pratique et économique héritée du théâtre élisabéthain : un panneau indiquant le lieu et la date de la scène qui va suivre. Un équivalent, précédant de quatre siècles, les « extérieurs-jour-bord-de-mer » et autres « intérieurs-nuit-catacombe » des scénarii de cinéma.

Costumes : Comme ceux, célèbres, de Sarah B., ils peuvent être d'un luxe chamarré, voire outrés et caricaturaux.

Note de mise en scène : Tous les passages d'autres auteurs (interprétés par Sarah) sont facultatifs : on peut n'en retenir que ce qui est nécessaire à la mise en scène.

Remarque : Une pièce enlevée, où personne n'est épargné.

 



  Fiche de lecture
734
 
 Alain REYNAUD-FOURTON
[Art & Comédie]
 
1h 45mn
 
5 hommes. 3 femmes
 

- Monsieur Amédée -

 
 

Style général : Comédie - 4 actes
Une comédie de boulevard truffée d'humour et de situations cocasses, à l'imparfait du subjonctif.

Argument : Katia, une prostituée, fuyant un souteneur, se réfugie chez un professeur de lettre agrégé, en retraite, veuf d'une femme acariâtre. Dédé la Frime, le poursuivant, survient ; il est tué accidentellement, d'une flèche. C'en est fait de la réputation d'Amédée dans le milieu : « S'il n'y avait pas tous ces avatars. Mais, là, j'ai à peine le temps d'apprendre mon rôle qu'on me change d'emploi. De petit retraité, je deviens tueur, puis maquereau, tenancier de bordel et, maintenant, croque-mort !... Moi, je patauge ».
Quand arrive le vieux cousin Joseph, curé à Saint-Flougnac, dans le Périgord, c'est le bouquet. Finalement, Kiki et Blanchette, les jeunes protégées d'Amédée, se marient, lui permettant ainsi de partir « à la retraite » au bras de Katia : un pied de nez au portait de l'épouse décédée.

Personnages :
Amédée Rousseau, 65 ans, rondouillard, retraité ; Katia, 38 ans, prostituée ; Dédé la Frime, 40 ans, malingre, petit maquereau de deuxième ordre ; Kiki, 20 ans, petite blonde très mince, prostituée ; Joseph, 65 ans, prêtre, cousin d'Amédée ; Blanchette, 20 ans, princesse gabonaise, prostituée ; Polo, 25 ans, maquereau, grand et athlétique ; Bamumbollo, 30 ans, gabonais, souteneur.

Décors : Unique, une pièce de pavillon de banlieue dont le mobilier est un peu dépassé, et où trône le portrait de feu Madame Rousseau. Le décor se transformera en jungle.

Costumes : Modernes et de circonstance.

Mise en scène : Un rythme enlevé et soutenu s'impose.

Remarque : Une pièce qui ne se prend pas au sérieux et qui fait le plus grand bien aux maxillaires et au moral.

 



  Fiche de lecture
735
 
 Henry de MONTHERLANT
[Gallimard]
 
40 mn
 
3 hommes. 2 femmes
 

- Pasiphaé -

 
 

Style général : Drame - 1 acte
Un drame humain dans l'évocation d'un mythe.

Argument : L'épouse de Minos, roi de Crète, cause un grand émoi à la fidèle nourrice qui lui tient toujours compagnie car elle sait la reine Pasiphaé malheureuse et solitaire. Le public, au moins en grande partie, sait que Pasiphaé est amoureuse d'un beau taureau blanc, mais l'auteur a voulu, pour rendre la situation plus dramatique, que Pasiphaé ne se sente pas chargée d'une mission d'ordre divin mais qu'elle soit coupable d'un acte qu'elle désire tout en le réprouvant.
Aussi nous la contemplons isolée d'un monde visible que le veilleur regarde de tous ses yeux et nous l'entendons même s'attendrir sur sa conduite, alors que l'acteur figurant le chœur antique en tire un sens profond.
La fille de Pasiphaé, la petite Phèdre, vient ajouter encore en évoquant le plaisir que lui donne un agneau blanc mais elle le laissera dans sa prairie pour aller jouer avec un jeune garçon.

Personnages :
Pasiphaé, la grandeur d'une reine à la recherche d'elle-même ; la nourrice, d'un âge avancé, la fidélité d'une servante ; le veilleur, simple observateur, Phèdre, une enfant toute de grâce et de sincérité, le chœur, représenté par un homme d'âge mûr, raisonnable et raisonneur.

Décors : Devant le palais de Minos qui peut n'être qu'un simple rideau.

Costumes : Beaucoup de possibilités, on peut se servir de costumes modernes sans que ce soit gênant mais il semble qu'une évocation mythique soit préférable.

Eclairages et mise en scène : L'analyse ci-dessus fait comprendre les difficultés nombreuses d'une telle représentation. Il faut que le metteur en scène puisse oublier le mythe pour ne montrer qu'un être humain placé devant un acte que l'opinion réprouve mais qu'il a envie de faire.

Remarque : Tout repose sur le personnage de Pasiphaé et, si cette comédienne existe dans une troupe, il ne faut pas hésiter à choisir ce spectacle.

 



  Fiche de lecture
736
 
 Eric WESTPHAL
[Crater]
 
1h 30mn
 
6 hommes. 2 femmes
 

- Jus de Framboise -

 
 

Style général : Comédie - 3 actes
Comédie légère plus grave qu'il n'y paraît.

Argument : La jeune et jolie Framboise, mécontente de la justice de son pays dans une affaire de potager qui l'oppose à son voisin, décide de s'adresser au Roi plutôt qu'à ses saints, ou plus exactement à ses juges... Mais entrer au Palais n'est pas chose évidente. Heureusement, elle a du charme à revendre et le Garde va bien vite y succomber. Puis ce sera au tour du Roi lui-même. Et Framboise prendra de plus en plus d'importance à la cour, au point de devenir conseiller particulier de son souverain. Et comme elle est dotée d'un solide bon sens, elle prend des décisions qui semblent à tous révolutionnaires alors qu'elles sont tout simplement intelligentes. Mais l'intelligence et le pouvoir absolu ne sont pas forcément faits pour aller ensemble, la Reine et les notables veillent, et le Roi n'est qu'un roi...

Personnages :
II faudra une distribution solide et homogène car tous les rôles ont de l'importance. Bien sûr, Framboise doit être vive et alerte mais les Rôles de la Reine et de Dagobert sont délicats et ne doivent pas tomber dans la caricature. Quant au Roi, il est particulièrement difficile car il doit absolument rester crédible pour que la pièce soit efficace.

Décors : Tout tourne autour du Palais. De simples éléments de décor peuvent suggérer les différents lieux de l'action.

Costumes : D'époque, mais il ne s'agit pas d'une reconstitution historique. On pourrait même imaginer l'action de nos jours.

Eclairages et mise en scène : C'est par l'éclairage qu'un bon metteur en scène pourra suggérer les lieux les plus divers si la compagnie ne souhaite pas se lancer dans des décors trop volumineux.

Remarque : Une pièce d'une grande intelligence, tout à fait représentative de la finesse de l'écriture d'Eric Westphal. Les compagnies se méfieront de son apparente simplicité et éviteront de tomber dans le piège de la pièce historique. Le véritable sujet de Jus de Framboise est politique, dans le sens le plus noble du terme.

 



  Fiche de lecture
738
 
 Anca VISDEI
[Lansman]
 
2h
 
6 hommes. 4 femmes
 

- Photo de Classe -

 
 

Style général : Petite annonce lue dans La Voix du Peuple : Bianca Sara donne rendez-vous à tous ses camarades d'études qui ont passé leur bac en 1973 au Lycée Garni/ Petresco de Bucarest, le vendredi quinze décembre au restaurant La Choppe Joyeuse.
Gaudeamus

Argument : Au lendemain de son baccalauréat, Bianca a quitté la Roumanie pour s'exiler en France et faire carrière dans le monde des lettres. Vingt ans se sont écoulés. « Al mezzo del camin della sua vita », comme l'écrit Dante au frontispice de l'Enfer, réalisant que son passé est fait d'une moitié de vie roumaine et d'une moitié française, Bianca retourne au point de partage pour essayer de comprendre de quel côté le fleuve de sa vie va désormais couler. A peine rentrée au pays, elle n'a qu'une envie : retrouver ses anciens camarades de classe... du moins les survivants. Mais ces retrouvailles sont plus douloureuses que prévu. Le temps a fait son œuvre, davantage que les événements politiques qui semblent n'avoir qu'exacerbé les haines et les passions. Seul le fantôme de Vlad, l'unique lien de Bianca avec son pays durant vingt ans, semble s'amuser de la situation...

Personnages :
Bianca, le sommelier, Violeta, Katia, Marina, Robescou, Radou, Vincent, Vlad, Silé et divers rôles secondaires : mendiant dans le métro, préposée aux petites annonces, clients, invités à l'enterrement, Luca et Monica, les parents de Vlad.

Décors : Une salle de restaurant, Belle Epoque jadis, vieille époque aujourd'hui.

Musique : L'ouverture académique de Brahms avec ses pompes universitaires. L'hymne de l'Aima mater ne cède la place qu'aux valses de Strauss et à leur version plébéienne : des musiques tsiganes.

Costumes et éclairage : La gamme des couleurs semble essentielle. Si, il y a vingt ans, nos personnages étaient tous sanglés dans leur uniforme bleu marine, maintenant ils sont tous colorés, genre guimauve et marshmallows. De même que la morale révolutionnaire de leur pays s'est muée en un capitalisme sauvage maquillé par les tons pastels de la pub... Si les uniformes grisâtres de la prime jeunesse baignent dans les couleurs de l'aube, purpurines, douces, les retrouvailles contemporaines sont figées dans la lumière froide du post-technologique. Comme si les habits des personnages et les masques derrière lesquels ils se cachent étaient toujours à contre temps par rapport à la lumière des jours.

« Autorisation de parcours... : Pour paraphraser cette autre exilée des lettres et du cœur : Excusez-moi, j'ai trop à dire pour faire court, que le metteur en scène prenne donc cette pièce pour un patchwork... et se sente libre de faire des choix en fonction de sa sensibilité et du regard particulier qu'il jette sur cette photo de classe qui se remet à vivre et à parler après vingt ans de silence... et de bouleversements. »

« A l'image d'un grenier de grand-mère, chaque objet dans cette pièce est vrai, il a servi et vécu, il a sa mémoire et son exil ; mais, comme dans tout grenier, on ne peut exhumer que quelques pans du passé... Opérer ce choix, c'est déjà prendre parti pour son propre avenir. »

Remarque : Photo de classe reçut une aide à la création du ministère de la Culture et le Prix Beaumarchais au concours RFI Dramaturgies du monde, parmi 900 concurrents du monde entier, en 1995.

 



  Fiche de lecture
739
 
 Yves HEURTE
[L'Avant-Scène Théâtre]
 
1h
 
3 hommes. 0 femme
 

- La Nuit, les Clowns -

 
 

Style général : Drame - 2 actes

Argument : Au début, un fait divers étonnant : une bourrasque arrache un petit cirque planté sous la dune et le jette à la mer. Les deux clowns vont se réfugier dans une petite gare où les trains ne s'arrêtent plus. Mais l'ancien chef de gare, Yerom, hanté par son passé est toujours là. Il y a bien des années, un wagon d'enfants déportés mourant de soif s'était arrêté dans cette gare. Yerom avait eu peur de leur porter à boire. Depuis, il délire.
Les clowns vont tenter de lui apporter le salut en l'intronisant « Grand Pitre » avec simulacre de baptême et fête bruyante. Mais ils en font trop. La police encercle la gare et le destin de Yerom s'accomplit : il est abattu.

Personnages :
Yerom, le fou ; Boff, grand clown blanc chauve et aristocratique et Chnoc, un petit Gugusse burlesque.

Décors : Le décor de base est sans relief, tout en grisaille. C'est la salle unique d'une petite station de chemin de fer abandonnée. Ce support terne prend, peu à peu, par addition d'affiches et d'objets de cirque, une allure insolite puis fantastique. On voit apparaître des fragments des œuvres de Jérôme Bosch.

Costumes : Costume râpé de chef de gare, cheveux longs et grisonnants, barbe négligée ; clown blanc avec un grand manteau et Gugusse miteux.

Eclairages et mise en scène : Tout se passe la nuit et à la pointe de l'aube, dans une lumière discrète. La lanterne de Yerom, en se déplaçant sur le plateau, centre l'intérêt sur tel ou tel groupe.

Bruitage : Des trains passent plus ou moins vite. Un convoi s'arrête. Des hauts parleurs intiment des ordres.

Remarque : Jérôme Bosch nous fournit trois faces de clowns, arrachés au « Portement de Croix ». Qu'importe que la suite soit poétique ou politique, mystique ou réaliste, terrible ou ridicule, si le rire de la fin, c'est nous ?

 



  Fiche de lecture
740
 
 Yves HEURTE
[Rougerie]
 
1h 30mn
 
2 hommes. 1 femme
 

- Passion Profane -

 
 

Style général : Un huis clos sans fin entre deux clochards trouve enfin son issue grâce, et aux dépends, d'un vagabond rédempteur sorti des eaux.

Argument : Sur le quai, au bord du fleuve, une mère et son fils. Moutti est une ancienne prostituée, Pégaï un faible, un paumé que sa mère cache sous des couches de vêtements et de lunettes. Un conflit les oppose depuis toujours sous l'œil sardonique d'une pendule dont les coups, au hasard, les séparent ou les jettent l'un contre l'autre. Cela aurait pu durer des siècles si, ce jour même, Manu, le vagabond, n'était passé par là. Il fausse le jeu. La pendule se détraque. Pégaï libéré ose faire seul quelques pas en ville. Moutti croit se venger en enfermant le vagabond dans la pendule où elle le martyrise. Mais ce crime sacrifice achève de libérer Pégaï qui jette ses frusques, enfile celles de Manu et s'en va.

Personnages :
Moutti, ancienne prostituée, la soixantaine, très digne mais lasse, mère autoritaire et envahissante d'un Pégaï pitoyable et excédé ; Manu, homme âgé, prêt à faire l'ultime sacrifice de sa vie.

Décors : Un univers hors du temps, hors de la ville que seuls rappellent les bruits des ouvriers au sortir de l'usine ou au cours de manifestations : c'est le quai d'un fleuve, glauque et puant. Le fond est barré par un mur lézardé où s'accroche une passerelle de fer, seule issue vers la ville. Devant le mur, une pendule sans aiguille ni balancier, une vieille malle et deux bancs. C'est la nuit. Un lampadaire éclaire la scène d'une lumière douteuse.

Costumes : Habits de cocotte pour Moutti ; Pégal, son fils, est couvert à l'extrême, tout engoncé dans une carapace de vêtements superposés que complètent des lunettes opaques de motocycliste, un cache-nez, une casquette et des gants ; Manu porte sur son dos une carcasse d'osier toute piquée de longues fleurs multicolores qui lui donnent l'aspect d'un oiseau de feu.

Remarque :

 



  Fiche de lecture
741
 
 Yves HEURTE
[Rougerie]
 
1h 30mn
 
2 hommes. 2 femmes
 

- Jeff -

 
 

Style général : Jeff est un texte d'écriture et de vocation particulière.
Médecin ayant en charge des toxicomanes en cours de sevrage, l'auteur a utilisé leurs récits de « saison en enfer » et longuement, travaillé le dialogue avec eux.

Argument : Deux jeunes toxicomanes dans une station de métro discutent et attendent. Jivi, atteinte d'un cancer à l'âge de 16 ans en a guéri mais elle est restée intoxiquée. C'est alors qu'elle a rencontré Jeff et est tombée enceinte. Sa grossesse l'a cependant aidée à décrocher. Depuis, elle reste avec Jeff « comme la vertu collée au vice. . . la preuve qu'on peut s'arrêter ». Mais Jeff, insensible à son discours, toujours en manque, attend avidement son revendeur. Or ce n'est pas Lord qui débarque mais Marie, une vieille originale, veuve, à la recherche des clochards auxquels chaque soir elle apporte la café. Elle propose son aide et l'hébergement à Jivi, Jeff et leur petite fille. Et, sordidement, pour avoir sa drogue, Jeff cède à une idée de son revendeur. Ils vont piquer de force Marie à l'héroïne. Elle en meurt. Jivi, désespérée, abandonne Jeff à sa seringue.

Personnages :
Jeff, drogué invétéré et Jivi, d'une âme pure, forment un jeune couple paumé ; Marie, femme veuve, désœuvrée et généreuse, hors du temps ; Lord, revendeur et proxénète « visqueux » et vicieux.

Décors : Une station de métro désaffectée dans la pénombre. En fond, passe régulièrement le métro.

Costumes : Robe manteau et chapeau hors du temps et de saison pour Marie. Tenue simili élégante pour Lord.

Mise en scène : Le texte est dur car la violence est quotidienne chez les grands drogués et leur langage n'est guère celui de l'Académie.

Remarque :

 



  Fiche de lecture
742
 
 Jean-Christian GRINEVALD
[Art & Comédie]
 
1h 30mn
 
7 hommes. 3 femmes
 

- Les Molières en Chocolat -

 
 

Style général : Comédie - 10 tableaux
« Comédie-Balai », ou mini comédie musicale endiablée sur fond de reconversion heureuse.

Argument : Sucrée ou légèrement amère, voici l'histoire tendre et joyeuse d'une troupe de théâtre à la recherche de l'idée de génie, du metteur en scène à la mode, de l'actrice à succès, du mécène éclairé, d'un nouveau patron peut-être... D'un Molière, en somme... S'ils ne trouvent pas, leur beau théâtre au bord du gouffre pourrait bien se transformer en une laverie ou un parc de stationnement ou...
Ils sont chocolat ! Mais justement, puisque seuls les restaurants font recettes dans le quartier, le chocolat est une très bonne idée « Molière, Molière, t'es chocolat ! Puisque ton nom fait du fric, c'est toi l'patron de not'boutique !... puisqu'on n'est pas moliérisables, on a choisi l'art de la table !... Bouchées, pralines, ganaches et truffes... Ça rapporte plus que ton Tartuffe ! »

Personnages :
Victor T'Serstevens, le directeur, metteur en scène, auteur. On l'appelle, bien sûr, Hugo ; Jean-Pascal Gauthier, l'administrateur acteur ; Ismaél Makhtar, acteur auteur, metteur en scène qui monte. On l'appelle Mo ; Juliette Marigny, actrice, amie de Hugo (de son vrai nom Josiane Nabot) ; Alphonsine Kermadou, actrice (on l'appelle tantôt Fonsine, tantôt Mamadouce) ; Anita Delpanama, productrice, épouse de Hubert de Darleseing de Brinquesaint ; Thibaut Darsan, échotier au Chasseur français ; Marcel Poirot, syndicaliste ; Tony le pianiste (en alternance, les trois derniers noms de la distribution) ; Tony le Régisseur.

Décors : Variés mais simples : plateau de théâtre et loges, cabine de douche, un pont d'Avignon en fond perdu...

Costumes : Des plus variés également : romain, Jeanne d'Arc, Louis XIV, le curé d'Ars, bigoudène...

Remarque : A jouer, chanter et danser dans une bonne humeur contagieuse

 



  Fiche de lecture
743
 
 Jean GUENOT
[Edition Jean Guénot]
 
1h 30mn
 
4 hommes. 2 femmes
 

- Si Trafalgar -

 
 

Style général : Pièce historique imaginaire - 4 actes
Pièce inventée sur un thème historique... Si l'histoire s'était déroulée autrement qu'en réalité.

Argument : Lamiral Villeneuve a gagné la bataille de Trafalgar sur Nelson et Napoléon a perdu celle d'Austerlitz, mais il a envahi l'Angleterre. L’ennui c'est qu'il y règne mais qu'il a perdu l'Europe dressée contre lui. On le voit donc essayer de s'en sortir entre une Lady Hamilton coriace et un Talleyrand toujours aussi imprévisible.

Personnages :
Napoléon ler, égal à lui-même ; Talleyrand, qui se vend au plus offrant sinon à tous à la fois ; Villeneuve, amiral vainqueur ; Berthier, maréchal dévoué à l'empereur ; Madame Cambronne, qui joue mal sur le « mot » ; Lady Hamilton, toujours attentive aux vainqueurs.

Décors : Un par acte : une tente à Austerlitz (1805) ; un salon à Londres (1808) ; une salle d'auberge en Irlande (1812) et un salon à Sainte-Hélène (1816).
Quelques objets suffiront à les situer, d'autant qu'une voix off donne les indications nécessaires. En fait, une table et deux chaises ou trois peuvent suffire.

Costumes : Ceux de l'époque napoléonienne mais sans fioriture exagérée. Seul celui de l'empereur doit être égal à l'image que l'on s'en fait au théâtre.

Mise en scène : Ou le metteur en scène prend l'histoire à la légère et joue sur le clin d'oeil ou il monte la pièce le plus sérieusement du monde. A lui de voir. Je pense qu'il vaut mieux tabler sur la seconde manière.

Eclairages : Voir selon les décors choisis. Garder cependant une part de mystère et éviter les pleins feux.

Remarque : Je pense que les acteurs ne doivent pas jouer sur les deux tableaux à la fois. Ils n'ont pas à penser à l'Histoire qui s'est réellement passée, mais jouer la pièce comme si elle reflétait la vérité. Elle n'en sera que plus drôle.

Edition Jean Guénot : BP 101 - 92216 Saint-Cloud Cedex

 



  Fiche de lecture
837
 
 Anca VISDEI
[L'Oeil du Prince]
 
1h 45mn
 
5 hommes. 6 femmes
 

- Mademoiselle Chanel -

 
 

Style général : En seize moments choisis, rêvés ou déformés par différents mémorialistes, cette biographie posthume restitue au personnage de Coco Chanel sa portée emblématique, profondément avant-gardiste et intensément complexe.

Argument : Jeune fille, elle était sauvage. Femme, elle était élégante. Agée, elle était toujours belle. Célèbre dans le monde entier, elle a gardé entier son mystère. Géniale et sarcastique, fêtarde, mais travailleuse, chef d’entreprise redouté, mais aussi fleur bleue, Mademoiselle Chanel était l’un des personnages les plus fascinants et contrastés de son temps. Dans cette pièce, elle nous livre certains de ses secrets.

Personnages :
Une galerie de personnages divers et hauts en couleurs, anonymes ou célèbres, qui ont compté dans la vie de la styliste, et marqué un siècle d’élégance. Depuis le père de Coco jusqu’à Paul Morand, en passant par des mannequins, producteurs et amis.

Décors : Un lieu unique qui s’adapte aux seize situations et rencontres qui se succèdent dans la pièce.

Remarque : Auteure franco-roumaine, Anca Visdeï a signé une trentaine de pièces de théâtre, dont Puck en Roumanie, L'éternelle amoureuse, La Médée de Saint-Médard, Toujours ensemble, Photos de classe, Dona Juana, La patiente et bien d’autres encore. Autant de textes qui raviront les amateurs de tous poils.



 



  Fiche de lecture
838
 
 Steve GOOCH
[L'Avant-Scène Théâtre]
 
1h 30mn
 
4 hommes. 6 femmes
 

- Transport de femmes -

 
 

Style général : Cette pièce, construite en huis clos, traite de la migration de prisonnières anglaises vers l’Australie à l’époque où ce n’était encore qu’une jeune colonie. Un thème lourd, mais porteur d’un idéal fort. Et toujours d’actualité !

Argument : Au début du XIXème siècle, en Angleterre, le gouvernement envoie son excédent de prisonniers peupler sa nouvelle colonie : l’Australie. Dans le port de Londres, un trois mâts vieillissant s’apprête à appareiller pour six mois de traversée. A son bord, 103 prisonnières enchaînées réparties par cellules de six. C’est dans l’une d’entre elles que nous découvrons Nance, Madge, Pitty, Winnie, Sarah et Charlotte, toutes condamnées pour des peines allant de 7 à 14 ans. Pour ces six prisonnières commence alors un véritable cauchemar, dans lequel va peu à peu germer un rêve : résister à l’oppression dont elles sont victimes, et supporter les 6 mois à venir. Mais toutes y parviendront-elles ?

Personnages :
Les 6 prisonnières : Nance, Madge, Pitty, Winnie, Sarah et Charlotte. Mais aussi le capitaine du navire, un docteur, un quartiermaître et un mousse.

Décors : Deux lieux : la cale d’un bateau transformée en cellule, le pont où elles se promènent parfois.

Remarque : Cette pièce a été créée à l’occasion du Festival " off " d’Avignon de 1986, où elle a été primée.

Transport de femmes, a été joué cette année au Festival National de Théâtre Amateur de Narbonne et est programmée au Grand Prix Charles Dullin.

 



  Fiche de lecture
839
 
 Louise DOUTRELIGNE
[Editions Théâtrales]
 
1h
 
0 homme. 1 femme
 

- La Bancale se balance -

 
 

Style général : Ce monologue en forme de confession intime est écrit sur un rythme saccadé, haletant et troublé. Bien plus qu’une révélation torride de la sensualité, c’est un acte d'humanisme profond, qui exhorte à assumer le corps, l'amour fou et à célébrer la vie. A immoler les tabous inutiles aussi.

Argument : "Et c’est qui le grand méchant loup ?" Cette phrase, répétée à vingt ans d’intervalle par deux hommes différents, va être le déclencheur d’un retour sur soi des plus profonds pour la Bancale. A travers elle, la narratrice va se retrouver confrontée aux méandres de sa vie, qu’elle va filer de nouveau, depuis sa naissance désastreuse jusqu’à cet amour qui a failli la faire mourir pour de bon, en passant par le ressassement de tous ses amours, ses blessures et ses fantasmes.

Personnages :
Seule sur scène, la narratrice évoque les différentes personnes et moments qui ont été décisifs dans sa vie.

Décors : Un lieu unique qui se prête à toutes les imaginations. Et toutes les situations de vie décrites par la Bancale.

Remarque : Dans cette pièce où tous les temps de la vie finissent par se mélanger, les avancées et les retours en arrière se succèdent pour donner à entendre la voix des viscères, des blessures, du sexe, des entrailles. Au final, un plaidoyer pour la renaissance et le désir de vivre.

 



  Fiche de lecture
840
 
 Hervé BLUTSCH
[Editions Théâtrales]
 
1h
 
1 homme. 1 femme
 

- Méhari et Adrien -

 
 

Style général : Cette pièce parfaitement adaptée aux jeunes comédiens s’inscrit dans une tradition multiple au croisement du cinéma, de la bande-dessinée et du théâtre. L’occasion pour Hervé Blutsch de nous emmener très loin, là où l’art dramatique rejoint le domaine des rêves.

Argument : Méhari et Adrien sont sur un side-car. Comme il n'avance pas, ils miment le bruit avec leur bouche. De toute façon, ils ne sont pas vraiment sur un side-car, mais sur une barque et un vélo. Sur leur route imaginaire, ils tuent un automobiliste. De curieux fantômes surgissent alors dans l'esprit de Méhari. La machine roule maintenant…

Personnages :
Les jeunes Méhari et Adrien, deux adolescents fantasques. Et fantastiques ?

Décors : Une route imaginaire semée de mille embûches et trouvailles.

Remarque : Avec sa faille humoristique, ce texte est un vrai drame. Cette pièce est suivie de Gzion, un drame spatial délirant où trois cosmonautes perdus dans l’espace jouent à savoir ce qu’ils feraient s’ils n’étaient pas dans ce vaisseau, ont des hallucinations et finissent par atterrir dans une forêt tropicale.

Ces deux textes collent à l'imaginaire des adolescents, et posent diverses énigmes à résoudre, sur l'espace et le temps. L’idéal pour travailler enatelier.

 



  Fiche de lecture
697
 
 Bernard-Marie KOLTES
[Editions de Minuit]
 
2h 45mn
 
5 hommes. 3 femmes
 

- Quai Ouest -

 
 

Style général : Pièce d'atmosphère
Une rencontre inopinée où des "épaves humaines" au sens propre et second s'affrontent dans l'incompréhension la plus totale. Bref, le choc de deux univers géographiques et financiers.

Argument : Monique conduit Maurice Koch dans une zone d'entrepôts désaffectés. C'est l'endroit que l'administrateur déshonoré a choisi pour se suicider. Seulement le lieu n'est pas si désert qu'il y paraît. Y règnent une famille déracinée ainsi que des individus tout aussi misérables.
Maurice est repêché du fleuve grelottant et blessé mais ne peut repartir, la Jaguar ayant été mise hors d'état. Les tentatives d'échange et de communication entre les occupants des lieux et ceux de l'autre monde sont immanquablement vouées à l'échec.

Personnages :
Maurice Koch, 60 ans ; Monique Pons, sa secrétaire, 42 ans ; Cécile, 60 ans ; Rodolphe, mari de Cécile, 58 ans ; Claire, la fille 14 ans ; Charles, le fils, 28 ans ; Fak, asiatique, 22 ans ; Abad, noir de peau, 30 ans.

Décors : Dans un quartier à l'abandon d'une grande ville portuaire occidentale, séparé du centre ville par un fleuve, un hangar désaffecté de l'ancien port.

Costumes : Parfaite secrétaire, tailleur et talons pour Monique ; costume, chaussures de marque et Rolex pour Koch ; miséreux pour les autres.

Eclairages : La nuit, lueurs, lumières rosés de l'aurore, plein soleil, lumières rouges du soleil couchant...

Mise en scène : "Le pire qui puisse arriver à la pièce, ce serait qu'on la fasse sentimentale, et pas drôle... il faudrait toujours dire le texte comme un enfant récitant une leçon avec une forte envie de pisser".

Remarque :

 



  Fiche de lecture
698
 
 Bernard-Marie KOLTES
[Editions de Minuit]
 
1h 45mn
 
2 hommes. 0 femme
 

- Dans la solitude des champs de coton -

 
 

Style général : Type Comédie psychologique "Un bon vendeur tâche de dire ce que l'acheteur veut entendre, et, pour tâcher de le deviner, il lui faut bien le lécher un peu pour en connaître l'odeur." Tandis que le client "a l'air de chercher une chose alors qu'il en veut une autre, dont le vendeur ne se doute pas, et qu'il obtiendra finalement." Il s'agit pour les deux protagonistes d'un jeu du chat et de la souris où il faut esquiver, ruser, feindre, sans jamais dévoiler ce que l'on offre, ni relever ce que l'on désire.

Argument : Le dialogue s'engage entre le dealer et un client : ""Si vous passez à cette heure et en ce lieu, c'est que vous désirez quelque chose que vous n'avez pas et cette chose, moi, je peux vous la fournir.
Au cours de cette altercation nocturne, les conversations vont passer par toute la gamme des sentiments, retors ou amicaux pour finir peut-être dans le sang.

Personnages :
Un acteur noir et un acteur blanc.

Décors : éclairages et mise en scène : "Un deal est une transaction commerciale portant sur des valeurs prohibées ou strictement contrôlées, et qui se conclut dans des espaces neutres, indéfinis et non prévus à cet usage, entre pourvoyeurs et quémandeurs, par entente tacite, signes conventionnels ou conversation à double sens (...) à n'importe quelle heure du jour et de la nuit, (ici pendant la nuit) indépendamment des heures d'ouverture réglementaires des lieux de commerces homologués, mais plutôt aux heures de fermeture..."

Costumes : Contemporains

Remarque : On notera cependant une volonté amusée de l'auteur de donner une comédie psychologique qui n'est pas sans rappeler l'attitude de deux chiens se flairant dans la rue... Mais une transaction interlope et normalement furtive, devient ici l'occasion d'un échange d'une qualité verbale et d'une durée peu en rapport avec les circonstances.

 



  Fiche de lecture
699
 
 Victor HAIM
[Actes Sud-Papiers]
 
1h 30mn
 
1 homme. 1 femme
 

- La valse du hasard -

 
 

Style général : Type Comédie fantastique
Une sorte de purgatoire, gardée par un ange très fonctionnaire qui classe les dépouilles de ses "clients".

Argument : Arrive une belle femme qui vient de mourir dans un accident de voiture, en roulant à 200 à l'heure dans le brouillard. Ira-t-elle en enfer ou au paradis ?
Pour le déterminer, la femme doit répondre à des questions ou bien raconter sa vie avec sincérité. Elle est notée par l'ange zélé qui lui attribue des points. Si elle atteint 100 points, elle ira au paradis. Si elle tombe à zéro, elle finira en enfer. Au début, le jeu semble simple. Mais, peu à peu, la femme se rend compte que la justesse de ses réponses n'est pas prise en compte. Elle se trouve face à l'arbitraire le plus complet. Elle est, comme tout le monde, soumise au bon vouloir de celui qui manipule car il a le pouvoir !
Comment la femme s'en sortira-t-elle ?

Personnages :
L’ange androgyne, n'importe quel âge, ambigu sexuellement. La femme a dépassé la trentaine, elle est belle et élégante.

Décors : Décor unique.

Eclairages et mise en scène : Lieu assez froid, mais on peut imaginer aussi une grotte fantasmagorique avec, éventuellement, des effets spéciaux et magiques.

Costumes : Pour la femme, une robe du soir assez attrayante.

Remarque : La pièce fut créée à Paris, en 1986, par Fabrice Luchini et Andréa Ferréol.

 



  Fiche de lecture
700
 
 Victor HAIM
[L'Avant-Scène / Collection des Quatre-Vents]
 
1h 45mn
 
1 homme. 2 femmes
 

- Chair amour -

 
 

Style général : Type Comédie fable

Argument : Dans un vieux manoir, situé sur une île, vit Jules-Marie de Ronsignac, cinq fois veuf ! Il séquestre, plus ou moins, sa fille, touchante peste qui a quelques problèmes. Elle est rétive à tout enseignement et soupçonne son père d'être un peu un sadique Barbe-Bleue, tout dévoué à un maître-à-penser fasciste. Un jour débarque sur l'île une femme dont les immenses compétences pédagogiques doivent, en principe, faire de la fille de Jules-Marie, un puits de science.
La confrontation entre le professeur et la petite fille est d'autant plus violente que Jules-Marie est tombé follement amoureux de la pédagogue.
Le mariage a lieu. La petite en souffre. La vie du professeur belle-mère est en danger.
Mais l'enfant va découvrir la vraie nature de son père... et dévoiler son noir passé ! Devenues complices, les deux femmes tuent Jules-Marie.

Personnages :
Jules-Marie de Ronsignac, homme mûr de plus de 40 ans, genre militaire fasciste, veuf ; la femme, plus âgée, d'un maintien strict et d'une élégance raffinée ; la petite fille est jouée par une comédienne.

Décors : unique : une partie d'un château en cours de délabrement.

Costumes, éclairages et mise en scène : Fantaisie, opérette dramatisée ou parodiée. On doit faire preuve d'imagination.

Remarque : "Victor Haïm donne libre cours à un humour très personnel"
(Bruno Villien).

 



  Fiche de lecture
701
 
 Jean RACINE
[GF Flammarion]
 
1h 20mn
 
6 hommes. 2 femmes
 

- Les plaideurs -

 
 

Style général : Comédie en 3 actes
Les Plaideurs sont un jeu qui découvre un psychologue profond et un poète plein de santé féroce, peu embarrassé à se jouer des travers et des sottises de l'humanité. Corneille même, avocat converti au théâtre, n'est pas épargné... La source est à chercher tant chez Aristophane que chez Rabelais.

Argument : Un petit juge, obsédé par le prétoire, est retenu prisonnier chez lui par son fils, Léandre. Se retrouvent sur le pas de porte Chicanneau, voisin procédurier, et une comtesse, venus pour audience. L’entretien dégénère.
Léandre amoureux de la fille de Chicanneau exploite la manie judiciaire de son père et la fureur procédurière de celui de la jeune fille pour servir ses intérêts.
Mais Racine excelle à décevoir les attentes qu'il suscite et le motif de la chicane se superpose à l'intrigue amoureuse au prix de turbulences, dont le procès du chien Citron pour vol d'un chapon du plus grand effet comique.

Personnages :
Dandin, juge ; Léandre, fils de Dandin ; Chicanneau, bourgeois ; Isabelle, fille de Chicanneau ; Yolande Cudasne, comtesse de Pimbesche ; Petit Jean, portier de Dandin ; L’Intimé, secrétaire de Dandin et le souffleur.

Décors : Dans une ville de basse Normandie, le seuil d'une maison bourgeoise (celle de Dandin puis celle de son voisin Chicanneau), non lieu par définition, sert de décor aux 1er et 2e actes. Le seul lieu défini au 3e acte, n'est qu'un espace fictif puisque Léandre convainc son père de tenir audience à domicile. Bref, la pièce peut se lire "comme le programme de conversion d'un espace quelconque en lieu de représentation".

Costumes : Bourgeois de la 2e moitié du XVIIe siècle et perruque pour le juge. Mais, de même que pour les décors, ceux-ci peuvent être, comme l'histoire, intemporels.

Eclairages et mise en scène : D'une théâtralité manifeste, les intrigues sont savamment suspendues ou contrariées.

Remarque :

 



  Fiche de lecture
702
 
 Jean RACINE
[Librio]
 
1h 45mn
 
4 hommes. 3 femmes
 

- Britannicus -

 
 

Style général : Tragédie en 5 actes.
Tragédie politique romaine, inspirée librement des écrits de Tacite, faite de cette soif exaspérée du pouvoir et du duel de deux fauves royaux.

Argument : Néron est torturé par la révélation de sa puissance et celle de l'amour qu'il porte à Junie, la jeune amante de son demi-frère Britannicus.
Monstre naissant, il cède à son impatience et rompt les brides de son éducation. Il arrache le pouvoir à sa terrible mère, Agrippine. Sous l'influence néfaste de Narcisse, il empoisonne son frère et fait peser sur sa mère les mêmes menaces. Cependant, il ne possédera pas Junie qui entre chez les Vestales.

Personnages :
Néron, empereur, fils d'Agrippine ; Britannicus, jeune prince au grand cœur de 17 ans, fils de l'empereur Claudius et d'Agrippine ; Agrippine, orgueilleuse et féroce, veuve de Domitius Enobarbus, père de Néron, puis veuve de l'empereur Claudius ; Junie, belle jeune fille très sage et amante de Britannicus ; Burrhus, honnête homme, gouverneur et maître d'armes de Néron ; Narcisse, méchant homme, affranchi, gouverneur de Britannicus et confident de Néron ; Albine, confidente d'Agrippine ; gardes.

Décors : La scène se déroule à Rome, dans une chambre du palais de Néron.

Costumes : Antiquité romaine, 1er siècle ap. J.C.

Mise en scène : Ne pas oublier que c'est autour de Britannicus que cristallise le conflit qui oppose Agrippine et Néron. Simplifier la relation des deux fauves en la colorant de nuances incestueuses irait à l'encontre de la retenue de Racine qui discerne avec tact la frontière entre passionnel et aberrant. L'auteur fait vivre une relation tout ensemble singulière et universelle qui s'inscrit à la fois dans l'histoire et hors du temps.

Remarque :

 



  Fiche de lecture
703
 
 Jacques AUDIBERTI
[L'Avant-Scène Théâtre]
 
1h 30mn
 
4 hommes. 3 femmes
 

- Quoat-Quoat -

 
 

Style général : Type Comédie dramatique et onirique.
Mélange imprévisible de fable, de réflexion et de pure voltige verbale. La pièce met en scène dans un suspens théologique la peur de la mort.

Argument : Amédée a accompli ses études en archéologie. Par recommandation, il obtient une mission secrète à mener au Mexique. Il embarque donc sur le Mirmidon et fait la connaissance d'un étrange capitaine, qui pour toucher des primes gouvernementales, élimine à la moindre incartade tous les agents secrets qu'il embarque. Amédée retrouve une amie, la fille du capitaine dont il est amoureux et voilà qu'il tombe dans le piège. Condamné à être fusillé au petit matin, il passe la nuit aux prises avec un destin tant dérisoire que dramatique.

Personnages :
Amédée, jeune homme de vingt-six ans, archéologue/agent secret ; le capitaine ; Clarisse, jeune fille second Empire, mutine et virginale à souhait ; un matelot ; le gendarme ; la Mexicaine, brune ; Madame Batrilant, Bordelaise mûrissante et péremptoire.

Décors : Une cabine dans un paquebot second Empire, boiseries blondes. Le disque bleuâtre du hublot répond au cercle blanc de la bouée de sauvetage. Un portrait de Napoléon III, une table, des livres, des instruments, une pioche, des valises.

Costumes : Le capitaine : large casquette à coiffe blanche, favoris épais et pointus, grosse médaille ; le gendarme : moustache, grand bicorne, sabre et baudrier blanc ; la Mexicaine, vêtements légers, gorge très offerte.

Mise en scène : La farce ne doit pas seulement provoquer le rire mais bien également la réflexion sur la condition humaine

Remarque :

 



  Fiche de lecture
704
 
 Jacques AUDIBERTI
[Gallimard]
 
1h 30mn
 
6 hommes. 2 femmes
 

- Le mal court -

 
 

Style général : Farce philosophique posant le problème moral de l'Orient et de l'Occident. A Courtelande, qui n'était qu'innocence et vertu, l'Occident a appris le mal, et celui-ci devient un excellent élève.

Argument : Jeune princesse, à l'âme droite, noble, éprise de justice, Alarica vient de l'Est lointain pour épouser officiellement le roi d'Occident. Elle rencontre en chemin un gentilhomme qui se fait passer pour le monarque. Las, ce n'est qu'un policier chargé de la compromettre et de couper court à cette union qui n'est qu'un arrangement politique. Blessée, la timide princesse se meut en un être redoutable et, puisque qu'on lui a fait tant de mal, elle guérira le mal par le mal.

Personnages :
Alarica, princesse héritière de Courtelande ; Parfait XVII, roi d'Occident ; Monsieur F.., agent secret au service de l'Occident ; Madame Toulouse, gouvernante d'Alarica depuis 15 ans et espionne au service de l'Occident ; Célestincic, roi de Courtelande ; le maréchal de la noblesse de Courtelande ; le cardinal de la Rosette, premier ministre d'Occident et le lieutenant.

Décors : Une chambre époque Louis XV, deux lits

Costumes : Costumes du XVIIIe siècle, mais peu importe la vraisemblance. Pour le cardinal : des vêtements civils et une cape de voyage à plusieurs collets.

Remarque : Toute ressemblance avec des personnages ayant existé...

 



  Fiche de lecture
705
 
 René de OBALDIA
[L'Avant-Scène Théâtre]
 
1h 30mn
 
5 hommes. 3 femmes
 

- Du vent dans les branches de sassafras -

 
 

Style général : Western de chambre

Argument : Peu importe l'intrigue, il s'agit d'une parodie de western où tous les héros classiques de la bande dessinée se trouvent réunis : Peaux-rouges, shérifs, cow-boy, femme forte, respectueuse-au-grand-cœur, sans oublier le médecin ivrogne. Obaldia nous propose un mélange unique de poésie, de cocasserie, d'épique et d'humour noir, jusqu'à la déclamation du Songe d'Athalie qui décrit en alexandrins raciniens l'incendie d'une ville au plus incroyable moment.

Personnages :
John-Emery Rockfeller, dur à cuire, 70 ans. Caroline Rockfeller, sa femme, forte, une cinquantaine d'années. Pamela, coproduction de John-Emery et de Caroline, beauté provocante, sauvage, 17 ans. Tom, le frère, pâle voyou. William Butler, ivrogne et toubib. Carlos, superbe, sosie de Gary Cooper, sorti spécialement d'un film de John Ford, 40 ans. Miriam, dite "Petite-coup-sûr", putain au grand cœur, fille adultérine de John-Emery. Œil-de-Perdrix, chef des Apaches, traître aux siens, gentil du côté des Visages pâles. Œil de lynx, chef des Comanches, très très mauvais. (Œil-de-Lynx et Œil-de-Perdrix sont incarnés par le même acteur.)

Décors : éclairages et mise en scène : Afin d'accuser encore la différence des genres et d'éviter toutes méprises, l'auteur s'est conformé à la règle des trois unités du théâtre classique :
- un seul décor : la salle commune d'une misérable habitation de colons dans le Kentucky. Au centre, une grande table dressée sur des tréteaux. Un baquet, un fauteuil, un banc...
- le temps et l'action sont furieusement ramassés.
Les acteurs devront retrouver les traces de leur enfance perdue. Appuyés par les bruitages et les jeux de lumières, ils sauront composer les réactions stéréotypées avec un décalage ironique.

Costumes : Western, début du XIXe siècle.

Remarque : Peut-être la pièce qui nous offre la meilleure possibilité de goûter la verve joyeuse, pleine d'invention comique et d'une allègre jeunesse de René de Obaldia.

 



  Fiche de lecture
706
 
 René de OBALDIA
[L'Avant-Scène Théâtre]
 
2h
 
2 hommes. 2 femmes
 

- Monsieur Klebs et Rozalie -

 
 

Style général : Obaldia, prestidigitateur verbal, nous arrose de poésie électromagnétique et de "formules d'intellectuel de drugstore" mais nous fait toucher du doigt la réalité angoissante des progrès de la science par le truchement d'un couple insolite et cocasse.

Argument : Tandis que sa femme de ménage le croit pépiniériste, le "savant de renommée intersidérale, le cerveau du siècle" se livre en secret, retranché dans son antre, à ses travaux. Pour l'assister il a conçu une étrange créature, modèle de perfection tout à la fois robot, automate et femme : Rozalie. Survient l'inévitable espion Dimitri Dimitri-Dimitrov que Rozalie finit par éliminer. Laissant croire au savant qu'il est à son tour perdu, Rozalie l'étrangle avant qu'il ne fasse exploser une bombe H'. Ainsi, la femme-machine met également fin à sa propre existence mais nous sauve de la folie du savant.

Personnages :
Ivan Klebs, savant mégalomane, atteindra-t-il la cinquantaine ? Rozalie, ordinateur, la créature de Klebs, jeune et vierge, excessivement féminine. Madame Chafut, force de la nature, experte en soins ménagers ; elle veille jalousement sur M. Klebs. Dimitri Dimitri-Dimitriov, espion.

Décors : Un réduit situé en contrebas, sorte de cave éclairée par une verrière, avec un escalier, sert de laboratoire à M. Klebs. Il y règne les objets les plus hétéroclites.

Costumes : Tenue de jardinier et blouse blanche pour M. Klebs. Rozalie est un ordinateur construit de bric et de broc, seul émerge un visage de femme, puis elle apparaît sous une légère cotte de maille et dans de vieux vêtements d'homme.

Eclairages et mise en scène : Le metteur en scène, le décorateur, le machiniste pourront se laisser aller au bonheur de leur art.

Remarque :

 



  Fiche de lecture
707
 
  MOLIERE
[Editions du Seuil]
 
2h 30mn
 
11 hommes. 7 femmes
 

- L’Avare -

 
 

Style général : Comédie en prose sortant des conventions. Sur un fond d'intrigue amoureuse est projeté le vice hideux de l'avarice.

(Mise en scène et commentaires de Charles DULLIN)

Argument : Valère, jeune napolitain, séparé de sa famille à la suite de troubles sociaux, a sauvé Elise de la noyade. Il s'éprend d'elle et, par passion, se place comme intendant chez le père de la jeune fille, Harpagon. Elise, qui aspire à sortir de l'atmosphère étouffante où elle vit, est sensible au merveilleux de cette aventure. Si sa pudeur ne lui permet pas d'extérioriser sa passion dans la conversation avec Valère qui commence la pièce, elle s'y abandonne, dans la scène suivante avec son frère Cléante. Cléante aime, avec la fougue de son âge, une jeune fille pauvre, Mariane. Mariane évolue entre le père et le fils, séduite par le charme du fils et justement effrayée du sort qui la menace en se laissant marier à Harpagon. Mais Valère prend Harpagon au piège de son avarice en lui dérobant sa précieuse cassette. Ce dernier consent au double mariage de Valère avec Elise et de Cléante avec Mariane si on lui rend sa cassette et si on l'habille de neuf pour les noces.

Personnages :
Harpagon, père de Cléante et d'Elise, sexagénaire avare et amoureux de Mariane ; Cléante, fils d'Harpagon, amant de Mariane ; Elise, fille d'Harpagon, amante de Valère ; Valère, fils d'Anselme et amant d'Elise ; Mariane, amante de Cléante et aimée d'Harpagon ; Anselme, père de Valère et de Mariane ; Frosine, femme d'intrigue, 30 ans ; Maître Simon, courtier, 40 ans ; Maître Jacques, cuisinier et cocher d'Harpagon, 40 ans ; La Flèche, valet de Cléandre, 25 ans, boiteux ; Dame Claude, servante d'Harpagon, 40 ans ; Brindavoine et La Merluche, laquais d'Harpagon, entre 20 et 30 ans ; le commissaire et son clerc.

Décors : "Le théâtre est une salle, et sur le derrière un jardin". Pour Dullin, ce jardin est le pôle d'attraction, le lieu dramatique par excellence. A l'autre extrémité de la scène, il a placé la porte d'entrée de la maison, lourde, hostile avec son judas, ses verrous. La pièce basse qui occupe le centre possède trois portes, l'une donnant sur l'antichambre, l'une sur les appartements et la 3e, grande et vitrée, ouvre sur le jardin. Nous avons donc, comme lieux scéniques, la porte d'entrée, la rue que situe le proscenium, le jardin et l'intérieur de la maison.

Costumes : Du XVIIe s., sobres : "2 chiquenilles (blouse de cocher), des lunettes,..., une robe..." Seuls sont indiqués par Molière les éléments pour Harpagon : un manteau, chausses et pourpoint de satin noir reliés par des aiguillettes, fraise à l'antique, chapeau, perruque et souliers. Harpagon, vêtu à la mode Henri IV, se détache en noir sur un arrière-plan lumineux de jeunesse et de fraîcheur.

Eclairages et mise en scène : Dullin recommande une ambiance lumineuse en accord avec l'orchestration vocale, claire et large ; une atmosphère bleu-lessive pour la rue, une porte vert sombre en opposition avec la lumière dorée du jardin.

Remarque :

 



  Fiche de lecture
841
 
 Harold PINTER
[Gallimard]
 
0 mn
 
0 homme. 0 femme
 

- Dix sketches -

 
 

Style général : Dans cette succession de dix pièces minimalistes écrites entre 1959 et 1969, Pinter ramène le théâtre à sa base élémentaire : la pièce close et le dialogue imprévisible, où les êtres sont livrés les uns aux autres et où le déguisement se brise. Loin de toute intrigue inextricable, la théâtralité surgit d’une sorte de cache-cache dans la confrontation verbale.

Argument : Ces dix pièces a priori indépendantes se succèdent, se croisent, se superposent et recréent une série de tranches de vie. L’occasion de voir évoluer des personnages d’apparence ordinaire, mais dont le comportement étrange oscille sans cesse entre réalisme et fantastique, froideur cynique et franc comique.

Personnages :
Stylisés jusqu’à en être presque fantomatiques, les personnages de ces Dix sketches évoluent souvent par deux, plus rarement par trois. Portant parfois les plus communs des noms tels que Wills ou Lamb, ils peuvent aussi n’être qualifiés que par leur métier, par une caractéristique telle que « vieille », ou encore par une simple lettre, A ou B, qui les réduit à n’être que des pions d’expérience scientifique.

Décors : La concision des indications apportées par l’auteur laisse une très grande liberté au metteur en scène. Reste que l’univers de Pinter incite plus volontiers au dépouillement qu’à l’exubérance.

Remarque : Cette pièce est éditée dans un recueil où sont aussi parus No man's land, Le Monte-plats, Une petite douleur et Paysage. Par ailleurs, Pinter a reçu le prix Nobel de littérature 2005 pour avoir su, en une trentaine d'années et autant de pièces, s’imposer comme un auteur contemporain de tout premier ordre. Et ce, sans renoncer en rien à son engagement contestataire.

 



  Fiche de lecture
842
 
  Collectif
[L'Avant-Scène Théâtre]
 
0 mn
 
0 homme. 0 femme
 

- Court au théâtre 1 -

 
 

Style général : Ce recueil de huit pièces courtes et inédites explore toute la gamme du théâtre. D’une pièce à l’autre, les jeunes amateurs sont invités à passer du dialogue au monologue, du récit à l’action ou encore du choeur à la fable. L’occasion de découvrir des univers tour à tour drôles, cruels, loufoques, sensibles, brutaux, réalistes et même fantastiques.

Auteurs : Juan Cocho, Daniel Keene, Sylvain Levey, Philippe Lipchitz et Dominique Chanfrau, Lise Martin, Dominique Paquet, Dominique Richard et Roland Shön.

Argument : Dans la première de ces huit petites pièces pour enfants, Juan Cocho nous livre les aventures cocasses de Domitio, l’imposteur. Quant à Daniel Keene, un ballon de foot lui sert à cristalliser toutes les petites douleurs de l’enfance dans La Rue. Dans son texte, Sylvain Levey nous invite à quelques Instantanés de vie à sa façon. Dans La fin du loup, Philippe Lipchitz et Dominique Chanfrau redonnent ses lettres de noblesse à l’animal. Puis les jeunes sont invités à aller Au-delà du ciel en compagnie de Lise Martin, qui en profite pour expliquer subtilement ce qu’est la différence. Suit le Petit Fracas de Dominique Paquet, qui évoque l’absence du père. Dans les Ombres de Rémy c’est un personnage du Journal de Grosse Patate que Dominique Richard vous invite à retrouver. Dans la dernière pièce enfin, Roland Schön embarque les jeunes imaginaires sur la piste des Trésors de Djibouti.

Personnages :
Un ou plusieurs narrateurs.

Décors : Variable selon les pièces.

Remarque : Ce premier recueil d’une future série se révèle des plus prometteurs. Il offre aux plus jeunes un matériau à lire, à dire, à écouter et à jouer. Voyage dans les mots comme dans l’imaginaire, il permet en outre une véritable initiation à la littérature.

 



  Fiche de lecture
845
 
 Wajdi MOUAWAD
[Actes Sud-Papiers / Yeoka Jeunesse Leméac]
 
1h
 
0 homme. 0 femme
 

- Pacamambo -

 
 

Style général : Ce texte très poétique se situe à la frontière entre voyage initiatique et conte onirique. Abordant la question de la mort avec pudeur et émotion, il utilise un vocabulaire à la fois dur et tendre, celui d’une petite fille en proie à la douleur d’une perte.

Argument : Après trois semaines de disparition, Julie a été trouvée, enfermée avec son chien et le cadavre de sa grand-mère dans la cave de celle-ci. Le psy cherche à savoir pourquoi. D’abord muette, la petite fille finit par dévoiler son secret : elle a vu la lune venir chercher sa grand-mère pour l’emmener vers un autre monde, Pacamambo.
Julie nous raconte en le revivant comment elle n’a eu d’autre idée en tête que de trouver le chemin de Pacamambo. Elle explorera, sous les yeux du psy, ce pays qui est celui de la tolérance et de l’amour. Elle rencontrera finalement la mort qui lui confiera le secret de la vie. En nous livrant son aventure, Julie nous montre aussi comment elle est devenue grande.

Personnages :
Julie, son chien, le psychologue. Tous les personnages de la narration de Julie sont aussi sur les planches, qu’il s’agisse de sa grand-mère, de la lune ou de la mort. Au total, 5 à 6 personnages.

Décors : Différents lieux : le cabinet du psy, la chambre de la grand-mère, la cave… L’action se situant avant tout dans l’imaginaire de Julie, le choix de la mise en scène reste très libre.

Remarque : Cette pièce permet d’aborder la question de la disparition d’un être aimé avec beaucoup de générosité et d’humour. La part de texte qui échoit à Julie est vraiment importante. Ne pas négliger non plus le rôle du chien même s’il a peu de texte. Pour tout public à partir de 8-9 ans. Pour les enfants plus jeunes, prévoir un accompagnement et un temps de parole autour du spectacle.

À l’heure où cette fiche est rédigée (avril 2006), Wajdi Mouawad n’est pas encore inscrit à la SACD. Il est représenté par un agent québécois dont vous obtiendrez les coordonnées en contactant l’éditeur français Actes Sud-Papiers.

 



  Fiche de lecture
843
 
 Catherine ZAMBON
[L'Ecole des Loisirs]
 
1h 30mn
 
1 homme. 3 femmes
 

- Sissi Pieds-jaunes -

 
 

Style général : Ce texte vivant et ludique écrit pour des enfants de 9 à 12 ans permet d’aborder le thème des différences de chacun à travers le jeu du langage. Une bonne façon d’appréhender le handicap et les difficultés de communication.

Argument : Lionel est un petit garçon adopté. Né au Brésil, il en a rapporté sa poupée, Méli, ainsi qu’un langage qu'il a inventé et qu’elle seule comprend : le pacanaima. Son habitude de mélanger systématiquement les M et le Q inquiète ses parents au plus haut point. Sa mère surtout. Mais il semble ne pas pouvoir s’en empêcher. Jusqu’à ce qu’un jour, lors du mariage de Victor, son professeur d'aviron, il rencontre une petite fille habillée en jaune de la tête jusqu’aux chaussures. Une petite fille bizarre, qui pousse des cris et qui ne dit rien. Et pour cause : elle est sourde et muette...

Personnages :
Lionel, Gisèle, sa mère, Sissi et Nicole, la mariée (2 enfants, 2 adultes).

Décors : Un mariage sert de toile de fond à la pièce.

Remarque : Cette pièce a été réalisée et diffusée par France Culture en février 1998.

 



  Fiche de lecture
844
 
 Gilles ABIER
[L'Oeil du Prince]
 
1h
 
1 homme. 3 femmes
 

- Trois dames sur une île déserte -

 
 

Style général : Au premier abord, les mots échangés dans cette pièce paraissent légers, drôles et ironiques… Mais, petit à petit, le texte se fait plus grave, l’émotion plus perceptible. De rebondissements pimentés en dialogues bien choisis, le spectacle bascule de la comédie au drame, esquissant une acerbe peinture de moeurs.

Argument : Annie, une artiste peintre fauchée, vit seule dans les rues parisiennes. Jeanne, implantée à Londres, se partage entre ses ex-maris et ses jeunes amants. Quant à Suzanne, petite bourgeoise coincée, elle habite à Saintes, en célibataire. Qu'ont en commun cette SDF, cette mère de famille et cette femme rangée? Apparemment, rien, si ce n’est la destination de leur voyage… Pourtant, au fil de leurs discussions sur une plage, une vérité vieille de trente ans va ressurgir.

Personnages :
Annie, Jeanne et Suzanne, trois femmes d’un certain âge. Ainsi qu’Alexandre, apparition masculine d’une vingtaine d’années.

Décors : L’auteur situe son action dans le hall d’une gare puis sur le sable d’une île déserte avant de redonner à la scène l’apparence du premier décor.

Remarque : Jeune auteur parisien déjà connu pour ses oeuvres en direction du jeune public, Gilles Abier nous livre ici sa première pièce de théâtre pour adultes. Une pièce dans laquelle il nous brosse des portraits de femmes attachants, sensibles et pleins d'humour, quoique sans concession.

 



  Fiche de lecture
846
 
 Matei VISNIEC
[Lansman]
 
2h
 
0 homme. 0 femme
 

- Attention aux vieilles dames rongées par la solitude -

 
 

Style général : Succession de 15 pièces courtes qui tournent autour de trois thématiques : « Frontières », « Agoraphobies » et « Désert ». La forme du recueil sert au mieux l’humour incisif et grinçant de l’auteur, rehaussé par une pointe de cet absurde du quotidien qu'il maîtrise au plus haut point.

Argument : Ces petites pièces abordent une grande diversité de sujets dans des tonalités très variées, qu’il s’agisse de la guerre, de l’immigration, de la mort, du désespoir, du désir ou encore du bonheur. La succession des textes permet une exploration poétique du monde d'aujourd'hui à travers le surréalisme de certaines situations et de certains personnages.

Personnages :
Toute une galerie de personnages plus ou moins loufoques qui dressent un portrait à la fois surprenant et familier, attendrissant et repoussant, de l’humanité : des serveuses et leurs clients, un vieil indien et son fils, un photographe de grandes marées, des chefs petits et grands, des morts au champ d’honneur, des snipers, un conseiller en mendicité, une auto-stoppeuse, une mère-porteuse virginale, un homme blessé et un passant curieux, un aveugle et son chien. Et bien d’autres encore.

Décors : Le côté surréaliste des scènes n’impose pas de véritable décor. Ce qui amènera à se concentrer plutôt sur la recherche d’accessoires, la mise au point de différents univers sonores, la modulation de l’éclairage, le style des costumes…

Remarque : Le jeu des comédiens devra être d’excellente qualité pour servir au mieux la verve et la sensibilité si particulières de Visniec. Ce recueil est idéal pour des compagnies amateurs qui souhaitent jouer des auteurs contemporains vivants, tout en faisant le pari de l’originalité.

 



  Fiche de lecture
847
 
 Evguéni SCHWARTZ
[Lansman]
 
2h
 
8 hommes. 6 femmes
 

- Le Dragon -

 
 

Style général : Cette fable à la fois burlesque et dialectique aborde l’air de rien des problématiques aussi difficiles que la guerre, l’asservissement, la résignation, l’engagement et la propagande. Inscrit au croisement entre féerie et cauchemar, ce texte mêle allégrement le style des contes traditionnels d’après Andersen et celui de la satire politique. Au final, un divertissement jubilatoire qui pousse au réveil de la conscience à grand renfort de magie, d'action et de suspense.

Argument : Depuis 400 ans, un dragon tyrannise une cité avec la complicité du Bourgmestre et de son fils. Chaque année, la population doit lui offrir une jeune fille qui meurt de dégoût après une horrible « nuit de noces ». Quelques habitants ont bien essayé de se révolter, mais en vain. Cette année, c’est Elsa, la fille de l’archiviste Charlemagne, qui doit être sacrifiée. Las, c’était sans compter sur l’arrivée du chevalier Lancelot dans le village. Héros professionnel, il va tout faire pour extirper la jeune fille des griffes du monstre. Il ressort triomphant de son combat, libérant ainsi la cité de l’oppression du dragon. Mais une tyrannie peut en cacher une autre...

Personnages :
La distribution est modulable en fonction de la taille de la troupe. Le dragon, le Bourgmestre et son fils, Henri, Lancelot, Elsa, son père, et toute une galerie de personnages secondaires issus du village.

Décors : L’intrigue se déroule à échelle du village et de ses environs. Le côté « fabuleux » de la pièce tend à empêcher toute figuration trop réaliste. La musique et les costumes doivent permettre de symboliser l’aspect volontiers schématique des postures.

Remarque : Cette fable, publiée en 1944, est truffée de références historiques qui font d’elle un plaidoyer ouvertement anti-nazi et subtilement anti-stalinien. L’occasion pour la dramaturge russe qu’était Evguéni Schwartz de donner à voir la veulerie et la crédulité sur lesquelles reposent les tyrannies. Habitué à s’adresser aux enfants, l’auteur leur offre ici une introduction idéale à la pratique d’un théâtre citoyen et engagé. Le tout, sous couvert de grande légèreté.

 



  Fiche de lecture
848
 
 Alexeï ARBUZOV
[L'Avant-Scène Théâtre]
 
1h
 
1 homme. 1 femme
 

- Le Bateau pour Lipaïa -

 
 

Style général : Écrite par l’un des dramaturges russes les plus importants du XXe siècle, cette pièce en huit tableaux a reçu de son auteur le titre de « comédie à l’ancienne ». Une comédie douce-amère construite en huis clos, qui décrit la rencontre d'une femme et d'un homme à l’automne de leur vie.

Argument : En juillet 1967, sur les bords de la Baltique, à Riga, Rodion fait la connaissance de Lidia. Il est le médecin-chef de la clinique d’État. Elle est l’une de ses malades… Il est sérieux, bougon, travailleur, conformiste et un brin misogyne. Elle, ancienne actrice, est extravertie, fantasque, généreuse, contradictoire et vulnérable. Deux tempéraments a priori inconciliables. Si ce n’est ces meurtrissures qui les rapprochent, ces blessures creusées par la vie et surtout par la guerre qui leur a enlevé des êtres chers. Certes, chacun a réagi à ses malheurs selon son propre tempérament. Mais, petit à petit, une certaine complicité se noue entre eux. Et la question se pose alors de savoir si un avenir est possible pour ces deux êtres enfermés dans leur passé.

Personnages :
Rodion Nicolaïevitch, médecin-chef d’un sanatorium, et Lidia Vassilievna Volinina, l’une de ses patientes. La soixantaine tous les deux.

Décors : L’intrigue se déroule sur 31 jours, dans différents lieux de Riga. Le jardin du sanatorium, une pâtisserie près de la mer, le parvis d’une cathédrale, la cour d’un hôpital, la salle de loisirs du sanatorium, le jardin d’un restaurant, les grilles du sanatorium et la maison de Rodion.

Remarque : Si cette intrigue, on ne peut plus simple, exhale un doux parfum d’autrefois, son thème reste d’une brûlante actualité. Avec tendresse et humour, l’auteur nous prouve que l’amour peut éclore à tout âge et dans le plus improbable des endroits. Certaines scènes sont d’une cocasserie irrésistible. Un message d’espoir entre humour et tendresse.

 



  Fiche de lecture
713
 
 Marcel AYME
[L'Avant-Scène Théâtre]
 
2h 20mn
 
5 hommes. 4 femmes
 

- Lucienne et le Boucher -

 
 

Style général : Une tragi-comédie qui se termine à la satisfaction des honnêtes gens.

Argument : Un brave homme de boucher vient s'installer à deux pas d'une bijouterie dans une petite ville de province. En quelques années, il acquiert l'immeuble de la bijouterie, excitant ainsi la jalousie du bijoutier. Tandis que l'idylle se noue entre leurs enfants, la femme du bijoutier, séduite par la force du boucher, en vient à devenir acariâtre avec son mari puis par le tromper et finalement par l'assassiner. La meurtrière, qui voulait faire endosser son crime par son amant, n'échappera pas à la justice.

Personnages :
Duxin, le boucher, veuf, musclé et "aussi doux qu'un boeuf de quatre ans" ; Alfred, son fils ; Moreau, le bijoutier, mari pitoyable, apeuré et filant doux devant sa maîtresse femme ; Lucienne Moreau, sa femme, garce au coeur sec ; Madeleine, leur fille, 17 ans ; Julie, la jeune bonne, 18 ans ; Madame Vorbe, vieille femme claudiquant, commère ; le docteur ; le commissaire (peut également jouer le rôle de l'homme au chapeau).

Décors : Provincial.
Acte I : décor de rue avec une bijouterie et une boucherie.
Acte II : une allée bordée d'une pelouse et de buissons. Par dessus le buisson central apparaît le sommet du kiosque à musique, à droite un buste en bronze, au milieu d'un banc.
Acte III : la salle à manger des Moreau.
Acte IV : la bijouterie.

Costumes : De tous les jours, première moitié du XXe siècle. Une tenue de boucher avec tablier, un costume de commissaire de police.

Mise en scène : Une pièce à resituer dans son époque en raison de l'évolution des moeurs. Mais son innocence roublarde la sauve du temps.

Remarque : Sous un aspect des plus moraux qu'a voulu son auteur - "l'adultère et ses terribles conséquences y sont représentés sous un jour bien propre à décourager les mauvaises intentions... On ne saurait trop la recommander [la pièce] à l'attention des jeunes femmes, des jeunes filles et des organisations de spectacles de patronage" - la pièce fait éclater les conventions d'une société bourgeoise. Si Lucienne est un monstre, les hommes ne sont pas non plus sans reproches.

 



  Fiche de lecture
708
 
 Stephan ZWEIG et Jules ROMAINS
[Gallimard]
 
2h
 
13 hommes. 2 femmes
 

- Volpone -

 
 

Style général : Comédie en 5 actes, d'après Ben Jonson.
A voleur, voleur et demi. L'auteur élisabéthain s'est plu à dépeindre les vices et dépravations de Venise au XVIe sicèle. L'adaptation a raccourci la pièce, supprimé une intrigue secondaire et introduit un personnage, rendant ainsi la comédie plus propre au jeu contemporain.

Argument : Volpone ("Gros Renard") est un fin filou et un avare patenté. Afin d'éprouver ses cupides courtisans et d'augmenter encore sa fortune, il feint l'agonie. Il est assisté par Mosca ("La Mouche"), confident et parasite. Celui-ci, qui a fait rédiger le testament en sa faveur, fait monter les enchères en laissant croire à un possible codicille. Chacun ou chacune offre ce qu'il possède de plus beau : vaisselle d'or, bijoux, argent, héritage, mariage ou femme afin d'être couché sur le testament. Mais Volpone commet une erreur en abusant de la femme de l'un d'eux. Il est condamné, pour échapper à la justice, à simuler la mort. Mosca s'installe alors dans ses biens et le chasse.

Personnages :
Volpone, riche aventurier levantin ; Mosca, bras droit et conseiller de Volpone ; Voltore, notaire marron ; Corvino, marchant d'étoffes et mari jaloux ; Colomba, sa femme ; Corbaccio, prêteur sur gages, très vieux, tremblant, traînant la patte et tout noueux ; Leone, fils de Corbaccio, capitaine, grand, rude et bruyant, une quarantaine d'années ; le juge ; Canina, célèbre courtisane vénitienne ; les domestiques de Volpone et de Corbaccio ; le chef des sbires ; les sbires.

Décors : Actes I, III et V : une chambre spacieuse et magnifique dans le palais de Volpone à Venise. A gauche, le lit de repos, large, riche, clos de rideaux mobiles.
Acte II : la maison de Corvino puis celle de Corbaccio.
Acte IV : le tribunal.

Costumes : Riches costumes vénitiens du XVIe siècle.

Eclairages et mise en scène : C'est certainement la mise en scène de Charles Dullin qui a contribué à rendre cette pièce célèbre en 1928. Même si l'orientalisme et la richesse de Venise au XVIe siècle sont sans commune mesure, il est néanmoins tout à fait envisageable, aujourd'hui, de transposer l'action.

Remarque :

 



  Fiche de lecture
709
 
 Eric-Emmanuel SCHMITT
[Albin Michel]
 
1h 30mn
 
4 hommes. 2 femmes
 

- Le Libertin -

 
 

Style général : L’auteur renouvelle la comédie libertine en y introduisant le paradoxe philosophique pour en faire une vibrante apologie du désir.

Argument : Dans le pavillon de chasse du baron d'Holbach, Diderot pose à demi-nu pour Madame Therbouche tout en marivaudant quand son secrétaire interrompt leurs jeux amoureux pour lui demander d'écrire au plus vite l'article sur la morale de l'Encyclopédie. "Une folle journée" commence pour Denis Diderot, constamment dérangé dans ses entreprises, qu'elles soient de séduction ou de philosophie.

Personnages :
Denis Diderot, philosophe ; Madame Anna Dorothea Therbouche, portraitiste prusso-polonaise et escroc ; Madame Antoinette Diderot, épouse de Diderot, vive, ronde, allure populaire, une quarantaine d'années ; Angélique Diderot, fille de Diderot, une vingtaine d'années ; la jeune d'Holbach, fille du baron d'Holbach, ravissante, une vingtaine d'années ; et Baronnet le jeune secrétaire de Diderot.

Décors : Décor unique : au fond d'un parc, un petit pavillon de chasse transformé en un immense bric-à-brac qui oscille entre le bureau, le boudoir et le cabinet de savant.

Costumes : XVIIIe siècle et les plus simples pour Diderot : toge à l'antique, robe de chambre.

Eclairages et mise en scène : Devront rester sobres mais subtils et percutants."

Remarque :

 



  Fiche de lecture
710
 
 William SHAKESPEARE
[Gallimard]
 
3h
 
16 hommes. 4 femmes
 

- Roméo et Juliette -

 
 

Style général : Tragédie - 5 actes
Un des plus émouvants drames. C'est le poème d'amour dans le cadre italien que porte Shakespeare dans son cœur depuis toujours. Le thème est éternel : deux enfants s'aiment malgré la haine de leurs familles. Mais le poète est dans la période pessimiste: la mort arrêtera les deux jeunes gens.

Prologue :
Deux familles toutes deux égales en dignité
Dans la belle Vérone, où nous plaçons la scène,
Après d'anciennes rancunes raniment leurs querelles,
Et le sang des citoyens tache les mains des citoyens.
Du sein de ces familles ennemies, deux enfants surgis
S'aiment d'amour sous des étoiles contraires.
Et l'écroulement final, désastreux et pitoyable,
Avec l'intrigue enterre aussi la haine des parents.
L’effrayante aventure de ce fatal amour.
Et l'entêtement des rages des familles
Tardivement désarmées au final douloureux,
Pendant deux heures occuperont le théâtre.
Si vous nous tendez des oreilles attentives,
Ce qui peut manquer ici, notre zèle le rachètera.

Argument : Afin d'échapper au mariage auquel la destinent ses parents, Juliette, déjà mariée secrètement à Roméo, avale une potion qui lui donne l'apparence de la mort. Mais Roméo s'empoisonne avant d'être informé du subterfuge. Ce voyant, Juliette se suicide à son tour.

Personnages :
Escalus, prince de Vérone ; Paris, jeune noble, parent du prince ; Montaigu et Capulet, chefs des deux familles ennemies ; Roméo, fils de Montaigu, Mercutio, parent du prince et ami de Roméo ; Benvolio, neveu de Montaigu et ami de Roméo ; Tybalt, neveu de Lady Capulet ; un vieillard, parent de Capulet ; Frère Laurent et Frère Jean, Franciscains ; Balthazar, page de Roméo ; les domestiques des Capulet ; Peter, valet de la nourrice de Juliette ; un valet des Montaigu ; un apothicaire ; trois musiciens ; pages ; un officier de police ; Dame Montaigu, femme de Montaigu ; Dame Capulet, femme de Capulet ; Juliette, fille de Capulet ; la nourrice de Juliette ; les citoyens de Vérone ; les parents des deux maisons ; les gardes ; les masques ; les gens du guet ; le chœur.

Décors : Renaissance lombarde. Les scènes se passent dans Vérone et Mantoue du XVIe siècle : place publique, rues, chemin, différentes pièces dans la riche demeure des Capulet, jardin, cellule de frère Laurent, cimetière.

Eclairages et mise en scène : Sur ce thème indémodable, toutes sortes de mises en scènes peuvent être faites, tant traditionnelles que contemporaines et minimalistes. D'innombrables traductions, adaptations et variantes ont été proposées.

Remarque : Adaptation de Jean VAUTHIER.

 



  Fiche de lecture
711
 
 Denise BONAL
[Edilig]
 
1h 30mn
 
4 hommes. 3 femmes
 

- Portrait de famille -

 
 

Style général : Comédie dramatique divisée en 12 tableaux. 12 tranches de vie hautes en couleur et rebondissements. En permanence, le sordide, l'échec, la peur et la mort rôdent dans cette saga familiale.

Argument :
I : Soliloque de Louise, la mère : "Je pèse plus que mon poids."
II : Louise et Raymond, l'ami d'Armelle, la fille, s'entretiennent du nième suicide (raté) du fils aîné Albert.
III : Le voisin, Pinchard, s'épanche sur ses malheurs auprès de Louise.
IV : Assia annonce à Patrick, le fils cadet, qu'elle est enceinte.
V : Retour d'Albert chez Louise.
VI : Echange de propos familiaux sur Assia. Révélation qu'Assia est Kabyle et non Arabe, et ça, "c'est très bien".
VII : Louise se remémore sa rupture avec son premier fiancé.
VIII : Souvenirs d'école d'Assia et Albert.
IX : Entretien entre Louise et Armelle, où l'on apprend qu'Albert travaille à la morgue.
X : Préparation du mariage d'Assia et de Patrick. Patrick et Albert impliquent la famille dans l'enlèvement d'un cadavre. Armelle, également enceinte, va épouser Raymond.
XI : Où Armelle doit acheter elle-même les alliances promises par sa mère ; où le kidnapping échoue et Albert est renvoyé par son employeur.
XII : Jour des noces. Les mariages menacent de tomber à l'eau. Armelle se sent mal aimée par sa mère. Querelle de famille. Finalement, Louise se retrouve seule avec Pinchard.

Personnages :
Louise, la mère, fatiguée par la vie ; Albert, le fils aîné, baraqué, sportif mais suicidaire, 27 ans ; Armelle, la fille, trimeuse parce que mal aimée, 25 ans ; Patrick, le fils cadet, un peu loubard, 19 ans ; Raymond, le compagnon d'Armelle, chômeur professionnel, joue d'un instrument de musique ; Assia, la fiancée de Patrick, d'origine kabyle, mineure ; Pinchard, le voisin délaissé par sa femme, 5 enfants à charge ; et Black, le chien.

Décors : Une pièce d'appartement très modeste. Une belle table sera dressée pour le dernier tableau.

Costumes : Actuels et très ordinaires. Louise est toujours accompagnée d'un éternel cabas de plastique noir. Pour le jour du mariage : une robe somptueuse pour Assia, une belle robe blanche à rayures noires en diagonale pour Louise et une modeste robe marron pour Armelle.

Eclairages et mise en scène : Très libres. Si tout dans l'histoire est comme "réglé d'avance", "il y a place pour toute une famille d'exercices de style".

Remarque :

 



  Fiche de lecture
712
 
 Peter SHAFFER
[Gallimard]
 
2h 15mn
 
5 hommes. 4 femmes
 

- Equus -

 
 

Style général : Drame inspiré d'un fait divers authentique, Equus remet en question, à travers l'enquête de l'analyste, la notion de folie et de souffrance.

Argument : Une nuit, au manège, Alan crève les yeux de six chevaux. Malgré l'avis des jurés, Alan est envoyé par le juge à l'hôpital psychiatrique pour enfants. Peu à peu, le docteur Dysart élucide le mystère de cet acte. Le jeune garçon a reçu de sa mère une éducation religieuse appuyée. Suite à une querelle avec son père, Alan transpose son adoration de Dieu en idolâtrie passionnée des chevaux. Lorsqu'il a l'occasion de monter, tout son être ne fait qu'un avec l'animal. Si l'adoration qu'il voue à ce "Dieu Cheval" le pousse paradoxalement à lui crever les yeux, c'est que ces yeux ont surpris la trahison : Alan vient d'avoir sa première expérience sexuelle.

Personnages :
Martin Dysart, médecin psychiatre, 45 ans ; l'infirmière ; Esther, le juge, 45 ans ; Alan Strang, mince, 17 ans ; Dora et Franck Strang, les parents, environ 50 ans, elle institutrice, très croyante, lui imprimeur, athée ; le cavalier ; Dawson, responsable du manège, corpulent, la cinquantaine ; Jill Mason, travaille au manège, jolie fille, une vingtaine d'années ; les chevaux.

Décors : Une piste de bois et, au milieu, une plate-forme carrée rappelant un ring. Des bancs, une barre métallique. Au fond de la scène des gradins en amphithéâtre. De chaque côté deux échelles auxquelles sont suspendus des masques de chevaux.

Costumes : Les comédiens qui jouent les chevaux portent des collants sombres. Ils ont aux pieds de hauts sabots et sur les épaules un masque métallique évoquant une tête de cheval. Jeans et chandails pour Alan et Jill.

Eclairages et mise en scène : Tous les comédiens demeurent en scène, du commencement à la fin de la pièce. Ils se lèvent quand c'est à leur tour de jouer puis reviennent s'asseoir. Ils sont à la fois témoins et participants. Au dessus du plateau, les projecteurs sont disposés sur une herse circulaire.

Remarque : Cette pièce a été rééditée en septembre 2008 chez L'avant-scène théâtre.

 



  Fiche de lecture
714
 
 Marcel AYME
[Société des Amis de Marcel Aymé]
 
2h
 
7 hommes. 6 femmes
 

- Le Commissaire -

 
 

Style général : Comédie à suspense dont la solution penche vers le burlesque.

Argument : Une fille de boîte de nuit, Rita, a été tuée d'une balle en plein cœur. La police a arrêté un homme près du cadavre. Il est soupçonné de meurtre. L'ennui, pour le commissaire, c'est l'arrivée d'une femme qui se dit être Rita et qui, effectivement, est Rita. D'ailleurs, les empreintes digitales correspondent. Comment cela finira-t-il ? Le spectateur se le demande, qui est gentiment mené en bateau par l'auteur. Le rideau baissé, il n'est d'ailleurs pas sûr que le spectateur ne se pose pas encore des foules de questions. On nage dans l'absurde.

Personnages :
Le commissaire qui, jusqu'au bout, doit garder un imperturbable sérieux ; Des agents et un inspecteur, consciencieux ; Robert Brunoy le prétendu assassin ; Le professeur Brunoy son père ; Le client, qui ressemble tellement au professeur que le rôle peut être tenu par le même comédien ; Avarelli, le tenancier de la boîte de nuit ; Deux entraîneuses ; La dame au mouton ; Junon et Vénus ; Rita, la victime et son double.

Décors : Une salle de commissariat ; Le bar de la boîte de nuit.

Costumes : Modernes.

Eclairages : Pleins feux sur le commissariat : Tamisés pour la boîte de nuit.

Mise en scène : Délicate car il y a des interversions de rôles qui demandent beaucoup de doigté et l'absurde l'est d'autant plus quand il suit une stricte logique.

Remarque : Le rôle principal demande un comédien aguerri car il évolue dans un climat spécial et changeant. Tout le porte à croire des choses qui ne sont pas et à s'étonner de voir qu'elles se réalisent. Ce n'est pas un personnage comique mais le comique naît de ce qu'il perd pied souvent et qu'il essaie de refaire surface malgré tout. La pièce peut faire, si elle est menée avec rigueur et sérieux, un excellent spectacle qui tiendra en baleine jusqu'à la fin.

Société des Amis de Marcel Aymé
14, rue Bellevue
76600 LE HAVRE

 



  Fiche de lecture
715
 
 Jean-Paul SARTRE
[Gallimard]
 
1h 30mn
 
2 hommes. 2 femmes
 

- Huis clos -

 
 

Style général : L'absence de toute intrigue et de tout dénouement caractérise la pièce dont la structure dramaturgique est proche de l'anti-théâtre.

Argument : Un lieu hors du temps et de l'espace, sans instrument de torture ; un garçon de service y introduit Garcin, déserteur qui a torturé sa femme qu'il admirait trop. Seul, il est saisi de désespoir quand entre Inès, lesbienne qui a poussé son amie à se suicider. Elle le prend de prime abord pour son bourreau. Claustrés ensemble, ils se rendent vite mutuellement insupportables. Arrive alors l'infanticide Estelle qui tente de séduire Garcin. Inès, d'une implacable lucidité, comprend soudain que, dans cet enfer, leur châtiment est d'être nu devant les autres et aussi devant soi-même : « Le bourreau, c'est chacun de nous pour les deux autres. »

Personnages :
Le garçon de service ; Garcin, journaliste, lâche, affecte la bravoure pour cacher sa peur ; Estelle, jeune et jolie femme mondaine ; Inès, employée des postes.

Décors : Un salon Second Empire, surchauffé et meublé de façon inexplicable avec des objets dont la fin nous échappe : un bronze de Barbedienne sur la cheminée, un coupe-papier... Pas de glace ni de fenêtre, pas de lit non plus.

Costumes : Intemporels.

Mise en scène : Le lieu scénique est l'esprit des personnages où s'effectuent deux prises de conscience : celle d'être en enfer et celle du fonctionnement de cet enfer.

Remarque :

 



  Fiche de lecture
716
 
 Jean-Paul SARTRE
[Gallimard]
 
1h 20mn
 
8 hommes. 1 femme
 

- La Putain respectueuse -

 
 

Style général : Tragédie opposant, à l'hypocrisie puritaine des blancs du Sud des Etats-Unis, le grand cœur d'une prostituée et l'innocence d'un noir.

Argument : Lizzie, prostituée, a été témoin d'une rixe qui a mal tourné entre noirs et blancs. Pour protéger son cousin, Fred tente d'acheter le faux témoignage de Lizzie : il passe la nuit avec elle et lui demande d'accuser un des noirs. Lizzie refuse de mentir mais finit par céder aux boniments d'un sénateur. Tandis que s'organise la battue, le noir se réfugie chez Lizzie et un autre se fait lyncher à sa place. La pièce se referme sur Fred qui, désormais s'est toqué de Lizzie.

Personnages :
Lizzie, la Putain ; Fred, client « de fortune » de Lizzie et cousin de l'assassin ; Clarke, respectable sénateur et père de Fred ; « le Nègre », grand, à cheveux blancs ; John, James, les 1er , 2e et 3e hommes : policiers.

Décors : Une chambre dans une ville américaine du Sud, murs blancs, un divan, une fenêtre, une porte de salle de bain, au fond petite antichambre donnant sur l'entrée.

Costumes : Modernes

Remarque : Cette satire du racisme pourrait paraître quelque peu manichéenne. Pour lui donner une portée de la plus grande valeur, il convient de bien mettre en relief les hésitations de Lizzie.

 



  Fiche de lecture
717
 
 Denise CHALEM
[L'Avant-Scène Théâtre]
 
1h
 
0 homme. 3 femmes
 

- A cinquante ans elle découvrait la mer -

 
 

Style général : Une pièce impressionniste sur les liens d'une mère juive et de sa fille.

Argument : Après la disparition du père, la mère s'est retrouvée seule avec ses enfants. Le fils est parti vivre au Canada tandis que la fille, enseignante et aussi écrivain est restée. Aujourd'hui, la mère est morte, c'est Nanou, la petite cousine qui est venue l'annoncer. La fille, devant sa machine à écrire relit de vieilles lettres. Elle se remémore sa mère, leur intimité, leurs complicités, leurs disputes : les repas de fête, le jour où la fille a annoncé qu'elle voulait s'installer avec son fiancé, la mère qui voulait la forcer à faire des enfants, comment la mère a découvert les plaisirs de la mer à 50 ans...

Personnages :
La mère, juive, agaçante, étouffante et généreuse à la fois, une soixantaine d'années ; la fille, anguleuse d'âme et du corps, abrupte mais chaleureuse, la trentaine : Nanou, la petite cousine.

Décors : Un décor unique composé de suggestions domestiques : un séjour modeste qui comprend deux fauteuils, un lit, deux tables, l'une basse, l'autre assez haute, exiguë sur laquelle est posé, soit le tourne-disque, soit la machine à écrire, une armoire, une psyché, un paravent. Une petite cuisine est séparée par une paroi coulissante. Dans un recoin des WC.

Costumes : Contemporains dont un tailleur demi-saison d'une couleur indéfinissable, une robe habillée bleue, une robe de chambre pour la mère ; une jupe et un pull moulant, un pantalon très large, un autre de velours noir, une chemise d'homme, un chemisier de soie brodé, des lunettes pour la fille.

Eclairages et mise en scène : Intimistes et « impressionnistes », faits de taches de souvenirs apparaissant sans ordre chronologique. La mère cache sa solitude et son peu d'instruction derrière un débit incessant de paroles et le sacrifice d'elle même pour ses enfants.

Remarque :

 



  Fiche de lecture
718
 
 Guy FOISSY
[Actes Sud-Papiers]
 
2h
 
0 homme. 0 femme
 

- Veillée Funèbre -

 
 

Style général : Comédie - 1 000 répliques Un pari risqué de l'auteur... qui n'indique pas le nombre de personnages de sa pièce, laissant aux réalisateurs le plaisir rare du puzzle. Il égrène les 1 000 répliques entendues d'une oreille aiguë autour de son lit de mort (c'est le sous-titre de la pièce), sans pouvoir discerner le nombre de participants.

Argument : Veillée Funèbre est une veillée tuyau de poêle, comme le dit justement un personnage. Des banalités émues ("il est encore plus grand mort que vivant", "il est encore plus beau mort que vivant", "il est encore plus jeune mort que vivant", "il est encore plus mort mort que vivant"), au panégyrique de circonstance, on arrive au dénigrement et à l'insulte ("non seulement c'était un beau salaud, mais en plus c'était un sinistre ton") et à une fin inattendue où certaines tendances cannibalistiques se manifestent. Et tout ceci au beau milieu des rires du public, dans un climat d'insolence, d'impertinence et de total irrespect pour tout ce qui est sacré.

Personnages :
La plus petite distribution : 3 acteurs (c'est trop peu) ; la plus importante, au Japon, 17 ; le maximum possible : 1 000, un par réplique, mais il faudrait envisager de jouer le spectacle au Stade de France au moins. Entre 8 et 12 comédiens et comédiennes semble une bonne moyenne. A la création, par le Théâtre 2000 de Saint-Genis-Laval, ils étaient 15.

Décors :

Remarque : L'œuvre est beaucoup jouée en France comme à l'étranger.

 



  Fiche de lecture
719
 
 Charles CHARRAS
[Tapuscrit disponible auprès de l'auteur, par l'intermédiaire de la FNCTA]
 
1h 30mn
 
12 hommes. 11 femmes
 

- La Bonne Dame des Gens -

 
 

Style général : Comédie.

Argument : Elle allait dans le square pour y prendre l'air. Elle y a pris l'habitude de parler aux gens et, par sa gentillesse et son humanité, elle est devenue leur bonne dame. Elle vit parmi eux mais il se trouve que malgré ses soixante ans, elle est encore belle. On lui tourne aussi autour.

Personnages :
La dame ; l'autre ; les trois vieilles ; le paysagiste ; le gardien ; la mère de Pompon ; un noir ; la femme aux pigeons ; la mère ; la petite fille ; le monsieur ; la femme aux confidences ; la jeune mère ; une deuxième ; le monsieur de la petite fille ; Gérard ; le deuxième gardien ; le jongleur ; l'homme à la pétition ; le clochard et l'ami. Le nombre des comédiens peut être réduit à une dizaine.

Décors : Faire preuve d'imagination, cela ne coûte pas cher et peut donner quelquefois des résultats tout à fait surprenants.

Costumes : Contemporains

Remarque :

 



  Fiche de lecture
720
 
 André GILLE et Charles CHARRAS
[Tapuscrit disponible auprès de l'auteur, par l'intermédiaire de la FNCTA]
 
2h
 
11 hommes. 3 femmes
 

- Sainte-Machine -

 
 

Style général : Le rire reste le meilleur moyen de supporter le monde. Sainte-Machine démystifie joyeusement, par l'intermédiaire d'un groupe de paysans italiens qui ont compris l'absurdité des temps modernes, l'administration et le système.

Argument : Dans un village de montagne, en Italie, les tremblements de terre sont monnaie courante, en dépit de sainte Pélagie, la sainte tutélaire, objet d'une dévotion superstitieuse. Ici, les hommes vont aux champs, les femmes cousent et bavardent ; ils vivent de peu. Un beau jour, une jeunesse du pays, Maria, achète une magnifique machine à coudre, chef-d'œuvre de technicité. Amené par camion, dans une énorme caisse, l'engin rutilant attire tout le village dans la maisonnette où Maria vit avec son grand-père. Cette arrivée coïncide avec un tremblement de terre. Une seule maison est épargnée, celle du Pépé. Doucement, une idée se fait jour dans l'esprit des montagnards. Sans la machine, ils seraient tous morts...

Personnages :
Le pépé ; Antonio ; Maria ; le père Alphonse ; Luigi ; Leone ; le reporter ; l'assistante sociale ; le vieux fonctionnaire ; le cameraman ; la journaliste ; le touriste américain ; le curé ; Salvatore.

Décors : Une maisonnette de montagne.

Costumes : Campagnards.

Remarque : "Du Goldoni 1977"

 



  Fiche de lecture
849
 
 Jeannine WORMS
[Librairie théâtrale]
 
1h
 
3 hommes. 4 femmes
 

- Un chat est un chat -

 
 

Style général : Comédie policière en un acte qui oscille entre pathétique et théâtre de l’absurde, entre cynisme mordant et tendresse désabusée. Cette pièce, aussi burlesque que profonde, nous emporte dans le rythme trépidant de ses répliques et de ses rebondissements.

Argument : Lorsque le chat de Mademoiselle Boisseau ramène d’abord le doigt, puis la main, puis le bras de sa maîtresse, tout le quartier se retrouve en émoi. La mort de la vieille fille ne laisse personne indifférent. Anciennes amies, anciens amants, policiers et concierge se retrouvent à proximité des lieux du drame pour en discuter. Entre commérages et enquête, l’affaire avance, rebondit. Meurtre passionnel, assassinat politique, les conjectures les plus folles fusent. Les coups bas, les insinuations et les soupçons aussi. Sans oublier les allusions les plus perfides. Peu à peu, la vraie nature des personnages apparaît au grand jour.

Personnages :
Mademoiselle Léopoldine, vieille fille ; Mademoiselle Pichegru, vieille fille ; Madame Piplet, concierge ; deux anciens amants de Mademoiselle Boisseau : Monsieur Panier, petit employé, et Monsieur Agénor, croque-mort ; un policier chargé d’enquêter sur « l’affaire »... et Mademoiselle Boisseau.

Décors : Toute la pièce se déroule en un lieu unique : un square avec des bancs.

Remarque : Jeannine Worms est notamment l’auteur du Goûter, de Mougnou-Mougnou, et de La Boutique. Elle est décédée le 28 avril 2006, à l’âge de 83 ans.

 



  Fiche de lecture
850
 
 Sarah PÈPE
[L'Oeil du Prince]
 
1h
 
0 homme. 3 femmes
 

- Méchante -

 
 

Style général : Un drame incisif qui se situe à la frontière entre monologue rêvé, projections du passé et règlements de comptes. Cette pièce, à la fois poétique et sans concession, explore la complexité des rapports familiaux.

Argument : En convalescence chez sa mère suite à une dépression, une femme de 35-40 ans se retourne sur son enfance. La présence de sa soeur, toujours préférée, fait resurgir ses espoirs blessés, les désaccords accumulés, les malentendus jamais dissipés… Entre impossibilité du dialogue et besoin de se parler, les trois femmes livrent tour à tour leur point de vue. Mais l’explication vient trop tard. Et tourne court. Petit à petit, chacune s’enferme dans le ressassement. « Méchante », mot venu de l’enfance, prend alors tout son sens.

Personnages :
Trois femmes qui restent anonymes : une mère d’une soixantaine d’années ; sa fille aînée de 40-45 ans, désignée sous le nom de « la soeur », et « la fille » de 35-40 ans.

Décors : Une pièce avec un canapé et un fauteuil à roulette, ainsi que divers accessoires qui pourront être déchirés, éparpillés pendant la représentation (coussins, couverture, etc.). L’atmosphère du lieu se situe à mi-chemin entre un salon et un cabinet de psychanalyste. La mise en scène ne doit pas être trop réaliste car l’auteur souhaite qu’il y ait incertitude quant à la rencontre des trois femmes : « a-t-elle vraiment lieu ou se joue-t-elle dans la tête de la fille ? »

Remarque : Les personnages ne se parlent pas directement. Il s’agit plutôt d’une « alternance entre dialogues, monologues croisés, ruminations entremêlées ou encore paroles adressées à des personnes fantasmées ». Quant aux espaces-temps, ils se mélangent sans cesse : « conversations au présent, scènes du passé, moments imaginés ». Les projections mentales de la fille se font sous forme d’inserts cinématographiques.

Méchante a été sélectionné pour l’édition à L’Oeil du prince par la FNCTA. La pièce sera présentée lors du prochain festival de Paris, le samedi 11 novembre.

 



  Fiche de lecture
851
 
 Denise BONAL
[Editions Théâtrales]
 
2h
 
0 homme. 0 femme
 

- Les Pas perdus -

 
 

Style général : Succession d’une quarantaine de tableaux qui ont en commun de se dérouler dans une gare. Autant de scènes de vies qui se recoupent par intermittence et qui regroupent de 1 à 5 personnages, pris au moment des départs ou des retours. Entre ces tableaux sont insérés des « intercalaires » qui font la transition entre une saynète et une autre.

Argument : La gare d’une grande ville. Dans ce « lieu de toutes les souffrances, de toutes les interrogations et de tous les espoirs », les gens pressés croisent des voyageurs chargés de valises, des nettoyeuses frôlent des amoureux, des clochards côtoient de petites frappes… Chacun nous livre son histoire, par bribes. Déclinée sous toutes ses formes, de la plus banale à la plus inattendue, cette gare grouille d’humanité. L’occasion de découvrir une « multitude de trajectoires individuelles, juxtaposées par la magie du théâtre. »

Personnages :
Toute une galerie de personnages dont certains réapparaissent au gré des tableaux. Plusieurs couples, des petits truands, une femme âgée un peu perdue, une mère et sa fille, des clochards, un déserteur et sa fiancée, deux amis, les nettoyeuses de la gare, un père et son fils, plusieurs groupes, des hommes et des femmes seuls, un chômeur, une mère et son fils, de jeunes fugueuses, une jeune fille errante, des soldats, une famille…

Décors : La gare est à la fois le décor unique et le personnage principal de la pièce. L’auteur a consigné en fin d’ouvrage une « banque d’images » qui doit permettre au metteur en scène d’ « appréhender cet espace sous une forme irréelle, onirique ».

Remarque : Denise Bonal a obtenu diverses distinctions pour son oeuvre, parmi lesquelles le grand prix Radio, le prix du Théâtre de la SACD et dernièrement le Grand Prix de la littérature dramatique décerné par le Ministère de la culture.

 



  Fiche de lecture
852
 
 Jean-Luc LAGARCE
[Les Solitaires Intempestifs]
 
1h 30mn
 
0 homme. 5 femmes
 

- J’étais dans la maison et j’attendais que la pluie vienne -

 
 

Style général : Huis clos écrit peu de temps avant le décès de l’auteur, qui s’inscrit en droite ligne dans l’héritage tchékhovien. Cette polyphonie familiale est écrite dans une langue pleine de retenue et de distinction, de pudeur et d’intelligence, qui confine au poème dialogué. La pièce travaille sur un subtil jeu de variations et offre cinq interprétations différentes d’une même situation, déclinée selon la maturité et la sensibilité de chacune des protagonistes.

Argument : Cinq femmes d’une même famille, de trois générations différentes, attendent le retour de celui qui fut chassé des années auparavant : leur fils, petit-fils et frère. Le jour où il réapparaît enfin, il tombe et s’évanouit, sans rien leur dire. Pourquoi ce silence ? Pourquoi se sontelles sacrifiées depuis tout ce temps ? Peut-être n’est-il réapparu que dans leur imagination… Tournant autour de l’être tant attendu, les cinq femmes discutent, cherchent des réponses, espèrent, ragent, se déchirent et se soutiennent. Une parole attentive, intime et parfois douloureuse se noue alors.

Personnages :
Cinq femmes anonymes appartenant toutes à une même famille : trois soeurs, leur mère et leur grand-mère.

Décors : La pièce d’une maison de famille à côté de laquelle se situe la chambre du « revenant ». Un lieu qui dit l’attente, avec quelques éléments importants : un escalier, ainsi qu’un étage et une porte qui restent cachés.

Remarque : Cette pièce a reçu le Prix du syndicat de la critique pour la meilleure création de langue française 1994.

 



  Fiche de lecture
853
 
 Nathalie PAPIN
[L'Ecole des loisirs]
 
1h
 
2 hommes. 24 femmes
 

- Debout -

 
 

Style général : Récit initiatique et onirique qui explore, sur le mode de la fantaisie, des sujets aussi graves que l’adoption, les conflits familiaux ou encore la violence parentale.

Argument : Victor, fossoyeur, découvre, un jour, au fond d’une tombe, un petit garçon de dix ans. Battu par sa mère, il dit vouloir mourir. Après l’avoir surnommé Debout, Victor l’emmène au cimetière des gitans. Là, une porte dérobée donne sur un univers secret, empli de mères toutes plus incroyables les unes que les autres. Au petit garçon d’en choisir une nouvelle parmi les dizaines qu’il rencontre... Huit ans plus tard, des retrouvailles avec Victor lui permettent de tracer le bilan de cette expérience pour le moins extraordinaire.

Personnages :
Victor, fossoyeur ; Debout, à 10 et à 18 ans ; plus toute une galerie de mères loquaces ou muettes, accompagnées de leur entourage : Mère Oignon, Lile, Décaèdre, Courbe, Reine Verticale, Mère Papillon, Mère Ogresse, Mère aux 21 seins, Mère Jardin, Mère Squelette, Mère Tiroir, Mère Bijoux en or et en argent, Mère Courant d’air je passe et je ne fais que passer, Mère Araignée, Mère Porte, Mère Maison, Mère Valise, Mère Guerre, Mère Bouteille, Mère Clown, Mère 1234 bouches, Mère Oreiller, Mère Veille et enfin la Mère des Mères.

Décors : Un cimetière, un cimetière de gitans et le monde surréaliste sur lequel il ouvre.

Remarque :

 



  Fiche de lecture
854
 
 Michel-Marc BOUCHARD
[Editions théâtrales]
 
1h 30mn
 
3 hommes. 6 femmes
 

- Sous le regard des mouches -

 
 

Style général : Conte tragique et familial à l’atmosphère dérangeante. Dans cette pièce incisive et volontiers cruelle, la fascination pour la mort et le désir de survivre se jouent sur fond d’ennui et de bourdonnement des mouches.

Argument : Vincent, sa mère et son cousin vivent coupés du monde, dans leur élevage qui compte 14 000 porcs. Leur quotidien est ébranlé le jour où le jeune homme introduit sa fiancée, Docile, au sein de ce microcosme qu’il est bien décidé à quitter au plus tôt. Très vite, la jeune femme prend conscience que l’étrange famille recèle secrets, haines et perversions de toutes sortes, dont l’homme qu’elle aime est la principale victime. Au fur et à mesure qu’elle tente de s’échapper avec Vincent, la chape de plomb qui les entoure se fait de plus en plus pesante.

Personnages :
Quatre personnages principaux que l’auteur définit comme des « archétypes » : Vincent, sa mère, son cousin et Docile, sa fiancée. Autour d’eux gravitent cinq personnages secondaires : un vétérinaire et sa femme, ainsi que trois servantes. Sans oublier les mouches !

Décors : La pièce se déroule en huis-clos dans un lieu aussi insolite que symbolique : un élevage de porcs.

Remarque : L’édition de cette pièce est suivie du texte Le voyage du couronnement.

 



  Fiche de lecture
855
 
 Éric-Emmanuel SCHMITT
[Albin Michel]
 
2h
 
4 hommes. 4 femmes
 

- Hôtel des deux mondes -

 
 

Style général : Une pièce de l’entre-deux, à mi-chemin entre la comédie et la tragédie, le rêve et la réalité, la vie et la mort. Ce texte métaphysique empli d’humour, de sensibilité et d’humanisme traite d’interrogations existentielles proches de celles du Huis clos de Sartre : tout est-il écrit à l’avance ou sommes-nous libres ? Qu’est-ce que la fin ?

Argument : Aucun client ne sait comment il est arrivé à l'Hôtel des deux mondes. Personne ne sait non plus quand il pourra en repartir, ni vers quelle destination. Dans cet étrange lieu de passage qui confine à la clinique, tout est possible, même les miracles. Les infirmes recouvrent l'usage de leurs membres et les menteurs se mettent à dire la vérité. Chacun y vit au rythme des informations ambiguës disséminées par l’énigmatique docteur S., chargé d’accompagner leur séjour. Et tous finissent par se découvrir ou se reconnaître dans leur rapport à l’autre…

Personnages :
La pièce se déroule dans un lieu intermédiaire étrange et métaphorique : la salle de réception d’un hôtel au confort discret. Baignant dans une lumière tamisée et artificielle, on y trouve des fauteuils organisés autour de tables basses, un bureau, deux couloirs et surtout, une porte d’ascenseur.

Décors : Julien Portal, un jeune journaliste plein d’angoisses ; le Mage Radjapour, faiseur de bonne aventure ; le docteur S., tantôt homme, tantôt femme ; le Président Delbec, débordant d’arrogance et de condescendance ; Laura, une jeune handicapée pleine de vie ; et Marie, la simplicité faite femme. Plus deux rôles muets : un jeune homme et une jeune femme vêtus de blanc.

Remarque : Le spectacle proposé par le Théâtre du Torrent d'Annemasse (74) a remporté le 11e Masque d'Or samedi 3 novembre 2007 à Aix-les-Bains.

 



  Fiche de lecture
856
 
 Serge VALETTI
[Éditions L'Atalante]
 
2h
 
5 hommes. 5 femmes
 

- Si vous êtes des hommes -

 
 

Style général : Satire sociale grinçante tissée de situations dramatiques, d’humiliations cruelles et de rares éclairs de tendresse.

Argument : Le foyer des Alizés manque de tout. Mais lorsqu’un haut représentant du gouvernement s’y rend en visite officielle, il ne répond au dénuement ambiant qu’en promettant de nouveaux bacs à fleurs. Sous l’impulsion de Barbara, une étudiante en sociologie, les laisséspour- compte qui résident dans ce foyer décident alors de se révolter. Leur mode d’action ? Prendre en otage leur médecin et occuper le Musée de l’Homme. Au petit matin, les forces de l'ordre donnent l'assaut. Mais beaucoup de choses se passent entre temps…

Personnages :
Roland, Yaguel, Bratislava, Casuelle, Émile, Albane, Ludivine et Gérard, les laissés-pour-compte ; leur docteur, Manuel ; Barbara, une étudiante en sociologie qui rédige un mémoire sur les déshérités ; un délégué à l’action sanitaire et sociale ; trois secrétaires ; un aide ; un speaker de la radio et un gardien de musée. Malgré une distribution de 17 personnages au total, ce texte a été conçu pour pouvoir être joué par 10 comédiens (5 hommes, 5 femmes).

Décors : Diverses pièces du foyer des Alizés, en banlieue parisienne (une salle d’attente, le cabinet du docteur, un vestibule, le dortoir, le réfectoire) ; la salle des arts et techniques du Musée de l’homme, aussi appelée « salon de musique ».

Remarque : L’édition de cette pièce est suivie du texte La Réception.

La compagnie parisienne L’Astrolabe a interprété ce texte lors du 24e Festival national de Narbonne.

 



  Fiche de lecture
857
 
 Olivier PY
[L’Ecole des loisirs]
 
1h
 
5 hommes. 1 femme
 

- L’Eau de la vie -

 
 

Style général : Dans cette adaptation théâtrale d’un conte des frères Grimm, Olivier Py met la concision et la fulgurance au service d’un ressort dramatique trépidant, qui ballotte les spectateurs entre tragique et comique, répugnance et admiration, divertissement et réflexion. Le texte et les chants soulignent avec éclat et humour la nécessité d’apprendre et de ne pas oublier. L’occasion pour les jeunes spectateurs de découvrir les qualités de leurs semblables, ainsi que leurs plus vilains défauts.

Argument : Atteint d’un mal qui semble incurable, un vieux roi n’a plus qu’un seul espoir : ses trois fils. Pour qu’il survive, il faut que l’un d’eux lui rapporte le dernier remède capable de le soigner : l’eau de vie. L’aîné part le premier dans cette quête initiatique semée d’embûches, puis le cadet. Mais aucun d’eux n’en revient. A son tour, le troisième fils entreprend un parcours qui l’amènera à avancer les yeux bandés, à dompter un lion redoutable, à survivre à un naufrage et enfin à déjouer la calomnie. Autant d’épreuves au terme duquel il obtiendra la guérison de son père… Et l’amour d’une princesse…

Personnages :
Un roi et ses trois fils ; un nain ; une princesse… Ainsi qu’un lion, un ange, des rois.

Décors : L’action change très souvent d'espaces et de personnages. Ce qui implique une mise en scène très dynamique ou stylisée. La musique peut y servir de fil conducteur.

Remarque : Olivier Py, nouveau directeur du Théâtre national de l’Odéon, a adapté un autre conte des frères Grimm : La Jeune fille, le Diable et le Moulin (voir fiche de lecture n° 833, T&A n°119).

 



  Fiche de lecture
858
 
 Jean-Luc LAGARCE
[Les Solitaires intempestifs]
 
1h 30mn
 
5 hommes. 5 femmes
 

- Nous les héros -

 
 

Style général : Cette comédie aigre-douce fonctionne toute entière sur l’idée du théâtre dans le théâtre, en donnant à voir de manière subtile et touchante l’envers de la vie d’une troupe. Pour restituer la vérité de ce monde qu’il affectionnait tout particulièrement, Lagarce a écrit une suite de dialogues tricotée à boulets rouges, qu’il a entremêlée d’intermèdes musicaux, de digressions délirantes et de sketches.

Argument : Au sortir d’une représentation, une petite troupe perdue quelque part en Europe centrale s’apprête à fêter les fiançailles de deux de ses membres. Ces célébrations fourniront l’occasion à chacun de s’abandonner, sans fard. Et sans explosion de joie... Ce soir, les masques tombent.

Personnages :
Les dix membres d’une troupe à forte dimension familiale. Cinq femmes : la mère matrone, forte, dominatrice, truculente ; Joséphine, la fille aînée, souvent excentrique, qui va se fiancer ; Eduardowa, la fille cadette, rongée de tics ; Mme Tchissik, une actrice allemande un peu marginale, et Mademoiselle l’intendante, qui ne dit mot. À leurs côtés, cinq hommes : le grand-père paternel, ancien chef de la troupe ; Karl, le frère de Joséphine et d’Eduardowa, qui souhaite partir, Raban, le fiancé ; Max, son meilleur ami, et M. Tchissik, la quarantaine, comédien sans talent.

Décors : La pièce se déroule sur une soirée, en un seul lieu. L’écriture, fragmentée « en plan », de Lagarce permet d'envisager un montage quasi cinématographique du texte ou une simultanéité du discours, une superposition des situations. La pièce peut aussi s’envisager comme un spectacle musical.

Remarque : La Compagnie L’Estampille (75), composée essentiellement du personnel de la Bibliothèque nationale de France, a joué cette pièce lors du festival de Paris 2006.

 



  Fiche de lecture
859
 
 Jean DELL et Gérald SIBLEYRAS
[L’avant-scène théâtre]
 
1h 30mn
 
3 hommes. 2 femmes
 

- Un petit jeu sans conséquence -

 
 

Style général : Cette pièce, rythmée par des dialogues incisifs, décortique l’érosion d’un couple qui fonctionne pourtant encore. On y retrouve tous les ingrédients d’une bonne comédie (la jalousie, le mensonge, le regard des autres et son influence sur notre comportement…), agrémentés d’une bonne dose de causticité. Une belle leçon de vie, à défaut d'une leçon de savoir-vivre.

Argument : Depuis 12 ans, Claire et Bruno forment un couple des plus solides. Une véritable institution aux yeux de tous leurs proches. Lasse de cette image qu’elle finit par juger trop lisse, Claire décide de pimenter un peu les choses… Sa méthode ? Annoncer leur séparation, au beau milieu du pique-nique organisé par la mère de Bruno, dans la maison de famille qu’elle s’apprête à vendre et dans laquelle elle a souhaité réunir une dernière fois les gens qui y ont passé leurs vacances. Commence alors petit un jeu, a priori sans conséquence...

Personnages :
Claire et Bruno, entourés de Patrick, le cousin de Bruno, Serge, son vieux copain et Axelle, la meilleure amie de Claire.

Décors : Un dimanche d’été dans une maison de campagne.

Remarque : Cette pièce a fait sensation lors de la cérémonie 2003 des Molières, où elle a remporté cinq prix. En 2004, le texte a été adapté au cinéma par Bernard Rapp.

 



  Fiche de lecture
860
 
 Gérard LEVOYER
[L’avant-scène théâtre]
 
1h 30mn
 
3 hommes. 3 femmes
 

- Mendiants d’amour -

 
 

Style général : Dans cette succession rapide de séquences, le rythme vif sert l'humour décapant de l’auteur, sa cruauté parfois volontairement naïve et la forte charge émotive qu’il souhaite faire passer.

Argument : En une vingtaine de tableaux qui s’enchaînent dans un tourbillon ininterrompu, l’auteur fait parler différents hommes et femmes d’un même thème universel : l’amour. Dans leur quête désespérée, certains sont maladroits quand d’autres sont trop sûrs d’eux-mêmes, certains sont nostalgiques quand d’autres ne veulent qu’aller de l’avant, certains viennent d’être abandonnés quand d’autres trouvent l’âme soeur… Qu’ils se croisent, se cherchent ou espèrent, ces amoureux en puissance ont tous leur mot à dire. Ainsi d’un veuf et d’une veuve comparant leur situation, d’un homme se servant d’une lettre de rupture pour draguer, d’un quinquagénaire qui fait le bilan de ses conneries et de bien d’autres encore…

Personnages :
Cette pièce peut être interprétée par un nombre de comédiens variables. La distribution minimale semble toutefois de 3 comédiens et 3 comédiennes. Selon l’auteur, ces personnages ont pour spécificité de ne pas avoir « d’âge particulier, ni de race, ni de rang social. Ce sont des échantillons de l’humanité ». Un seul personnage est récurrent tout au long du spectacle : la vieille.

Décors : Un lieu public des plus neutres, avec un banc. L’espace de la pièce semble s’organiser tout autour de ces deux objets hautement symboliques que sont une valise remplie de souvenirs et une lettre.

Remarque : Dans l’édition de L’avant-scène théâtre , cette pièce est suivie de L’Ascenseur.

 



  Fiche de lecture
861
 
 Philippe MINYANA
[Éditions théâtrales]
 
1h 30mn
 
0 homme. 0 femme
 

- Histoire de Roberta -

 
 

Style général : Dans cette pièce, Philippe Minyana esquisse la vie d’un personnage par petites touches impressionnistes qui font surgir reliefs, aspérités et questions en creux. Un portrait vivant et très sensible qui répond à un projet explicite : « observer l’humain à la loupe, disséquer ses travers, révéler ses faiblesses, et finalement se réconcilier. »

Argument : Chez des amis, dans la forêt, dans la rue, dans son appartement… En une quinzaine de moments choisis, nous voyons se dessiner la vie de Roberta. « Une petite épopée, une croisade intime » qui retrace une existence faussement banale, parfois terrible mais toujours très réelle.

Personnages :
Roberta et son entourage : Ingrid, son amie d’enfance, Sam, un vieil ami, Renée, dite la Vieille Chorégraphe, madame Fils, à l’agonie, des oncles et tantes de Roberta ainsi que son mari et Ruth, la fille d’Ingrid. S’y ajoutent toute une galerie de personnages plus ou moins anonymes : un équarisseur, un thanatopracteur, deux déménageurs, un Hongrois, une inconnue, un vieillard, des passants, une voisine…

Décors : Une dizaine de lieux : l’appartement de Renée, celui de la mère d’Ingrid, celui de Roberta, la villa de son mari, une rue, un pré, une forêt profonde, un pont…

Remarque : Cette pièce où les personnages et les lieux foisonnent implique des partis pris de mise en scène forts. Elle est suivie de Ça va.

 



  Fiche de lecture
862
 
 Luigi LUNARI
[L’avant-scène théâtre]
 
1h 30mn
 
3 hommes. 1 femme
 

- Fausse adresse -

 
 

Style général : Cette pièce respecte la règle des trois unités. En deux actes, elle explore toutes les conséquences d’une situation loufoque à coups de dialogue serrés, entremêlés de sarcasmes, paradoxes et autres équivoques. De l’absurde naît non seulement le rire, mais aussi la réflexion. Une sorte de Huis clos à la fois léger et profond, jubilatoire et sérieux.

Argument : Trois personnes se retrouvent dans une même pièce. Un industriel, venu là pour un rendez-vous galant, un militaire, pour une mission secrète et un professeur, pour retirer les épreuves de son dernier livre. Mais aucun n’y trouve ce qu’il était venu chercher. Fausse adresse ? Traquenard ? Les conjectures fusent pour tenter de trouver un sens à la situation. Pendant ce temps, des événements plus étranges les uns que les autres se succèdent… La solution viendra-t-elle de la femme de ménage qui finit par faire irruption dans la pièce ?

Personnages :
Un PDG, le capitaine Bigongiari, le professeur Sapponaro et une femme de ménage.

Décors : « Une grande pièce qui pourrait être l'élégante antichambre d'un bureau de standing, le salon de lecture d'un grand hôtel ou quelque chose de ce genre. Au fond, une grande baie vitrée donne sur une ville. Des fauteuils, un frigo-bar dissimulé dans un meuble, une petite table avec des revues, un bureau clairement destiné à l'accueil. » Et quatre portes…

Remarque : Lors des 9es rencontres de Marseille (2007), le Théâtre du Torrent a eu le plaisir d’interpréter cette pièce devant l’auteur milanais, qui avait tenu à assister à leur représentation.

 



  Fiche de lecture
863
 
 Fabrice MELQUIOT
[L’Ecole des loisirs]
 
1h
 
7 hommes. 1 femme
 

- L’Enfant Dieu -

 
 

Style général : Le casting farfelu que Melquiot met en scène dans cette pièce lui permet d’aborder avec humour et décalage la question des différences : différences de religion, différences sociales et différences des parcours individuels. Son sens de l’ellipse, sa phrase courte, proche du langage parlé et pleine de malice, ainsi que ses références cocasses, font de cet hymne à la tolérance un grand moment de réjouissance théâtrale.

Argument : Un mercredi, Khalifa, un gosse errant de Dakar, est tué par une voiture. Il arrive tout droit au ciel. Mais là, c’est la panique. Bien décidé à mettre le feu aux planches, Dieu s’est sauvé aux Enfers pour faire du théâtre ! Et personne ne sait où sont les clés qui ouvrent les portes du Paradis ! Saint Pierre, Noé, Mahomet cherchent d’urgence un remplaçant. Ils pensent à son fils, logique ! Mais Jésus a trop de travail et suggère un casting. Khalifa décide de se porter candidat. Après tout, Dieu, comme métier, ça ne doit pas être si sorcier…

Personnages :
Khalifa, un enfant de huit ans, Saint Pierre, Noé, Mahomet, Jésus, la Bonne sœur, Saint François d’Assise, l’Ange-Lyre.

Décors : Plusieurs lieux à mettre en scène, aux antipodes d’un théâtre réaliste : « Un nuage, quelque part au-dessus de nos têtes », avec un trône ; « une villa sur une colline au septième ciel », avec une piscine ; « la huitième porte du Paradis » ; « un bureau divin » ; « le désert ouzbek ».

Remarque : En 2003, année de parution de L’Enfant Dieu, Fabrice Melquiot a obtenu de nombreux prix (SACD, Syndicat national de la critique...) pour Le Diable en partage, qui traite de la guerre des Balkans.

 



  Fiche de lecture
864
 
 Alain GIBAUD
[Rire et Théâtre Diffusion]
 
1h 20mn
 
6 hommes. 6 femmes
 

- La maison est close -

 
 

Style général : Il ne s'agit ici ni d'une apologie sexiste d'un « commerce » répréhensible, ni d'une pièce engagée dans une condamnation politique. C'est tout simplement une comédie de boulevard : on entre, on sort, des quiproquos, une galerie de personnages irrésistibles. On aurait pu craindre, à cause du sujet, du vulgaire, du scabreux... Rien de tout cela, c'est léger, facétieux et saugrenu.

Argument : À Paris, dans les années trente, les pensionnaires d'une maison close se mettent en grève. Comment sortir de l'impasse ? Une pléiade de personnages hauts en couleur mais dépassés par les événements vont tout faire pour compliquer les choses.

Personnages :
Les pensionnaires et la tenancière de la maison, décrits avec humour mais aussi avec tendresse. Le barman-poète, le patron, les clients et un amoureux transi complètent cette collection d'humanité boulevardière.

Décors : La pièce se déroule dans le salon d'une maison de rendez-vous de luxe des années trente. Il est important de situer l'action dans le temps mais en aucun cas, il ne faudrait s'orienter vers un traitement réaliste.

Remarque : La pièce a été créée sur la commande d'une troupe amateur : le Théâtre de Manon de Saint Martin de Tréviers (34). Le traitement doit être ce qu'a souhaité l'auteur : léger, rapide, drôle.

 



  Fiche de lecture
865
 
 Jean-Claude GRUMBERG
[Actes Sud Junior]
 
1h
 
6 hommes. 4 femmes
 

- Marie des Grenouilles -

 
 

Style général : Ce conte moderne destiné aux enfants d’une dizaine d’années utilise un vocabulaire truffé d’images réjouissantes et de réparties cinglantes. Derrière la succession de situations burlesques, des thèmes plus sombres affleurent et donnent du relief au texte : la violence, la différence, la beauté, l’amour...

Argument : Un roi meurt. Il laisse derrière lui trois filles : deux légi-times et une « souillon ». Déjà, l’ennemi menace aux portes du royaume : il faut absolument que l’une d’elles trouve rapidement un vaillant prince charmant et l’épouse. Ça tombe bien, il y en a plein… dans les douves du château. Oui mais voilà : ce sont des grenouilles. Pour les transformer, les jeunes femmes doivent leur donner un chaste baiser. L’aînée s’y refuse tout net. Quant à l’autre princesse, elle n’est plus vraiment chaste. Reste Marie, l’illégitime, qui cède volontiers à la raison d’État. Mais elle aura affaire à quelques surprises...

Personnages :
Un conteur, le roi, ses trois filles : Cunegonda, Virginita et « Marie des grenouilles », le prince sanguinaire (grenouille puis homme), le prince brillant (idem), le chambellan, l’ennemi, la fée. Plus des serviteurs, quelques batraciens et... des pingouins !

Décors : Différents décors, qui seront bien sûr stylisés : la cour du roi, les douves du château, les berges d’un lac, une geôle dans les souterrains du château, un coin de banquise.

Remarque : La pièce est suivie de « pistes pédagogiques » qui donnent des clés pour aborder ce texte.

 

  Fiche de lecture
866
 
 William SHAKESPEARE (ad. Charles CHARRAS)
[L'Oeil du Prince